INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
ment à une adhérence péi'ilonéale, aussi l'extirpation des grosses tumeurs paraissait-elle contre-indiquée.
D'autre part on trouvait également des contre-indications pour les petites tumeurs. Ainsi Nélaton disait : « Il est des cas où il ne faut pas enlever; si la tumeur n'est pas très volumineuse, si elle n'est pas très gênante et douloureuse, il vaut mieux attendre et ne pas opérer. Il n'y a pas de péril en la demeure, et la maladie peut d'ailleurs rester à l'état stationnaire. Il n'en est plus de même si la tumeur devient douloureuse. Si elle s'accroît avec rapidité et si la malade insiste beaucoup pour en être débarrassée, il faut opérer. »
C'est dans ces conditions que Nélaton refusa l'opération 13 fois, Huguier, Miclion, Verneuil et Broca chacun 1 fois. Le chirurgien danois Buntzen nous apprend qu'il a également refusé plusieurs fois d'opérer, et ne donne pas de chiffres précis.
Après que les étonnants résultats de la méthode antiseptique furent connus, quand la crainte d'ouvrir le péritoine fut absolument disparue, il se produisit une réaction : toutes les contre-indications furent supprimées. Toutes les opérations furent tentées. Ni la grosseur ni la petitesse des tumeursn'arrêtèrent ; les plus volumineuses furent enlevées. Les uns réséquèrent le péritoine comme Sklifosowski, les autres le conservèrent, comme Labbé, le succès fut le même. D'un autre côté les petites tumeurs furent extirpées et Ledentu, contrairement à Nélaton, vint à la Société de chirurgie, dire qu'il fallait opérer les fibromes de la paroi antérieure de l'abdomen, dès leur début.
Nous recommandons l'opération prompte quel que soit le volume du fibrome.
La tumeur est-elle jietite, voici pourquoi nous sommes pressés de l'opérer. 11 est certain que nous ne pouvons pas compter sur la persistance indéfinie de son état stationnaire. 11 arrivera, certainement, un moment où elle se développera rapidement. L'opération devra donc être faite tôt ou tard.
Le danger de ces opérations réside dans la péritonite, la rétention des liquides et dans l'éventration. Si l'on opère de bonne heure, la plaie sera petite ; peut-être le péritoine sera-t-il intact; sûrement la perte de substance des muscles sera minime. Avec les précautions antiseptiques, la péritonite n'est plus à craindre. Avec un bon drainage et une ouverture de sûreté, la rétention est évitée. La guérison est donc rapide. L'éventration n'aura pas lieu.
On peut dire que l'extirpation des petites tumeurs n'est pas une opération cVurgeîice, mais c'est sûrement une opération de prévoyance.
La tumeur est-elle grosse, il y a urgence. Il est certain que le danger croîtra avec le volume. Nous savons que l'accroissement de la tumeur est quelquefois si rapide qu'il faut éviter toute perte de temps. Le gros volume de la tumeur ne doit pas nous faire reculer, car il est souvent possible de conserver le péritoine, et malgré la perte de substance des muscles, l'éventration est rare. S'il faut ouvrir le péritoine, on peut rendre cette blessure inoffensive. Ne devrait-il rester que la peau pour recouvrir les intestins, il faut encore opérer, car la guérison a lieu même dans ce cas ; seulement la vie est conservée au prix d'une infirmité.
Attendre, pour opérer, que la tumeur soit très grosse, c'est s'exposer aux accidents d'une longue cbloroformi-