Voy. plus haut, même chap., g
PRINCIPAUX SYSTÈMES SUR LES FACULTÉS 189 'i 4. Objections de Platon contre les idées.
Il ne faut pas croire, au surplus, que Platon n'ait pas connu les difficultés de sa théorie. Les plus fortes objections contre la réalité des genres et la manière dont ils auraient pu se communiquer aux individus, ont été présentées non par Aristote, comme on devait s'y attendre, mais par Platon lui-même, dans les dialogues de Parménide et du Sophiste.
Platon a su que les genres étaient regardés par les uns comme des noms, et par les autres comme de pures conceptions de l'esprit ; ainsi, l'opinion nominaliste et l'opinion conceptualiste ne sont pas écloses seulement au moyen âge. « Est-ce à tort, dit-il, que nous disons qu'il y a un genre intelligible pour chaque chose, et ce genre ne serait-il qu'un mot ' ? » Il dit ailleurs : « A moins, Parménide, que chacun de ces genres ne soit qu'une pensée, une conception vo'-/;aa, et qu'il n'existe pas hors de 1 âme ; chaque genre conserverait ainsi son unité '^. » Platon ne s'est pas laissé arrêter par l'opinion nominaliste, ni par l'opinion conceptualiste, et en cela il a eu raison .En effet, de ce que les genres n'existent pas en dehors des individus, il n'en résulte pas que le genre ne soit qu'un mot ou qu'une conception intellectuelle. Une qualité commune à plusieurs individus est une réalité extérieure à l'esprit ; elle n'est donc pas seulement un nom ou une conception. Il n'y a d'ailleurs pas de mot, s'il est généralement entendu et répété, qui n'exprime rien ; car s'il n'exprimait rien, il ne serait pas même un mot, D'un autre côté, s'il existe des conceptions purement idéales
1. Tè 3s olSbv ôcp' >5V TrAriv Aôys;, Timce, édit,, H. E , t. III, p. 51.