‹ Traité des falsifications, ou exposé des diverses manières de constater la pureté des substances employées en médecine, dans les arts, et dans l'économie domestiqueChapitre 10 sur 27 · o : x = — 207 fr · texte numérisé non relu

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Quelques artistes, et particulièrement l’orfévre, le joaiïlier, le bijoutier, font usage de cet acide étendu d'une certaine quantité d’eau; on connait

ces mélanges sous le nom d eau seconde , qui peut être de Veau forte primaire ou double , ou de Veau forte seconde ou simple. La première est moitié en énergie de l’acide ordinaire, et doit marquer environ j 8°; la deuxième est au quart et marque sensiblement 90 à l’aréomètre des acides. Lorsque l’acide nitrique doit servir dans les analyses, il est important qu’il soit parfaitement pur; or, il peut contenir de lacide sulfurique, de l’acide bydrochlorique , du fer, du cuivre. On reconnaît :

L’acide sulfurique au précipité blanc que produit un sel soluble de barite, en ayant soin d’étendre l’acide essayé d’une certaine quantité d’eau;

LJacide liydrocblorique au précipité blanc que donne le nitrate d’argent, en se rappelant la précaution que j’ai indiquée pour l’acide bydrocldorique. Le cuivre à la teinte bleue communiquée par l’ammoniaque ;

Le fer à la teinie bleu-noir que donne la noix de galle, ou la teinte bleu-pâle produite par le ferrocyanate de potasse.

ACIDE NITRIQUE DULCIFIÉ, appelé esprit de nitre dulcifié. La consommation de ce produit est très-faible , et les matières premières qui servent à sa préparation sont très-peu dispendieuses; aussi 11'est-il, je crois, jamais falsifié.

ACIDE OXALIQUE^ Cet acide est usité dans

les fabriques de toiles peintes pour détruire le mordant sur les parties qui ne doivent rien prendre à la teinture} il est blanc, cristallisé en petits prismes aiguillés ressemblant assez au sulfate de magnésie, dont il se distingue d’ailleurs par sa saveur d’une acidité très-forte; l’alcool bouillant en dissout la moitié de son poids , ce qui donne les moyens de s’assurer s’il a été alongé avec de la chaux , de la craie, du sulfate de chaux , du sulfate de magnésie ; on le falsifie en outre :

i°. Avec le sel d’oseille ( oxalate acide de potasse) , qui est d’un prix moins élevé , on peut alors incinérer une petite portion de l'acide suspect, le résidu sera alcalin et d’une saveur urineuse ;

2°. Par l’acide tartarique; la liqueur saturée eu partie par le sous-carbonate de potasse, donne bientôt un précipité cristallin de tartrate acidulé de potasse.

ACI»E PKOSPK0R.I<gUE. Cet acide , sans usage dans les arts et en médecine, n’est employé que dans les analyses; il doit être alors parfaitement pur : on peut l’avoir à l’état solide; mais il est presque toujours liquide , incolore, d’une saveur particulière non désagréable , très-acide et analo gue à celle de l’acide sulfurique; il peut contenir de l’acide sulfurique, de l’acide nitrique , des sul-

fates ou phosphates calcaires, de la silice, du plomb , du cuivre. S'il contient :

i». De l’acide sulfurique il forme un précipité blanc, insoluble dans l’acide nitrique, par un sel soluble de barite versé dans l’acide suspect étendu d’eau ;

'2°. L’acide nitrique : le liquide, saturé par la potasse et évaporé, donne un résidu qui fuse sur les chai'bons ;

3°. Des sulfates et des phosphates calcaires, on étend d’eau une portion de la liqueur et on la saturepar l’ammoniaque, il seformeun dépôt blanc composé de phosphate et de sulfate de chaux;

4°. De plomb on le reconnaît par l’acide hydrosulfurique qui donne un précipité noir : le cuivre est indiqué par l’ammoniaque,

ACIDE SUC CIN1QUE . C’est acide n’est employé que dans les laboratoires pour former des succinates usités comme réactifs : il se présente sous la forme de petits cristaux prismatiques triangulaires , entièrement blancs et incolores, ou d’un jaune plus ou moins brunâtre. Exposé au feu avec le contact de l’air, cet acide n’est pas altéré, il nJest pas déliquescent, se dissout dans vingt-cinq à trente paities d eau froide et dans trois parties d’eau bouillante : l’alcool en dissout la moitié de son poids.

Cet acide étant d’un prix très-élevé, parce que l’on en retire très-peu du succin , est sujet à un grand nombre de falsifications : les principales sont des mélanges d’acide succinique avec le sel ammoniac , le carbonate d’ammoniaque , l'acide sulfurique, le sulfate de potasse, le sucre, etc. , etc. Lorsque l’acide succinique est pur, il est entièrement volatil, ne développe pas l’odeur ammoniacale par sa trituration avec la potasse , n’est pas précipité par un sel soluble de barite, et est soluble dans l’alcool.

ACIDE SUSjî’UÎMQUE» Je distinguerai deux espèces d’acide sulfurique : i° celui du commerce; ‘j" celui qui est employé dans les laboratoires pour les analyses.

L’acide sulfurique du commerce contient presque toujours de Lacide bydrochlorique ( dû à l’hydroclilorate de soude que renfermait le nitre qui a servi à sa préparation), de l’acide nitrique, du sulfate de plomb : la proportion des deux premières substances est toujours très-faible; et lorsque la quantité de sulfate ne dépasse pas quatre ou cinq parties sur cent d’acide, la pureté de ce dernier est suffisante pour les opérations de fabrique , et tout porte à croire que la présence de ce sulfate résulte de l’opération même et non d’une addition frauduleuse.

On mesure l’énergie de l’acide sulfurique par

i’aréomètre : celui du commerce indique 66% et pèse i ,845, c’est-à-dire qu’une fiole contenant une once d’eau peut contenir une once six gros cinquantequatre grains d’acide sulfurique : à cet état il est formé sensiblement de

80 parties d’acide sec, 20 parties d’eau.

Chaque degré en moins dans l’indication aréométrique, suppose (terme moyen) une diminution de 1 ^ dans la quantité d’acide réel ; ainsi un acide sulfurique à 6 o° contiendra

80 — — , )x( ^ — 7-5 d’acide réel et 27 d’eau.

Conséquemment si cent kilogrammes du premier acide ont coûté 5o francs, le prix de cent kilogrammes du deuxième acide se calculera par la proportion,

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