TARTEATE DE POTASSE ET DE SOUDE
plus connu dans les pharmacies sous le nom de sel seignette , du nom d’un pharmacien de la Rochelle qui le mit en vogue : ce sel doit être parfais tement neutre; ses cristaux sont transparents et presqu’aussi beaux que ceux de l’alun. Ce sont des prismes à huit faces presqu’égales , d’une saveur amère, efflorescens , solubles dans cinq parties d’eau : ce sel est quelquefois falsifié avec du sulfate de soude ou du sulfate de potasse, des muriates de diverses bases ; on reconnaît ces sophistications par les réactifs des acides sulfurique ou hydrochlorique.
TARTRE. Le tartre blanc est plus estimé que le tartre rouge.
TÉRÉBENTHINE. On ti •ouvait anciennement dans le commerce, un assez grand nombre de térébenthines qui variaient dans leurs propriétés médicales et dans leur propriété physique; je .citerai les principales : i° térébenthine du Canada ou
baume du Canada , extrait du pinus canadensis ;
térébenthine de Cltio , du pïstacia terebinthus ; 3° térébenthine de Venise •, du pinus larix ; 4° térébenthine de Strasbourg , du pinus picea; 5° térébenthine commune du pinus sylvestris et de plusieurs pins maritimes. Les quatres premières espèces ne se rencontrent que très-rarement dans le commerce* on les distinguait à leur couleur peu foncée, à leur odeur résineuse qui se rapprochait de celles de fenouil ou quelquefois de celle du citron ; ce que l’on donne aujourd’hui sous le nom de térébenthine de Chio ou de Venise n’est qu’une térébenthine commune, aussi belle que possibleel que l’on aromatise avec quelques gouttes d’essence de fenouil ou de citron : ceLte falsification est à la vérité peu importante, puisque si la térébenthine commune est peu colorée , elle a des propriétés médicales analogues à celles des autres térébenthines j quelquefois on substitue à la térébenthine ordinaire un mélange artificiel de térébenthine commune, d’huiles d’olives et de colophane; cette térébenthine artificielle se reconnaît à sa couleur foncée et sale, à son odeur, à sa saveur désagréable; elle ne se dissout pas complètement dans l’alcool pur, et l’huile d’olives se précipite en gouttes petites et colorées; si l’on. ajoute à cetlé dissolution 5 à 6 parties d’eau, l’huile d’olives s’élève à la surface, et la colophane se dépose.
TERRE D’ITALIE. (Voyez ocres.)
TERRE D’ITALIE CALCINÉE. La terre d’Italie calcinée devient rouge , on ne pourrait la confondre qu’avec la terre de Sienne , également calcinée, mais celle-ci a un ton plus rouge.
TERRE D’OMBRE. Cette terre, dont on fait usage en peinturé ,< se rencontre en couches dans I'ile de Chypre; sa couleur est le brun de gérofle ; c’est un hydrate de fer et de manganèse, trèstendre, tachant fortement, frangible, maigre au toucher, happant fortement à la langue; elle est peu employée.
TERRE DE SIENNE. (Voyez ocres.)
TERRE DE SIENNE CALCINÉE. ( Voyez terre tV Italie calcinée. )
TERRE VERTE. Ce minéral, dont la teinte est le vert céladon, passant quelquefois à d’autres teintes se trouve en masses^et en morceaux globuleux ; il est très-tendre , facile à se laisser couper au conteau* les peintres font usage de cette substance dont la couleur n’est pas altérée par les acides; cependant elle est rarement employée.
THÉ. Les variétés de thé dont on fait usage dans 1 économie domestique, sont très-nombreuses, mais toutes paraissent dues à deux espèces vég^ales , le thea boeha et le thea viridis de la polyandrie
mono g y nie , L. , aurantiées J.; on distingue dans le commerce cinq sortes principales de thé : i° le thé royal ; cette espèce est en feuilles trèspetites, d’un vert mat, d’une odeur agréable et’ d’une saveur balsamique; il est difficile de la trouver pure parce qu’on l’alonge presque toujours avec les qualités suivantes; le thé poudre à canon , nom dû à sa couleur très-foncée, à sa forme globuleuse; 5° le thé violette , qui est assez rare et qui se reconnaît à son odeur de violette, fortement prononcée; 4° dié hou, d’un vert beaucoup plus foncé que le précédent, d’une odeur qui se rapproche un peu de celle de la rose; on le subdivise en thé saot-chaou , thé peckocongo , thé bon commun ; 5° le thé vert ou heyswen dont les feuilles sont plus crépues, plus vertes, avec une légère odeur de violette.
Les chinois mêlent souvent les feuilles d’autres arbrisseaux avec celles du thé* on donne comme moyen de reconnaîtr»cefte fraude, l’addition d‘un grain et demi de sulfate de vert à l’infusion du thé suspect: si c’est du véritable thé vert, l’infusion prendra à la lumière une teinte bleuâtre légère; elle sera d’un bleu tirant au noir, si c’est du thé bohea; et de toutes les couleurs, jaune , vert, noir, s’il est falsifié. Quand cette fraude fut découverte, les Chinois teignirent les feuilles du thé vert avarié et ordi r#i re avec la terre du japon , plus connue sous le nom de cachou , ce qui leur donne, ainsi qu'à
l’infusion et à la teinture, la couleur du bohea; mais cette falsification peut encore se découvrir de plusieurs manières : iQ une quantité déterminée de ce thé donne une infusion plus foncée que celle donnée par le véritable ; 2° la couleur que ce thé donne à l’eau est d’un brun -rougeâtre, tandis qu’elle devrait tirer au noir; 3° les feuilles macérées quelque temps dans l’eau, sont plus vertes que celles du bon bohea; 4° l’infusion qui devrait être douce et balsamique au palais, est au contraire âpre et rude. Le thé verdâtre est aussi falsifié en teignant Je mauvais bohea avec du vitriol vert, fraude facile à découvrir; en effet, la teinture de noix de galle fait virer l’infusion au bleu-noirâtre, ce qui n’a paslieu quand lesulfate n’est pas employé, puisque la noix de galle ne feint pas l’infusion du thé naturel; en outre si la liqueur est d’un vert pâle et incline au bleu, elle est mauvaise ; les esprits de corne de cerf la tournent au pourpre et déterminent une légère précipitation, au lieu de lui communiquer une forte teinte jaune -verdâtre au bout de cinq à six minutes de repos. Il est une dernière altération du thé;'les marchands font sécher le thé qu’ils ont déjà employé et le mêlent au thé de bonne qualité; cette fraude ne pourrait se reconnaître qu’en examinant si toutes les feuilles ont la même teinte verdâtre ; mais je dois ajouter que ce moyen n’est pas certain, puisque l’on mêle ce thé, déjà employé une fois, et par conséquent plus pâle , à une espèce de thé qui a la même teinte.
TG3?AEE. Les modernes connaissent sous ce nom la chrysolithe des anciens, et récij)roquement, la topaze des anciens est la chrysolilhe des modernes. La topaze est une gemme d’un beau jaune ou d’un blanc-jaunâtre , susceptible de rayer le quartz et d’èlre rayée par le spinelle. La topaze jaune du Brésil, chauffée dans un creuset, à un feu capable de la faire rougir, prend une couleur rouge. La topaze deSaxe, tr aitée de la même manière, blanchit entièrement. Les topazes artificielles peuvent avoir la même densité que les topazes naturelles, 3,464 à 5,641; mais elles sont rayées par le quartz.
TK.ÈPEE D’EAU. La médecine emploie comme tonique et amer les feuilles du trèfle d’eau, menyanthestrifoliata de la pentandrie monogynie, L., gentianées , J. Cette plante est peu élevée et l’extrémité de sa tige supporte une feuille formée de trois folioles assez grandes, ovales, aîongées , glabres, lisses, d’un assez beau vert ou d'un vertjaunâtre, d’une saveur très— amère, d’une odeur nulle ou très-faible. Les feuilles du trèfle d’eau ne peuvent être confondues avec d’autres plantes. Cependant elles ont quelque ressemblance avec celle de fèves de marais ; mais ces dernières n’en ont pas ramërtume.
TUH.BITH MINÉRAL. C’est le sous deuLo sulfate jaune de mercure. Il est toujours en poudre d’un jaune serin; il pourrait être falsifié avec
de l’ocre jaune, du massicot, etc.; mais la propriété qu’il possède, de sevolatiliser complètement, lorsqu’on le projette sur une plaque rouge, permet de reconnaître ces sophistications. S’il renfermait de Torpiment (sulfure jaune d’arsenic), on ne pourrait se servir du moyen que je viens d’indiquer, puisque l’orpiment est volatil, mais on se rappellera que l’orpiment projeté sur des charbons ardens exhale une odeur d’ail.
TURQUOISE. Minéral ou ealaïte bleu d’azur et vert pomme, fracture opaque. Cette pierre est plus dure que le feld-spath, mais se laisse rayer par le quartz. Elle est classée dans les gemmes peu estimées : la turquoise d’eau est du phosphate de chaux coloré avec de l’oxide de cuivre.
UVA URSI. ( Voyez Busserols. )
VAIÉRIANE. Cette plante, valeriana officinalis, de la triandrie mono gy nie , L., valériane es , J . , est vivace. Ses caractères physiques et ses propriétés varient avec la situation où elle est placée. Dans les terrains marécageux et ombragés, ses feuilles sont plus larges; les racines dévelop-
pées dans les sols bas et humides, ont une odeur bien plus faibles; enfin celles que l’on récolte eu automne et dans l’hiver, sont bien plus énergiques que celles qui sont recueillies au printemps et dans l’été. Ces racines sont formées d’un corps ligneux brunâtre, d’où partent des fibres mêlées de la même teinte, d’une odeur forte particulière , d’une saveur désagréable, chaude , ainareseente et un peu âcre; on mêle quelquefois celte racine avec celles i 0 de la valériane dioïque, valeriana dioica ,• a° de la grande valériane, valerianaphu. La première a les filamens plus minces et bien plus blancs;la deuxième est plus longue, épaisse, annelée et présente des fibres latérales épaisses ; elle est plus grise au-dehors et moins odorante ; les fleurs sont blanches et un peu rougeâtres, en panicules peu étalées à l’extrémité des tiges ; les corymbes courtes opposées et les bractées linéaires a la base des pédoncules, tandis que les fleurs de la valériane officinale sont à la vérité blanches ou purpurines, mais disposées en une panicule terminale composée de petites corolles arrondies et serrées; ces corolles sont petites , infundibulifonnes et portées sur des pédoncules garnies de folioles linéaires aiguës.
VACILLE. C’est le fruit de Yepidendruni va nilla , de la diandrie monogynie , L-, orchidées , .1. Cette plante grimpante croît à la Jamaïque, dans l’Amérique méridionale , dans l’Inde et dans
quelque-unes des Antilles. La vanille est une silique d’environ six pouces de long , terminée en crochet à une de ses extrémités ; on la reçoit ordinairement en paquets de 5o siliques : plus elles ont d’odeur et de poids, meilleures elles sont. On doit examiner si cette silique n’a pas été dépouillée d’une partie de sa pulpe qu’on aurait remplacée par une matière étrangère et dont les gousses auraient été récollées après cette substitution. Quelquefois ou donne à de vieilles gousses une apparence de fraîcheur en les enduisant de baume du Pérou ou d’un peu d'huile 3 elles sont alors trèsbrillantes et acquièrent alors en très-peu de temps une odeur rance.
Les qualités inférieures de la vanille sont les siliques plus grosses et que les Espagnols nomment pompovci ou bova\ 20 la vanille bâtarde, dont les graines sont à la vérité petites et luisantes , mais dont la pulpe est presque sèche ; 5° la vanille de l’indostan, en gousses très-grosses et très-courtes; 4° le vanillon ou vanille du Brésil ; ces gousses ont l’odeur moins forte, ont la grosseur du pouce, et il en faut environ le double de la belle vanille pour obtenir le même degré d’odeur.
VEHDET CJS.ISTAÏ1S1ÏSÉ , appelé en chimie
acétate de cuivre cristallisé. Ce produit est rarement falsifié. Pour qu’il soit de bonne qualité , il suffit que les cristaux soient d’un beau vert et bien
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transparent; quelquefois une partie du sel a passé à l'état de sous-acétate, ce que l’on reconnaît à la poudre vert-pale qui recouvre les cristaux.
VIRDIT EM1 POUDRE. Ce composé est un acétate de cuivre à l'état de sous-sel ; il est ordinairement pulvérulent, d’un bleu pâle, non déliquescent; il est quelquefois falsifié avec du sulfate ou du carbonate de chaux, ce qne l’on reconnaît en traitant le sous sel suspect par l’acide sulfurique qui le dissoudra entièrement s’il est pur, tandis que dans le cas contraire on trouvera pour dépôt du sulfate de chaux. Le vert-de-gris du commerce contient toujours une proportion plus ou moins considérable de carbonate ,de cuivre; mais si ce dernier sel s’y trouve en trop grande quantité, c’est une véritable perte pour l’acheteur, puisque le vert-de-gris demandera dans ce cas une quantité plus considérable d’acide acétique pour se constituer à l’état d’acétate neutre. On pourra reconnaître le rapport des deux sels en se basant sur le résultat suivant : une livre de bon sousacélate de cuivre demande a peu près six iivresde vinaigre ordinaire à a° pour se transformer en acétate neutre.
VER91ILION. ( Voyez cinabre. )
VÉRONIQUE. On trouve quelquefois consigné dans les ouvrages de matière médicale y la véro-
nique officinale, veronica ofjicinalis , de la dicindrie monogynie, L., pédiculaires, J. qui n’est plus aujourd’hui employée en médecine ; celle que je cite dans cet article est le beccabunga ou véronique aquatique, veronica beccabunga, des mêmes familles et dont les propriétés sont celles des crucifères, mais plus faibles. On a quelquefois confondu le beccabunga i° avec le mouron d’eau, veronica anagallis ; io avec la nummulaire , lisymachia nummularia. Le mouron d’eau a les fleurs bleues comme le beccabunga , mais ces fleurs sont plus petites ; les tiges sont droites, tandis que celles du beccabunga sont en partie rampantes; les feuilles étroites et lancéolées sont différentes de celles du beccabunga, qui sont ovales-larges; les fleurs de la nummulaire sont jaunes, les feuilles sont ovales-arrondies.
VERRE B'ASTTIMOIKTE. On vend quelquefois du verre de plomb pour celui d’antimoine (voyez tartrate de potasse et cV antimoine ) ; voici un moyen de reconnaître la fraude : le verre d’antimoine est d’une belle couleur brune ou rouge; il est transparent comme les verres colorés ; le verre de plomb, aucontraire, esj^d’une teinte plus foncée, plus pleine; il est moins transparent et même assez souvent opaque; la densité du véritable verre d’antimoine est de , tandis qu’elle est en général de 6,95 lorsqu’il est faux , c’est-à-dire que les poids comparatifs de ces deux substances sont
comme 5 : 7. Triturez vingt grains de verre d’antimoine pur dans un mortier de verre, ajoutez une demi-once d’acide hydrochlorique, le verre d’antimoine pur se dissout , donne une solution trouble , mais ne laisse aucun sédiment; le verre falsifié jaunit l’acide, dégage une odeur de chlore et dépose beaucoup ; mettez séparément un peu de l’un etde l’autre dans de l’eau, le véritable dépose abondamment de l’oxide blanc d’antimoine, ou si l’eau a été préalablement teinte par du sulfure d’ammoniaque, elle donne un beau précipité orange* le faux ne dépose pas avec l’eau, mais avec tout autre liquide il précipite en brun foncé et olive ; une solution de celui - ci dans du vinaigre a un goût douceâtre et jouit de toutes les propriétés de l’acétate de plomb ; on le découvre môme en petite quantité, parce qu’il affaiblit plus ou' moins la couleur orange du précipité que le sulfure d’ammoniaque précipite de sa solution dans l’acide ; les échantillons de faux verres d’antimoine ont en général une teinte plus forte , plus grossière que celle du véritable; mais ces caractères sont moins sûrs que ceux qui sont déduits de la densité ou des propriétés chimique^.
VER.T-DE-GRIS , n’est , à proprement parler, qu’un sous - carbonate de cuivre, lorsqu’il s’est formé autour des va?es de cuivre ou des statues d’airain; mais on le confond presque toujours
i avec le verdet pulvérent ou sous-acétate de cuivre,
! dont j’ai parlé plus haut.
VERT DE MONTAGNE, est un composé nai turel de cuivre, dont on fait rarement usage en i peinture.
VERT DE SCHÉELSl, n’est presque jamais employé aujourd’hui; les badigeonneurs le remplacent par un mélange d’ocre jaune et de bleu de Prusse ; ce mélange est d’une teinte moins solide, mais il a l’avantage d’être bien moins dispendieux.
VIN« Le vin est le jus du raisin, lorsqu’il a éprouvé la fermentation alcoolique ; les nombreuses variétés dépendent principalement de l’époque de la cueillette , de la proportion de sucre contenu dans \emout et du mode de fermentation. Si la pro portion de sucre est suffisante et la fermentation complète, le vin est parfait et généreux; si la quantité de sucre est trop considérable, une partie de ce sucre échappe à la décomposition, la fermentation marche mal, "le vin est doux et sucré; dans le cas contraire, le vin est plat , c'est-à-dire faible et n’est pas de garde; si la mise du vin en bouteilles a précédé l’accomplissement de la fermentation, cette dernière continue dans l’intérieur du vase, et lorsque l'on débouche, l’acide carbonique se dégage et soulève une partie du liquide ,
comme on le voit dans le Champagne mousseux • enfin si le moût est sépare des rafles avant la fermentation, le vin est presqu’incolore et constitue les vins blancs • dans le cas contraire , l’alcool dissout la matière colorante et le suc coloré constitue les vins rouges - telles sont les principales données que fournit l’observation. Ces différences dans la proportion du sucre, dartS l’absence ou la présence de la matière colorante, expliquent bien les diversités de la force ou la coloration des vins, mais ne peuvent rendre compte de ces variétés infinies que les dégustateurs - jurés sortit appelés à distinguer. La chimie , si puissante dans ses recherches ne peut rendre raison de ces différences; tous les vins examinés chimiquement contiennent les mêmes principes ; mais il existe pour chaque crû un arôme, un bouquet, qui échappent à toutes nos analyses, qui varient non-seulement pour chaque espèce de raisin , mais encore pour chaque localité de culture; véritable Prolhée, qu’une longue expérience nous apprend seule à saisir. Un ne peut exiger ici une dissertation sur ces divers arômes ; ce travail diminuerait peut-être la fraude, mais pour être complet , il exigerait une délicatesse de goût que peu d’hommes possèdent. Et comment faire apprécier dans un livre ces différences de sensations que la parole même ne peut exprimer, puisque celte appréciation résulte d’un certain je ne sais quoi que l’expérience fait
connaître : je m’occuperai dans cet article de la sophistication des vins par des substances éti’angères- sujet déjà assez vaste , assez difficile, i° par l’impossibilité de connaître tous les genres defraude; 2° par l'impuissance des agens chimiques dans un grand nombre de cas.
Falsification cia vin par d'autres vins naturels. On peut falsifier les vins en mêlant ensemble diverses qualités de vins naturels 3 les réflexions consignées plus haut sur ia difficulté de'reconnaître les vins, s’appliquent à cette sophistication : il faut un palais exercé, et 1 analyse chimique ne nous apprend rien, puisqu’elle ne découvre dans ces vins que les produits qui entrent dans les vins naturels j remarquons d’ailleurs que cette fraude est peu im j/o rtante , au moins sous le rapport médical , et qu elle est souvent nécessaire pour conserver certains vins, qui, s’ils étaient seuls, se détérioreraient rapidement.
La table suivante indique les quantités de liquide et de résidu que l'on obtient en distillant jnsqu'à siccilé trois onces de différens vinsj elle peut être de quelqu’utilité dans la distinction qui nous occupe j la troisième colonne donne les quantités d’aicool à 38° que fournissent les vins soumis à l’expérience.
Les -vins de Champagne, de Bourgogne, du Rhin, de Graves, sont ceux <^ui contiennent la plus faible quantité de matière extractive et qui sont les moins généreux.
Falsification des vins par Veau. Cette sophistication n’est pas nuisible, mais elle trompe l’acheteur, puisque ce dernier ne doit payer que la quantité d’eau qui se trouve naturellement dans le jus de raisin ’ la dégustation est à-peu-près ici le seul moyen d’expertise : on pourrait cependant tenir compte de la densité que l’on évaluera plus facilement par l’aréomètre des esprits, surtout si l’on emploie un instrument a longue tige, dont, les degrés, très- écartés, permettront d’apprécier les différences minimes de densité.
La table suivante qui donne le degré aréométrique de divers vins, sera assez utile - on doit se rappeler néanmoins que les vins du même coteau ne sont pas toujours d’une force., égale ; suivant que l'année a été plus ou moins chaude , les vins du même cru sont moins ou plus faibles.
VINS