SYMPTÔMES
(lévelopitent, leurs syiniilôines deviennent plus accusés el, méritent une description délaillée.
Ces symptômes sont presque toujours locaux; l'infection générale de l'organisme n'a jamais lieu. Les ganglions ne se prennent pas. L'état général est quelquelois altéré, mais c'est d'une manière tout à fait spéciale, en quelque sorte sous l'inlluence de l'action mécanique de la tumeur. Les symptômes diftèrent suivant le volume de la tumeur. Nous décrirons ceux des tumeurs moyennes qui ne dépassent pas le volume du poing et ensuite ceux des tumeurs volumineuses qui offrent quel(|ues complications.
§ 1. — Tumeurs de moyen volume.
Le chirurgien se trouve en présence d'une tumeur de forme arrondie, ovoïde ou pyriforme, aplatie en galet, allongée en cylindre. Elle est habituellement unilobulée. Sa surface est quelquefois lisse, quelquefois inégale et un peu mamelonnée. Cette tumeur est habituellement latérale, elle peut être voisine de la ligne médiane ou la dépasser un peu. Elle semble se continuer en pente douce avec les tissus sur lesquels elle repose. La saillie au-dessus de la surface de l'abdomen augmente ou diminue suivant l'état de contraction ou de relâchement de la paroi.
Cette tumeur est dure au toucher, d'une consistance un peu élastique spéciale aux fd)romes. Elle ne se laisse pas déprimer par le doigt ; quelques auteurs ont comparé sa dureté à celle de la pierre, du bois ou du cartilage. Ils sont tombés dans l'exagération. Cette tumeur est d'une matité absolue, il est possible cependant par une forte percussion de percevoir la sonorité des organes profondément situés.
La peau qui recouvre la tumeur est sans altération, sans
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trouble vasculairo. Quand on la pineo on peut la faire glisser avec facilité sur les tissus sous-jacents, elle est ((uelquefois un peu amincie, mais ne présente pas de modilications de sensibilité. La tumeur elle-même est très mobile, on peut la déplacer dans tous les sens, de haut en bas, de droite à, gauche et en avant et en arrière. On peut, (pielquefois, la faire tourner sur son axe et juger ainsi de l'étendue de la surface profonde. La traction et la palpation combinées permettent de sentir que les muscles sont en rapport plus ou moins direct avec elle. On sent ceux-ci se tendre quand on la soulève et si elle n'est pas (Hoignée du squelette on voit les tendons et les fibres musculaires former une corde qiCon cl prise si souvent pour un pédicule. On perçoit au toucher l'écartement des faisceaux musculaires qui s'insèrent à sa surface ou même les muscles qui passent au-dessus d'elle.
Quand on veut contourner profondément la tumeur, les doigts s'arrêtent contre les muscles qui l'englobent; mais si le ventre est devenu très flaccide, comme cela s'observe à la suite des grossesses, on peut la circonscrire entre les deux mains en refoulant les parois muscùaires.
il est le plus souvent impossible de pratiquer l'examen de la face profonde et on ne i)eut étudier que la surface extérieure.
Ces tumeurs de petit volume conservent en se développant le caractère d'indolence qui est si remarquable à leur début. La pression n'y éveille pas de soutirance.
11 est néanmoins un petit nombre d'observations dans lesquelles il nous parait indiscutable que les tumeurs étaient douloureuses. Letailleur (d'Âlençon) raconte (pu^ celle (pi'il observa était très douloureuse. En général les {ihénomènes nerveux sont de ceux sur lesquels le^ obser-
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valeurs insistent peu; douleurs, élancements, piqûres, telles sont les expressions employées. Ces douleurs ne sont pas continuelles, elles reviennent par accès comme des névral- {^•ies ou dans des conditions particulières qui augmentent l "état nerveux des femmes, au moment des règles, aux cliangements de temps.
Il nous semble que ces tumeurs prennent une tendance spéciale à l'endolorissement quand elles siègent au pli de raine et plongent dans la fosse iliaque. Il est probable qu'elles agissent alors comme des corps étrangers en comprimant les filets nerveux et les troncs nerveux qui sont si nombreux dans cette région. On observe alors non seulement l'endolorissement de la tumeur, mais des irradiations douloureuses dans le membre correspondant. Il est remarquable que de petites masses morbides provoquent déjà ces accidents. Ce sont les seuls troubles mécaniques qu'on puisse leur attribuer.
Ces tumeurs sont indépendautes des organes génitaux internes, comme on peut le constater parle toucher vaginal combiné avec la palpation des parois de l'abdomen. En prenant soin de refouler cette paroi vers le bassin il a été quelquefois possible de sentir la face postérieure des tumeurs, mais c'est un résultat auquel il ne faut pas s'attendre et qui donne peu de renseignements.
Ces divers symptômes ont certainement permis de faire le diagnostic. Il existe en outre un signe caractéristique des tumeurs des parois antérieures de l'abdomen, c'est leur immohilimtion quand on fait contracter les muscles de ces parois.
Ce phénomène a déjcà été constaté depuis longtemps. Il a été consigné dans les observations de divers auteurs, mais nous ne trouvons pas qu'on lui ait jamais attribué l'importance qu'il mérite. La tumeur, qui était très mobile, cesse
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briisqiieineiil, d'obéir an inoiivoment qu'on lui imprime si l'on fait par un moyen (|uelcon((ne contracter les muscles au niveau desquels elle est développée. Le fait se produit accidentellement quand la malade tousse. On le provoque ' sûrement, soit en faisant asseoir le patient, soit en le laissant couché et en lui demandant de raidir son ventre ou de faire des efforts. En môme temps que la tumeur s'immobilise, on la voit plonger ou devenir plus saillante suivant qu'elle siège dans une couche plus ou moins superlicielle.
On a voulu considérer comme nn signe de quelque valeur le fait que la tumeur ne suivait pas les mouvements respiratoires. Ce signe ne peut être utile que pour le diagnostic avec les tumeurs du foie, mais n'a pas l'importance de l'immobilisation succédant à la contraction des parois.
§ 2. — Tumeurs de gros volume.
Ces tumeurs occupent naturellement une plus grande étendue de la paroi ; elles sont souvent multilobulées, leur consistance est inégale. Elles se ramollissent par endroits et peuvent même devenir fluctuantes. Elles forment une saillie hémisphérique à la surface de laquelle la peau glisse facilement, dans les cas ordinaires. Cette membrane est amincie, elle est souvent sillonnée par de grosses veines. La tumeur est encore mobile dans divers sens, elle présente le phénomène de Vimmohilisation pendant la contraction musculaire, mais tous les phénomènes que nous avons décrits et qui sont si faciles à observer sur les petites tumeurs deviennent plus difficiles à remarquer. Il est presque impossible de contourner la tumeur et de sentir sa face profonde ; quelquefois les muscles, au lieu de se
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l'onliruiei' en i)eiite douce avec la sui'l'ace exléiieiire, s'enfoncent dans le sillon que nous avons décrit - dans certaines tumeurs en forme de bissac ou de bouton de chemise.
Si ces tumeurs s'accroissent rapidement elles peuvent être le siège de douleurs, mais moins souvent ([ue les petites.
Les symptômes nouveaux sur lesquels nous avons tà insister résultent du poids de la tumeur ou de la gêne mécanique qu'elle apporte. Il y a un sentiment de pesanteur et de tiraillement. On a vu le ventre pendre jusqu'aux genoux comme dans le cas de Rokitansky et dans un des cas de Labbé. La présence de la tumeur gène les mouvements du tronc sur les membres et des membres sur le tronc. La malade ne peut se baisser, peut à peine marcher et est incapable de travailler.
On a signalé la compression des viscères par cette masse énorme, il en serait résulté une gène dans l'alimentation compromettante pour la vie. Dans un cas de Thomas, un prolongement de la tumeur se dirigeait vers le diaphragme et gênait la respiration ; de tels faits sont exceptionnels. Il est plus fréquent de voir la tumeur faire saillie en dehors du ventre qu'à l'intérieur.
La distension de la peau, les frottements des vêtements à sa surface ont amené plusieurs fois des troubles de sa circulation et de sa nutrition. On a vu survenir de l'œdème, un épaississement hypertrophique avec induration considérable de la peau, et enfin des ulcérations. Celles-ci ont donné lieu à des hémorrhagies qui par leur répétition ont amené une sorte de cachexie, une anémie grave avec décoloration des tissus et teinte jaune paille.
Dans la plupart des cas de grosses tumeurs les malades se sont amaigries même sans qu'il existât d'ulcération de
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la peau. On peiil oxpliiiiior cette moililiealion par la perle (les iiiouvemeiits et rinqiiiétude morale des malades.
Fig. 4. — Tumeur fibreuse de la paroi abdominale avec veutre pendant (figure réduite tirée de la thèse de Cornils, obs. de Catharina Mohr).
Il n'existe pas de différence entre les symptômes qu'on observe chez les hommes et chez les femmes, si ce n'est que la paroi du ventre est moins dépressible et se prête moins à l'exploration cliez les premiers.
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