Thrétète, édit. H. E., t. I, p
3. Descartes, Œuvres philosophiques, édit. .\d. G., t. Il, p. 5.
sible que la même chose soit et ne soit pas en même temps, vous énoncez un pléonasme, une proposition tautologique, dans laquelle l'attribut n'ajoute rien au sujet et ne fait que le répéter. Aussi Descartes s'est-il élevé avec raison contre ce prétendu axiome nécessaire. « Ce principe, dit-il, peut généralement servir, non pas proprement à faire connaître l'existence d'aucune chose, mais seulement à faire que lorsqu'on la connaît on en confirme la vérité par un tel raisonnement : Il est impossible que ce qui est ne soit pas; or, je connais que telle chose est; donc je connais qu'il est impossible qiCelle ne soit pas; ce qui est de bien peu d'importance, et ne nous rend de rien plus savant.... et la façon dont on réduit les autres propositions à celle-ci est superflue et de nul usage *. » Les auteurs de la Logique de Port-Royal ont dit à leur tour : « Tout le monde demeure d'accord qu'il est important d'avoir dans l'esprit plusieurs axiomes et principes, qui, étant clairs et indubitables, puissent nous servir de fondement pour connaître les choses les plus cachées ; mais ceux que l'on donne ordinairement sont de si peu d'usage, qu'il est assez inutile de les savoir ; car ce qu'ils appellent le premier principe de la connaissance : il estimpossiblequela même chose soit et ne soit pas, est très-clair et très-certain; mais je ne vois point de rencontre où il puisse jamais servir à nous donner aucune connaissance 2. »
Ces propositions ne sont donc pas des vérités éternelles; elles ne dépassent pas la limite delà mémoire, qui, appuyée sur les sens et la conscience, nous enseigne qu'il y a des choses diflérentes les unes des autres, et elles n'ont pas besoin d'un fondement qui soit hors de l'esprit et des objets sensibles.