‹ Traité des fibromes de la paroi abdominale [electronic resource]Chapitre 6 sur 46 · AUTEURS. SEXE. CAUSE DE LA RUPTURE · texte numérisé non relu

AUTEURS. SEXE. CAUSE DE LA RUPTURE

Chaussier Femme. . . Accouchement.

Larrey Homme. . . Boulet de canon.

Larrey Homme... Contraction musculaire. Tétanos.

Richerand Homme. . . Contraction musculaire pour se re-

tourner.

Lachapelle Femme... Accouchement.

Boyor Homme... Vomissement.

Vidal de Cassis .. Homme... Contraction musculaire. Coït.

Vidal de Cassis. . . Homme.. . Violence directe. Chute àplat sur l'eau.

Bonnet Homme... Contraction musculaire pour ne pas

tomber en arrière.

Richardson Homme... Contraction musculaire dans le saut.

Legouest Homme... Contraction musculaire pour se relever

après un saut.

Després Homme... Contraction musculaire pour lever une

corbeille.

Maffre Homme. . . Contraction musculaire pour se lever du

décubitus dorsal.

Maffre Homme... Violence directe. Coup de poing.

Regeard Homme... Contraction musculaire pour lever un

corps pesant.

Sédillot Homme... Contraction musculaire pour retenir un

corps pesant.

Muscles obliques de l'abdomen et transverses.

Dupuch-Lapointe. . Homme. . . Violence directe. Chute sur un corps dur.

Lfirrey Homme... Violence directe. Coup de pied de cheval.

Plaignoud Homme... Violence directe. Chute de quatre étages.

On trouvera encore sur le sujet des ruptures de l'abdo-

(1) Ueber subculane Muskel und Sehnen Zerreissiingen. Deiilsche Zeil.ic/irifl f. chirurgie, \o\. 17, p. 318, 1882.

men des renseignements intéressants dans un travail de Charvot et de Couillaud (1).

OBSERVATIONS OU EXTRAITS D'OBSERVATIONS DE FIBROMES DANS LESQUELLES L'INFLUENCE DE L'EFFORT OU DU TRAUMATISME EST NETTEMENT DÉMONTRÉE.

Extrait de Vobservation Vil. Paget, 1855.

La tumeur a pour origine un traumatisme sur le devant de l'abdomen, par une roue de chariot. Le malade l'attribue à un pincement de la peau.

Extrait de l'observation XI. Bodin.

Il y a dix-neuf mois à peu près, la femme a reçu au niveau du creux épigastrique un coup assez violent; néanmoins il n'y eut pas d'ecchymose dans cet endroit. Trois semaines après survint, en ce point, une petite tumeur de la grosseur d'une noix, et pendant les trois mois qui suivirent elle se développa lentement.

Extrait de l'observation XII. Bodin.

Il y a quatorze ans que la tumeur a débuté, à la suite d'un violent effort suivi d'une espèce de craquement dans le point où elle s'est développée.

Extrait de l'observation XIII. Bodin.

Cette femme avait souffert de vomissements incessants pendant sa grossesse.

ObservationXVII.— Fiôrome de kpftroiaèrfommafe, par H. Herzfelder (2).

Une femme de trente-six ans, pendant sa jeunesse, avait eu le typhus et plusieurs attaques de fièvre intermittente. 11 y a trois ans et demi, c'était quatorze jours après l'accouchement de son premier enfant, elle remarqua dans la région inguinale droite une tumeur de la grosseur d'une noisette, qui lui était survenue sans cause connue. Elle était dure, indolore et mobile. Elle demeura plus de deux ans dans le même état et s'accrut surtout dans sa dernière grossesse, c'est-à-dire depuis huit mois, avec une grande rapidité et atteignit le

(1) Uuplures musculiih-ea chez les cavaliers. Revue chirurgie, 1887.

(2) Patliologische Beobachlunrjen and thcrapeuLische Erfahrungen. Zeilsrlirifi der Gesellc/iaft der Mrzte, zu Wien, 1850.

volume acluel. Elle se développa sous les légumenLs, entre les muscles abdominaux, en gagnant de bas en haut. Elle s'élevait, sur le côté droit, jusqu'à une ligne fictive tirée horizontalement par l'om-biric. 'i3h outre, elle s'étendait vers le bas, dans le petit bassin. Elle avait la grosseur d'une tète d'enfant, était bosselée et dure comme la pierre, mobile et indolore. La peau tendue au-dessus de la tumeur montrait, aux deux extrémités, comme des vaisseaux artériels très dilatés, du reste elle avait une couleur et une apparence très bonnes. Après incision , le conseiller aulique baron de Wattman détacha tout le fibrome, avec le manche d'un scalpel, des aponévroses et des muscles de la paroi abdominale, au milieu desquelles était son siège, et enfin du péritoine.

Ce dernier ne fut pas blessé, on le voyait tendu au-dessus des intestins sur une grande surface. Après que les sutures eurent été posées, à la suite du chloroforme, dans l'après-midi, il survint de l'accélération du pouls, des frissons, des nausées ; la nuit, il y eut de l'insomnie et une très grande accumulation de sang dans la cavité de la plaie.

Ce dernier fut exprimé et les autres symptômes cédèrent bientôt à l'emploi de refroidissants locaux, de boissons rafraîchissantes. Le onzième jour toutes les sutures purent être enlevées. Au bout de six semaines la guérison complète était atteinte.

Ce fibrome, du poids de 2 livres, fut examiné par Rokitansky et par le professeur Heschl (l'auteur cite les paroles de ce dernier pour sa description).

Le fibrome est une masse grosse comme une tète d'enfant, blanchâtre, très lobulée, très dure, dont la coupe a quelque ressemblance avec des fibromes utérins. On y voit particulièrement cette lobulation manifeste se continuer du dehors à l'intérieur, et la tumeur se compose ainsi de grandes ou de petites pelotes arrondies. Les limites sont formées des feuillets et des cordons blancs d'aspect tendineux, épais, brillants. Entre les mailles est une masse plus molle, transparente, qui leur adhère solidement et se continue insensiblement avec eux. On peut faire sortir, par pression, un peu de sérosité visqueuse qui se coagule par l'acide nitrique.

Au microscope, les points brillant d'un éclat tendineux sont constitués par du tissu conjonctif épais, formé de très fins filaments. Les parties plus molles sont d'autant plus visibles qu'elles sont plus molles, elles consistent en une simple accumulation de cellules fusiformcs, sans aucune substance intermédiaire visible. Les vaisseaux sont rares.

Pour en finir, je dois encore faire remarquer que cette femme, d'après une communication de ses parents, revint dans son pays complètement guérie, mais qu'une nouvelle tumeur se reproduisit au même point de la paroi abdominale.

ÉTIOLOGIE.

Observation XVIII. — Fibrome de lajoaroi abdominale antérieure. Petite ouverture dupèritoine. Gwénson, opération par Esmarch (d).

Margaretha Broer, de Wasboe, âgée de trente-quatre ans, d'une santé parfaite, d'une solide apparence, dit avoir observé pour la première fois, le 20 juillet 1859, une tumeur du volume d'une noix dans la paroi du ventre, à droite de l'ombilic, environ 1 centimètre en dehors du muscle droit de l'abdomen. Gomme elle avait accouché le même jour, elle en conclut que c'était la cause de sa tumeur. Celle-ci devint bientôt plus grosse par un autre accouchement. Excepté quelques sensations de traction, elle ne perçut pas de douleur.

La malade fut reçue le 2 août 1860 à l'hôpital de Kiel. Sous la peau très flaccide de l'abdomen se voyait une tumeur sans adhérence sous-cutanée, de la grandeur d'un œuf de poule qui, h sa base, adhérait par une partie atténuée. Elle pouvait être facilement circonscrite parla main et on la sentait dure et tubéreuse au toucher. En attirant la tumeur, on sentait sous les doigts les fibres du muscle oblique externe qui s'y rendait. Quand la malade toussait, la tumeur semblait être rétractée en dedans des muscles. On ne pouvait explorer les fibres du muscle oblique interne qui s'y rendait. Si la main essayait de pénétrer vers la profondeur entre les muscles, les parties profondes paraissaient tendues, si la tumeur était tirée avec force, et elles semblaient lâches, après l'abandon de la tumeur. De ce fait il était permis de conjecturer que la tumeur était adhérente avec les couches profondes des parois abdominales, avec le fascia transversalis et même avec le péritoine. Mais on avait à dire contre cette conjecture que, malgré les tractions fortes sur la tumeur, le ligament de Poupart ne se tendait pas.

On posa le diagnostic fibrome. Quel en était le heu d'origine le fa scia transversalis ou le tissu conjonctif intermusculaire ? il y avait doute. L'extirpation de la tumeur, qui semblait le seul remède, fut différée jusqu'au 8 août, à cause d'un catarrhe bronchique. On ne donna pas de chloroforme à la malade afin qu'elle pût retenir la toux, si elle en sentait quelque envie. La tumeur, découverte par une incision linéaire, fut disséquée avec beaucoup de soin ; le professeur Esmarch laissa une très petite quantité de tumeur, afin de ne pas approcher trop près du péritoine au fond de la plaie. Une ouverture longue de 1 centimètre dans le fond de la plaie, ouvrant une cavité qui était peutêtre celle du péritoine, fut soigneusement suturée avec un crin de cheval. De même les lèvres de la plaie furent réunies; la malade fut placée sur un lit avec une vessie de glace posée sur la plaie.

(1) Thèse de Cornils. Kiel, 1865.

Un examen plus approfondi lit voir qu'il s'agissait d'un fibromti commun, dur. Des parties de membranes fibreuses adhérentes à la tumeur montrèrent qu'elle avait pris son origine dans le fascia transverse.

Le surlendemain, l'abdomen un peu gonflé supportait mal la pression. Le pouls battait 108. Vingt sangsues furent mises sur le ventre et, trois fois par jour, on donna à la malade quatre grains d'opium.

Le 10 août. — Le tympanisme était encore plus fort. Les douleurs provoquées à la pression étaient encore plus péniblement supportées.

Lu 11 auût. — Ces symptômes diminuent. Pouls 86.

Les jours suivants, la malade se sentit encore mieux. Près de la blessure se voyait un exsudât circonscrit dont l'origine, soit dans la cavité péritonéale, soit entre les muscles, était incertain, car à cause de l'état aigu de la malade on ne pouvait presser le ventre avec les doigts.

La malade sortit au bout de quelques semaines, guérie.

Extrait du travail de Boye (1).

Anne-Marie J..., servante, âgée de vingt-trois ans, entre pour la deuxième fois à l'hôpital le 1" février 1865.

11 y a trois ans la malade, en voulant lever un cuvier, tomba et vint heurter la partie inférieure de Vabdomen contre l'anse de ce cuvier. 11 se forma une tumeur de la grosseur d'une noix, tout près de la branche horizontale du pubis.

Observation XIX. — Fibrome de laparoi abdominale, par Volkmann (2).

Maennnilce August, gardien de machine de Fessnitz, âgé de quarante-trois ans. Le malade, qui prétend avoir été toujours essentiellement bien portant auparavant, fut atteint, il y a trois ans, à'uiie péritonite vraisemblablement peu grave dont il dut se soigner pendant cinq semaines.

Les douleurs se montrèrent, alors, principalement dans la fosse iliocœcale, où il resta, après disparition derinflammation, une petite place dure qui ne faisait aucun mal. Depuis un an, le noyau s'est accru et le malade prétend, depuis lors, avoir de plus en plus décliné. A son entrée, on sent dans la région de la fosse ilio-csecale, sous la peau normale et

(1) Hospitals Tidende. W année, n" 45, première observation du mémoire.

(2) In Ilcrzog, Ueber Fibrome der Bauckdecken. Munich, 1883. Herzog a considéré le noyau cicatriciel qui était resté, à la suite de la péritonite, comme l'origine de la tumeur.

non adhérente, une tumeurmobile, dure et à peu près grosse comme un œuf de poule, qui est placée dans la paroi abdominale. Quoique la tumeur soit mobile dans toutes les autres directions, elle ne se laisse pas détacher du ligament de Poupart. Là elle est aussi plus rapprochée de la peau. Quelques ganglions inguinaux, modérément gonflés.

Opération le 8 février 1879; incision cutanée de 5 centimètres do long. Les différentes couches des muscles abdominaux sont solidement réunies entre elles, elles ne se laissent pas séparer. On découvre une tumeur solide, couleur de muscle pâle, encapsulée. Des muscles qui sont soudés intimement avec elle, plusieurs parties importantes doivent être enlevées; pendant l'énucléation complète de la tumeur, un morceau de 10 centimètres carrés de péritoine adhérent est enlevé. A cause de violents eff'orts de vomissements que fait le malade, on a peine à réduire les intestins. La plaie péritonéale est fermée par 6 sutures au catgut, et par-dessus la plaie est suturée. Dans un effort violent de vomissement 5 sutures éclatent. Compression. 2 drains. Bandage antiseptique. Le malade vomit abondamment pendant deux jours. Fièvre seulement le jour qui suivit l'opération ; du reste toujours température normale. La plaie guérit sarts réaction dans toute son étendue par première intention, avec 6 pansements. Le treizième jour les drains furent enlevés ; le seizième le malade se lève ; le vingtième, qui est le 28 février, il sort guéri. A l'examen microscopique la tumeur fut reconnue être un pur fibrome.

Observation XX. — Tumeur fibreuse de la ligne blanche; opération,guérison, par M. Letailleur, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieud'Alençon (1).

Dans les premiers jours de novembre 1875, je fus consulté par une jeune femme de vingt et quelques années, mère d'une Qlle de 4 ans, pour une énorme tumeur située à la partie médiane et moyenne de la paroi abdominale, immédiatement au-dessous de l'ombilic.

Cette tumeur, très volumineuse, arrondie, bosselée, offrant une certaine mobilité, présentait deux larges ulcérations arrondies, de 10 à 12 centimètres de diamètre chacune, résultant, selon toute apparence, de la destruction de la peau par la pression excentrique de la tumeur, car il n'y avait eu, paraît-il, aucune apphcation de caustiques. La peau était en partie adhérente.

Peu après ses couches, cette femme avait vu se développer une petite tumeur indolente, longtemps stationnaire, puis évoluant lentement, malgré l'emploi de toutes les pommades fondantes. Depuis quelques mois seulement, cette tumeur avait rapidement augmenté de volume,

(1) Société de chirurgie, 25 septembre 1878.

était devenue très douloureuse, empêchait tout travail, et s'accompagnait d'amaigrissement notable.

Une consultation eut lieu, et l'intervention fut décidée.

Je l'opérai le 22 novembre au matin, en présence de mes bienveillants confrères, MM. les docteurs Prévost, médecin de l'Hôtel-Dieu, Belloc, ancien médecin de l'Asile des aliénés, et Libert.

La tumeur était implantée sur les plans fibreux de la ligne blanche, par une base assez large. La dissection en fut un peu longue et délicate. Je fus obligé de mettre à nu, dans l'étendue de quelques centimètres, le feuillet externe du péritoine, dont la cavité ne fut pas ouverte.

Pendant l'opération, la malade perdit peu de sang, mais fut prise ' de vomissements. Froide, sans pouls radial, avec une respiration excessivement faible et rare, la malheureuse resta toute la journée dans un état de prostration extrêmement voisin de la mort, qui nous inspira les plus vives inquiétudes.

Une réaction franche se déclara dans la seconde moitié de la nuit, sous l'influence de potions fortement alcoolisées, et rien ne vint entraver la cicatrisation.

Aujourd'hui, la santé est excellente, le travail facile, l'embonpoint revenu.

La tumeur, dont le poids atteignait environ 6 livres, fut examinée au microscope par M. le D'' Schnidler, médecin-major au 17^ bataillon de chasseurs, qui la considéra comme étant de nature exclusivement fibreuse.

Observation XXL — Cas de tumeur fibreuse de la paroi abdominale, par Cornélius Williams (i).

11 y a quelques mois, madame R. vint à moi, à l'hôpital du Mont- Sinaï, pour une tumeur de la région inguinale droite qui était à peu près de la grosseur d'une grosse orange, de forme ovoïde, mobile, tout en ayant une attache fibreuse par son bord supérieur à l'épine iliaque antérieure et supérieure. Elle semblait située immédiatement sous la peau qui se déplaçait facilement au-dessus d'elle.

Cette dame racontait que la tumeur était apparue pendant sa grossesse survenue il y a environ trois ans et qu'elle était alors située juste sous le bord des côtes, dans la région de l'hypochondre droit. Après sa délivrance elle était graduellement arrivée h la position présente. Elle avait été regardée comme une rupture et traitée comme telle.

A cause de sa grande fermeté et de son insensibilité, de son mode de

(1) New-York médical Journal, 1880, p. 29.

ÉTIOLOGIE.

développement, etc. , je diagnostiquai un fibrome et conseillai Tabla tion . En incisant les enveloppes de la tumeur je trouvai qu'elle était placée sous l'aponévrose de l'oblique externe et les fibres périphériques de l'oblique interne et du transverse, et semblait suspendue par deux épaisses bandes fibreuses, l'une attachée à l'épine de l'ilium, l'autre courant obliquement en bas et en dehors et se perdant dans les tissus. Après soigneuse dissection, je passai mes doigts au-dessous d'elle et la séparai de son insertion à l'os. J'enlevai la tumeur de son lit et la détachai, ce qui fut l'affaire d'un instant; alors jaillit dans le trou une masse de matière luisante qui ressemblait d'une manière déplaisante à l'intestin et qui fut d'abord prise pour lui. Cependant on reconnut que c'était le péritoine intact non blessé. La blessure fut fermée avec des sutures profondes et superficielles. Par une mauvaise pensée un tube cl drainage y fut placé. La plaie fut alors couverte de coton et un bandage fut appliqué.

Le jour suivant le tube de caoutchouc qui avait été obstrué fut retiré et remplacé par un drain de crin de cheval. En trois ou quatre jours, il y eut réunion par première intention de la partie supérieure de la blessure. La plaie eut une rougeur érysipélateuse ; le drain fut retiré et le canal de la plaie fut injecté et pansé antiseptiquement. Il y eut alors, et pour quelque temps après, une odeur fécale bien nette venant de la plaie.

Le gros intestin devint adhérent au péritoine en ce point, comme le prouvait la sensation de tiraillement ressentie par la malade quand elleessayaitde se mettre sur le côté gauche. Elle guérit lentement, mais bien. La température n'alla jamais au delà de 100 degrés Fahrenheit. Elle n'eut pas de symptômes de péritonite, excepté des tympanismes considérables. Sa tumeur avait environ 4 pouces en long (10 cent.) et 3 pouces (7'=, 5) dans son petit diamètre. Elle était ferme et nettement fibreuse à la section. On ne fit pas l'examen microscopique.

On n'employa pas le spray, et je suis très convaincu que si j'avais arrêté tout suintement et simplement fermé la plaie comme je le fis enla couvrant avecdes compresses etdu coton, j'aurais eu une réunion par première intention.

Observation XXIL — Gros fibrome de la paroi de Vabdomen. Extirpation avec ouverture de la cavité abdominale. Guérison. Rapportée par Ebner (1).

Johanna S., de Kirchberg a. d. Raab, servante, 2S ans, non mariée,

(1) Clinique chirurgicale de l'université de Graz, prof. Cari Ritter von Rzehaczek. Berliner Klinische Wochenschrifl, p. 5-28, n" 37, 1880. Labbé. — Fibromes. 7

vint fin de mars d879 h la réception de la clinique. Elle raconte qu'elle était toujours de bonne santé, qu'elle avait été réglée régulièrement depuis sa quinzième année, et qu'elle avait eu un accouchement il y a 5 ans. Il y a 6 mois elle était debout et se faisait charger des sacs de farine sur les épaules, lorsque tout à coup elle ressentit dans le milieu de la paroi anlérieure du ventre une douleur brûlante, mais sans y faire attention. Bientôt après elle remarqua, par hasard, à un travers de main au-dessous de l'ombilic sur la ligne médiane, un noyau dur et facilement mobile sous la peau.

Vers la fin de janvier 1879, la malade sentit de nouveau, mais sans occasion spéciale, une douleur brûlante dans les environs de sa tumeur. Depuis lors, celle-ci s'accrut rapidement et causa de la douleur et de la pesanteur. A cause de cela elle vint à l'hôpital, où nous constatons l'état actuel suivant.

La malade paraît florissante, de moyenne grandeur, de solide ossature et forte musculature. Le ventre et la face externe de la cuisse sont couverts de nombreuses cicatrices de grossesse. Encoche de l'orifice externe de l'utérus correspondant à l'accouchement. A un travers de main au-dessous de l'ombilic, et à peu près ci la même distance de la symphyse, une tumeur de lEJ centimètres de large sur 19 de haut est située sur la paroi abdominale. Elle est divisée en deux parties presque égales par la ligne blanche; mais à gauche siège la moitié qui est un peu plus grosse. La tumeur se déplace à gauche et à droite sous le tégument général qui ne lui est pas fixé, de telle façon que la ligne blanche devient tangente au bord gauche du périmètre presque circulaire de la tumeur. Mais, dans le sens de la ligne médiane, le mouvement est impossible. Les muscles droits en diastasis limitent, à droite et à gauche, cette tumeur dure au toucher, mais non douloureuse à la pression. Le muscle droilj gauche suit le mouvement de la tumeur dont le bord ne peut être que difficilement circoncrit, sauf un peu à droite. Le son de la percussion sur la tumeur est un peu étouffé avec une légère résonnance tympanique. Il se transforme en tous sens sur la périphérie en une sonorité claire et franchement tympanique. L'examen de la poitrine et des viscères abdominaux n'indique aucun signe anormal.

Le professeur Rzehaczek diagnostiqua : Tumeur fibreuse de laparoi abdominale et vraisemblablement de ses couches profondes naissant ou bien de la gaine postérieure du muscle droit ou du fascia transverse. Gomme, à cause de l'étendue et de l'épaisseur de la tumeur, une soudure intime avec le péintoine devait être regardée comme très probable et que l'adhérence avec l'épiploon n'était pas absolument exclue, on fit les préparatifs de cette extirpation comme pour une ovariotomie.

Le 4 avril 1879, le professeur V. Rzehaczek procéda à cette extir-

pation en prenant de strictes précautions antiseptiques. La veille, on pourvut îi une abondante évacuation abdominale et on fit des fomentations carboliques sur le venlre. Une incision de 17 centimètres en- ' viron sur la peau de la ligne blanche met à jour la surface dure et unie de la tumeur. Un vaisseau cutané jaillissant est lié au catgut. Les connexions lâches de la tumeur avec la peau sont rompues. Les deux muscles droits, en diastasis, furent écartés avec des crochets mousses sur la périphérie de la tumeur, et le bord gauche du néo- ])lasme intimement uni avec le muscle droit de gauche fut séparé au bistouri. Quelques faisceaux musculaires lui restèrent adhérents. Arrivé à la face postérieure, on fit une courte tentative pour la séparer des minces parties sous-jacentes. Une déchirure du péritoine se produisit par laquelle une anse intestinale fit saillie avec force. Pendant que les mains bien désinfectées repoussaient l'intestin, la tumeur fui. doucement soulevée et rapidement enlevée avec une couche de péritoine à l'aide de deux incisions en croissant. Comme ni les lèvres de la plaie, ni la cavité delà tumeur ne donnaient de sang, après une rapide inspection de la cavité péritonéale, la suture fut pratiquée. Le péritoine fut compris dans les fils, ce qui put être fait assez facilement, malgré l'ablation de 10 centimètres carrés environ de séreuse, à cause de la grande laxité des parois ventrales. Puis on appliqua un pansement de Lister.

La thérapeutique instituée fut : pilules de glace et quantités massives d'opium.

Les suites n'offrirent rien de remarquable.

Le 7 avril nous changeons le pansement. Les sutures furent enlevées pour la plupart, car la plaie était réunie par première intentioiw dans sa plus grande partie ; seul l'angle inférieur bâillait un peu et versait une petite quantité de pus de bonne nature qui avait pour origine la dernière piqûre. Un court tube à drainage introduit dans ce point mit rapidement fin à cet état qui avait causé une élévation de température jusqu'à 40°".

Du reste la température dans les 4 jours suivants ne monta pas au-dessus de 38 et s'abaissa dès Iprs à la normale.

A l'exception de cette unique élévation de température, la malade l'ut toujours dans le meilleur état et ne put être maintenue au lit qu'avec difficulté. Elle put le quitter pour quelques instants dès le 19 avril. Le 11 mai elle quitta l'hôpital, avec un bandage élastique pourvu d'une pelote.

A sa sortie de l'établissement, il lui fut fortement recommandé de se représenter à l'anniversaire de son opération ou du moins de donner un signe de vie par écrit, comme c'était l'habitude pour chaque ovariotomie de cette clinique. Bien que cette recommandation ne soit

observée que dans un petit nombre de cas, la malade se représenta dès le mois de novembre. Une réparation de son bandage était devenue nécessaire. Elle se réjouissait de sa bonne santé, seulement l'écartement des muscles droits était considérable et une assez grande quantité d intestin grêle faisait hernie en l'absence du bandage. La cicatrice était déjà revenue sur elle-même et avait une longueur de 16 centimètres. Les règles étaient revenues trois mois après l'opération dans leur régularité habituelle.

M. le professeur Kundrat a eu la bonté d'entreprendre l'examen de la tumeur; elle mesure 13 centimètres de large, 16 centimètres de haut et 9 d'épaisseur; de forme sphérique aplatie, elle montre à sa face antérieure des lambeaux de tissu mince semblable à de l'aponévrose ; elle montre à sa face postérieure, en son milieu, un morceau de 5 sur 1,5 centimètres de la gaine du muscle droit avec sa membrane d'enveloppe et quelques fibres. Elle est, à l'exception de ce point, nettement limitée et comme enveloppée d'une capsule fibreuse. Elle consiste en faisceaux irréguliers et entre-croisés de tissu fibreux, blanc, raide. Le diagnostic microscopique fut conforme à notre première opinion : fibrome simple.

Extrait du travail de SklifossovsJii (1).

« Quatre ans avant d'entrer à la Clinique la malade a reçu un coup de pied de cheval dans le flanc gauche. Six mois après, elle a remarqué du même côté, dans la peau, au-dessous des côtes, une petite tumeur de la grosseur d'un pois. » D'autre part; cette malade a eu trois accouchements, mais le rapport entre leur date et celle de l'apparition de la tumeur n'est pas établi par l'auteur, qui semble avoir attribué la plus grande influence au traumatisme.

Observation XX1I[. — Fibrome sous-péritonéal de la paroi abdominale. 7^ cas de Labbé.

M""" X..., âgée de 27 ans, a été réglée à 13 ans 1/2, et d'une façon très régulière jusqu'à ces derniers temps.

Elle n'a jamais eu que des maladies de l'enfance.

Mariée en 1877, elle a eu quatre enfants, en 1878, 1880, 1882, 1883. Elle a nourri tous ses enfants.

Au mois de janvier 1883, l'attention de M"" X... fut attirée sur la région inférieure droite de la paroi abdominale, par une très forte douleur.

Au mois d'août 1882, M'"'^ X.... avait fait une chute dans laquelle (1) Vratch, Saint-Pétersbourg, 1882, n» 18.

ÉTIOLOGIE.

cette portion du corps avait porté sur des marches de pierre. A ce moment, il se produisit à ce niveau une ecchymose assez forte, mais la malade put continuer à marcher, sans qu'il existât d'endolorissement notable.

En janvier 1883, lorsque la douleur s'est manifestée avec une grande intensité, on a constaté Vexistence d'une grosseur du volume d'une petite noisette.

A ce moment, M™^ X,., était enceinte; la tumeur augmenta, rapidement, pendant la grossesse, et devint le siège d'une crise douloureuse très violente, un mois environ avant l'accouchement.

La malade est adressée à Labbé par le D"^ Lebèle (du Mans).

Lorsque Labbé examine la malade pour la première fois, la tumeur a le volume d'un petit melon. Elle, est située dans la région iliaque droite, et semble avoir un rapport immédiat avec la face interne de l'épine iliaque antérieure et supérieure.

Son grand diamètre est transversal. Son bord inférieur est parallèle au pli de l'aine. La tumeur présente une certaine mobilité sur les parties profondes. La peau est mobile sur la tumeur.

Lorsqu'on dit à la malade de raidir la paroi du ventre, on immobilise, en partie, la tumeur.

Il n'existe pas de ganglions dans la région de l'aine.

Le doi'gt, introduit dans le vagin, démontre la complète indépendance de l'utérus et de ses annexes et de la tumeur.

Le diagnostic de fibrome de la paroi abdominale est porté, et l'opération décidée.

L'opération a lieu le 9 juin. Anesthésie. Longue incision parallèle au pli de l'aine ; dissection de toutes les couches musculaires et celluleuses jusque sur le tissu même de la tumeur. A partir de ce moment, l'énucléation a lieu assez facilement. On évite l'ouverture du péritoine, sur lequel la tumeur repose médiatement, par l'intermédiaire d'un feuillet du fascia transversalis.

Malgré l'apparence extérieure, il n'existe pas d'adhérences de la partie externe de la tumeur avec l'épine iliaque.

La réunion primitive avec drainage est tentée; comme cela s'observe souvent, dans ces cas, il se fait un peu d'accumulation de liquide entre les feuillets celluleuxqui ont été divisés, et au bout de quelques jours on est obligé de désunir la superficie de la plaie. Dès lors, la cicatrisation marche régulièrement et est complète en un mois.

(Examen histologique fait par Remy. Fibrome.)

La guérison s'est maintenue complète jusqu'à ce jour (mai 1887).

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