‹ Traité des fièvres intermittentes (volume 2)Chapitre 27 sur 87 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

En somme , dans la Campagne romaine, la malaria naît de partout, et n'a pas de foyer spécialement limité, palustre ou non.

Elle tire son origine de la richesse d'un sol anciennement couvert de forêts ou de champs cultivés, qu'ont aujourd'hui remplacés des pâturages insuffisants pour en épuiser la puissance végétative.

La chaleur est indispensable au développement des fièvres telluriques ; elle en modifie les formes, elle en accélère l'explosion ; mais elle ne les produit pas à elle seule.

La répartition de la malaria dans toute la campagne explique l'insalubrité de Rome sur tous les points de sa circonférence.

(I) II s'est trouvé en tout temps des hommes qui, bien que reconnaissant les propriétés malfaisantes de ratmosphère de la Campagne romaine, ont osé prétendre qu'elles ne relevaient que de causes banales, et pouvaient être combattues comme partout par les simples règles d*hygiènc applicables aux pays les plus salubres ; tel est Toptimisme de l'auteur anonyme d'un curieux hexastique, gravé dans une église de Rome (à Santa Maria sopra Minerva).

Enecat insolitos résidentes pessimus aer

Romanus ; solitos non benè gratus habet. Hic tu quo vivas, lux septima det medicinam,

Absit odor fœdus, sit que labor levior. Pelle faraem, frigus ; fruclus, femurque relinqu?.

Nec placeat gelido fonte levare sitim.

IIG ÉTIOLOGIE.

Les régions qui jouissent de rimmunité la plus complète sont celles où la jxïpulation offre le plus de densité.

Ces conclusions, qui sont le résumé de notre observation dans la Campagne romaine, ont d'autant plus d'importance que celte campagne a été fréquemment citée comme un centre de foyers marécageux, découverts ou souterrains; or, c'est en donnant gratuitement ce nom de foyers marécageux à une foule de localités, soit de la zone méditerranéenne, comme Home, l'Algérie, l'Egypte, soit de la zone tropicale, comme les Indes, le Sénégal, la Guyane, qu'on maintient une distinction arbitraire, non-seulement au point de vue étiologique, mais au point de vue de leur nature, entre les fièvres des pays marécageux et celles des pays qui ne le sont pas. On arrivera forcément à reconnaître de plus en plus combien ont été exagérées les dimensions et les influences de ces foyers palustres, comparativement au nombre immense de fièvres intermittentes ; leur origine purement tellurique finira par être reconnue sur presque toute la surface du globe, comme en France déjà elle Ta été par des observateurs distingués, en particulier par MM. Bérenguier (1) et Duboué (2).

(1) Loc, cit,

(2) Duboué (de Pau), De rimpaludisme, Paris, 1867. D'après ses obaervations personnelles à Pau et aux environs de cette ville, Tautear établit parfaitement que divers états morbides, réputés palustres^ peuvent se montrer dans des pays vierges d'impaludisme (ioc, cit., p. 58). Après avoir prouvé que la plaine du Pont-Long était plus dangereuse par son état inculte qae par les quelques marécages qu'elle renferme, Tauteur arrive à des considérations générales du plus haut intérêt sur le rapport qui existe, dans les diilésents départements de la France, entre le nombre des fièvres qui s'y dévelc^ pent et la quantité de terres incultes qu'ils renferment {loc, cit,^ p. 79 et suiv.); il résulte par exemple de cette étude qae le département des Basses- Pyrénées, qui n'est que le vingt-cinquième pour la superficie des marais, est le quatrième pour l'étendue des terres incultes; c'est donc à cette dernière influence qu'il faut attribuer, dans cette circonscription, la fréquence des états morbides qualifiés de palustres.

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