‹ Traité des falsifications, ou exposé des diverses manières de constater la pureté des substances employées en médecine, dans les arts, et dans l'économie domestiqueChapitre 7 sur 27 · DES SUESTAN CES ALIMENTAIRES · texte numérisé non relu

DES SUESTAN CES ALIMENTAIRES

Les corps répandus sur le globe croissent : i° par juxtaposition, ce sont les minéraux ; 2° par intusus-sception , ce sont les végétaux et les animaux. La principale nourriture des végétaux se compose de substances inorganiques , l’eau et l'air, tandis que celle des animaux ne comprend que des matières organiques qui varient avec la nature du sol et la température habituelle des climats.

Si nous considérons les premiers degrés de l’échelle animale, nous verrons que la plupart des animaux s’approprient un genre particulier de nourriture : les uns s’alimentent de végétaux, et sont dénommés lier bivoivs pour les distinguer des carnivores , qui ne se nourrissent que de chair musculaire ; l’homme est herbivore et carnivore ; cette faculté qui augmente ses moyens d’existence , se retrouve d’ailleurs dans d’autres espèces.

Quel que soit du reste le mode de nutrition de l’homme, il serait superflu de vouloir démontrer combien il im-

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porte que les alimens soient salubres et de bonne qualité. Toute nourriture altérée ne répare qu’imparfaitement les pertes qu’éprouvent nos organes , et est souvent la cause d’un grand nombre de maladies : tous les peuples civilisés ont été d’accord sur ce point, et l’histoire la plus reculée nous montre les gouvernails exerçant une sévère surveillance sur les nombreuses professions qui préparent ou débitent des substances alimentaires. De quelque importance que puissent être les recherches que l’on pourrait faire sur cette partie, un livre qui offrirait les caractères propres h reconnaître la bonne qualité des substances alimentaires , ne serait que d’une médiocre utilité, parce que pour être complet, il exigerait des détails extrêmement minutieux , et quels que soient le soin et l’exactitude qui aient, présidé à sa rédaction , il ne pourrait que guider d’une manière très-imparfaite. L’expérience est ici préférable à toutes les descriptions : une bonne ménagère pour les alimens solides, un palais exercé pour les boissons, donneront toujours des indices plus exacts. Les altérations que .peuvent éprouver nos alimens , sont presque toujours marqués par des changemens plus on moins sensibles dans la couleur , la saveur , l’odeur, etc.

Les substances alimentaires, les professions qui nous les procurent , sont très-mu!tipliées. Ce que j’ai dit sm la difficulté et même sur l’inutilité de présenter un tableau exact des médicamens, s’applique à la partie que je traite en ce moment. Je me contenterai donc d’exposer succinctement les noms des principaux alimens de l’homme, et je renverrai au Dictionnaire pour les détails qui peuvent intéresser dans la falsification de ces substances. On peut diviser en trois sections les matières organiques que l’homme emploie pour se nourrir; i° les

a lira en s , les boissons, 3° les assaisonneraens ou

condimens.

Des alimens. Les aliraens sont du règne animal ou du règne végétal. Les premiers comprennent : i° les différentes chairs musculaires des bêtes à cornes , du veau, du mouton, du porc; 2° la volaille; 3° le gibier ; 4° Ie poisson ; 5° les huîtres , écrevisses , homards, etc.; 6° quelques substances élaborées par les animaux , et dont on a quelquefois changé la forme , la couleur, la saveur, telles que le lait,lesfromages, les œufs, etc. Les deuxièmes se composent : i° de graines céréales et particulièrement de la farine de froment, dont la consommation, surtout en France, est très-considérable ; 2° de plantes légumineuses qui offrent quelquefois des points de ressemblance avec quelques végétaux malfaisans ; 3° des diverses fécules amylacées et notamment de la fécule pommes de terre ; 4° des nombreuses variétés de fruits , etc.

Des boissons. Les boissons, à l’exception de Veau, sont toutes tirées du règne végétal; ce sont : i° les divers liquides spiritueux ou enivrant , l’eau-de-vie , le vin, la bière, le cidre , l’ale , etc. ; 2° le thé, le café, etc.

Des assaisonnemens ou condimens. On appelle ainsi des substances ordinairement végétales , qui ne paraissent pas agir comme nutritifs, mais qui stimulent nos organes et facilitent l’assimilation des matières véritablement nutritives; ce sont:i° le sel marin (hydrochlorate de soude ) ; 2° le vinaigre ; 3° les huiles ; 4° les épices ; 5° un assez grand nombre déplantés; le persil ( opium petroselinum) , le cerfeuil ( scandix cerefolitun ) , diverses espèces d'ails, etc.

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