‹ Traité des fièvres intermittentes (volume 2)Chapitre 45 sur 87 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

lution de ceâ accidents, de la rapidité de leur apparition et de leur déclin; dans la comateuse, le malade est parfois subitement frappé de perte de connaissance, et de même on le voit se ranimer tout d'un coup avec Tétonnement d'un homme qui se réveille ; dans les pernicieuses continues elles-mêmes, on constate de ces brusques changements, et tel malade atteint de rémittente estivale présentera en quarante-huit teures les symptômes typhiques les plus graves, en particulier la coloration noire et la sécheresse de la langue, comme s'il y avait eu condensation des périodes habituelles de l'affection.

Mais, à côté de ces caractères très-réels des accidents pernicieux, il en est d'autres que Ton donne bien à tort comme ayant une valeur absolue pour le diagnostic ; contrairement à des opinions généralement admises et enseignées, il faut se rappeler : 1° que dans ces affections vous n'avez pas toujours la ressource de signes fournis par le pouls et la température, et que souvent le phénomène pernicieux, coma ou délire, existe seul au milieu d'une ap y rétie presque (5omplète(l) ; 2** que, dans les cas où la fièvre existe, la périodicité est le plus souvent masquée ou suspendue ; 3* que, contrairement à ce qui a lieu pour les fièvres intermittentes simples, les accès pernicieux, surtout ceux qui sont caractérisés par des troubles cérébraux, débutent aussi* souvent, quelquefois même plus souvent, pendant la nuit que pendant le jour.

On a prétendu que l'examen plessimétrique de la rate pouvait dissiper tous les doutes ; il est évident que, si vous trouvez dans le coma ou l'algidité un individu dont la rate tuméfiée indique un certain degré de cachexie, vous avez par cela même une puissante raison de croire à un accès pernicieux. Mais on ne peut trop répéter qu'en général ces accidents atteignent les organismes qui n'ont pas encore subi

(1) Voir la même opinion dans Griesinger, loc, cit,^ p. C3.

rintoxication chronique, et quand nous auronsdit àranatomie pathologique que, dans nombre d'accès pernicieux, la rate n'atteint pas les dimensions auxquelles elle arri\e dans la fièvre typhoïde, on comprendra Terreur de ceux qui ont espéré baser sur la plessimétrie le diagnostic de ces affections.

Nous en dirons autant d'un moyen d'inTestigation plus moderne, de l'examen du sang ; depuis les travaux de Frerichs sur la mélanémie,on avait espéré trouver fréquemment dans le torrent circulatoire ces granulations pigmentaires qui, partant de la rate, devaient être transportées vers les organes les plus importants, le cerveau en particulier, pour y devenir l'origine des manifestations graves que nous appelons accidents pernicieux ; jepuis affirmer qu'en somme, la mélanémie est rare dans les fièvres de ce genre, même dans celles où à l'autopsie on découvre des dépôts pigmentaiies dans la rate, le foie et le cerveau (1).

Cette difficulté d'établir toujours, d'après les symptôme» uniquement, le diagnostic d'une fièvre pernicieuse, donne une valeur considérable à certaines circonstances dont l'appréciation doit toujours être mise en ligne de compte en cas d'incertitude, et qui méritent de fixer un instant notre attention.

(t) Dans Tépidémiede Breslau, produite en 1854 par , le débordement dt l*Oder, Frerichs constata la fréquence de la mélanémie; nous reronsobsemr que dans cette épidémie la mortalité atteint le chiffre de 38 sur 51 maladeir chiffre énorme qui ne peut s'expliquer que par la coïncidence d'infloenoa morbides complexes; Breslau est la capitale de cette Silésiô, foyer de taatde misères physiques et sociales; le typhus, sons tontes ses formes, y estâoid fréquent qu'en Irlande; parmi les malades de frerichs, il y eut 20 cas d'air' buminnrie^ 2 d'hématurie, 3 d'hémorrhagies intestinales, symptômes peu COBmuns dans les fièvres pernicieuses des autres pays tempérés.

Nous pensons donc que la mélanémie a eu en Silésie des conditions spéciales de fréquence qu'elle n'aura pas en général ailleurs; danp répidémie ptlustre observée l'an dernier, en Allemagne même, particulièrement à l'embouchure de l'Elbe, on n'en a pas observé un seul cas. (Voir Studien ûUr Malaria infection^ in Virchow's Archiv,^ n» d'avril 1869.)

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