‹ Traité des facultés de l'âmeChapitre 92 sur 261 · Voy. plus haut, t. II, 1. VIII, chap. ni, J · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, t. II, 1. VIII, chap. ni, J

hardi : c'est que ces qualités générales et abstraites existent seules de la véritable existence, et que les objets individuels et concrets n'existent presque pas. Ils se composent et se décomposent sans cesse ; on ne peut les saisir un seul instant en repos ; ils aspirent à être sans être jamais; ils ne fournissent pas matière à de véritables connaissances, mais à des conjectures ou à des croyances. « Parmi leschoses que nous disons belles, justes, saintes, quelques-unes paraissent souventlaides, injustes, impies. J'en dis autant des choses grandes, petites, lourdes, légères, de celles qui sont le double et en même temps la moitié d'une autre, selon les objets auxquels on les compare. Toutes ces choses tiennent le milieu entre la réalité et le néant ; elles sont l'objet de la croyance. La réalité seule, le beau en soi, le saint en soi, sont les objets de la science ^.... Le vulgaire aurait-il le courage de laisser dire ou de penser qu'il y a le beau en soi et non les choses belles, le singulier en soi, et non les choses singulières - !... Celui qui pense aux choses belles et non à la beauté en soi, ne vit-il pas en songe au lieu de vivre en réalité? Qu'est-ce que rêver? N'est-ce pas prendre, soitdans le sommeil, soit dans l'état de veille, l'apparence pour la réalité? Celui qui pense que le beau est quelque chose en soi, et qui peut le contempler ainsi que les choses qui y participent, sans les confondre avec la beauté, ni la beauté avec elles, celui-là seul vit en réalité. Il a une pensée que nous appellerons connaissance yvcoix-/) ; la pensée de l'autre, nous l'appellerons croyance ^, Bôla.

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