‹ Traité des falsifications, ou exposé des diverses manières de constater la pureté des substances employées en médecine, dans les arts, et dans l'économie domestiqueChapitre 5 sur 27 · DES SUBSTANCES MÉDICAMENTEUSES · texte numérisé non relu

DES SUBSTANCES MÉDICAMENTEUSES

Les substances médicamenteuses sont employées dans l’art, ou plutôt dans la science de guérir. Ne doit-on pas en effet donner cette dernière dénomination à l’ensemble des principes qui nous dirigent dans nos maladies? science tellement vaste que, dans l’impossibilité où est l’homme de l’embrasser dans toute son étendue , il la subdivise en plusieurs parties qui forment l’apanage d’autant de professions :

La médecine,

La chirurgie ,

La pharmacie ,

La droguerie.

Il n 'est pas besoin d’exposer quelles sont les études essentielles dans chacune de ces professions. Oui ne sait en effet, i° que le médecin et le chirurgien appliquent les principes de la science médicale au traitement des maladies ; 2° que le pharmacien prépare les médicamens prescrits par le médecin et le chirurgien; 3° que le droguiste se procure les substances exotiques que le pharmacien emploie dans la préparation des médicamens? Les substances médicamenteuses sont tellement nombreuses que je ne puis les citer; mais je relaterai

dans le dictionnaire qui suit les falsifications que l’on se permet dans cette partie.

Quelques professions que je suis bien éloigné d’ailleurs de mettre à côté des sciences médicales, font usage de produits qui sont aussi usités en médecine ; les principales sont :

V affmeur. On donne ce nom à ceux qui s’occupent d’amener l’or et l’argent au plus grand état de pureté possible. Les principales matières premières dont ils font usage sont l’antimoine , le plomb, l’eau-forte (acide nitrique) , l’eau égale (acide hydrocliloro - nitrique) , le salpêtre (nitrate dépotasse), quelquefois le sel ammoniac (hydrochlorate d’ammoniaque), le sel marin (hydrochlorate de soude) , etc., etc.

Argenteur et doreur. Artiste qui applique l'or ou l’argent sur métaux, papier, bois, tôle, etc., et qui fait paraître ces ouvrages comme s’ils étaient d’or ou d’argent. On dore et on argente les métaux par un procédé différent de celui que l’on emploie pour tous les autres corps : on se sert du feu dans le premier cas , et dans le second on fait usage de quelque enduit agglutinatif qui prend sur les feuilles métalliques et sur les pièces que l’on veut dorer ou argenter. Le doreur ou l’argentcur se servent souvent d’or, d’argent en feuilles ou en lingots, de mercure, d’eau seconde, de pierre ponce et de matières agglulinatives. Le mercure du doreur doit être parfaitement pur.

Artificier. L’art des feux d’artifice est postérieur à l’invention de la poudre, et renferme actuellement une grande variété d’objets. L’artificier emploie continuellement les trois substances qui constituent la poudre, le salpêtre, le charbon, le soufre, soit séparément, soit mélangées, soit enfin presque combinées; il ajoute ensuite des matières accessoires qui colorent les feux ou

VH

les rendent plus brillans, comme la limaille de for, d’acier, de fonte, de cuivre , de zinc , les résines , le camphre , le lycopode, etc. Aussi , suivant que telle ou telle matière prédomine , on a des feux de diverses teintes.

Le soufre donne une flamme bleue ; le salpêtre, s’il prédomine, donne une flamme blanche.

J.e charbon produit une flamme qui varie depuis le rouge-jaunâtre jusqu’au blanc, selon les proportions de salpêtre.

La limaille de fer donne de belles étincelles blanches et mêlées de rouge qui s’étendent en formant des rayons brillans comme ceux du soleil.

La limaille de zinc donne une très-belle couleur bleue.

Le sulfure d’antimoine (antimoine cru), donne une flamme bleue moins verdâtre que celle du zinc.

Le succin, la poix-résine, le sel commun, donnent un feu jaune: ce dernier ne peut servir que dans un temps sec, car il est toujours impur, et alors il attire l’humidité.

Le noir de fumée développe une couleur très-rouge avec la poudre , et une couleur rose si le salpêtre prédomimine.

Les sels de cuivre, le sel ammoniac , produisent un vert pâle.

Le camphre un feu blanc.

Le lycopode donne une couleur rose.

Les sels solubles de strontiane communiquent au feu un rouge magnifique.

La pureté des substances mises en œuvre par l’artificier n’est pas à la vérité d’une grande importance, puisque les produits de cet art ont presque toujours pour but notre agrément; cependant lorsqu’il s’agit d’imiter des objets connus, la teinte des feux n’étant plus indifférente, le choix des matières premières mérite quelque attention.

vi ri

Batteur d’or ou d’argent. On appelle ainsi l’ouvrier qui , à force de battre l’or et l’argent sur le marbre, et ensuite dans des moules de vélin ou de boyau de bœuf , réduit ces deux métaux en feuilles trèslégères et très-minces, propres à dorer ou argenter le cuivre, le fer, l’acier, le bois, etc. Je note cet art pour relever une erreur accréditée depuis long-temps.

L’or du batteur est pur, parce que l’ouvrier infidèle qui chercherait à l’allier, s’exposerait à foire des pertes plus grandes que ne seraient les bénéfices que pourrait lui procurer le bas aloi de la matière. Les batteurs d’or s’approvisionnent en général chez lesaflineurs; quelquesuns préfèrent à cet or les anciennes monnaies d’Espagne; ils prétendent même qu’en alliant l’or de ces monnaies il se bat mieux et plus facilement que celui qu’ils prennent chez l’affineur. C’est une erreur, la malléabilité de l’or n’est jamais plus parfaite que lorsque le métal est dépouillé de tout alliage. On allie à la vérité quelquefois l’or à l’argent pour faire des feuilles de diverses teintes , mais c’est toujours aux dépens des degrés de malléabilité.

Blanchisseur. L’art de blanchir consiste à dépouiller les fils ou tissus de la couleur jaune ou grise qu’ils ont naturellement, ou qu’ils prennent dans les mains de l’ouvrier qui les travaille. Les matières employées varient avec la nature des fils ou des tissus à blanchir ; ce sont : i 0 pour les toiles , le savon noir ou blanc , les terres bolaires, la potasse, la soude, l’eau de javelle (chlorure de potasse), le chlore liquide , l’indigo, etc.; 2° pour les soies , le savon noir et blanc , l’acide sulfureux , etc.

Brasseur est celui qui fabrique la bière: cette boisson est un liquide spiritueux qu’on peut faire avec toutes les graines farineuses, mais pour laquelle on préfère l’orge, que l’on fait germer et dont on fait ensuite fer-

ïnenter la décoction : telle était la bière des anciens. Les modernes ajoutent le houblon , qui donne à la bière un meilleur goût, la rend moins visqueuse, moins sujette a s’aigrir ou à se gâter, plus vineuse et plus apéritive. Il importe aux brasseurs de connaître la bonté et la pureté du houblon qu’ils emploient.

Chandelier. On donne le nom de chandelier aux ouvriers qui fabriquent et qui vendent la chandelle; les matières premières employées sont le coton , les suifs de mouton, de brebis, de vache : ces ouvriers préparent presque toujours les bougies ou chandelles de cire ; il leur importe d’avoir de la cire pure. (Voyez ce mot.)

Confiseur est le marchand qui prépare des conülures et des sirops d’agrément : les confitures sont liquides ou solides; les premières peuvent être, i° des gelées, c’est-àdire des préparations de sucre et dg sucsmucilagineux de fruits, qui, en refroidissant , prennent la consistance de colle; 2° des marmelades ou confitures liquides, qui ne peuvent se prendre en gelée tremblante. Les confitures sèches sont des écorces , des tiges , des racines confites , ou des imitations d’objets connus.

Les principales matières employées parles confiseurs sont :i° le sucre, desfruits(cerises, prunes, abricots, etc.), des substances médicamenteuses (citrons, oranges, amandes douces et amères, tiges d’angélique , etc.); 2° des substances odorantes , telles que la cannelle, le girofle, la vanille , le café, etc. ; 3° des matières colorantes, la cochenille pour les rouges, le bleu de Prusse pour les bleus , le safran pour les jaunes, etc.

Distillateur. On connaissait anciennement sous ce nom: i° le fabricant d’acides minéraux, 2° celui qui prépare les liqueurs de table. Le premier est aujourd’hui classé parmi les fabricans de produits chimiques; le second est réuni aux confiseurs, et emploie les diverses parties des

végétaux, fruits, feuilles, fleurs, sommités, et les liqueurs alcooliques.

Épicier. Rien de plus difficile à définir que le commerce d’épicier. Comment en effet définir une profession où l’on ne fabrique rien , où l’on v^nd seulement des articles qui appartiennent au droguiste, au pharmacien, au confiseur, au distillateur, aux fabricans de savon, de couleurs , etc. ? et cependant le nombre des substances que débite l’épicier étant très-considérable, l’instruction pratique de ce commerçant doit être assez étendue. On peut dire néanmoins que le principal objet de ce commerce est la vente en gros et en détail de toutes les épices et matières premières qui s’emploient dans les alimens, en médecine et dans les arts.

Sous le nom d’épices on comprend toutes les substances végétales étrangères qui ont une odeur et une saveurpropres à les rendre d’un usage utile et agréable. Tels sont parmi les fruits la muscade, le girofle, Je café, les divers poivres, le cacao, les dattes, les citrons, etc., etc.; parmi les feuilles, les différens thés; parmi les corps ligneux, des racines, bois ou écorces, etc., etc. Les falsifications que l’on peut faire dans cette partie sont très nombreuses. J’indiquerai dans le dictionnaire celles qui sont les plus dangereuses et les plus importantes.

Essayeur. L’art de l’essayeur, considéré sous le point de vue le plus général , a deux objets : i° l’essai des mines , 2° l’essai du titre des matières d’or ou d’argent. *

Les minerais varient non-seulement dans leurs principes élémentaires, mais encore dans la proportion de ces principes; l’essai des mines no peut donc offrir de règles générales, et demande les connaissances chimiques les plus profondes ; c’est à la sagacité de l’essayeur des mines qu’il appartient de décider à la -vue du minerai quelle est la marche la plus prompte pour arrivera un résultat; les

ïnatières à employer ne peuvent donc être énumérées, puisqu’elles comprennent tous les réactifs chimiques.

L’essai du titre des matières d’or et d’argent a pour but de déterminer avec précision dans quelles proportions l’or ou l’argent sont alliés à d’autres métaux dans les ou' vrages d’orfèvrerie, de bijouterie, etc., etc. Les matières premières employées par cet essayeur sont : i ° le plomb dans la coupellation de l’argent ; 2° les acides nitrique et. sulfurique dans le départ de i’or : il importe que ces matières soient très-pures.

Fondeur en caractères . Les caractères d’imprimerie sont autant de parallélépipèdes composés d’un mélange métallique particulier, à l’extrémité desquels est, en relief, une lettre ou quelque autre ligure employée dans l’impression des livres. La surface de ces lettres étant enduite d’encre ordinairement noire , et étant ensuite- appliquée fortement par la presse d’imprimerie contre du papier préparé à cet effet, y laisse son empreinte. On peut donc diviser l’art d’imprimer en trois parties : i° l’art de graver les poinçons, 2° l’art de fondre les caractères, 3e l’art d’en faire usage. La première et la troisième partie sont des opérations que l’on peut appeler mécaniques; dans la deuxième on emploie le plomb, l’antimoine, quelquefois de l’étain (surfont pour les petits caractères) , et du cuivre. Les fondeurs s’assurent de la bonté et de la pureté de l’antimoine (régule d’antimoine) qu’ils achètent parun procédé que nous verrons plus loin.

Parfumeur. On appelle ainsi celui qui prépare les cosmétiques dont on fait usage pour la toilette : les cosmétiques sont solides ou liquides; les premiers, ordinairement nommés pommades , optais, poudres, etc., sont presque toujours des mélanges d’huiles essentielles ou d’aromates avec des matières grasses, du miel , etc. ; les seconds sont connus sous les noms d’eaux, d’essences.

à' hüiles, etc. , et sont des macèratum distillés ou non de substances odoriférantes dans l’eau , l’esprit de vin, les huiles fines. Rien de plus variable d’ailleurs que les noms et les compositions des cosmétiques; car ici, à l’inconstance de la mode vient se joindre le caprice du goût: n’avons-nous pas vu dernièrement des pommades sous les noms bizarres de bâton de Périclès , d’huile d’Alcibiade, à’ huile de Macassar , de rouge vert d’Athènes, etc. ? impossible conséquemment d’énumérer même d’une manière imparfaite , les substances mises'Ên œuvre par le parfumeur. Contentons-nous de poser en principe que ce.t artiste doit s’assurer surtout de la bonne qualité des matières grasses qu’il emploie, l’axonge, la moelle de bœuf, etc. , de la pureté des builes essentielles dont l’odeur est agréable , huiles de lavande , de thym , de serpolet, de marjolaine, d’orange, etc., de la suavité des aromates, tels que la vanille, la tubéreuse, le jasmin, l’héliotrope, etc., etc.

Produits chimiques £ fabricant de). La fabrication des produits chimiques est une industrie toute moderne , et que l’on doit aux immenses progrès de la chimie depuis cinquante ans : on connaissait à la vérité quelques acides minéraux, et les besoins des arts avaient nécessité l’établissement de quelques fabriques ; mais ici tout était dans l’enfance de la science : procédés économiques, bonne direction des travaux, explication des phénomènes , tout était inconnu : l’huile de vitriol, par exemple , s’obtenait en distillant le sulfate de fer, et le résidu de la distillation était un caput mortuum qu’on devait abandonner parce qu’il n’avait aucune valeur; il en était de même pour les autres préparations ; les procédés n’étaient pas même décrits, le fils obéissait aveuglément aux traditions de ses pères: y avait-il quelque amélioration à apporter au procédé qu’il suivait? ne pouvait-on opérer

xnr

d’une manière plus économique? quels étaient les phénomènes qui se passaient dans l’opération? il l’ignorait : satisfait d’arriver au résultat qu’obtenait son prédécesseur , il n’en demandait pas davantage. Bientôt les Lavoisier, les Pi iestley, les Schèele parurent, et la véritable chimie fut connue. Bornés d’abord dans leur essor, ces grands hommes regardèrent en arrière, examinèrent ce qui avait été fait, portèrent dans ce dédale le flambeau d’une saine philosophie et donnèrent des explications sur ce qu’on avait exécuté jusque-là presqu’en aveugle: eux-mêmes ajoutèrent à ce qui avait été fait , d’autres savansles suivirent, le nombre des produits chimiques fut doublé, triplé, etc., etc. L’industrie s’empara de ces nouveaux moyens, et les appliqua aux besoins de la société : la médecine, la peinture , la teinture, s’enrichirent d’un grand nombre de composés dont 05 ne soupçonnait pas même l’existcirce ; la fabrication des produits chimiques en général ne fut plus un art , mais une science , et l’on réserve aujourd’hui le nom d’art aux professions qui ne préparent qu’un petit nombre de ces produits. On connaît actuellement:

1 °. Le chimiste manufacturier, qui prépare en grandes masses certains produits dont la consommation dans les arts est très-considérable : son commerce se limite en général à deux ou trois des composés suivans : sel ammoniac ( hydrochlorate d’ammoniaque); alun ( sulfate d’alumine et de potasse ou d’ammoniaque) ; soude ; potasse/ noir animal y eau de javelle (chlorure dépotasse), acides minéraux , etc. , etc. Les matières employées sont en général très-peu dispendieuses , les cornes, les os, le plâtre , les craies, le sel marin, le nitre, l’oxide noir de manganèse : j’indiquerai dans le dictionnaire les moyens de s’assurer de la bonté des produits que ce chimiste livre au commerce.

XlY

2°. Le chimiste pour les couleurs , qui prépare le bleu île Prusse (ferrocyanate de potasse; le noir de fumée ; le noir cl’ ivoire ; le minium ( oxide rouge de plomb) ; le jaune <le Naples (hydrochlorate de plomb), Vorpin (sulfure jaune d’arsenic) ; 1 ’ocre jaune-, Vocre rouge ; le cinabre (sulfure rouge de mercure), etc. Ce sont en général les produits fabriqués par le chimiste manufacturier, qui sont employés comme matières premières par le fabricant de couleurs.

3° Le chimiste pour les vernis .On appelle ainsi le fabricant qui prépare les vernis , les huiles grasses ou siccatives, etc. Les matières premières employées sont l’alcool, les huiles, l’essence de térébenthine , les oxides de plomb , les diverses résines et §ommes-résines.

4° Le chimiste proprement dit. Cette profession que je cla^e en dernier, est une véritable science par la variété et la profondeur des connaissances qu’elle demande à celui qui l’exerce : les produits chimiques français sont supérieurs à tons les produits chimiques étrangers ; ils réunissent à un plus haut degré les trois conditions exigées dans une industrie, bon marché , beauté et bonne qualité; aussi sont-ils aujourd’hui exportés dans tout le monde savant.

L’aperçu que je viens de donner démontrera, je crois, l’impossibilité où je suis d’énumérer les diverses matières dont se sert le chimiste proprement dit , car une telle énumération comprendrait l’ensemble de tous les corps matériels.

Rajfineur de sucre. Le suc extrait par expression de la canne à sucre ( arundo saccharifera ) , est soumis dans ^esîles à une première purification qui le débarrasse d’une partie de sa matière colorante et du sucre incristallisable: - il est alors expédié en Europe sous les noms de moscouade , de cassonade brune , etc. , et l’art du rafïineur a

pour but de l’amener à l’état de sucre blanc du commerce : cette purification était anciennement assez difficile, mais la découverte des propriétés décolorantes du noir animal, et plus récemment les procédés de Iloward pour l’évaporation du sirop dans le vide, ont considérablement abrégé l’opération ; cette dernière amélioration n’est pas encore adoptée en France , espérons qu’elle le sera. Nos raffineurs blanchissent le sucre en le traitant à plusieurs reprises par l’eau , le noir animal, le sang de bœuf, la chaux , etc. ; ils procèdent ensuite au terrage. Parmi les martières dont fait usage le raffineur, le noir animal est celle qui agit de la manière la plus active et le principal objet du raffineur doit être de s’assurer de la bonne qualité de cette substance; les recherches de MM. Bussy et Payen ont jeté un grand jour sur ce mode de décoloration , et je relaterai dans le dictionnaire les moyens à employer pour connaître la pureté du charbon animal.

Savon ( fabricant de ). Le savon est le résultat de la combinaison des corps gras avec les alcalis rendus caustiques. Le savonnier emploie ordinairement l’huile d’olives et le suif, la soude et la potasse : les huiles blanches forment en général des savons moins durs ; la potasse ne donne que des savons mous. Le savonnier qui fabrique des savons durs, doit donc s’assurer : i° de la pureté de l’huile qu’il emploie ; 2° de la force alcaline de la soude qu’il achète ; et s’il a pour but de fabriquer des savons mous , il doit connaître la force alcaline de la potasse qu’il se propose de mettre en œuvre.

L’exposé précédent n’offre pas tous les arts qui emploient des matières premières dont l’usage est en même temps médical ; mais si on cherche à le compléter, on s’assurera que les arts non relatés présentent

une des circonstances suivantes , ou le nombre des substances en usage est très-limité , ou ces substances ne sont presque jamais falsifiées , et dans l’abrége qui nous occupe, l’une de ces conditions suffisait pour provoquer leur exclusion.

Page 1