o : x — — /, 5 fr. 55 c
Quelquefois un acide sulfurique qui indique 66° n'a pas celte énergie acide, parce que cette indication lui est donnée frauduleusement par du sulfate de potasse , du sulfate de soude ou du sulfate de plomb : le moyen le plus simple pour constater cette fraude est de mêler une petite quantité de l’acide suspect avec son poids d’alcoo ( en opérant avec précaution pour éviter la rupture des vases); le mélange abandonné à luimême vingt-quatre ou trente-six heures, laisse déposer en grande partie le sel étranger qu’il contenait.
L’acide sulfurique employé dans les analyses doit être parfaitement pur -, il peut contenir :
1°. De l’acide hydrochlorique que l’on reconnaîtra par le nitrate d’argent •
2°. De l’acide nitrique : on doit alors distiller une petite partie de l'acide suspect (la vapeur dégagée a l’odeur de l’acide nitrique), on peut aussi saturer par la potasse , et examiner si le résidu fuse sur des charbons.
5°. Des sulfates de plomb, de potasse, de soude ( voyez plus haut ) ;
4°. Du fer, du cuivre, etc., etc.; les réactifs indiqués pour ces métaux sont bien connus.
ACIDE SUE.Fin3.IQUE DULCIFIÉ. Liquide
connu en médecine sous le nom d 'eau de Aabcl , et formé d’acide sulfurique à 66° et d’alcool à 36 mélangés à parties égales. Ce mélange, appelé aussi élixir acide de Haller , doit être d’un blanc légèrement jaunâtre, avoir une odeur liquoreuse, agréable, et une saveur spiritueuse très»acide; on assure qu’on lui substitue quelquefois un mélange d’eau-de-vie et d’acide sulfurique faible; je ne le crois pas. On pourrait d’ailleurs reconnaître cette falsification à la saveur qui est moins acide, et à l’odeur qui est moins agréable.
ACIDE TARTARZQUE. Est en cristaux blancs,
transparens , incolores, d’une saveur très-acide, mais non désagréable, soluble dans deux parties d’eau froide et dans son poids d’eau bouillante , moins soluble dans 1 alcool. Cet acide peut elle falsifié par du sulfate de chaux, de la chaux , du sous-carbonate de chaux; les moyens que j’ai indiqués pour ces substances à l’article acide citrique s’appliquent ici : l’addition du sulfate acide de potasse se reconnaîtrait en calcinant une portion de l acide ; le résidu aurait l’odeur dos œufs pourris ; si l’on avait alongé l'acide tartarique par de la crème de tartre, on reconnaîtrait celte falsification à la saveur urineuse du résidu de la calcination d’une faible proportion de l’acide suspect
ACIER. Ce composé se distingue du fer par les propriétés suivantes : il est si dur qu’il n’est pas malléable à froid, ou du moins il acquiert cette faculté par la trempe , c’est-à-dire lorsqu’on le plonge quand il est rouge dans un liquide froid; car cette immersion, qui ne produit aucun effet sur le fer, ajoute considérablement à la dureté de l'acier, qui peut alors résister à la lime, couper le verre, donner des étincelles avec le caillou, et conserver long-temps l’aimantation qu’on lui a communiquée. Riuman a d’ailleurs indiqué depuis long-temps un moyen de distinguer l’acier du fer: il consiste à verser sur une lame d’acier une goutte d'acide nitrique étendu , et de l’y laisser pendant
quelques minutes ; on l’enlève alors et on trouve qu’elle a laissé sur la lame d’acier une tache noire ; tandis que celle qu’une goutte du même acide forme sur une lame de fer est d’un vert blanchâtre : il est aisé de voir que la tache noire est due au carbone de l’acier mis à nu comme insoluble dans l’acide nitrique.
Les aciéries versent dans le commerce trois espèces d’acier : i° l’acier naturel; 2° l’acier de cémentation; 3° l’acier de fusion. Les ouvriers savent parfaitement les reconnaître et choisir l’espèce qui est la plus convenable, pour le prix et la qualité, aux objets qu’ils fabriquent.
L’acier naturel est celui que l’on obtient en exposant le fer fondu, blanc, gris ou noir (1), dans un fourneau à une chaleur très-violente, et en tenant sa surface constamment recouverte d’un bain de scories de cinq pouces à cinq pouces et demi d’épaisseur. Cet acier est inférieur aux deux autres, est plus mou, et comme le procédé de sa fabrication est moins dispendieux , il se vend moins cher; son usage est limité aux ouvrages d’acièr les plus grossiers, les ressorts de voitures, les armes blanches, etc. On reconnaît qu’un acier natu-
(1) On appelle fer fondu fonte ou gueuse , le premier produit obtenu de la fonte du minerai qui contient le fer, et qui est ordinairement un composé d’oxide de fer, d’argile et d’autres substances.
rel est le meilleur possible lorsqu’il a la plus grande densité , qu’il prend la plus grande durelé par son refroidissement dans un liquide, qu’il supporte après la trempe les plus grands chocs sans se casser; il faut aussi qu’il puisse être chauffé au degré le plus haut avant de passer d’une nuance à une autre; il doit montrer dans sa cassure un grain très-fin et très-égal lorsqu’il a été peu chauffé; se laisser bien forger et se souder facilement sans se casser ni se fendre; enfin supporter le plus long feu possible ; subir l’action de la forge le plus long- temps et le plus grand nombre de fois sans se détériorer. Les défauts de l'acier naturel sont d’être pailleux ou de présenter des gerçures, d’avoir des fibres ou des filamens noirâtres , des veines peu carbonées ou même formées entièrement de fer; c’est alors un acier filandreux ou ferreux dont la dureté est très-variable; d’autres fois il présente des c end rares , c'est-à-dire que sa surface est comme piquetée et parsemée de petits trous ; l’aeier est alors cendreux; mais ce défaut peut aussi n’être qu'accidentel, car il est souvent dû à un trop fort degré de chaleur. Les meilleurs aciers naturels venaient d’ Allemagne, dans l’ordre suivant : i° celui de Styrie, 20 celui d’Allemagne, proprement dit, 5° celui de Cologne, 4e celui de Solingen , 5o celui de Hongrie. Les aciers naturels français rivalisent depuis quelque temps avec ceux d’Allemagne; on cite les aciers
qui sortent des usines de Bèze, de la Bérardière, de Rives , de Paris et de Saint-Étienne.
Lacierde’cémentation est celui que l’on prépare en stratifiant, dans de grandes caisses de terre ou creusets , des barres de fer avec de la poudre de charbon. Ces caisses ou creusets, exposés à une chaleur suffisante pendant huit à dix jours, convertissent les barres de fer en acier. On distingue cet acier du précédent, à sa couleur plus blanche , à son grain plus fin, à sa texture plus égale; il est ensuite plus dur, plus élastique, et sert dans les ouvrages qui doivent avoir une grande dureté. Cet acier est de bonne qualité lorsqu’il est bien pur et blanc , qu’il ne montre ni bords ni taches noires après la trempe; on estime l’acier cémenté d’Angleterre. Les aciéries d’Amboise, de Toulouse, de Givet, rivalisent avec celles d’Angleterre.
L’acier de fusion est le meilleur de tous; il prend un plus beau poli et est plus fusible que les espèces précédentes : son homogénéité , son grain fin, serré et brillant méritent la préférence .dans tous les ouvrages délicats, la bijouterie, la fine coutellerie, etc. , etc.
On ne doit pas , du reste, s’en tenir aux caractères que nous avons indiqués. Un ouvrier exercé essaye son acier en coupant du fer avec des tranchans formés de l’acier à essayer et trempé : ces outils se refoulent s’ils sont trop mous, s’égrènent s ils sont durs, résistent et coupent s’ils ont
la dureté et le corps convenables; plus l’acier est dur , plus les coupures sont vives, nettes et brillantes, et plus les copeaux ont de volume.
AGARIC AMADOUVIER.. On donne ce nom au boletus igniarus , qu’on a dépouillé de sa couche corticale , et dont on a battu sa substance moyenne pour la rendre moelleuse; le meilleur agaric se recueille en août et en septembre sur les chênes, les hêtres et les bouleaux : trempé dans une solution denitre et séché, il constitue l’amadou. On ne doit pas cependant confondre l’agaric des chirurgiens avec ce dernier produit ; bien que les caractères physiques extérieurs soient les mêmes , l’amadou qui brûle en scintillant, en raison du nitre qu’il contient, ne doit être employé pour arrêter les hémorragies qu’à défaut du simple agaric, qui, ne contenant pas de nitre, n’a pas l’action irritante de l’amadou.
AGARIC BIiAETC. Substance blanche , légère, spongieuse, d’une saveur amère, qui est 1 ebolelus larix dépouillé de sa croûte , blanchi au soleil et battu avec des marteaux de bois; sa blancheur et sa légèreté sont en raison directe de sa qualité; on le falsifie quelquefois avec de grosses racines de bryone (bryonia albaj). On peut distinguer ces dernières aux caractères suivans : io la bryone est plus pesante; 28 elle offre des lignes circulaires traversées par d’autres allant du cen-
tre à la circonférence , tandis que l’agaric est en masse homogène ; 3° la saveur delà bryone est âcre et mordante, tandis que celle de l’agaric est amère.
AIiCOOI» Le mot alcool , dans sa signification rigoureuse, ne s’applique qu’à l’esprit pur obtenu par distillation de tous les liquides sucrés qui ont éprouvé la fermentation vineuse; les alcools seraient donc identiques quelle que fût la liqueur enivrante distillée ; le chimiste les considère en effet comme tels lorsqu’ils ont été débarrassés de toutes les substances étrangères ; l’examen de ce principe , ainsi purifié , n’offrirait rien d’important : i° sa préparation est un simple objet de curiosité, puisque, si ce n’est dans quelques analyses très-délicates, il est sans usage; io celui qui veut le préparer connaît toujours assez bien ses principes chimiques , pour s’assurer lui-même, sans le secours d’un livre , de la pureté du liquide qu’il obtient.
On connaît dans le commerce , sous le nom d’alcool, un mélange d’eau et d’alcool absolu dans des proportions variables : i* toutes les fois que la liqueur est formée de cent parties d’alcool pur et auplus de soixante à quatre-vingts parties d’eau, il constitue l’alcool du commerce; ‘2o lorsque le liquide est formé de cent parties d’alcool absolu et de moins de trois cent quarante parties d’eau, il
prend les noms d’ eau- de vie , de rum , de taffia , d 'arack , etc., suivant qu’il a été obtenu du vin, du suc de canne, etc., etc. ; 5° tous les liquides spiritueux qui contiennent une proportion plus considérable d’eau constituent le vin , la bière , le cidre , le poire' , V ale , le wiski , etc. , etc. J’examinerai dans cet article les moyens dont nous pouvons disposer pour reconnaître la pureté des alcools; je renvoie pour les autres liqueurs au mot qui les indique. Lorsque l’on veut s assurer de la bonne qualité d’un alcool , on doit rechercher : i° s’il renferme la quantité d’alcool voulue; ‘2° s’il ne contient pas des substances qui altèrent sa pureté en lui communiquant un arôme désagréable, ou en lui donnant des propriétés délétères.
Si les alcools du commerce variaient dans les limites que j’ai indiquées, la détermination de leur force présenterait d'assez grandes difiicultés; mais on peut simplilier la question en remarquant que les alcools contiennent toujours de vingt à vingtcinq parties d’eau sur cent d’alcool absolu, ce qui rapproche de beaucoup les limites. Il n’existe qu’un seul moyen de calculer la force d’un alcool; ce moyen est donné par la différence de pesanteur spécifique : en opérant avec un peu de soin, les résultats que je vais indiquer donnent une approximation suffisante pour les besoins du commerce. Une fiole qui contient deux onces d’eau ne peut contenir qu’une once cinq gros de l’alcool
du commerce le plus pur, et une once cinq gros quarante-six grains de l’alcool le plus faible. Toutes les fois que la liqueur sera au dessous de la dernière estimation , on devra diminuer le prix de la vente. L’aréomètre de Baume, que tout commerçant en liqueurs spiritueuses connaît, donne des résultats plus précis. La première limite , établie ci-dessus, marque sensiblement 370 , et la deuxième 5o° à cet aréomètre. L’alcool à 5^0 contient environ sur cent parties d’alcool absolu cinq parties d’eau , et chaque degré en moins dans l’indication aréométrique , suppose deux parties et demie d’eau ajoutées à celle qui existait déjà dans leliquide : un exemple fera mieux ressortir ce calcul.
Je suppose que l’on ait acheté cent litres d’alcool marquant 37° à l’aréomètre, pour 200 francs; puisque l’alcool marquait 37° et contenait environ cinq parties d’eau , on a donc en réalité payé 200 francs quatre-vingt quinze litres d’alcool pur. Dans un deuxième achat , on offrit également cent litres d’alcol ; mais le liquide ne marque que 34°, chaque degré en moins suppose deux parties et demie d’eau en plus ; il y a donc dans ce second alcool cinq parties, plus 37-54 ou trois fois deux parties et demie d’eau en moins, en totalité douze parties ; on n’achète donc en réalité que quatrevingt-huit litres d’alcool, et si les liqueurs sont égales sous tous les autres rapports, le prix de ce
deuxième alcool se calculera par la proportion ,
o5 : 88 : : 200 : .r— =■ 1 85 fr. 25 c.
Je n'ai pas apprécié l’influence de la température; mais est-il un seul commerçant qui ignore que les aréomètres ont été construits à la température moyenne, et que dans les chaleurs cet instrument donnant un degré plus élevé, on doit tenir compte de cette différence? On m’objectera en outre que les calculs établis ci-dessus ne sont pas rigoureusement exacts, et qu’on peut remplacer avec avantage l’aréomètre de Baumé par celui dont se sert aujourd'hui la régie des contributions indirectes. Cet instrument , dû à M. Gay-Lussac , est sans doute bien préférable; mais il n’est pas encore adopté par les commerçans , et l’exemple du système métrique nous montre quelle difficulté on éprouve pour faire adopter des innovations très-importantes. L’instrument de M. Gay- Lussac indique à l’instant la quantité d’alcool absolu que contient un spontieux, et donne par suite le résultat que je n’aipu obtenir que par un calcul. Ainsi dans l’exemple ci-dessus l’aréomètre de la régie marquerait g5° dans le premier alcool , et 88° dans le second; si donc on est convenu de payer l’alcool pur à raison de 2 francs 10 centimes le litre , on déboursera :
Pour le icr alcool , 95 X 2 f. 10 c — 199 f. 5o c. , exactement 200 fr.
Pour le 2e alcool , 88 X 2 f* *o e. = 184 f. 80 c.
L’opération, comme on le voit est beaucoup plus simple ; M. Gay-Lussac a ajouté à son instrument une table qui donne les corrections à faire pour les variations de température.
Un alcool, indépendamment de sa force, doit réunir les conditions suivantes : être incolore , avoir une saveur chaude, fraîche et parfaitement exempte à'empyreume: son mélange, en toute proportion , avec l’eau doit être limpide et incolore; enfin si on l’unit avec précaution à son poids d’acide sulfurique , la liqueur doit conserver sa limpidité et sa blancheur; quelquefois l’odeur et la saveur empyreumatiques d’un alcool ne se développent qu 'imparfaitement à l’odorat etau goût; on exalte singulièrement : i° l’odeur, en versant une petite partie du liquide dans la paume de la main, frottant et soumettant de suite les deux mains presque sèches à l’odorat; 20 la saveur, en étendant l’alcool d’eau et goûtant le mélange. Il est rare qu’un alcool offre toutes les conditions précédentes. Ceux que l’on obtient de la distillation des vins en approchent le mieux, et ont par suite la préférence dans tous les marchés. Les alcools defécule, et surloutceux des graines céréales, ont une odeur et une saveur plus ou moins désagréables. Cependant cette fabrication ayant fait des progrès, il faut quelquefois un palais très-exercé
pour les distinguer. Parmi les épreuves indiquées, celles de l'acide sulfurique , du goût , de l’odorat, sont les plus importantes. Un alcool peut s’être coloré dans les tonneaux, peut même blanchir légèrement dans son mélange avec de l’eau et etre d’une bonne qualité; mais si l’addition de 1 acide le fonce sensiblement en couleur, si sa saveur et son odeur sont éminemment empyreumatiques, il doit être rejeté et ne peut trouver d’emploi que dans la fabrication de quelques produits chimiques ou des vernis.
L’alcool peut en outre contenir des substances délétères, de la chaux, de l’alun, des composés de plomb et même de cuivre. Je donnerai au mot vin la marche à suivre pour constater la présence de ces matières.
AX.OÈS. Cette substance est le suc épaissi de divers aloès , aloë spicata , aloë vulgaris , aloë perfoliata ; hexandrie demonogynie, L.Liliacées, J. On connaît, dans le commerce , trois sortes d’aloès ; ces différences sont basées sur leur plus ou moins grande pureté, car l’aloès pur des trois espèces paraît être identique : i° aloès süccotrin ; 2o aloès hépatique; 5° aloès caballin.
Le premier aloès, qui est le seul employé en médecine, doit être brillant quand on le frotte, homogène, compact, mais facile à rompre, d’un vertnoirâtre, translucide lorsqu’il est en lames minces,
d'une odeur un peu aromatique et d'une saveur extrêmement amère; l’aloès pur paraît être une combinaison intime de gomme et de résine si bien unies entre elles, que l’eau et l’alcool appliqués séparément. le dissolvent en totalité; ce qui donne un moyen extrêmement facile de reconnaître les substances étrangères que la fraude a pu y mêler. On falsifie cet aloès avec des gommes communes, du suc de réglisse, de la colophane , de la poix -résine: or les deux premières substances sont insolubles dans l’alcool , et les deux dernières le sont, dans l’eau.
Les deux autres sortes d’aloès se trouvent rarement dans le commerce et ne sont employées que dans l'art vétérinaire. L’aloès dit hépatique, en raison de ses vives couleurs, est importé des Indes- Orientales et des Barbades ; celui des Indes a une couleur brune ou jaune-rougeâtre, une cassure vitreuse, et se rapproche par ses propriétés médicales de l’aloès suecotrin; celui des Barbades est moins estimé, moins brillant, plus foncé, plus compact, plus sec, et cependant moins cassant; son odeur est bien plus forte et plus désagréable ; sa saveur amère et nauséabonde n’a jamais l’arome particulier qui distingue l’aloès suecotrin.
L’aloès caballin diffère des deux espèces ci-des sus par son odeur forte, et cette propriété est quelquefois le seul moyen de reconnaître certains aloès caballins qui, pour le brillant, la texture ,
la pureté, sont presque semblables à l’aloès succotrin.
A1ÏÏN. L’alun est un sel de la plus grande importance dans les arts, et particulièrement dans la teinture; il cristallise en octaèdres réguliers dont les côtés sont des triangles équilatéraux ; sa saveur est acide, astringente, douceâtre et analogue à celle de l’encre; sa composition la plus ordinaire est de
37 de sulfate d’alumine,
18 de potasse,
45 d’eau.
Cependant la potasse peut être remplacée par l’ammoniaque, ou même le sel peut renfermer ensemble la potasse et l’ammoniaque simultanément, sans que ses principales propriétés soient alté’rées. On distingue les aluns: 1° en alun de Rome; 2° en alun glace ou de rocbe; 5° en alun de Smyrne. L’alun de glace est le plus commun ; il est ordinairement en gros morceaux transparens et ressemblant assez à la glace : cette similitude lui a sans doute valu le nom qu’il porte. L alun de Rome qui est très-pur, est toujours en morceaux plus petits et recouverts d’une substance pulvérulente rosée dont la nature n’a pas encore été bien déterminée. L'alun de Smyrne est , pour la qualité, presque au même rang que l’alun de Rome, et même on peut dire que les fabricans
qui mettent en usage ce produit ne connaissent que l’alun de Rome et l’alun de glace. Le principal défaut des aluns de glace est de contenir du sulfate de fer en proportion plus ou moins considérable ; impureté qui est très-nuisible dans un assez grand nombre de teintures, particulièrement dans les teintures jaunes : on reconnaît cette altération en faisant dissoudre une petite partie du sel suspect dans de l’eau distillée, et ajoutant à la solution du ferrocyanate de potasse liquide. Si la solution ( qui d’ailleurs ne précipite qu’après un certain temps) vire à une teinte bleu de ciel, on peut en conclure que l’alun essayé contient du fer ; si la liqueur virait au brun-marron, l’alun contiendrait du sulfate ou tout autre sel de cuivre; cette dernière altération est bien plus rare que la précédente. L’alun de Rome, qui se distingue déjà de l’alun de roche par les caractères physiques dont j’ai parlé , ne contient pas de fer, et sa solution par conséquent reste incolore lorsqu’on la traite par le ferrocyanate de potasse; cependant un teinturier distingué de Paris m’assure qu’aujourd’hui on emploie l’alun de glace de concurrence avec l’alun de Rome dans presque toutes les opérations de teinture; la seule différence que présente cet emploi est de mettre dans les teintures un quart de plus d’alun de glace.
Les pharmaciens calcinent l’alun : ce sel se fond d’abord dans son eau de cristallisation ; mais bien-
tôt cette eau s’évapore, et par le refroidissement on obtient, une masse spongieuse d’un blanc de neige d’une saveur très-styptique : quelquefois la calcination a été trop prolongée, dans ce cas l’alun calciné a une saveur moins piquante ; si, au contraire, il n’est pas assez calciné, il est moins spongieux, moins léger et en même temps plus piquant. ]NTous avons dit que dans la teinture il importait fort peu que l’alun fût à base de potasse ou à base d’ammoniaque* on doit, dans la préparation de l'alun calciné, n’employer que de l’alun à base d’alumine et de potasse, ce que l’on reconnaît toujours en versant dans la solution de l’alun d’essai une petite quantité de potasse liquide ; si l’alun est à base d’alumine et d’ammoniaque, il émet une odeur d’ammoniaque, et doit être rejeté; si les deux bases sont l’alumine et la potasse , i addition d’une petite partie de ce dernier alcali ne développe aucune odeur, précipite de l’alumine et l’alun peut être soumis à la calcination.
AMBRE GRIS. Cette substance est un excitant très-énergique dont l’emploi en médecine est cependant assez limité ; la consommation la plus considérable s’en fait chez les parfumeurs , qui l’emploient pour aromatiser un grand nombre de cosmétiques sous des formes variées, pommades , eau de lavande , eau de miel, ambrées. L’odeur douce . balsamique de cette matière, la fera tou-
jours rechercher comme parfum ; mais le prix élevé auquel l’ambre gris se maintient dans le commerce le rend très— sujet à être falsifié ; j’indiquerai les caractères de l’ambre gris pur, et les principales falsifications. On ne connaît pas exactement l’origine de l’ambre gris; on le trouve à la surface des mers qui baignent les côtes entre les tropiques, ou dans les intestins d’une espèce de baleine ( le cachalot , pliyseter macrocephcilus). Comme on ne l’a rencontré jusqu’ici que dans le corps de baleines mortes , on s’accorde à le regarder comme un produit de la maladie, dont, selon quelques savans, il serait la cause. Les morceaux sont de diverses grosseurs; on en cite qui pesaient deux cents livres. Celui qu’on retire immédiatement de la baleine n’est pas aussi dur que celui qui a été exposé à l’air; sa pesanteur spécifique varie' de 0,780 à 0,926. L’ambre gris de bonne qualité est nuancé de plusieurs couleurs; il peut être noir, blanc, couleur de cendres, jaune, bigarré de gris et de jaune; il s’attache, comme la poix, à la pointe du couteau avec lequel on le ratisse , et se ramollit à la chaleur de la main , garde la marque des dents et des ongles; si on le frotte avec l’ongle, il se polit à la manière du savon dur; l’intérieur de sa cassure est composé de plusieurs couches avec des nuances de gris mêlé de points jaunes, noirs et blancs; si on le perce avec une tige d’acier chauffée au rouge, celle-ci doit en être
retirée sans qu’aucune trace d'ambre y soit adhérente , et il doit exsuder de l’ouverture une huile d’une odeur suave et aromatique: cliauffé à environ 58° cent. , il se fond sans écume, et à ioo0 il se volatilise complètement sous forme de fumée blanche et ne laisse qu’une trace de charbon. Enfin l’éther et les huiles volatiles le dissolvent à froid, les huiles fixes et l’ammoniaque le dissolvent à l’aide de la chaleur.
L’ambre gris est quelquefois remplacé par un ambre parfai lement blanc ou noir; mais on peut remarquer que tout ambre , poli , lisse, d’une couleur uniforme, noire ou blanche, exhalant une odeur extraordinaire, doit être rejeté; si l’ambre gris contient de la poix-résine, de la cire, etc., etc; la tige d’acier chauffée et plongée dans cet ambre ? l’enflamme, et l’odeur de poix, de cire , etc. , etc. , se manifeste ; il est quelquefois imité par un mélange grossier de résine odorante, ladanum , slorax , benjoin , etc. , etc. Ce composé laisse après son incinération un charbon plusou moins volumineux.
AMBRE JAUNE. Voyez Succin.
AMÉTHYSTE. L’améthyste est une pierre précieuse d’une couleur violette et d’un grand éclat ; on en distingue deux variétés: i° les améthystes de Perse, d’Arménie, des Indes-Orientales, qui ont
la forme , la dureté , la pesanteur spécifique et les autres propriétés que possèdent les sapliirs et les rubis les plus estimés, mais avec moins d’éclat; ou donne la préférence à celles dont la couleur tire sur le pourpre , le rose , etc. , etc.; 2 les améthystes d’Occident, qui ne sont que des cristaux colorés ou des quartz. On imite les améthystes avec un verre blanc ( le strass) coloré par l’oxide noir de manganèse; 1 imitation est quelquefois si parfaite qu’il faut une grande habitude pour, à la vue simple , les distinguer des véritables.
AMIDON. On appelle fécule amylacée une substance très-répandue dans la nature, et qui constitue la partie nutritive des végétaux ; on la trouve particulièrement dans ics graines céréales: ce principe pur est identique pour le chimiste : quel que soit le végétal qui l’ait fourni, on le reconnaît toujours à la teinte bleue que prend sa suspension dans l’eau lorsqu’on y ajoute quelques gouttes d’une solution alcoolique d’iode. La différence de pesanteur spécifique, la plus ou moins grande solubilité dans l’eau chaude, etc., etc., ont subdivisé les fécules amylacées: i° en amidon, proprement dit; 2° en fécule de pommes de terre; 5°en tapioca ou pain de cassave; 4° en arrow-root; 5° en sagou; 6° ensalep (voyez ces mots). Ce qu’on appelle amidon dans le commerce est un composé blanc, en colonnes prismatiques hexagonales plus
ou moins régulières, et dont la poudre, douce an toucher, fait entendre un son particulier lorsqu’on la comprime entre les doigts.
L’amidon mélangé avec des qualités inférieures est en morceaux pcsans , tachés de gris , d’un blanc moins beau, formant un précipité d’un blanc sale lorsqu’on le mêle à l’eau , sa suspension reste surnagée par des substances étrangères. Mélangé avec des parties terreuses, l’amidon est moins doux, et les substances terreuses se précipitent rapidement lorsqu’on le mêle à l’eau.
AMMONIAQUE LIQUIDE. Ce liquide est employé : i° en médecine, à l’extérieur comme dérivatif, à l’intérieur comme excitant j 2°dansles arts pour dissoudre le carmin, l’écaille d’ablette, dans la fabrication des perles artificielles; 3o dans les laboratoires de chimie pour les analyses.
L’ammoniaque liquide est préparé par le fabricant de produits chimiques , en faisant réagir à sec, dans une cornue de grès, un mélange à parties égales de chaux éteinte et de sel ammoniac (hydrochlorate d’ammoniaque) réduit en poudre; la chaux s’unit à l’acide hydrochlorique , forme un hydrochlorate de chaux, et le gaz ammoniacal dégagé se dissout dans l’eau des flacons disposés à cet effet : on obtient un liquide transparent d’une odeur vive , pénétrante, qui excite le larmoiement, et dont on peut mesurer la force par l’aréomètre
Si
des alcools : il doit marquer 20 à 220, on peutmème le monter à 24 et même à 25° ; mais il est difficile, surtout en été, de le maintenir à ce terme; à, défaut d’aréomètre on peut remarquer qu’une fiole contenant dix gros d’eau, peut contenir huit gros trente-six grains d’ammoniaque à 25°, et neuf gros d’ammoniaque liquide à 20°. Les résulats suivans suffiront toujours pour calculer la force de l'ammoniaque liquide, et eonnaitre la quantité de gaz ammoniacal dissous.
L’ammoniaque liquide à 25° de l’aréomètre des alcools pèse o,S5 ;
Est formé, sur cent parties eu poids, de 35,3 de gaz ammoniac et de 64,7 d’eau; chaque degré en moins dans l’indication aréomélrique suppose :
une augmentation de (0,01) dans la pesanteur spécifique; 20 une diminution de deux parties et demie en poids (2, 5) dans la quantité de gaz dissous ; ainsi à 7 0 au dessous de 20 ou à 1 8° l’ammoniaque liquide
pèse , o.85 -f- 0,07 — 0,92.
Est formé de 35,3 — 2,5 X 7 — 17,8 de gaz ammoniacal et de 82,2 d’eau; l’ammoniaque liquide du commerce, peut contenir les substances étrangères suivantes:
i°. De l’acide carbonique ou des carbonates, ce dont on s’assure en ajoutant à la liqueur un peu
d’acide sulfurique; si la liqueur d'essai est pure , le mélange s’échauffe sans effervescence.
i°. Quelques sels particuliers à l’eau dont on s’est servi : un sel soluble de barite indiquera les sulfates; le nitrate d’argent indiquera les hydrochlorates en formant un précipité d’hydrocldorate d’argent: mais dans cette dernière expérience on doit préalablement saturer l’ammoniaque par de l’acide nitrique pur, autrement il n’y aurait pas de précipité > lors même que l’ammoniaque contiendrait beaucoup d’hydrochlorate, puisque ce liquide a Ja propriété de dissoudre l’hydrochlorate d’argent.
3°. Une quantité variable d’huile empyreurnatique : on mêlera Ja liqueur d’essai avec son poids d’acide sulfurique; si la solution est pure, le mélange s’échauffe et reste incolore; dans le cas contraire , l’huile empyreumatique est charbonnée par l’acide , et donne au liquide une teinLe bistre plus ou moins foncée.
ANGÉIiIQUE. On n’emploie que la tige de l’angélique des jardins, angelica archange lie a de la penjtandrie cligynie,h- ,0/nhell/fères, J.: cette partie est même très-peu usitée en médecine; mais les confiseurs en font une consommation assez considérable. L’angélique a une tige grosse, creuse , arrondie, striée d’un vert clair ou rougeâtre vers le bas, blanchie en général par un duvet ou une
poussière que le toucher fait disparaître; son intc rieur offre des rainures et des points jaunâtres , les feuilles sont très-grandes, alternes à pétioles embrassant la tige par une gaine, fleurs jaunes. On lui substitue quelquefois l'angélique sauvage, angclica sylvestris ; cette espèce est moins active et moins odorante. La tige sans duvet ne présente point à l’intérieur les points ou rainures jaunâtres dont j'ai parlé, les feuilles sont composées de folioles égales , plus petites et presque sessiles, les fleurs sont ordinairement purpurines, enfin la racine est plus blanche, moins épaisse, a un corps principal plus gros et comme arrondi, les radicules sont plus fines et moins nombreuses.
AKTGUSTUHE ( ÉCORCE IT ). L’origine de cette écorce fut long-temps incertaine : importée de la Dominique en 1788, elle pouvait , disait-on , remplacer avec avantage l’écorce de quinquina; ou J’appella angusture , du nom vulgaire de Saint- Thomas, près le détroit de l’Orinoco. Les recherches de M. de Humbolt nous ont appris qu’elle appartient, à un arbre formant un nouveau genre que Wildenow a dénommé bonplandia trifoliala , en l’honneur du célèbre Bonpland. Cette écorce, d’ailleurs, n’a pas justifié les éloges qu’on en avait faits ; au moins on peut affirmer qu’elle est aujourd’hui très-rarement employée. Cet abandon fut sans doute la suite du peu de succès qu’on en
obtint; mais une autre cause vint ajouter a cette défaveur : le docteur Rarnbach, de Hambourg, signala le premier l’action incertaine de ce médicament. Il démontra même qu’il était dangereux d'en faire usage, puisqu’il donnait souvent lieu a de véritables symptômes d’empoisonnement ; de nouveaux faits ne firent que confirmer cette assertion ; il est certain qu’il existe dans le commerce , sous le nom d’angusture, deux écorces, l’une, qui paraît agir comme fébrifuge, est la véritable , l’autre, dont on ne connaît pas encore l’origine et que plusieurs auteurs ont attribué, au brucea antidyssenlerica , a, sur l’économie animale, une action analogue à celle de la fève Saint-Ignace, de l’Upas-tieuté, et a reçu l’épithète de fausse . J’indiquerai ici les caractères physiques et chimiques (jui distinguent ces deux variétés:
Vérilid >le écorce d’nnguslure.
Cette écorce a environ une demiligne d’épaisseur, est peu rugueuse à la surface , blanc-grisâtre en dehors, jaune - grisâtre à l’intéjieur , d’une odeur aromatique très-peu nauséabonde, et laissant un arrière-goût poivré analogue à la saveur du macis.
Son infusion concentrée est brun rougeâtre ou orange , d’une saveur amère très-peu âcre , virant au jaune par l’addition d’eau , au rouge foncé par celle d’un carbo-
Fausse écorce d'nngustiite.
Cette écorce est plus épaisse environ une ligne et demie > sa surface rugueuse est parsemée de taches- , de lydiens jaunâtres d’une forme assez irrégulière , sa saveur est d’une amertume insupportable, persistant, et n’a rien de cet arrière-gout poivré qui distingue toujours la saveur de la véritable écorce.
Sou infusion concentrée est moins limpide , conserve toule l’amertume qui distinguait l’écorce elle-même , ne vire pas au jaune avec l’eau , un carbonate
■nate alcalin. Dans cette dernière expérience, il se forme au bout d’un certain temps un précipite' jaune citron assez floconneux.
La décoction saturée est rouge brun , se trouble par le refroidissement, et déposeunepoudre d’un jaune foncé.
L’infusion alcoolique tiltrée-est d’un brun roitge , se trouble avec l’eau, et dépose une résine d’un jaune clair.
alcalin la verdit et produitbientôt un précipité jaune grisâtre et floconneux.
La décoction saturée est jaune brunâtre, et dépose en refroidissant un précipité gris brun.
L’infusion alcoolique est beaucoup plus pâle , l’eau ue la précipite pas , mais lui communique ■seulement une teinte opaline jaunâtre. -
Nous avons vu, i° que les propriétés médicales tle la véritable angusture ne sont pas exactement connues; 2° qu’à l’incertitude que l’on trouve dans son emploi se joint ici un danger réel parla difficulté que l’on a pour la trouver pure dans le commerce ; on devrait donc la bannir entièrement du domaine de la médecine.
ANIS. Ou distingue sous ce nom , dans le commerce, deux semences dont les caractères sont très-différens , mais dont les propriétés médicales sont les mêmes : l’une est Yanis étoilé , nommé aussi badiane d*e Yillicium anisatu/n, polyandrie polygynie , L,, magnoliers , J. Ces semences ne peuvent être falsifiées, il suffit de les choisir nettes et non poudreuses; l’autre est le fruit du pirnpinella anisum, pentandrie digynie, !.. , ombellijeres , J. Ce dernier croît à l’état sauvage en Syrie, en Crète et dans d’autres contrées de l’Orient • il
est cultivé en France, en Allemagne, en Espagne, et pour être (le bonne qualité, il doit être gros , bien net, d’un goût piquant , parfumé sans amertume. Le meilleur anis français vient de Tours et de Chinon ; cependant celui qui est importé de Malte et d’Alicante est plus doux , plus gros et d’une odeur plus aromatique, mais d’un vert moins beau que celui de France; l’anis d’Espagne est plus petit, mais est aussi estimé. Quelquefois l’a— nisest falsifié avec du sable ou de petits globules de terre argileuse qui ont la couleur et la grosseur de l’anis ; il suffit d’avoir indiqué celte fraude pour s’en garantir.
ANTIMOINE. Les mots antimoine cru , désignent sou vent , dans le commerce , un minérai composé de soufre et d'antimoine métallique : on donne alors au métal lui- même, le nom de re'gule dJ antimoine.
Le métal est blanc-bleuâtre, brillant, très-cassant , lainelleux , pesant près de sept fois son volume d’eau , fusible et volalilisable sous forme de fumée blanche que l'on peut recueillir, sublimer de nouveau ou fondre en un verre de couleur hyacinthe. La consommation quel’on fait de ce métal, pour la fabrication des caractères d’imprimerie, est trèsconsidérable; plusieurs de ses composés sont usités en médecine , dans l’art de l’émailleur, en peinture, etc. , etc. La pureté que l’on exige varie avec
ies préparations dans lesquelles l’antimoine doit entrer; ainsi le métal pourra être moins pur pour les caractères d’imprimerie ; mais pour émailler ,, pour la médecine, il devra être bien exempt de plomb , de fer et d’arsenic , qu’il contient assez souvent.
Les fondeurs en caractères s’assurent de la pureté du régule d’antimoine qu’ils mettront en œuvre, en en faisant fondre une petite partie dans un creuset; toutes les fois que dans cette fusion le déchet ne dépasse pas 5 p. 100 delà masse, ils regardent cet antimoinecomme convenable àleurs opérations : ce déchet est dû au sulfure que le métal contient toujours après une première revivification. La présence de l’arsenic est très-dangereuse dans l’emploi que l’on fait de l’antimoine pour obtenir l'émétique, le kermès et autres composés qui doivent être introduits dans nos organes. M. Sérullas , dans un travail récent, a donné le moyen de s’assurer des plus petites portions d’arsenic que peut contenir l’antimoine; il a constaté : i° que l’oxide d’antimoine pur, réduit par le tartre (*) et maintenu, pendant sa réduction , à une température un peu forte, contient assez de potassium pour donner à l’alliage qui en résulte la propriété de décomposer l’eau , d’en dégager l’hydrogène et de la rendre alcaline; 2° que si l’antimoine ainsi réduit contient la plus
(r) Tartre acidulé de potasse brut.
petite quantité d’arsenic , il est toujours facile d’en démontrer la présence en traitant cet antimoine par du tartre, parce que l’alliage triple de potassium, d’arsenic et d’antimoine, que l’on obtient, donne en le traitant par l’eau, non plus île l’hydrogène pur, mais de 1 hydrogène cirsem què qui brûle à sa manière, c’est-à-dire avec une flamme blanche un peu fuligineuse, et exhalant une odeur d’ail analogue à celle que développe le fer qui se dissout dans l’acide sulfurique ; il se dépose sur les éprouvettes une pellicule qui , rassemblée en quantité notable et dissoute dans l’acide nitrique , donne un précipité jaune-citron brûlant avec une odeur d’ail. L’antimoine peut contenir du fer : ce dernier métal est nuisible dans la préparation de composés antimoniaux employés dans certains émaux jaunes qui deviennent alors rougeâtres , etc. , etc. On aura toujours un moyen de s’assurer de la présence du fer, en traitant une petite partie de l’antimoine suspect , par un acide formé de quatre parties d’acide hydrochlorique et d’une d’acide nitrique , concentrant la solution et la précipitant par une certaine quantité d’eau; il se forme un dépôt blanc de sous-hydroclilorate d’antimoine; on filtre , on lave, puis on réunit toutes les eaux dans lesquelles on fait passer un courant d’acide hydrosulfurique qui précipite les dernières portions d’antimoine à l’état d’hydrosulfate; la liqueur chauffée . uour déeraeer l’excès d’acide hy-
drosulfurique , sera une solution de fer précipitant, i° en bleu par le ferrocyanate de potasse ; 2" en bleu— noirâtre , par la noix de galle.
La présence du plomb est également nuisible dans quelques composés antimoniaux. On s’assure de cette impureté par le procédé suivant : on pulvérise une petite quantité de l’antimoine suspect, et on traite à chaud par l’acide nitrique en excès, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs rougeâtres ; à ce moment , tout l’oxide formé est déposé, et la liqueur contient du nitrate de plomb, dont on constate l’existence par l’acide sulfurique qui donne un précipité blanc , très -peu soluble dans l’acide nitrique.
ABJDOISES» Elles doivent avoir au moins un millimètre et demi d’épaisseur , car si elles n’ont qu’un millimètre, elles sont soulevées, cassées par les vents, enlevées par les ouragans; elles se fendent, malgré les coussins, sous le poids des couvreurs; elles éclatent promptement dans les incendies. La pesanteur spécifique des ardoises varie de 2,7 à 0,0. Les meilleures ardoises sont : i° celles qui donnent un son clair et sonore lorsqu’on les frappe avec un corps dur; 20 celles qui se coupent net et facilement; 5° les plus foncées; 4° les plus compactes, c’est-àdire qui n’absorbent pas l’eau. On juge de la porosité d’une ardoise et en même temps de sa facilité à s’imbiber d’eau, en la plongeant perpendi-
culairement dans l'eau par un bord seulement , le reste de la pierre demeurant hors du liquide* on la laisse en cet état pendant vingt-quatre heures ; si l’humidité ri’a pas gagné au-delà d’un centimètre (41<gries 1/2) l’ardoise sera de bonne qualité • et au contraire, ellesera d’autant plus mauvaise que l’humidité se sera élevée plus haut. Les ardoises varient en grandeur , mais il est évident que, toutes choses égales, les plus grandes et les mieux rectangulaires, seront les plus estimées. On distingue huit espèces d’ardoises. .Te citerai, i° la plus belle appelée carrée ou carrée Jine , qui est rectangulaire et a ordinairement 3o centimètres ( 1 1 pouces ) de long sur 22 centimètres ( 8 pouces ) de large j 2° la dernière, Yéridclle , qui est étroite, longue, ayant deux côtés taillés et deux autres bruts.
Â&GENT. Ce métal est d’unblanc très-brillant, insipide, inodore, et pèse de 10,472 à j 1,901; pour la dureté, il tient le milieu entre le fer et l'or ; son élasticité’est entre celle de l’or et celle du cuivre. Il est fusible à 28° degrés W, cristallisable par le refroidissement , inaltérable à l’air ; exposé à une très-forte chaleur, il brûle avec une flamme verdâtre: son oxide est verdâtre, communique aux verres une teinte olivâtre , et est très-soluble dans l’ammoniaque.
Chacun sait que l’argent est un des signes représentatifs des richesses, et qu’on l’unit au cuivre pour
lui donner delà dureté. La quantité de cuivre ajoutée , varie avec l’usage que l’on veut faire de l’argent : ainsi, en général, les ouvrages d’orfèvrerie sont à un titre plus bas que les monnaies , et même le titre de ces dernières varie chez les diverses nations , ce qui complique les opérations du change. Les métaux que peut renfermer l’argent , sont l’or et le cuivre j on s’assure, non pas de la quantité, mais seulement de la présence de ces deux corps , en traitant l’argent suspect par l’acide nitrique parfaitement pur: si la dissolution est verdâtre et passe au bleu par l’addition, d’ammoniaque, le métal contenait du cuivre : si l’argent contenait de l’or, ce dernier n’est pas dissous, mais reste au fond de la solution , sous la forme d'une poudre noire ou pourpre foncée. L’essai du titre des ouvrages et des monnaies d’argent , c’est-à-dire la méthode à suivre pour constater la quantité de cuivre que contient une masse quelconque d’argent , s’appelle coupellation ; celte par- . : très-importante et qui forme à elle seule une des principales branches de l’art de l’essayeur, exige des détails qui ne peuvent trouver place dans cet exposé.
Les pharmaciens et d’autres professions font quelquefois usage de feuilles d’argent. On peut leur donner des feuilles contenant une grande quantité d’étain. On reconnaît cette falsification : i° à la couleur noirâtre des feuilles lorsqu’on les
place entre l’œil et la lumière; 2° à l’aspect de ces feuilles qui ne sont pas ébarbées et présentent des taches mattes; 3° à la propriété qu’elles ont de se dissoudre en partie dans l’acide hydrochlorique faible, tandis que cet «eide n’attaque pas les feuilles d’argent pur.
Je terminerai cet article par l’exposé des procédés que l’on suit pour reconnaître si un minérai contient de l’argent. Dans ce dernier cas , il est doux au couteau, au marteau, et fond aisément au chalumeau. Une seconde fusion opérée au moyen du borax, donne des grains d’argent. Quelques fragmens de minérai , traités dans un verre de montre avec l’acide nitrique, se dissolvent à l’aide de la chaleur. On étend d’eau la dissolution , on l’agite avec un fil de cuivre; s’il y a de Dargent dans le minérai , il se précipite sur le cuivre et le couvre d’une croûte blanchâtre; si l’on met un peu de sel de cuisine dans la dissolution filtrée, il se formera un nuage blanc de chlorure d’argent.
ARGILE. Cette substance que l’on trouve en grande quantité dans la nature , et que l’on emploie dans plusieurs arts, est pour le chimiste un composé d'alumine , de silice , d’oxide de 1èr, de craie , de magnésie, etc. , etc. Ce serait donc un véritable silicate d’ alumine uni à une certaine proportion de matières étrangères. L’examen chimique de ce corps présenterait peu d’intérêt, mais
considérée comme base de V art céramique , ou fabrication des poteries, l’argile naturelle est une substance d’une très-grande importance.
L’argile employée à la fabrication des poteries , peut être i° grasse, lorsqu’elle est riche en alumine; 2° maigre , lorsqu’elle contient beaucoup de silice, ce qui divise les argiles en
Argile plastique ,
figuline ,
Marne argileuse.
L’argile plastique forme avec l’eau , la pâte la plus longue , ou en dJautres termes , est la plus grasse des argiles naturelles. L’argile figuline est moins grasse que la précédente , ce qui est du sans doute à la chaux, à l’oxide de fer qu’elle renferme ; elle peut meme se vitrifier au feu; la marne argileuse diffère peu de l’argihe figuline; elle est seulement plus maigre et conséquemment plus riche en silice , chaux et oxide de fer.
Toute poterie, quelle que soit sa forme, se compose d’une matière plastique et d’une matière aride^ ou dégraissante. Lâ première est donnée par les argiles dont je viens de parler; la deuxième se compose de silex quartzeux, de ciment ou d’argile trèscuite et réduite en poussière, de craie, d’argiles magnésiennes ou de schistes magnésiens.
Ces principes admis, on concevra facilement quelles sont les règles que suit le fabricant de po-
tel les dans le choix des argiles ; son but principal est ; i° de constater avec soin la nature de l’argile que lui offre la nature; 2° d’unir cette argile à des matières grasses ou arides pour obtenir un mélange propre à la fabrication. A cet effet , il délaye dans l’eau un poids de l’argile d’essai ; les parties les plus fines restent en suspension, tandis que le sable et les autres impuretés se précipitent; il passe le liquide épais qui en résulte, à travers des tamis de crin et de linon de différées degrés de finesse, et il connaît ainsi le poids de l’alumine et celui de la silice qui entrent dans l’argile naturelle qui a servi à l'épreuve. Or , des expériences assez exactes démontrent que les trois sortes d’argiles citées plus haut , se composent terme moyen des matières suivantes :
Argiles plastiques.
35 alumiue.
55 silice.
io à 18 eau.
Argiles figulines.
3o alumine.
6o silice, io à iS eau
Marnes argileuses.
1 5 alumine, silice.
io à iS eau.
Les proportions à suivre dans la confection des diverses poteries, varient avec la nature , la lex— txue , le degré de finesse, la blancheur de ces poteries. Ces dernières sont de cinq espèces i° la terre cuite; 2° la poterie commune; 3° la faïence commune; 4° la faïence fine; 5° le grès.
Les terres cuites qui constituent les briques, les tuiles, les carreaux, etc., etc. , se composent à peu près d’une partie d’alumine et de quatre par-
lies de silice, contenant de 1 oxide de fer , de la craie et autres substances étrangères ; le mélange est ordinairement
De l’argile figulinc,
De la marne argileuse,
Du sable impur.
Le sable est quelquefois remplacé par du ciment, des débris de fours, de poterie, elc. } etc. Les poteries communes ont une pâte homogène , opaque , colorée , une texture grossière ou fine y elles se composent d’environ une partie d’alumine mêlée à trois parties de silice:
Argile figulinc,
Marne argileuse ,
Silex (plus pur que celui qui entre dans les terres cuites).
Les vases antiques , dits improprement étrusques, puisque ce sont des vases grecs et ccnvpaniens , les vases samiens , les cilcarazas , appartiennent à cette section.
Les faïences communes ont une pâte opaque , d’une dureté moyenne , en général d’une couleur rouge -? elles ont un vernis blanc, opaque, et se composent aussi
Dargile figuline,
De marne argileuse.
De silex.
Toutes ces matières doivent être plus pures que celles qui entrent dans les poteries communes; les faïences du Piémont, de Faënza en Italie, de Nevers, appartiennent à eet ordre.
Les faïences fines ont une pâte blanche , quelquefois jaunâtre , opaque, fine, homogène; elles se composent :
D’argile plastique,
De silex calciné et broyé ;
Quelquefois on y ajoute de la craie.
Le vernis est généralement un verre formé de silice et de minium ; aujourd’hui, on y introduit du feldspath, du borax , enfin un peu de cobalt; ce dernier corps donne au vernis un reflet bleuâtre. Les terres de pipe, les faïences anglaises, les terres dites de Weegdwood , sont de cette section.
Les grès ont une pâte blanche , pâle ou opaque et colorée , font feu au briquet ; et les faïences de Clichy, Montereau, Creil, se composent :
D’argile plastique,
De silex ;
Quelquefois on y ajoute du kaolin ( voyez plus bas) , ou de la barite sulfatée.
Les creusets de Hesse, si estimés dans les expériences de chimie appartiennent à cette série et sont formés de :
Alumine. . . a5.
Silice. . . • 70.
Oxide de fer. 5.
Je terminerai cet aperçu par l’examen d’une espèce particulière d'argile qui contient en partie la matière dégraissante nécessaire, et qui diffère des argiles ordinaires par la propriété qu’elle possède de donner une pâte qui devient translucide par l’action du feu • on la dénomme kaolin : elle se compose de
5o à 56 de silice , qo à 44 d’alumine.
On constate les quantités de silice et d’alumine que renferme un kaolin naturel, par le procédé que j’aiindiqué plus haut. Lorsqu’il peut être classé dans les limites que je viens de donner, et qu’il est d’une blancheur suffisante, il est propre à la fabrication de la porcelaine j cependant s’il ne renferme pas toute la matière dégraissante nécessaire, on l’unit au feldspath et les proportions varient avec le lieu de fabrication.
Les pâtes de Paris, de Limoges , etc. , etc. , se composent de
Kaolin non lavé. . 80.
Feldspath,. ... 20.
La pâte de la manufacture royale de Sèvres renferme :
Kaolin argileux lavé. .
Fondant 36.
i oo.
Le fondant de Sèvres se compose de
Craie
Sable quartzeux io.
Sable de lavage du kaolin. . ao.
Ces détails dépassent peut-être les bornes que m'indiquait le cadre de cet ouvrage ; cependant ils m’ont paru nécessaires pour donner une idée exacte des principes que suit le fabricant dans le choix des matières plastiques et arides employées dans l’art céramique.
Indépendamment de l’emploi que je viens d'ndiquer pour les argiles 9 celles qui contiennent assez d’oxide de fer pour avoir une couleur bien prononcée et souvent très-vive , sont employées dans le dessin , dans la peinture , sous le nom d'ocres . (Voyez ce mot.) L’argile rouge, sanguine, j hématite rouge , sert de brunissoir à la pierre. Les J meilleures pierres sauguines sont celles qui con- ij tiennent le plus de fer, et qui, lorsqu’elles sont ti polies, offrent la couleur de l’acier.
ARGUES*. Feuilles du cynanclium arguel de la pentanclrie digynie , L. , apocynées , J., se trouvent quelquefois mêlées aux feuilles de séné, (\ oyez ce mot).
ARNICA. On emploi^ en médecine les fleurs de Farnica ( arnica mojitcma , de la syn gènes ie polygamie, L., corymbifères , J., comme excitant: cette plante s'élève à un pied environ ; sa tige un jjcu velue, est garnie presque toujours vers le haut de deux rameaux opposés , et porte quatre feuilles opposées par paires, lancéolées, plus petites que les radicales; le réceptacle est nu; les fleurs d’un jaune doré; calice commun, vert avec des taches pourpres, plus court que les fleurons et formé d’écailles lancéolées placées parallèlement l’une près de l’autre ; les graines noirâtres, longues, avec une aigrette sessile et poilue; la racine, aussi grosse que le petit doigt , est noire en dehors et blanche en dedans. On confond avec l’arnica :
i°. L’aune'e antidyssentérique , initia antidyssenlerica , la lige est velue , mais les fleurs sont d’un jaune pâle ; le calice est composé d’écailles terminées en pointe , recourbées à l’extrémité et garnies de poils; la saveur et l’odeur sont moins âcres et moins irritantes que dans l’espèce précédente ;
u°. L’aunée à feuilles de saule, inula salicina ;
IOO
les différences établies pour l’aunée antidyssentérique sont applicables à celte espèce;
5°. La porcelle tachetée, liypocliœris rnaculala • le réceptacle est garni de paillettes , les fleurons sont en lanières , les semences sont ovalesoblongues ; l’odeur et la saveur suffisent d’ailleurs pour distinguer cette espèce;
4°. Ladoronic, doronicum pardalianchès . Cette plante est moitié plus grande, les feuilles sont en cœur et dentées, les rameaux amplexicaules , les semences de la circonférence sont dépourvues d’aigrettes , et la racine est un peu tubéreuse.
A5SA-FŒTÏDA. La plante qui donne l’assafœtida est vivace , indigène dans le sud de la Perse, et appartient à la pentandrie digynie , L. , ombellifères , J. La gomme résine s’obtient de la racine lorsque cette dernière a aumoins quatre ans ; elle esj dans le commerce en masses irrégulières, offrant des larmes blanches qui passent avec le temps à une teinte violacée. Les morceaux les plus estimés sont d'une couleur rouge pâle , parsemés d'un grand nombre de larmes. Cinq onces d’assa-fœlida de bonne qualité traitée par de l’eau-de-vie à 200 , ne doivent laisser sensiblement qu’une once de résidu desséché , ce qui donne un moyen simple de reconnaître si on y a mélangé des matières terreuses, des pierres , etc., etc.
On trouve quelquefois chez les droguistes un
assa-foetida qui n’est qu’un mélange informe de suc d’ail et de mauvaises résines* il est alors beaucoup plus friable, et donne un résidu plus considérable que celui indiqué plus haut.
AXONGE. L’axonge , vulgairement appelée graisse de porc , saindoux , est la graisse du cochon . Un doit la choisir d’un beau blanc, d’une consistance ni trop molle ni trop ferme , d’une saveur douce, et surtout non salée ; si elle a cette dernière saveur et si elle n’est pas d’un beau blanc , elle contient du flambard qu’y ajoutent les charcutiers. Le flambard est une graisse recueillie à la surface de l’eau, qui sert à cuire les diverses parties du porc : on fait bouillir cette graisse afin d’évaporer l’exccs d’humidité , et on la laisse refroidir; en cet état, elle est toujours d’une couleur grisâtre, sa consistance est plus molle que celle de l’axonge, elle est en outre toujours salée, caractère qui peut facilement servir à la faire distinguer.
BARDAME. Plante delà syngénésie polygamie égale, L. , cyranocêphales , J. On emploie, en médecine la racine comme apérilive, diurétique et sudorifique : à l’état frais, on ne peut confondre la racine de bardane avec aucune autre; mais à l’état sec , on pourrait ne pas la distinguer des racines de belladone (atropabelladona), de cynoglosse [cy
noglossum officinale ), de grande consoude ( sym phituni majus ). Les caractères de ces racines sont les suivans :
i°. La racine de bardane sèche est ordinairement en morceaux de la longueur d’un pouce , d’une grosseur qui varie depuis deux ou trois lignes jusqu’à un pouce en diamètre; elle est cylindrique, légère, noirâtre à l’extérieur, blanche dans l’intérieur, spongieuse, d’une odeur faible, d’une saveur âcre , sucrée et amère.
20. La racine de belladone est grise ou brunejaune à l’extérieur, quelquefois brune-rougeâtre à l’intérieur, molle , succulente , d’une saveur désagréable , douceâtre et un peu astringente , d’une odeur nauséabonde. Cette substitution est trèsdangereuse puisque la belladone est un finissant narcotique.
5°. La racine de cynoglosse séchée est gris-foncée au dehors, blanche au dedans, d’une odeur nauséeuse, d’une saveur fade ; on en sépare ordinairement le centre qui est près qu’inerte, ce qui donne un moyen simple de la distinguer.
4°. La racine de grande consoude est noire , brune foncée à l’extérieur , l’intérieur est blanc , spongieux, farineux et très-collant dans la bouche; ce dernier caractère suffit même pour la différencier des racines précédentes.
iSAHIliLS» On donne, dans le commerce, ce
îoo
nom à la soude impure qu’on extrait de la cendre des plantes qui croissent près de la mer , et du genre scilsola de la pentandric digynie , L., arroches , J., particulièrement. Cette soude est quelquefois désignée sous les dénominations de soudes britanniques, d’Alicante, etc., etc. (Voyez au mot soude les moyens de calculer sa pureté).
BAHlTEh Substance qui peut être en masse, grise, poreuse, ou en cristaux blancs prismatiques, d’une saveur âcre, urineuse et caustiqueon la confond quelquefois avec la strontiane, dont elle a les caractères physiques et presque les propriétés chimiques. Cependant on peut la distinguer en remarquant que, mêlée avec l’alcool , ce dernier donne alors en brûlant une flamme jaune, tandis que la strontiane donne au même liquide la propriété de brûler avec une flamme rouge, surtout vers la fin de la combustion.
fiAÏÏBIX BE COPAHU. Ce baume est le suc
qui découle du copaifera ojjîcinalis de la décandrie monogynie , L. , légumineuses , J. L’arbre qui le produit croît aux Indes-Occidentales espagnoles et dans l’Amérique du sud; il s’élève à une grande hauteur , et le suc résineux découle eu abondance des incisions pratiquées dans le tronc de l’arbre. Le baume de copahu doit cire clair, transparent, blanc ou jaune pâle, d’une odeur assez agréable, d’une saveur piquante et amère;
il a en général l’aspect d’une huile, prend avec le temps la consistance du miel , conserve sa transparence, mais jamais il ne devient sec et solide comme les autres sucs résineux : on en trouve deux qualités dans le commerce, la première, qui vient presque toujours du Brésil, est assez rare; la deuxième est plus épaisse, moins transparente et offreen général un dépôt d’eau trouble; l’odeur, la saveur de ce dernier baume sont assez désagréables, il doit d’ailleurs se dissoudre entièrement dans l’alcool rectifié. On falsifie le baume de copahu : io avec des huiles fixes; 2° avec de la térébenthine; 3° avec de l’huile de ricin. La solution du baume de copahu dans l’alcool, donne un moyen bien simple pour reconnaître la première falsification. Selon M. Blondeau , pharmacien de Paris, si l’on mêle ensemble une partie de souscarbonate de magnésie avec quatre parties de baume de copahu , le mélange chauffé prend l’aspect demi- transparent d’un mucilage de gomme arabique; et il y a d’autant plus de térébenthine ajoutée, que le mélange est plus opaque : j’avoue que j’ai répété celte expérience avec du baume de copahu que je crois bien pur, et qu’elle ne m’a pas réussi ; on pourrait en conclure que tous les baumes de copahu, débités à Paris, sont alongés par de la térébenthine et que, dans l’impossibilité où l’on est jusqu’ici d’en avoir de parfaitement pur, on est bien obligé de se contenter de celui
io5
qui existe. Si le baume de copahu est falsifié avec de l’huile de ricin, on peut alors faire l’expérience suivante :
On mêle deux gros du baume de copahu suspect avec un gros de potasse liquide , contenant le quart de potasse à l’alcool. Le mélange fait dans une capsule prend l’aspect et la consistance du cérat j mais après quelques heures de repos, la séparation des deux fluides s’opère presqu’entièrement , le copahu surnage et la solution de potasse tombe au fond ; la séparation n’a pas lieu si le baume contient le quart ou même le huitième de son poids d’huile de ricin : celte expérience réussit mieux que la précédente.
BAUME BU PÉROU, EI.AKC ET PTOIB. Résine aromatique obtenue du myroxilon peruiferum , décandrie mono gy nie } L. Cet arbre croît dans les parties les plus chaudes de l’Amérique du sud. Toutes les parties de l'arbre exsudent eu abondance un suc résineux, et même les feuilles présentent des points transparens comme celles de l’oranger. Le baume du Pérou noir que nous recevons a la consistance du miel, est d’une couleur rougeâtre-brune presque noire, d’une odeur aromatique, agréable et d’une saveur chaude et piquante. Ce baume est presque toujours falsifié , et ce qu’on donne à Paris sous ce nom, est presque toujours un mélange de résine, d’huile essentielle et de benjoin.
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Le baume du Pérou blanc est encore plus rare que le précédent, aussi ces deux substances sont-elles à peu près bannies du domaine de la médecine, et on doit les abandonner puisqu'il est impossible de les avoir pures ; il est certain cependant que l’on peut reconnaître si l’un de ces baumes a été falsifié par la térébenthine; il suffît d’en jeter quelques parcelles sur une plaque rouge, l’odeur particulière à la térébenthine se manifeste à l’instant.
BAUME TRANQUILLE. On donne ce nom à une huile narcotique obtenue en faisant macérer de l'huile, i 0 sur des plantes narcotiques de la famille des solanées, la belladone, la morelle, la nicotiane, la jusquiame, etc., etc.; 2° et ensuite sur des plantes de la famille des labiées, le romarin , la sauge , l’hysope, etc. , etc. Cette huile doit avoir une couleur verte par réflexion , et une couleur rouge - verdâtre par transmission. On lui substitue quelquefois une huile simple ordinaire , colorée en partie avec des compositions de cuivre, ce que l’on peut connaître, i° en trempant un papier dans cette huile suspecte et le brûlant , il donne alors une flamme verte; 2° en calcinant dans un creuset, le résidu mis dans l’ammoniaque donne une couleur bleue; 3° en trempant une lame de fer qui se recouvre après un certain temps d’un croûte rouge-cuivré.
BECCABH&TGA. Cette plante est le verontcd beccabunga de la dianclrie mono gy nie , L. , pédiculaires , J. , employée en médecine comme antiscorbutique. On pourrait confondre cette plante avec le mouron d’eau , veronica anagalis , qui , étant bien moins actif, ne peut la remplacer; ces deux espèces se distinguent aux caractères suivans : i° le beccabunga a les fleurs bleues, la tige rampante, les feuilles ovales-larges, planes, tandis que le mouron d’eau a les fleurs également bleues , mais plus petites , la tige droite , les feuilles lancéolées et dentées.
BEIXADONE. On emploie en médecine la racine et les feuilles de la belladone , atropa belladona de la pentandrie mono gy nie , L., sola nées , J. J’ai dit, au mot bardane, que l’on pouvait confondre la racine sèche de cette dernière plante avec celle de la belladone. On substitue quelquefois aux feuilles de belladone celles de la morelle, solarium nigrum ; les premières sont grandes , à courts pétioles , entières, ovales, pointues, presque lancéolées, pubescentes, surtout à la surface inférieure, tandis que celles de la morelle sont moins grandes , à longs pétioles, dentées, ovales, non lancéolées; les feuilles d’une espèce de jusquiame, hyosciamus scopolium, que l’on substitue souvent à celles de la belladone, se rapprochent, à la vérité, de la forme lancéolée, mais elles sont
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lisses, peu brillantes, enfin la plante entière est glabre, et la belladone est un peu velue.
BENJOIN. Ce baume que l’on emploie en médecine comme aromatique et excitant, nous est fourni par le styrax bcnzoë de la décandrie monogynie L. , plaqueminiers , J. Il nous arrive des Indes-Orientales en masses assez fortes , offrant des grains blancs-jaunâtres de differentes grosseurs, en partie translucides et en partie opaques. Celui qui a le plus de ces espèces d’amandes, porte le nom de benjoin amygdaloïde, et est le plus estimé. On peut d’ailleurs s’assurer de la pureté de ce baume en examinant s’il est bien entier, d’une texture bigarrée assez uniforme. On doit ensuite obtenir, à très-peu près, deux onces d’acide benzoïque sublimé et non purifié par livre de benjoin, ce qui donne un moyen de reconnaître s’il a été alongé par des terres, des pierres ou des résines étrangères.
BENOITE. Geum cary ophyl lata. Cette plante appartient à la polyandrie polygynie , L. , ix>saceës , J. C’est presque toujours la racine qui est usitée en médecine comme excitant, tonique et astringent. Lorsqu’elle est sèche, elle a la forme de tubercules bruns à l’extérieur et jaunes en dedans, d’une saveur amère, acerbe et piquante, d’une odeur assez forte et analogue à celle du gérofle. On confond quelquefois avec cette racine celle de
la benoiie aquatique , geum rivale , qui est a peu près inerte. La benoiie aquatique a les fleurs roses-pales en dedans et rouges-foncées en dehors, les feuilles à trois lobes pointus , la racine est inodore et moins longue que celle de la benoite cary ophyllée.
BERYL. Très-belle pierre précieuse qui nous vient principalement de la Sibérie ; ses couleurs sont le vert de montagne , le vert d’asperge , le vert olive, le jaune de miel, le bleu d’azur et le bleu de ciel. Elle diffère de l’émeraude par sa couleur et sa dureté. On lui a donné quelquefois le nom d’émeraude jaune, verdâtre et marine. L’émeraude et le béryl sont électriques par le frottement, on les imite avec le stras coloré par divers oxides métalliques, et particulièrement par l’oxide de chrome. J’indiquerai au mot diamant les règles à suivre pour l’estimation de quelques pierres précieuses.
BEURRE. Le beurre est la partie huileuse et inflammable du lait. Cette substance se rapproche des graisses, des huiles, et en diffère parce qu’elle contient un acide particulier nommé par M. Chevreul , acide butirique. Le beurre de bonne qualité doit avoir une saveur douce , une couleur jaune-pâle, 'être fusible à environ 56° c., tandis que le suif de veau, avec lequel on l’alonge assez souvent, demande 5o à 55° c. ; aussi peut-on re-
marquer que les beurres de moindre qualité , sont en général plus durs et moins fusibles que les beurres fins; la teinte safranée qu’offre le beurre lui est naturelle, mais on l’imite souvent avec le safran. On assure que le beurre contient quelquefois du carbonate de plomb qui augmente son poids; j’ignore si cette fraude, qui serait un véritable empoisonnement, a lieu, mais il suffirait, pour s’en assurer, de faire fondre le beurre suspect dans l’eau et de le laisser se Jiger. Le carbonate de plomb se précipiterait , on pourrait ensuite faire passer dans la liqueur un courant d’acrde bydrosuifurique ; il se formerait un sulfure noir de plomb, qui ne laisserait aucun doute sur l’existence du composé de plomb; le même procédé serait mis en pratique pour reconnaître la présence du cuivre.
BEUBRE DE CACAO. Huile solide à la température ordinaire, et obtenue de la semenefe du iheobroma cacao de la polyadelphie de c and rie , L , malvacées , J. Ce beurre qui est employé en médecine à l’intérieur et à l’extérieur comme adoucissant, se trouve rarement pur dans le commerce , et les pharmaciens jaloux de ne faire usage que de produits bien purs, le préparent eux-mêmes ; j’indiquerai cependant les principales propriétés et les falsifications de ce composé. Le . beurre de cacao de bonne qualité doit être d'un 1
blanc-jaunâtre, fondre dans la bouche, et n’avoir alors ni la saveur du suif, ni celle de la cire, mais exhaler rôdeur douce et balsamique du cacao. Il se dissout dans l’éther, ce qui donne un moyen facile pour s’assurer s’il a été alongé par de la cire ou du suif. Lorsque cette falsification a lieu , la solution de ce beurre dans l’éther est louche et n’a plus cette diaphanéité que doit avoir une solution parfaite.
BEURRE D’ÉTAIN. Voyez chlorure cV étain.
BIÈRE est un liquide spiritueux obtenu par la fermentation de l’infusion du malt ; c’est surtout dans les pays qui sont trop froids pour la culture de la vigne que l’on prépare cette boisson ; elle n’est cependant pas inconnue dans les climats chauds. On brasse dans le centre de l’Afrique; les Egyptiens fabriquaient de la bière. La nature des grains employés dans cette préparation varie dans les diverses contrées. Ainsi on fait usage de l’orge, hordeumvulgare , en Europe , du^ riz, oriza satioa, dans les Indes, du houlque en épis, holcus spicatus , dans les parties intérieures de l’Afrique ; mais de quelques graines que l’on se serve, le procédé est toujours à peu près le même , et je ne donnerai aucun détail sur cette fabrication, puisque mon but doit être seulement d’indiquer les moyens de reconnaître, i° la bonne qualité d’une bière; i° les altérations que peut
avoir éprouvées ce liquide. Je diviserai lesbières de France en trois sections, i° la bière forte brune ; 2° la bière ordinaire; 5° la petite bière. Ce liquide étant toujours spiritueux, quelle que soit d’ailleurs sa force alcoolique, sa pesanteur spécifique devrait être plus faible que celle de l’eau; mais la quantité de matière extractive qu’il renferme augmente cette pesanteur spécifique , qui, avec les indications que donnent sa saveur, son odeur, etc., etc., présente un des meilleurs moyens pour s’assurer de sa force et de sa bonne qualité. Le tableau suivant donnera un aperçu de ces variations.
Ces résultats ne sont pas d’une exactitude rigou reuse, et ne sont pas applicables à toutes les espèces de bière; mais ils ont été obtenus en soumettant à l’expérience les trois sortes de bière que Ton trouve à Paris. Ils seront d’ailleurs suffisans pour s’assurer de la bonne qualité et de la force alcoolique d’une bière du commerce ; j’indiquerai au mot vin les expériences à faire pour s’assurer si une bière n’a pas été adoucie par des oxides de plomb, par d eValun, etc., etc. (Voyez le mot vin ).
BISMUTH est un métal cassant* d’un blanc éclatant rosé , pesant 8,922 , fusible à environ 249°; il îSt rarement falsifié. J’indiquerai seulement le moyen de l’obtenir parfaitement pur pour les analyses : on fait dissoudre le bismuth du commerce dans l’acide nitrique, et on précipite l'oxide de bismuth en versant de l’eau dans la dissolution ; on lave le précipité et on y mêle assez d’huile pour le convertir en pâte; en faisant fondre promptement le mélange avec du flux noir , on obtient un culot de bismuth parfaitement pur.
BISTRE est la suie dépouillée, par le lavage, des parties grossières dont elle était chargée ; cette couleur , dont on se sert quelquefois en peinture , est d’un prix assez peu élevé ; aussi est-elle rarement falsifiée . Il suffit de s’assurer si elle a été parfaite-
ment broyée et bien débarrassée , par le lavage , des substances étrangères qu’elle présente à l’état brut. On assure que la suie du hêtre ,fagus sylvatica , donne le plus beau bistre.
BITUME, substance noire, bitumineuse dont se servent les peintres, et qui étant à bon marché dans le commerce , est rarement falsifiée. Il suffit , pour s’assurer de sa bonne qualité , de casser le bitume brut et d’examiner si la texture est d’un noir brillant , vitreux, bien homogène. Cette couleur ne forme jamais bien corps avec l’huile ; aussi les peintres ne s’en servent-ils que pour donner ce qu’ils appellent le glacé. Si le bitume est préparé pour la peinture , on doit examiner s’il est exactement broyé.
BLANC DE BAIiEIKTE^ substance solide qui se concrète au milieu de l’huile contenue dans la tête du cachalot , physeter macrocephalus. Le blanc de baleine pur est blanc, onctueux, nacré, Iamelleux, d’une odeur sauvagine, fusible à 36° et volatil à une température supérieure , presque sans altération 3 il est soluble dans l’éther, surtout à l’aide de la chaleur. On assure qu’il est quelquefois falsifié avec de la cire blanche 3 je ne le crois pas , puisqu’il est d’un prix égal , sinon inférieur à celui de la cire. On reconnaîtrait d’ailleurs cette sophistication, i° à l’odeur, i° à la couleur qui
alors est d’un blanc mat, 5° à sa dissolution dans l’éther qui serait alors trouble et laiteuse. On pourrait plutôt le mêler au gras de cadavres, adipocire , avec lequel il a beaucoup d’analogie, mais ce mélange développe une odeur ammoniacale marquée lorsqu’on le triture avec la potasse : on trouve quelquefois un blanc de baleine dans lequel il n’entre que de la graisse de cachalot ; ce composé qui a toujours une teinte jaune , doit être rejeté.
BLANC DE BOUGIVAL. Ce blanc est un véritable carbonate de chaux que l’on emploie particulièrement dans l'art du badigeonneur, et quelquefois comme matièredégraissantedans la fabrication des belles poteries. Je n’en parle ici que parce que je l’ai déjà cité dans l’énumération des couleurs. Le bas prix de ce produit et la facilité que l’on a de se le procurer, ne permettent pas de penser qu’il puisse être falsifié.
BLANC DE PLOTCB. Le chimiste connaît sous ce nom un composé blanc , insoluble, formé d’acide carbonique et de protoxide de plomb. Ce composé, qui est conséquemment un carbonate de plomb , a la propriété de former corps avec l'huile, et est fiar suite très-employé dans la peinture à l’huile. Les peintres connaissent trois sortes de carbonate de plomb : i° le blanc d’argent, 2° le blanc de plomb, 3Ü la céruse. Cet ordre indique celui de leur qua-
lité ’ les deux premiers sont particulièrement employés parles peintres j le dernier sert aux badigconneurs et peintres en décors. J’ai traité successivement par le vinaigre 72 grains des trois blancs que je viens de citer. Les résultats ont été les suivans :
Blanc d’argent.
54 parties de sous-carbonate de plomb.
20 carbonate de chaux (craie).
18 insolubles dans le vinaigre, et
formées d’alumine, d’oxide de fer et de silice.
Blanc de plomb.
24 parties de sous-carbonate de plomb.
5o sous-carbonate de chaux (craie).
18 insolubles dans le vinaigre, et
formées d oxide de fer, d’alumine et de silice.
Céruse.
Les résultats ont été les mêmes que ceux donnés par le blanc de plomb.
Le blanc d’argent a une teinte blanche, bien plus pure que celle du blanc de plomb.
La céruse n’est jamais exactement broyée, et si l’on remarque que le blanc d’argent coûte environ quatrefois plus que le blanc de plomb, etce dernier, deux fois et demie de plus que la céruse , on se
convaincra facilement que la différence dans les quantités de véritable sous-carbonate de plomb , n’étant pas très-considérable, cette différence ne peut en apporter une aussi forte dans les prix • aussi la bonne qualité d’un blanc, pour la peinture à l’huile, ne dépend pas seulement du carbonate de plomb qu’il renferme, mais surtout du degré de blancheur et de finesse des molécules 3 et cette remarque, qui est d’ailleurs applicable à la plupart des matières colorantes employées par les peintres , est ici tellement vraie que les blancs d’argent ou de plomb broyés à l’huile, varient beaucoup pour la blancheur et l’exactitude du broyage dans les diverses fabriques 3 aussi les principaux moyens que nous ayons pour reconnaître la bonne qualité des blancs, sont-ils la vue, le toucher et l’essai. Il est néanmoins certain que, toutes choses égales, les blancs qui contiennent la proportion la plus forte de sous— carbonate de plomb , sont ceux qui se lient le mieux à l'huile, et qui sont conséquemment préférables. Pour connaître ces proportions, on traitera par le vinaigre , à chaud , un poids déterminé du blanc d’essai 3 le résidu bien lavé et séché donnera le poids des matières autres que le sous-carbonate de plomb et la craie contenus dans le blanc 3 les eaux de lavage réunies seront traitées par un courant d’acide hydrosulfurique jusqu'à ce qu’une petite partie du liquide filtré ne précipite plus l’hydrosulfate de potasse. On filtrera tout le
liquide , et le poids du précipité noir recueilli sur
le filtre , lavé et séché , représentera , selon les équi-
valens chimiques , les ■— du sous-carbonate de
plomb contenu dans le blanc essayé: en opérant,
par exemple , sur 72 grains de blanc d'argent , le
résidu insoluble dans le vinaigre pesait le quart
du poids total ou 18 grains • les liqueurs réunies
et traitées par un courant d’acide hydrosulfurique,
donnèrent un précipité noir qui, séché, pesait /ji
grains j conséquemment on devait, comme je l’ai
dit plus haut, en conclure que le blanc d'argent
essavé contenait «/
18 parties insolubles dans le vinaigre.
4 1 X TT = 54 de sous-carbonate de plomb.
20 de sous-carbonnate de chaux.
Ces expériences , dont je n’ai donné les résultats qu’en nombres ronds , constateront si le blanc d’essai a été falsifié par du sable , de l’argile ou une proportion trop considérable de craie j et si l’en unit à ces données celles qui résultent de la vue , du toucher , on aura tous les élémens nécessaires pour se guider dans le choix du blanc usité dans la peinture.
Les trois tableaux que j’ai donnés au cornmenc en nt de cet article, donnent la composition actuelle des blancs que l’on trouve dans le commerce. Je n’ai pas parlé des blancs de Krems , des blancs de Clichj, parce que ces divers blancs sont classés,
selon leur degré de blancheur on de pureté , avec le blanc d’argent ou le blanc de plomb.
BLEU D'AZUR. Ce bleu , qui porte seulement le nom d'azur , ou celui de bleu d'émail, n’est pas employé dans la peinture à l’huile , mais il sert dans la coloration des faïences , des cristaux , etc. , etc. j dans l’art de l’émailleur. Pour faire ce bleu , on mêle le safre (voyez ce mot) avec une partie ou une partie et demie de cendres gravelées ( voyez ces mots ) , et on fait fondre ce mélange dans des creusets, jusqu’à ce qu il soit parfaitement vitrifié et réduit en un beau verre bleu • il se fait pendant la fusion , une séparation de matières étrangères qui est rejetée au milieu de la substance • on la nomme speiss -, on la sépare avec soin, on remue le verre dans le creuset afin qu’il soit bien mêlé ) on le chauffe de nouveau pendant un quart d’heure ou une demi-heure • on le prend ensuite avec des cuillers de fer et on le jette tout rouge dans des baquets pleins d’eau pour l’étonner et faciliter sa pulvérisation. Après l’avoir pulvérisé, on le passe à travers un crible de cuivre semblable à celui dont on se sert pour le safre, puis on en fixe le prix, et on le met dans des tonneaux. Cette préparation nous démontre que l’on ne peut considérer les bleus d’azur comme des oxides de cobalt , puisque ce sont des combinaisons d’oxide de cobalt , de silice et d’alcali. Il y a peut-être douze espèces de
bleu d'azur , toutes distinctes par la finesse et la couleur du grain’ on les appelle improprement azur des Ier, 2®, 5e, 4e etc., feux, puisque ces noms ne désignent que des bleus de diverses finesses , obtenus par une précipitation ou plutôt par un dépôt plus ou moins prqmptement formé. Le prix de ces bleus varie depuis 1 franc 5o centimes jusqu’à 20 francs le demi- kilogramme • leur beauté dépend moins de la linesse et d un éclat agréable qui éblouit l’œil , que de la propriété qu’ils ont de colorer une forte masse de verre, quoiqu’introduits en petite quantité.
Plus l’oxide de cobalt est pur , c’est-à-dire moins il contient de fer, de nickel , de cuivre , etc. , etc. , plus le safre est beau et donne dans la vitrification un verre riche en couleur. Le moyen le plus ordinaire pour la falsification du bleu d’azur ( moyen qui est d’ailleurs applicable à toutes les couleurs à peindre sur la porcelaine ou en émail), est de le broyer avec une certaine quantité de beau cristal ; mais alors le bleu dJazur et géné râlement toutes les couleurs en émail perdent de leur éclat , de leur intensité , et diminuent beaucoup de fusibilité, parce que la substance introduite par la fraude est plus difficile à fondre que les fondans qui servent de vernis.
i<u J’ai traité un bleu d’azur de qualité inférieure par l’acide nitrique, concentré et chaud; la couleur n’a rien perdu de son intensité, et n’avait
perdu que le sixième de son poids après l’opéra tion ; 2° le même bleu d’azur exposé dans un creuset a une très— forte chaleur, a conservé parfaitement sa teinte, et n’avait rien perdu de son poids, (les deux expériences donnent des moyens assez exacts pour reconnaître les falsifications du bleu d’azur par le bleu de Prusse, le bleu minéral , les composés insolubles de cuivre. Il est évident i°que si les deux premières falsifications ont eu lieu , le bleu perdra de l’éclat de sa teinte lorsqu’il sera exposé à une forte chaleur; 2° que si la dernière falsification a eu lieu, l’acide nitrique qui a été rais en ébullition sur le bleu d’azur donnera un nitrate acide de cuivre virant au bleu céleste par l’ammoniaque liquide , et précipitant en brun-marron par le ferrocyanate de potasse liquide.
Quelle que soit du restel’exactitude des procédés que je viens d’indiquer, on concevra facilement qu’après la vue et le tact , l’expérience est le meilleur moyen que l’on ait pour constater la bonne qualité d'un bleu d’azur, et même dans toutes les manufactures où l’on fabrique ce produit on a des < cliantillons de diverses nuances et de différentes beautés, dont les prix sont fixés et qui restent entre les mains du directeur delà manufacture; on compare le bleu d’azur qu’on vient de faire avec ces échantillons, et après avoir reconnu celui auquel il ressemble, on le fixe au même prix que celui de l'échantillon, puis on marque sur les tonneaux
avec un fer rouge différentes lettres qui désignent la qualité et le prix du quintal. Le coloriste en poteries , l’émailleur , examinent le bleu d’azur dont ils font l'achat, et s’assurent plus exactement de sa bonne qualité , en essayant sa force colorante et la beauté de la couleur qu’il donne.
BLEU I>E COBALT. On connaît sous ce nom un bleu minéral qui, pour le chimiste, est un oxide de cobalt uni à une quantité variable d’alu mine. On en trouve dans le commerce de deux qualités: la première est en petits fragmens irréguliers, facilement pulvérisables et d’une teinte qui tient le milieu entre le bleu minéral et le beau bleu de Prusse la deuxième, ordinairement en poudre, est d’une couleur bien plus pâle, et contient en général le tiers en sus de la quantité d’alumine que renferme la précédente. On conçoit ensuite qu’entre ces deux limites il peut exister une inGnité de nuances dues à des proportions intermédiaires d’alumine, et conséquemment toutes choses égales d’ailleurs , le bleu de cobalt qui présentera la teinte la plus foncée méritera la préférence.
Cette couleur n’est pas aussi réfractaire que le bleu d’outremer; cependant elle est très-solide et a deux avantages que Lon ne trouve peut-être dans aucun autre bleu; i° elle se brove très-
bien à l’huile, et conséquemment s’emploie en pcin-
turc, comme le bleu de Prusse, le bleu minéral , le bleu lapis ; 2° elle résiste à une forte chaleur et est employée rïan^ la coloration des faïences, des porcelaines , comme le safre, l’azur. Le bleu de cobalt est même le seul bleu pur qui colore les belles porcelaines.
Les propriétés du bleu de cobalt sont: i° d’être inattaquable par une forte chaleur de ne pas perdre sa teinte par l'acide nitrique à 38° bouillant, et même dans ce dernier cas il ne perd rien de son poids; 2° de se dissoudre entièrement dans une assez grande quantité d’eau régale, lorsqu’on le traite à chaud par ce dernier liquide: ainsi en soumettant à chaud six grains de beau bleu de cobalt à l’action de deux onces d’eau régale, le résidu qui conservait sa couleur fut de trois grains; ce résidu traité à deux reprises par deux onces de nouvelle eau régale, fut dissous complètement. Ces expériences donnent des moyens assez exacts pour constater la pureté d’un bleu de cobalt.
Cette couleur peut être falsifiée: i° avec du bleu de Prusse ou du bleu minéral ; i° avec du bleu d’azur, du smalt, du safre; 3° avec des composés de cuivre. Si la première falsification a eu lieu, le bleu de cobalt essayé prendra, à la chaleur, une teinte jaunâtre plus ou moins foncée; le résidu traité par 1 acide nitrique et sensiblement neutralisé, donnera un nitrate de fer précipitant en bleu
par le ferrocyanate de potasse liquide, en bleu-noirâtre par une décoction de noix de galle. Le bleu de cobalt falsifié avec du bleu d’azur, du smalt , du safre, sera traité par l’eau régale , il restera un résidu plus ou moins bleuâtre qui sera le bleu d’azur, le smalt, le safre plus ou moins altéré • cette dernière falsification est très-commune, et le moven que je viens d’indiquer est celui qu’emploient les fabricans de couleurs pour constater la pureté du bleu de cobalt dont ils font l’achat. Si le bleu de cobalt contenait des composés insolubles de cuivre, il serait attaqué par l’acide nitrique ( effet qui n'a pas lieu pour la couleur pure ) ; la dissolution virerait au bleu céleste par l’addition de quelques gouttes d'ammoniaque liquide, et précipiterait en brun-marron par le ferrocyanate de potasse.
J’ai considéré jusqu'ici le bleu de cobalt comme couleur employée par les peintres ; cependant les fabricans de faïences, de porcelaines, en font un usage assez fréquent; mais les premiers se servent de l’oxide de cobalt impur du commerce , ou même du safre pour la coloration des faïences, cristaux, etc., etc., et d’un autre côté il est bien rare que l’on se serve du bleu de cobalt du commerce pour la formation de la couleur bleue sur porcelaine; c’est, en préparant soi-même et avec beaucoup de soin la mine de cobalt de Tunaberg en Suède ( cette mine contient du co-
bail , de l’arsenic, très-peu de soufre, de fer, de nickel ) , que l’on prépare le bleu propre à la peinture sur porcelaine.
BLEU MINÉRAL. On connaît sous ce nom un bleu en morceaux moyens, irréguliers, d'une teinte bleu-pâle. Le meilleur que nous ayons est préparé à Anvers ; l’analyse m’a démontré que trente-six parties de ce bleu contenaient:
Bleu de Prusse très-pur, i[\ parties.
Alumine 9 idem.
Eau . . 5 id.
Le bleu minéral de bonne qualité a une texture homogène, d’une couleur bleu-pâle, bien uniforme. Il pourrait contenir une proportion trop forte d’alumine, mais la teinte bleue moins foncée que présentera alors ce bleu comparé avec un bleu minéral bien pur, suffirait pour reconnaître la fraude : si le bleu minéral était alongé par de l’azur, des composés de cuivre, etc. , etc. , on reconnaîtrait ces falsifications par les moyens que nous indiquerons plus bas au mot bleu de Prusse.
Les peintres font usage du bleu de Prusse, du bleu minéral , pour les verts en peinture, car le bleu de cobalt ne peut donner que les verts em ployés dans les londs. On pourrait se demander pourquoi les peintres ne remplacent pas le bleu minéral par le bleu de Prusse fabriqué en France, et contenant la proportion d'alumine nécessaire :
ndus verrons au mot bleu de Prusse les motifs (fai s’opposent à celte substitution.
BEEU D’OUTREMER. Celte couleur qui résiste au temps et à toutes les émanations, est obtenue delà pierre d’azur ou pierre d’Orient, lapis lazuli : on peut, dans les tableaux des écoles anciennes, reconnaître cette inaltérabilité - toutes les autres couleurs ont poussé au noir ou ont pâli, l’outremer seul conservant sa teinte invariable , contraste avec les autres teintes que le temps a modifiées ou détruites. Le nombre de pierres d’azur que nous fournit l’Asie diminue tous les jours , il est donc probable que le prix de l’outremer, qui est même aujourd’hui de 70 à 80 francs fonce, ne pourra qu’augmenter par la suite; on assure cependant que la pierre d'azur trouvée dernièrement dans les monts Ourals en Russie , donne un bleu aussi beau et aussi inaltérable que la pierre d’Orient ; on offre même, en ce moment , du bleu d’outremer à !\0 francs fonce ; c’est aux peintres qu’il appartient de s’assurer si ce nouveau bleu peut rivaliser avec l’ancien. Sans entrer dans tous les détails que comporte la préparation du bleu 1 apis , je rappellerai seulement que l’on calcine les morceaux de ce minéral , on les retire quand ils sont rouges de feu, et on les plonge dans l’eau pour faciliter leur pulvérisation ; réduits en ce dernier état, on unit cette poudre avec de la résine, de la cire
et de l'huile de lin de bonne qualité; on met ce mélange dans une toile et on le pétrit dans l'eau chaude; le premier bain se charge d’impuretés et se jette ; le deuxième donne le plus beau bleu; le troisième donne un bleu moins estimé , mais qui diffère cependant assez peu du précédent. Il existe donc deux précautions dans la fabrication du bleu d’outre-mer : i° choix des lapis-lazuli qui doivent donner le bleu préparé; 2° choix de ce bleu préparé.
Les ouvriers éprouvent la bonté de la pierre d’azur qu'ils mettront en œuvre, de la manière suivante : on en met des morceaux sur des charbons ardens , si après avoir été rougis au feu , ils ne perdent rien de leur éclat lorsqu’ils sont refroidis, e’est une preuve de leur bonté. On les essaie encore en les faisant rougir sur une pelle de fer et en les jetant, rouges, dans de très-fort vinaigre blanc; s’ils ne perdent rien de leur couleur, la pierre est d’une bonne espèce.
Le bleu d’outremer préparé est en poudre trèsfine d’un beau bleu , insipide, inodore et inaltérable au feu; pour reconnaître s'il est bien pulvérisé ,1e fabricant de couleurs en répand une partie
dans la paume de la main, comprime avec l’autre main , et plaçant ce bleu obliquement entre son œil et la lumière, il examine avec soin s’il ne découvre aucun point brillant; si ce dernier fait a lieu , la pulvérisation du bleu lapis a etc incom-
plète. Le meillem’ procédé à suivre pour constater la pureté du bleu d’outremer, est de le traiter par l’acide nitrique concentré* le bleu, s’il est pur, perd sa teinte passe au blanc très-peu grisâtre , et reprend ensuite au feu sa couleur primitive ■ ce caractère que l’on ne retrouve dans aucun autre bleu du règne minéral , suffira pour reconnaître toutes les falsifications ; on a même remarqué qu’un bleu-lapis que l’on supposait d’une qualité infé • rieure, avait pris par l'acide nitrique une teinte blanche grisâtre , de sorte que la couleur plus ou moins blanche que présente alors le bleu lapis est un indice assez exact de sa bonne qualité. Le bleu d’outremer lient être falsifié : io avec du bleu de Prusse ou du bleu minéral ; 2o avec du bleu de cobalt • 3o avec du bleu d’azur, du smalt. La première falsification se reconnaît de suite à la teinte bleu-jaunâtre que prendra ce bleu lorsqu’on l’exposera à une forte chaleur. Si l’on suppose que le bleu lapis contient du bleu de cobalt , on le traitera par l’eau régale concentrée (mélange de 2 parties d'àcide hydrochlorique à 22o et d’une partie d’acide nitrique à 380). Nous avons vu que cet acide dissout le bleu de cobalt , conséquemment cette solution présentera tous les caractères d'un sel acide de cobalt. Le bleu d’outremer soumis à l’action de l'acide nitrique-, perd avons-nous dit , sa couleur et la reprend lorsqu’on l’expose à une forte chaleur. Tl est à remarquer que ce changement de
teinte ne sera qu’imparfait si le bleu lapis contient de l’azur, du smalt , du safre. I<a teinte blanche conservera un ton d’autant plus bleuâtre que la proportion d’azur, etc., etc., mêlée au bleu lapis, sera plus considérable.
BLEU DE PRUSSE. Cette couleur, dont la consommation dans les arts est aujourd’hui trèsconsidérable , fut découverte par un fabricant de couleurs de Berlin de là lui est venu le nom de bleu de Berlin qu’elle porte encore dans le commerce. Mon but n’étant pas ici d’indiquer les principes à suivre dans cette préparation, je rappellerai seulement que cette couleur s’obtient toujours par la réaction de la potasse sur une matière animale, ordinairement le sang, la corne , etc., etc. • le résidu delà calcination dissous dans l’eau, donne une liqueur appelée lessive du sang. Celte lessive du sang, traitée par une solution de sulfate de fer et d'alun, donne pour précipité le bleu de Prusse que l’on dessèche assez rapidement sur des couches de plâtre. Il n’est peut-être aucun produit dont les qualités soient aussi variables, et cette variation est d’autant plus grande quelebleu de Prusscdoitavoir des qualités différentes, suivant l’emploi que l’on veut en faire. Ainsi celui qui sert dans les papiers de couleur peut être assez gras, tandis que lèse peintres donnent la préférence à ceux qui n’ont pas ce défaut. On en connaît aujour-
d’hui environ 12 qualités dont le prix varie de 2 à 1/, francs le kilogramme.
Un bleu de Prusse de bonne qualité doit être eu morceaux assez petits , d’une teinte analogue à celle de l’indigo flor, d’une cassure cuivrée peu soyeuse, passant aune couleur plus foncée par l’acide nitrique à froid, donnant après sa calcination un résidu brun-marron formé d’alumine et d’oxide de fer.
De la teinte du bleu de Prusse. Celte teinte, qui, dans les bleus de Prusse de première qualité , est, comme je l’ai dit , cuivrée et analogue à celle de l’indigo flor, peut varier considérablement depuis ce point jusqu’à la teinte d’un bleu pâle, rappelons ici que l’on connaît aujourd’hui 14 numéros de bleu de Prusse, depuis le n° 1 , qui , à l'état solide, présentent les caractères que j’ai donnés, jusqu’au n° 1 4 » que Ion vend en général a l’état demi-liquide, et qui , desséché , a une teinte bleu pâle; mais les caractères suivans donneront assez bien les moyens de s’assurer de la qualité d’un bleu de Prusse : 56 grains n° i ont été calcinés à un feu assez violent et jusqu'à ce que le résidu refroidi ne présentât aucune trace de charbon ; ce résidu était d’une couleur brun-marron et pesait 1 8 grains ; traité par la potasse , il donna i3 grains d’un nouveau résidu qui était presqu’entièrement composé d’oxide de fer. 56 grains de bleu de Prusse n0 5 ont été calcinés et ont donné
un résidu d’une couleur bleu pâle qui pesait 8 grains; ce résidu était également composé d’alumine et d’oxide de fer. 3G grains de bleu de Prusse n° 1 4 ont été calcinés et ont'donnéun résidu d’une couleur blanc-rougeâtre pesant 5o grains , composé d’alumine et d’une petite quantité d’oxide de fer.
De la cassure du bleu de Prusse. Cette cassure dans les bleus de première qualité est cuivrée, veloutée ,e\\e ne doit pas être trop soyeuse ou trop brillante. Ce dernier défaut que l’on reproche en général aux bleus français, paraît 'dû au mode de calcination. Ces bleus, i° répandent pendant le broyage une odeur animale très - désagréable ; 2° sont, après ce broyage, gras au toucher , s’étendent mal sous le pinceau, et sont presque toujours rejetés par les pein 1res. Aquelle cause attribuer cette mauvaise qualité des bleus français? je l’ignore; mais il est a remarquer : i° que ce sont les bleus français les mieux cuivrés, les plus soyeux et les plus b ri llans , qui répandent l’odeur la plus désagréable pendant le broyage; 2° que les bleus de lîerl i n ont aussi l’aspect cuivré, mais velouté , et n’exhalent que très-peu d’odeur lorsqu'on les passe au porphyre; 5° que le bleu minéral (voyez ce mol), qui n'exhale aucune odeur» lorsqu’on le broyé , vient particulièrement d’Anvers et est probablement préparé avec du bleu de Berlin; 40 qu’un fabricant français , nommé Michel Gohin, a versé, il y a 1 2 ans , dans le commerce , un bleu de Prusse
qui pouvait soutenir la comparaison avec les bleus de Berlin les plus beaux , qui n’était pas gras au broyage , qui répandait très-peu d’odeur, et que les fabricans recherchent encore aujourd’hui. Un de ces derniers m’a assuré qu’il possédait encore une quantité assez forte de ce bleu de Goliin, mais qu'il ne pourrait y suppléer lorsque sa provision serait épuisée: ces considérations nous donneront, d’une manière assez exacte , les règles que l’on devra suivre dans le choix d’un bleu de Prusse. i° Pour celui de première qualité , on devra examiner avec ”soin si la teinte noire qu’il offre dans la cassure n’est pas soyeuse, s’il ne répand pas une odeur trop forte pendant le broya ge, et enfin s’il laisse, après sa calcination, un résidu de couleur brun-marron foncé ; 2° pour le bleu de Prusse d’une qualité inférieure, on examinera la teinte, qui sera d’autant plus foncée que le bleu sera plus beau ; ce même bleu, soumis à la calcination, donnera un résidu o creux , et sera d’autant meilleur que la teinte du résidu approchera le mieux de la couleur brun-marron ; on pourrait supposer a priori que le poids du résidu de la calcination donnerait des indices assez précis; mais ce moyen serait peu exact, puisqu’il résulte d’essais faits sur trois bleus de Prusse de diverses qualités , que les résidus furent dafts les proportions suivantes :
Pour la i,e qualité.
la moitié.
Pour une qualité intermédiaire. \
Pour la dernière qualité. . . \
Celte variation inexacte paraît due à la différence de poids entre l’oxide de fer et l'alumine.
Des falsifications du bleu de Prusse . Cette couleur, telle qu’on la trouve dans Je commerce, peut : i° contenir une proportion trop forte d’alumine • 2° être falsifiée avec des composés de cuivre, ou avec du bleu d’azur • on reconnaîtra ces fraudes par les expériences suivantes :
On calcinera le bleu de Prusse suspect , et on comparera la couleur jaune ocreuse du résidu avec celle que donne un bleu de Prusse d’une qualité bien déterminée. Si la teinte du résidu de l’essai est sensiblement plus faible, on pourra en conclure que la proportion d’alumine est trop forte, ce dont on s’assurera avec une exactitude plus rigoureuse en traitant ce résidu par la potasse caustique, qui dissoudra 1 alumine et sera sans action sur l’oxide de fer.
Le résidu de la calcination d’un bleu de Prusse bien exempt de cuivre , traité par l’acide nitrique et neutralisé, précipite en bleu-pâle parle ferrocyanate de potasse, et en blanc-verdâtre par l’ammoniaque ) le même précipité serait bleu -marron par le ferrocyanat# de potasse , et bleu céleste si le bleu de Prusse d’essai contenait des composés de cuivre.
Le bleu de Prusse pur, traité à chaud par une solution de potasse caustique, perd sa couleur et donne une liqueur jaune ( la teinte plus ou moins sanguitie de cette liqueur peut donner des indices assez exacts sur l'état graisseux du bleu de Prusse essayé), tandis que le bleu de Prusse alongé avec du bleu d’azur et traité par la potasse caustique, ne perd qu’imparfaitement sa couleur, puisque le précipité obtenu est l’oxide de fer mêlé à l’azur qui a servi à la falsification.
Te n’examinerai pas les falsifications du bleu de Prusse par le bleu de cobalt ou le bleu d’outremer. Le prix de ces derniers composés étant plus élevé que celui du bleu de Prusse, ces falsifications n’ont jamais lieu.
BOIS DE GAYAC. Ce bois est le guyacurn officinale de la décandrie monogynie , L. , ruLacées , J. Il est très-dur et très-pesant; les tourneurs l’emploient pour fabriquer des mortiers, des pilons, etc., etc. On ne pourrait confondre ce bois qu’avec le buis, buæus sempervirens de la rnonoécic tètrandrie , L., euphorbiacées , J. Il suffira pour les distinguer de prendre une petite quantité de la râpure , et de la traiter par l’alcool qui dissout la résine de gayac. Cette dissolution alcoolique devient très-laiteuse lorsqu'on y ajoute de l’eau ; une petite portion de la liqueur ainsi étendue étant placée sur un linge, et exposée à l air,
passe assez rapidement à une teinte vert-pâle , ce qui n’a jamais lieu pour le buis.
BORAX. Le borax ou sous-borate de soude est employé dans les émaux, les verres colorés, les cristaux blancs, la teinture, la joaillerie, etc , etc. On en distingue actuellement de deux espèces : la première nous vient du Tliibet, de la Perse, où ou l’extrait des eaux de certains lacs par évaporation. A l’état brut, il porte le nom de tinckal , et nous est apporté en masses considérables, formées d un petit nombre de gros cristaux et d’autres plus petits, blancs, verts, unis par \ine matière grasse , jaune et entremêlée de sable, de pierres, etc. j par des solutions et cristallisations répétées, on le purifie et on l’obtient en cristaux qui ne dépassent pas, en général, le vçjume d’une noix , et dont la cassure terne et grasse est caractéristique. La deuxième espèce de borax se prépare actuellement en France, de toutes pièces , depuis que l'on extrait l’acide borique des eaux minérales de Monte Rolondo , B ercliiaio et C aslcllonuovo , en Toscane. On combine l’acide directement avec le sous-carbonate de soude, de manière qu’il reste un excès de soude ; ce borax que l’on peut appeler artificiel , est en gros cristaux d’une cassure de glace , défauts qui lui sont reprochés par les joailliers, et qui paraissent dus à l’absence de toute matière grasse ; cette pureté le rend, au contraire , préférable dans
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l’art de l'émailleur. Quelle que soit d’ailleurs la préparation du borax, il est, lorsqu’il est bien pur : i 0 blanc plus ou moins transparent, ordinairement sous forme de prismes à six pans terminés en pyramides à trois ou six faces; sa saveur est styptique et urineuse, il verdit le sirop de violettes, est soluble dans dix-huit parties d’eau à i 5° , et dans cinq à six à 1 oo° : cette solution ne doit pas être trouble par l’addition de potasse liquide ; il s’effleurit légèrement à l’air, donne, avec l’ammoniaque liquide, une solution transparente, enfin ses cristaux , échauffés avec Tacide sulfurique, ne doivent pas éfnetlre de vapeur blanche ; 2° exposé à la chaleur, il se gonfle, bout, perd son eau de cristallisation, et se convertit en une masse poreuse, blanche opaque , nommée communément borax calcine ; porté à une température plus haute, il éprouve une fusion tranquille, a perdu la moitié du poids qu’il avait à l’état cristallin, et donne une substance vitrée de couleur jaune , qui est soluble dans l’eau et s’effleurit à l’air.
Le borax peut être falsifié par d’autres cristaux : ]° d’alun , sulfate de potasse et d3 alumine ; 2° de sel gemme , hydrochlorate de soude: dans le premier cas, ce borax impur a une saveur styptique , rougit le sirop de violettes, se fond difficilement , donne une solution laiteuse avec l’ammoniaque liquide, donne avec l’eau une solution qui précipite en blanc avec la potasse; dans le second cas,
les cristaux de borax decrépitent à la chaleur, et répandent des vapeurs blanches lorsqu’on les plonge dans l’acide sulfurique.
La pureté du borax est très -importante pour l'émailleur ; si cet artiste doute de cettç pureté, il le purifie en le dissolvant dans l’eau distillée, filtrant, évaporant la dissolution jusqu’à 20° de l’aréomètre de Beaumé, et faisant cristalliser; il répète cette opération une seconde fois, et lave ensuite les cristaux dans l'eau distillée. 11 arrive souvent que les cristaux de borax sont tachés par le dépôt de borate de chaux et de magnésie qui se trouve en dissolution dans la liqueur bouillante, et par la précipitation d’un peu de matière colorante qu'il entraîne avec lui; on doit rejeter ces morceaux pour les opérations délicates.
XSOUIIiLON' BLANC. Le bouillon blanc, verbascum thapsus de la penlandrie monogynic , L., so landes , J. , est une plante dont on utilise les feuilles et les fleurs en médecine, comme adoucissant; on substitue aux feuilles celles de la molène cunéiforme, verbciscum lychnitis; les premières sont décurrentes, scssiles, oval-oblongues, cotonneuses sur les deux faces ; tandis que les deuxièmes sont tronquées à l’extrémité, oblongues cunéiformes, sillonnées en dessus, et seulement saupoudrées en blanc. Quelquefois on donne, pour des feuilles de bouillon blanc, celles de la
inolène noire, vei'bascum nigruni, dont le dessus, d’un vert foncé, contraste avec le dessous qui est velu et blanchâtre.
Les fleurs du bouillon blanc sont remplacées par celles des deux espèces ci-dessus, mais la molène cunéiforme a les fleurs plus pâles, plus petites et sans odeur agréable ; la molène noire â des fleurs jaunes qui offrent à l’entrée des tubes des ta ches rouges, et dont les étamines ont la même teinte.
BUSSERQLE. Ce végétal , qui est dénommé arbuLus uvaursi de la décanclrie monogynie , L., bruyères , J. , fournit des feuilles appelées vulgairement raisin d^ours, et employées en médecine comme astringent. Elles nous arrivent sèches du midi de l’Europe, sont alors d’un vert terne en dessus, vert jaunâtre en dessous, épaisses, bien entières, quelquefois cependant échanerées, ovales, plus larges au sommet, sans nervures transversales saillantes , comme chagrinées sur les deux faces : en examinant la face inférieure à la loupe , on y distingue un réseau très-fin, jaunâtre à la division extérieure des nervures transversales; cette face est encore verte , quoiqu’elle le -soit moins que la face supérieure. La saveur des feuilles à'uvci ursi sèches est très-amère et un peu astringente, leur odeur est assez forte, désagréable et analogue
à celle de la bryone desséchée. Suivant M. Guibourt, en les triturant avec un peu d’eau dans un mortier à porcelaine, il en résulte une liqueur trouble, jaunâtre, qui, filtrée, forme sur-le-champ un beau précipité bleu par le sulfate de fer au medium ; la liqueur se décolore entièrement.
On substitue souvent au raisin d’ours : 1 ° les feuilles de buis, buxus sempervirens de la monoccie tétrandrie , L. , cuphorbiqcc'es , J. • 2° celles de l’airelle myrtille, vaccinium myrtillus de l'octandrie monogynie, L. , bruyères , J. ; 5° celles de l’airelle ponctuée, vaccinium vitisidea , des mêmes familles que la plante précédente.
Les feuilles du buis sont plus ovales, c’est-àdire plus étroites, non élargies au sommet, non chagrinées , d’une saveur moins piquante et d’uu vert plus clair- leur face inférieure est marquée d’une nervure longitudinale et de nervures trans versales très-nombreuses , parallèles , non ramifiées, non saillantes, rendues très-apparentes par le duvet blanc très-court qui les recouvre. Traitées par le sulfate de fer, elles donnent un précipité gris verdâtre peu abondant.
Les feuilles de l’airelle myrtille sont alternes presque sessiles, ovales , larges , à dents très-fines, glabres, d’un vert très-foncé, d’une saveur un peu aromatique et amère, inodores.
Les feuilles de l’airelle ponctuée sont obovées comme celles de la busserole , mais sont entièrement
ponctuées à la surface inférieure. La trituration de ces feuilles avec l’eau donné une liqueur verte que l’addition du sulfate de fer ne change pas ; il produit ensuite un précipité vert, et le liquide conserve la même teinte.
CACAO. On donne ce nom aux semences du cacaoyer , t heobroma cacao de la polyadelphie déc and rie , L. , malvacées , J. On en distingue plusieurs espèces que je décrirai plus bas. Quelle que soit celte variété, on doit rejeter les fèves de cacao qui sont moisies, blanches intérieurement, d'ùn goût rance et fade. On doit surtout , dans le choix -du cacao , se tenir en garde contre les mélanges de qualités inférieures avec les qualités supérieures. Les quatre principales espèces de cacao sont rangées dans l’ordre suivant :
Le cacao caraque ou de Caraccas , vient dans des sacs de cuir de la province de Venezuela ou de Niguaraca. Il en vient plusieurs variétés dans le commerce - la meilleure est celle qui présente des amandes enveloppées de cosses rudes au toucher, minces , cassantes, rouges-noirâtres , et recouvertes d’une poudre grise cendrée. Les amandes contenues dans ces cosses sont d’un gris rougebrun, un peu brillantes, très-cassantes, moelleuses, onctueuses et d’une saveur amère assez agréable.
Le cacao berbice. Les amandes sont plus petites, ] > 1 u s rondes 5 la cosse est à l’extérieur plus unie et plus rouge; la saveur est plus amère.
Le cacao des Iles , appelé aussi cacao français, cacao Maragnan , vient des Antilles, de la Martinique, de Cayenne, de St.-Domingue. Les amandes sont encore plus petites, mais comprimées, plutôt ovales que rondes ; la cosse est brune noirâtre , presque brillante et non poudreuse ; la saveur est très - amère , même un peu âcre et styplique.
Le cacao du Brésil , appelé aussi cacao portugais , est long, étroit, plat , d’un brun foncé , sec et amer,
CACAO (BEURRE DE). Voyez beurre de cacao
CACHOU. Le cachou est le suc épaissi de plusieurs acacias, et principalement de Y acacia catechu de la polygamie monoëcie , L. , légumineuses , J. Dans le Mysore, on le prépare avec les noix de l’espèce areca calechu de Psnnéandrie monogynie , L. , laurinées , .1. On connaît deux qualités de cachou dans le commerce. Le premier cachou et le plus estime est celui de Bombay, qui est en petites masses ou en pains d’environ quatre onces, d’une cassure terne, rougeâtre, ondulée et souvent marbrée. Il est friable, se délaie prompte-
ment dans la salive, a une saveur astringente sans amertume qui devient ensuite sucrée, agréable et persistante. Le deuxième cachou est moins lourd , plus friable, moins consistant, plus aplati , d’une couleur plus homogène et plus foncée ; sa cassure est presque vitreuse; sa saveur, tout à la fois astringente et amère , est ensuite bien moins sucrée.
Lorsque les pains de cachou sont bien entiers, cassans , d’une texture solide à l’intérieur, on peut affirmer qu’ils sont aussi purs qu’il est possible de se les procurer. L’addition de terre, d’argile peut s’apprécier en remarquant que sur 100 parties de cachou traité par l’eau, le résidu desséché non soluble ne doit pas dépasser JO parties.
Le cachou est quelquefois sophistiqué avec une terre argileuse , brillante et de couleur rouge brune; mais ce mélange adhère à la langue, ne se fond pas dans la bouche , est insoluble dans le vin , l’alcool faible, le vinaigre, et se durcit au feu au lieu de se consumer comme le vrai cachou , en laissant très-peu de résidu. Enfin le cachou peut être altéré par des sucs végétaux hétérogènes ; lorsqu’on ajoute un peu d’hydrochlorate de fer brun dans une solution aqueuse de ce cachou , il se forme un précipité noir ou violet, tandis que la couleur dans le cachou pur est verte.
CAFÉ. Semences du cafier , caffta arabica de la pentandrie monogynie , L., rubiacées , J. Mes lecteurs connaissent la saveur aromatique et parfumée de l’infusion de ces semences torréfiées. On trouve en France quatre espèces ou qualités de café , toutes distinctes par une saveur, une odeur particulières que les vrais gourmets reconnaissent facilement. On mêle assez souvent ces variétés pour donner a une espèce la saveur agréable qui prédomine dans une autre. Quelle que soit d’ailleurs la qualité du café , il doit offrir les caractères suivans : i° être d’une couleur verte jaunâtre; 2b d’une odeur particulière , d’une consistance et d’une texture cornée , ne présenter ni moisissure ni surtout de piquetures devers, etc., etc. Les variétés sont :
i°. Le café Moka , qui est le plus clier et le plus estimé; ses graines sont petites, presque arrondies , d’une odeur et d’une saveur plus agréables que dans les autres espèces. On a remarqué que les vieux cafiers, au lieu de donner deux semences, n’en donnent qu’une presque arrondie; c’est ce café que l’on donne très-souvent en France sous le nom de café Moka, de sorte qu’aux caractères physiques du café Moka , on doit joindre la saveur et l’odeur de son infusion , et ces derniers caractères exigent un palais très-exercé;
2°. Le café Martinique tient pour la qualité le premier rang après le café Moka ; il est plus volu-
mineux , plus alongé , arrondi à ses extrémités, d’une teinte verdâtre ; il présente très-souvent Vaville , c’est-à-dire cette pellicule argentine qui est un prolongement du cordon ombilical , et qui se détache pendant la torréfaction;
5°. Le café St. Domingue diffère peu du précédent ; il est cependant plus alongé , plus gros, et ses deux extrémités se terminent en pointe;
4o. Le café Bourbon a dans ses caractères physiques beaucoup de ressemblance avec le café Moka ; ses grains sont plus réguliers , et un palais même peu exercé distingue très-bien les deux infusions.
L’exploitation d’une cafeyère est beaucoup plus simple, plus facile, exige moins de fonds qu’une sucrerie, mais ne peut se continuer plus de trois ou quatre ans sur le même sol; le cafier appauvrit le sol , et après le laps de temps dont je viens de parler, les terrains sont abandonnés à eux-mêmes pendant quinze ou vingt ans , et portent alors le nom de savanes.
CALAMUS AROMATICUS. La racine du roseau aromatique, acorus verus , appelée par les pharmaciens calamus aromaticus de 1 ' hexanclrie mono gy nie , L. , aroicles , J. , est employée, en médecine, comme excitant. Cette racine sèche est de la grosseur du doigt , légèrement sillonnée dans Le sens de sa longueur, et offrant des anneaux
transverses, elle est toujours parsemée de points ronds cellulaires , une odeur balsamique, a une saveur chaude et aromatique; onia confond quelque lois avec la racine d’une espece d’iris nommée faux acore, iris pseudo- aconts de la triandrie monogynie , L., iridées , J. Cette racine est inodore, ce caractère suffirait pour la distinguer, elle a d’ail— leurs une couleur rouge-brune, et une saveur un peu astringente.
CAMOmiiLS ROMAINE. On emploie , en médecine, comme excitant et antispasmodique, les fleurs de la camomille romaine , anthémis nobilis de la syngenésie polygamie superflue , L. , corymbifères , J. Ces fleurs doivent être blanches sans être trop doubles ou trop grosses; le milieu de chaque tête peut être jaune , mais il ne faut qu’aucune partie soit tachée; l’odeur est forte, aromatique et même désagréable, la saveur est amère et nauséeuse. On lui substitue assez souvent: iu la matricaire camomille, matricaria chamomilla; 2° la matricaire odorante , matricaria suaveolens , L. ; 3° la camomille des champs, anthémis arvensis, L. ; 4° ha maroute, anthémis cotula, L.; 5° la grande marguerite, chrysanthemum leuranthemum , L. ; 6° la grande pâquerette, chrysanthemum inodorum , L. Les fleurs de la camomille romaine sont composées, radiées, ont un réceptacle presque plat , garni de paillettes ; les
fleurons sont jaunes , en tubes et trcs-aromatiques , les demi-fleurons sont nombreux , courts , blancs , languiformes ; lorsque les fleurs sont doubles, les fleurons manquent , et la fleur tout entière est composée de demi-fleurons blancs, languiformes cette camomille a une odeur et une saveur moins fortes, ce qui démontre que l'on ne doit pas choisir les fleurs les plus grosses , les plus blanches et les plus belles. Les fleurs de la matricaire camomille, ou camomille commune, ont un réceptacle conique, tronqué, nu et creux , des fleurons jaunes en tubes, des fleurons blancs languiformes et à trois dents; le calice est formé cl écailles imbriquées.
Les fleurs de la matricaire odorante, de la camomille des champs, de la maroute, se reconnaîtront à leur réceptacle conique et creux. Les fleurs de la grande marguerite et de la pâquerette ont le réceptacle bombé, nu et parsemé de points; elles sont d’ailleurs plus grandes que celles de la camomille , inodores et ont une saveur peu marquée.
CAMPHRE. Substance obtenue par distillation d’une espèce de laurier], laurus camphora de V ennéandvie monogynie , L., laurinécs , J. Cet arbre croît à une grande hauteur, et est très-commun dans les forets du Japon.
Le camphre pur est plus léger que l’eau, trèsblanc, presque translucide, onctueux au toucher,
cassant et cependant difficilement pulvérisable , brillant dans sa cassure, et cristallin dans sa texture, d’une saveur piquante, amère et aromatique, d’une odeur forte et pénétrante. Cette substance est rarement falsifiée, et les propriétés qu’elle a , i° d’être soluble dans l’alcool , l’éther et les huiles;
d’être très-inflammable; 3° de brûler complètement sans laisser une seule trace de charbon ou de cendres, suffiraient toujours pour reconnaître les falsifications.
CANTEIÆE. L’arbre qui produit la canelle, lau rus cinna/nornum de V enneandrie mono gy nie, L., laurinces , J., abonde dans la zone torride, paraît originaire de l’île de Ceylan, de la côte de Malabar, et de plusieurs îles des mers de l’Inde et de la Chine.
La canelle du commerce vient principalement de Ceylan et de la Chine : la canelle de Ceylan, qui constitue la première qualité, est d’une couleur jaune-rougeâtre , est mince , polie et presque brillante, d’une saveur chaude , agréable, aromatique ; les morceaux mâchés s’adoucissent, semblent se fondre dans la bouche, n’occasionnent aucune cuisson sur la langue, et ne laissent qu’une saveur sucrée , sont très-roulés sur eux-mêmes, et souvent emboîtés les uns dans les autres; la canelle de Chine est plus épaisse, moins roulée, aussi trouvet-on rarement plusieurs écorces emboîtées les unes
dans les autres, la saveur, moins aromatique ^ a un faible degré d’âcreté, et laisse un arrièregoût de punaise. Quelquefois la canelle est sophistiquée : 1° par de la canelle privée de son huile par la distillation; on pourrait, sur de grandes masses, reconnaître cette sophistication , en tenant compte de la quantité d’huile plus lourde et plus légère que l’eau , fournie par la canelle ; or il résulte d’expériences faites avec soin , que 80 livres de bonne canelle conservées plusieurs années, ont donné 2 onces d’huile légère et 5 onces d’huile pesante* on peut d’ailleurs remarquer que la canelle ainsi falsifiée, a une odeur et une saveur moins fortes et moins piquantes *2° par le Iciurus ccissici , qui paraît être l’écorce du même arbre, mais qui est d’une qualité inférieure ; ces écorces sont plus foncées , plus épaisses , leur saveur est plus brûlante et plus prolongée , leur cassure plus nette, presque toujours elles sont roulées en cylindres épais d’une demi-ligne ; 3° par le cas sia ligne a, qui est l’écorce du Iciurus malabathrum ; cette écorce est plus foncée , la surface moins lisse, l’odeur et la saveur sont moins fortes : elle donne ensuite une assez grande quantité de mucilage lorsqu’on la mâche ou qu’on la fait bouillir dans l’eau , et même sa poudre melée à l’eau chaude , forme une infusion qui se prend en gelée par le refroidissement; 4» avee de la canelle giro fiée , appelée dans le commerce toute-épice.
Celle-ci est brune foncée, surtout pour les écorcee qui ont eu le contact de l’air. La saveur est âcre aromatique et analogue à celle du girofle dont elle a d’ailleurs l’odeur.
CANELLE BLANCHE. Écorce du canella albay appelée aussi cortex winteranus spuràis par les pharmaciens , se confond assez souvent avec l’écorce de winter. ( Voyez ce mot.)
CANNE DE PROVENCE. On connait , dans les pharmacies , sous le nom de racines de canne , deux espèces du genre arundo : i° V arundo douar ; 2° V arundo phragmitès , toutes deux de la triandrie digynie, L., graminées , J. La substitution d’une de ces racines à l’autre est peu importante , puisqu’elles ont à peu près les mêmes propriétés médicales; cependant on doit donner la préférence au roseau à balai, arundo plu'agmitcs • on peut d’ailleurs les distinguer facilement aux caractères suivans : la racine de l’arundo phragrnitès se vend en morceaux creux de la grosseur du doigt, et ce dernier peut s’introduire facilement dans la cavité • ces morceaux sont très-légers , de couleur jaune— paille , rayés longitudinalement, d’une saveur succulente et sucrée* ia racine de l’arundo donax est grosse , alongée , difforme , en tière , d’un blanc - jaunâtre , poreuse, inodore et insipide.
CANTHARIDES. La cantharide, meloè vesicatoriuSf L. , est employée en médecine, à l’extérieur comme vésicant , à l’intérieur comme aphrodisiaque- ces insectes ont un corps alongé , vert , d’un brillant d’or, avec des élytres flexibles vertes qui sont à la partie postérieure et recouvrent des ailes brunes, membraneuses; leur tête est armée de deux tentacules noires, articulées. On les trouve sur les frênes , les sureaux , les troènes , en Espagne, en Italie , en France et en Allemagne; les plus grandes sont en Italie , mais on fait usage ici de celles de France. On y mêle quelquefois le melolontha vitis , que l’on distingue facilement à son corps presque carré, et que l’on doit séparer avec soin, puisqu’il n’a aucune propriété vésicante. Les cantharides s'altèrent facilement; elles ont alors une odeur très-nauséabonde , sentent le moisi et doivent être rejetées.
CAPILLAIRES. On fait usage , en médecine , de deux capillaires : le premier et le plus estimé est le capillaire du Canada, adiantum pedalum ; le deuxième est le capillaire de Montpellier, adiantum capillus V eneris , tous deux de la famille des fougères. On peut les distinguer l’un de l’autre aux caractères suivans: les feuilles du capillaire du Canada sont alongées et incisées d’un seul côté, les tigelles sont rouges-brunes et plus grosses que dans le capillaire de Montpellier qui a d’ailleurs
les folioles cunéiformes et à deux ou trois lobes , qui est moins touffu, à pétioles plus courts et
a une odeur moins agréable.