SYMPTOMES
Les symptômes du début des tumeurs fibreuses de la paroi antérieure de l'abdomen échappent, souvent, à l'observation des médecins et des malades.
Nous ne connaissons qu'un petit nombre de laits dans les([uels le début soit décrit avec précision. Ce sont ceux ([ue nous avons reproduits dans notre étiologie, nous y trouvons, comme phénomènes initiaux, les signes des diverses affections que nous avons fait rentrer parmi les causes de ces tumeurs. Ainsi, tantôt c'est la présence d'un noyau cicatriciel inclure^ consécutif à l'ouverture d'un abcès ; tantôt c'est une rupture musculaire caractérisée par une douleur vive et subite pendant un effort, suivie de l'apparition d'une tuméfaction ; tantôt c'est une contusion, musculaire avec tuméfaction, tumeur, et ecchymose.
Laissons de côté ces faits spéciaux sur l'explication desquels l'accord n'est pas encore absolument fait, et indiquons comment les choses se passent dans la majorité des cas.
Le sujet est presque toujours une femme ; elle a dans ses antécédents au moins une grossesse suivie d'accouchement, ({uelquefois des traumatismes ou des ruptures ayant porté sur les muscles de l'abdomen. Elle découvre dans la
paroi antérieure de celle région une nodosilé. La peau esl saine el lisse à sa surface. La nodosité est arrondie, lisse, dure el mobile. Le volume en est variable et c'est pai* liasard (jue le néoplasme est constaté.
Vindolence est un symptôme presque constant et de la plus grande importance. C'est pour cela que le moment où les tumeurs sont découvertes est toujours éloigné du début. Il est absolument rare que ces tumeurs soient le siège de sensibilité, el que l'apparition d'un point douloureux signale leur présence. Nous devons cependant en rappeler quelques cas, mais il faut les considérer comme une exception.
Quelques-unes de ces tumeurs étaient petites lorsqu'on les a observées pour la première fois. Langenbeck en a trouvé trois dont il a comparé le volume à un pois, un haricot, une noisette.
Esmarch en a observé une qui était également du volume d'un pois.
Bouchacourl, Tillaux rappellent la comparaison avec une noisette. Limauge donne à la sienne un centimètre de diamètre. Mollière lui donne les dimensions d'une amande.
Le volume le plus fréquent varie entre celui d'une noix et d'un œuf de poule.
Dans certains cas, l'indolence de la tumeur et l'incurie des malades ont été telles que les tumeurs sont parvenues à un volume colossal avant d'être reconnues. Une malade d'Esmarch qui était grosse crut à l'existence d'un deuxième enfant; elle ne fut détrompée qu'après son accoucliemenl. Une malade de Rokilansky vit durant six ans son ventre grossir et devenir pendant^ sans soupçonner l'existence d'une tumeur.
Quand les tumeurs fibreuses de la paroi abdominale se