DICTIONNAIRE
ABSINTHE. Les absinthes sont des espèces du genre armoise de la syngénésie polygamie L. , corymbifères J.; elles sont en très-grand nombre, mais la médecine ne fait usage que de la petite et de la grande absinthe. La grande absinthe ( arte misia absinthium ) s’élève à deux ou trois pieds ; ses tiges sont cannelées et blanchâtres en dehors ses feuilles sont divisées, alternes, d’un gris-blanchâtre en dessous, un peu plus vertes en dessus • les fleurs jaunes , petites , sensiblement globuliforraes , pendantes ; réceptacle velu, odeur trèsforte, saveur amère presque insupportable.
La petite absinthe [artemisia pontica) s’élève à un pied environ; feuilles très-petites, très-divisées,
vertes en dessus , cotonneuses en dessous ; réceptacle nu; fleurs arrondies; odeur qui rappelle celle du thym; saveur moins amère que celle de l’espèce précédente.
On substitue quelquefois à ces deux absinthes les espèces suivantes, dont les propriétés médicales sont bien plus faibles ou même nulles.
L’absinthe vulgaire ( artemisia vulgaris ) s’élève à environ quatre pieds; feuilles dentelées, vertes en dessus, cotonneuses en dessous comme dans la petite absinthe; mais la plante n’est qu’odorante et n’a point d’amertume.
L’absinthe maritime ( artemisia manlima ) s'élève à un pied et demi; tiges et feuilles entièrement cotonneuses , et ces dernières presque linaires ; odeur analogue à celle de la mélisse; saveur peu amère.
ACAJOU. Ce bois , qui appartient à un arbre de la pentandrie tri gy nie L., térébinthacées J. , à des usages bien connus : on le scie en plaques minces que l’on applique sur les meubles, pour leur donner l’aspect des meubles en bois d’acajou plein. Les ouvriers en marqueterie distinguent très-bien l’acajou mâle de l’acajou femelle ; ce dernier, dont le tissu est lâche et rempli de pores, est plus léger, et d’un rouge plus foncé que le bon acajou dit de placage . L’acajou femelle est bien moins estimé, parce qu’il est impossible de lui
donner cc poli et ce lustre que l’on remarque dans les beaux meubles. On l’emploie en menuiserie pour faire des meubles en bois plein , et on le travaille alors comme le noyer ; mais on ne peut lui donner qu’un brillant de peu de durée ^ à l’aide de la cire que l’on polit par un frottement rapide et prolongé.
ACÉTATE S’ ALUMINE. Ce sel est employé depuis peu avec l’alun ( sulfate d* alumine), pour le coton qui a moins d’affinité que la laine pour l'alumine j il est préférable à l'alun; le tissu l’absorbe mieux et prend une couleur plus riche et plus stable ; on le prépare en traitant une dissolution d’alun par l’acétate fie plomb. L’acide sulfurique se combine avec l'oxide de plomb, et forme un sulfate insoluble qui se précipite, tandis que l’acide acétique s’unit à l’alumine, et donne naissance à un acétate qui conserve l’état liquide : l’acétate d’aluminese fabriquant ainsi de loutepièce sera pur toutes les fois que les deux sels alun et acétate de plomb seront eux-mêmes purs. (L oyez ces mots. )
ACÉTATE D’AMMONIAQUE. Ce sel cristallise très-difficilement; les médecins l’emploient à l’état liquide sous le nom d'esprit de Mendererus ; il doit être limpide , incolore, marquer 5° à l’aréomètre des acides, être bien neutre, c’est-à-dire ne
pas rougir la teinture bleue de tournesol , et ne pas ramener au bleu cette teinture rougie par un acide : sa pesanteur spécifique doit être de i,o36, ou, en d’autres termes, une fiole contenant une once d’eau doit contenir 1 once 20 grains de ce liquide; si l’on y verse de l’acide sulfurique il se développe une odeur de vinaigre; la potasse liquide détermine une odeur d’ammoniaque marquée.
L’acétate d’ammoniaque peut être :
i°. Etendu d’eau; dans ce cas il ne marque plus 5° à l’aréomètre des acides , et par suite sa pesanteur spécifique est diminuée.
20. Remplacé par une solution de potasse dans l’acide acétique; cette liqueur ne développe pas fiodeur d’ammoniaque par l’addition de la potasse: s’il y a eu mélange d’acétate de potasse et d’acétate d’ammoniaque , le liquide traité par un excès d’acide tartarique liquide , donne , au bout d'un quart d’heure, un précipité cristallin, ce qui n’a pas lieu pour l’esprit de Mendererus parfaitement pur.
H°. Falsifié par du muriate d’ammoniaque; dans ce cas le nitrate d’argent donne un précipité blanc caillebotté soluble dans l’ammoniaque.
ACETATE DE FER. Ce produit , qui à l’état liquide est usité dans les teintures noires , se prépare par la réaction de l’acide acétique ( on emploie ordinairement celui qui est connu sous le 110m d 'acide pyroligneux ) sur la tournure de
fer lorsque l’acide acétique est de bonne qualité , ( voyez ce mot) le produit (acétate de fer) est d’une pureté suffisante pour les teintures.
ACÉTATE DE PLOMB. Ce sel dont on consomme des quantités énormes dans la teinture, est blanc, est cristallisé en aiguilles, d’une saveur astringente accompagnée d’une arrière saveur sucrée: celui du commerce a, en général, une légère teinte azurée qu’on lui communique artificiellement pour lui donnerunreflelplusbrillant. L’acétate de plomb est rarement sophistiqué • remarquons cependant qu’il doit se dissoudre entièrement daus l’eau distillée: s’il est jaunâtre et s’il laisse un dépôt blanchâtre ( que l’on reconnaît ensuite être du carbonate de plomb), on peut affirmer que ce sel exposé long-temps à l’air a perdu une partie de son acide, et qu’une portion de l’oxide s’est transformée en carbonate insoluble; ce qui constitue une véritable perte dans la fabrication de l’acétate d’alumine dont j’ai parlé plus haut.
Sous-acctate de plomb liquide ( extrait de sa titrne). L’acide acétique, neutralisé exactement par l’oxide de plomb, donne le sel précédent , qui à l’état liquide a la propriété de dissoudre autant d’oxide qu’il en contenait d’abord , et de former alors 1 extrait de Saturne que les médecins emploient à 1 extérieur comme siccatif et résolutif. On trouve dans les pharmacies deux sortes d’extrait
de Saturne, l’une limpide et incolore, l'autre limpide et d’une couleur cilrine; toutes deux sont très-bonnes, celte différence tient «à celle du vinaigre dont on a fait usage pour la préparation : Ce produit n’est presque jamais falsifié, niais il est rare qu’il soit concentré au point voulu par le Codée, je rappellerai ici ce degré pour éviter toute incertitude. L’extrait de saturne , coloré ou non , doit marquer 5o° à l’aréomètre des acides, c’està-dire qu’une fiole contenant une once d’eau doit contenir une once trois gros deux scrupules d’extrait de saturne ; quelquefois l’extrait de saturne contient du cuivre ( ce qui arrive lorsqu’il a été préparé avec de mauvaise litbarge) dans ce cas l’ammoniaque ajoutée à la solution lui communique une légère teinte bleue.
ACÉTATE DE POTASSE. Ce sel est blanc , d’une saveur légèrement âcre et comme salée, d’une odeur particulière analogue à celle de la levure ; il peut être falsifié avec un assez grand nombre de substances , et notamment avec le sulfate de potasse, la crème de tartre, ( lartrate acidulé dépotasse). Mais la solubilité complète de l’acétate de potasse pur dans l’alcool, donne un moyen simple de reconnaître presque toutes ces sophistications, parce que, si ce n'est l’acétate de chaux , la plupart des matières avec lesquelles on l’a jusqu’ici mélangé sont insolubles dans l’alcool.
Quelquefois l’acétate de potasse a une légère teinte jaunâtre; cette couleur lui est donnée toutes les fois que l’on a employé pour sa préparation du vinaigre contenant quelques substances végétales en dissolution; ces substances ont été en partie charbonnées pendant la fabrication de l’acétate.
La solution d’acétate de potasse dans lJeau ne doit rigoureusement précipiter ni par un sel soluble de barite ( qui dénote un sulfate), ni par le nitrate d’argent ( qui dénote un muriate); cependant comme ce n’est pas avec la potasse chimiquement pure, mais avec la potasse commune bien purifiée que l’on prépare ce sel, celle-ci contient des muriates et des sulfates qui se retrouvent dans l’acétate , mais qui, s’ils sont en petite quantité, ne peuvent altérer que très-peu les propriétés de ce médicament,
ACIDE ACÉTIQUE. Nous verrons à l’article alcool , que toute liqueur sucrée soumise à la fermentation vineuse, se transforme en un liquide plus ou moins enivrant, connu sous les noms de vin, de bière , de cidre, d'ale, etc., et que la partie enivrante pure s’appelle alcool : on peut également poser en principe que toute liqueur alcoolique soumise à la fermentation acide, se transforme en vinaigre , et que la partie acide pure de ce vinaigre constitue V acide acétique ; ainsi celte dernière expression est au vinaigre ce que le mot
alcool est aux liqueurs spiritueuses , et dans sa signification rigoureuse ne s’applique qu’à la partie acide et pure de tous les liquides qui ont éprouvé la fermentation acide. Cet acide absolu ne se trouve jamais dans le commerce; on connaît sous ce nom un mélange d’eau et d’acide acétique, et la différence de proportions divise cet acide en trois espèces : 1° le vinaigre radical ; 2° le vinaigre ou acide pyroligneux; 5° le vinaigre proprement dit.
Le premier, appelé vinaigre radical , est l’acide acétique aussi pur que possible; il contient, au plus , sur ioo parties d’acide absolu 5o parties d’eau, et marque au moins io° à l’aréomètre des acides ; au maximum de concentration il forme au dessous de o de beaux cristaux arborescens plumiformes ; quelquefois il cristallise en une masse compacte et demi transparente , à la manière de la glace ; souvent aussi il forme une masse radiée; à une faible chaleur il s’enflamme et brûle avec une flamme bleue. La consommation de ce produit est très-faible , on ne le trouve que chez les pharmaciens , et un intérêt bien entendu les engage à l’avoir aussi concentré que possible ; ce n’est que dans cet état qu’il offre ce montant qui le fait rechercher; il doit donc être très-rarement falsifié, et si celte falsification a lieu, l'odeur beaucoup plus faible du composé la décèle très-facilement. On vend cependant quelque-
fois sous le nom de vinaigre radical un acide acétique d’une médiocre force , auquel on communique le montant par une certaine addition d’acide sulfureux ; l’odeur de soufre en ignition qu’exhale ce vinaigre suffit pour reconnaître cette fraude; on pourrait d’ailleurs la constater: i<* en chauffant très -légèrement (l’odeur de l’acide sulfureux prédomine à l’instant ) ; 2° en ajoutant un peu de chlore liquide, agitant et traitant par un sel soluble de barite , qui donne alors un précipité blanc insoluble dans l’acide nitrique; dans cette dernière expérience le chlore absorbe l’hydrogène de l’eau , se transforme en acide hydrochlorique , l’oxygène de l’eau s’unit à l’acide sulfureux et forme de l’acide sulfurique , dont un sel soluble de barite indique la présence.
Le 2m' acide acétique est celui que l’on connaissait depuis long- temps sous le nom A' acide pyroligneux ; est obtenu parla distillation du bois, et sert particulièrement à la fabrication des acétates du commerce : cet acide, qui a en général une couleur citrine , développe une odeur empyreumatique plus ou moins marquée, et doit réunir les conditions suivantes : i° toutes choses égales, celui qui est le moins coloré et dont l’odeur empyreumatique est le moins prononcée mérite la préférence: 2° il doit marquer au moins 5° à l’aréomètre des acides; cette force est d’ailleurs variable et se calcule comme nous le verrons au mot alcool ;
ainsi l’acide pyroligneux de 70 est plus fort que celui de 5°; 5° ne pas contenir d’acide sulfurique ou de sulfate de soude en dissolution , ce dont on s’assure par le nitrate de barite qui donne alors un précipité blanc, insoluble dans 1 acide nitrique : remarquons cependant que la plupart des acides pyroligneux du commerce contiennent un peu d’acide sulfurique et, par conséquent , précipitent toujours par un sel soluble de barite; mais lorsque le précipité formé est très-faible, on peut considérer l’acide acétique comme pur; 4° ne Pas contenir d’acide nitrique : on reconnaît cette falsification en saturant une petite partie de l’acide suspect avec de la potasse, filtrant et évaporant à siccité; si le liquide était de l’acide acétique pur, le résidu se dissoudra entièrement dans l’alcool ; dans le cas contraire, la partie du résidu non soluble dans l’alcool fusera sur des charbons ardens ; 5° ne pas contenir d’acide hvdrochlorique, ce que l’on reconnaît au précipité blanc, caillebotté, que donne le nitrate d’argent, et au précipité blanc de neige que forme l’acétate de plomb.
La 3e espèce d’acide acétique constitue le vinaigre proprement dit. ( Voyez ce mot, )
ACIDE ARSÉNIEUX. Voyez Oxide blanc d'arsenic.
ACIDE BENZOÏQUE. Cet acide doit être en
beaux prismes comprimés, d’une blancheur éclatante argentine, et offrant même un reflet nacré très-brillant ; la propriété qu’il possède de se volatiliser presque sans altération , d’être soluble dans l’acide acétique , dans l’acide sulfurique , dans l’alcool, donne des moyens de reconnaître toutes les falsifications que l’on pourrait faire , et notamment l’addition de l’acide borique que l’on se permet très-souvent. On obtient l’acide benzoïque . i° par sublimation 5 il est connu alors sous le nom de jleurs de benjoin et présente tous les caractères que je viens d’indiquer ; on doit seulement examiner alors s’il est d’un beau blanc et s’il n’a pas d’odeur empyreumatique ; 2° par la soude, c’est-à-dire par la voie humide ( voyez les Traités de chimie ) ; dans ce dernier cas, il retient souvent un peu d’acide sulfurique: on reconnaît cette altération en agitant l’acide suspect avec un peu d’eau distillée, et y versant ensuite une solution d’un sel de barite qui donne, s’il y a eu altération, un précipité blanc insoluble dans l’acide nitrique; on peut enfin préparer l’acide benzoïque en traitant la résine de benjoin par la chaux, et ensuite par l’acide hydrochlorique ; dans ce dernier procédé , l’acide benzoïque obtenu peut retenir un peu d’acide hydrochlorique , que l’on reconnaît par le nitrate d’argent, qui donne un précipité blanc, caillebotté et soluble dans l’ammoniaque.
ACIDE BORIQUE. Cet acide est sous la forme de petits cristaux feuilletés et nacrés, rougissant la teinture de tournesol, soluble dans vingt parties d’eau froide et deux parties et demie d’eau bouillante , soluble en petites proportions dans l’alcool auquel il donne la propriété de brûler avec une flamme verte; cette propriété suffit pour reconnaître les falsifications et particulièrement l’addition du sulfate de soude : il suffit dans ce cas de traiter une petite partie de l’acide suspect par l’alcool ; on répète cette opération jusqu’à ce que l’alcool ne dissolve plus rien et cesse de brûler avec une flamme verte : si l’alcool ne laisse aucun résidu, et si , à toutes les époques de l’opération , il brûle en vert, c’est un signe certain de la pureté de l’acide borique.
On prétend que les eaux-mères qui refusent de donner de l’acide borique , sont quelquefois évaporées à siccité, et que le résidu est livré au commerce pour de 1 acide borique : j’ignore si cette fraude a lieu; mais on pourrait la reconnaître par le moyen dont je viens de parler.
ACIDE CITRIQUE. Cet acide est employé en médecine et dans l’économie domestique comme rafraîchissant; les teinturiers le préfèrent à l’acide tartarique pour 1 avivement des couleurs routes
et surtout de celle du cartharne ( cart/iamus tinctonus ) ; mais le haut prix de cette substance, la
difficulté de l’avoir pure, en onlbeaucoup restreint l’usage : cet acide est blanc, cristallisé, inaltérable à l’air, d’une saveur agréable et d’une acidité un peu plus forte que celle de l’acide tartarique : chauffé suffisamment, il se fond, se gonfle et se sublime en partie* décomposé, l’acide citrique peut être altéré :
1°. Par de l’acide sulfurique lorsqu’il a été mal lavé ; on reconnaît cette altération à la déliquescence des cristaux desséchés, à la dissolution de ces cristaux qui est troublée par un sel soluble de barite ;
2°. Par de l’acide tartarique ; la fraude, dans ce cas, n’estvpas aussi facile à découvrir, cependant on peut y parvenir en opérant de la manière suivante : les cristaux d’acide tartarique sont plus alongés et moins arrondis aux extrémités, on peut donc les séparer en partie- on fait alors une dissolution de ceux qui ont. paru suspects, et on ajoute de la potasse, mais moins qu’il n’en faut pour la saturation complète ; si ces cristaux se composent en grande partie d’acide tartarique, on voit immédiatement se former un précipité cristallin de crème de tartre ( tarlrate acidulé de potasse )j
3°. Par du sulfate de chaux , de la chaux et de la craie; on neutralise une partie de l’acide suspect p.ar l’ammoniaque, et on divise cette solution en
deux parties : on ajoute à la première quelques gouttes d’oxalatc d’ammoniaque, et à la deuxième quelques gouttes d’une dissolution d’eau de barite; s’il se forme un précipité de part et d’autre, on peut affirmer que l’acide contenait du sulfate de cliaux ; si le précipilé n’a lieu que dans la première liqueur, on en conclura que l’acide citrique a été alongé pendant la cristallisation par de la chaux pure ou carbonatée qui s’est unie à l’acide citrique, et a formé un citrate de chaux.
ACIDE HYDEOCHLORigUE. Cet acide est em ployé i° en médecine, à l’extérieur comme èxcî-tant et dérivatif; ü° dans les laboratoires de chimie ; 3° dans les arts pour la préparation du chlore, le décapage de certains métaux , l’extraction de la gélatine des os. On peut diviser cet acide en deux qualités : i° celui du laboratoire, pour les analyses; il doit être parfaitement pur; j’indiquerai plus loin les moyens pour s’assurer de cette pureté; 2° celui du commerce; les usages auxquels ce dernier est consacré n’exigent pas une pureté absolue ; cet acide a en général une couleur citrine due à une petite quantité de fer qu’il tient eu dissolution; il contient en outre presque toujours un peu d’acide sulfurique ; lorsque ces substances sont en faibles proportions, elles ne sont point nuisibles dans les opérations de fabrique,
Il suffit pour qu’un acide hydrochlorique du commerce soit de bonne qualité, i° qu'il ait le degré de concentration voulu ; 20 que ce degré ne lui ait pas été donné en partie par l’addition d’une
certaine dose d’acide sulfurique ou de sulfate de
soude.
L’acide hydrochlorique des fabriques peut , lorsqu’il est très-concentré, marquer 24° à l’aréomètre des acides; mais le plus ordinairement il indique 220 , pèse 1 , 170 , c’est- à - dire qu’une fiole contenant, par exemple , 100 grammes (3 onces 2 gros 11 grains) d’eau, doit contenir 117 grammes [ 3 onces 6 gros 4 3 grains ) d’acide hydrochlorique liquide : à cet état de concentration, cent parties d’acide liquide renferment sensiblement trente-quatre parties d’acide hydrochlorique gazeux, et peuvent dissoudre quarantehuit parties de sous-carbonate de chaux; en opérant toujours sur 100 grammes d’acide hydrochlorique liquide , on peut remarquer que chaque degré en moins dans l’indication aréoinétrique , cor- 1 respond à une diminution d’une demi - partie d’acide hydrochlorique gazeux , et conséquemc ment à une diminution de deux parties et un ii cinquième dans la quantité de sous-carbonate de
1 chaux dissoute : cette estimation donne le moyen de calculer l’énergie acide des différens degrés
Iavec une exactitude suffisante pour les besoins du commerce.
En admettant que 100 d'acide à 22» (degré le plus ordinaire)
contiennent 54 d’acide gazeux, 66 d'eau, et puissent dissoudre/jS grains de sous-carbonate de chaux ,
ioo d’acide à i8° (les quantités de fer et d acide sulfurique étant sensiblement les mêmes) contiendront 54 — i \ X 4 — 28 d’acide gazeux , et 72 d’eau,
et ne pourront dissoudre que 48 — 2 f X 4== ^9 parties de sous-carbonate de chaux.
Si l’on admet, par exemple, que :
100 kilogrammes du 1 er acide aient coûté 5o fr. , le prix de 100 kilogrammes du deuxième acide ( à 180 ) devra se calculer par la quantité d’acide véritable ou gazeux , c’est-à-dire par la proportion ,
5oX28