‹ Traité des fièvres intermittentes (volume 2)Chapitre 46 sur 87 · CONDITIONS DE LIEU, DE TEMPS, ETC · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE LIEU, DE TEMPS, ETC

^^ § 2. — Valeurs des eondltlons de llen^ de temps,

de fréqneiiee relatlTe.

ai

Jj^l feul d'abord ne pas oublier que les fièvres pernicieuses I se développent habituellement que dans certaines con* |&>ns assez bien déterminées :

p|,* Conditions de lieu, assez précises pour que, dans une ll^e ville comme Rome, la provenance de telle ou telle jperne soit un argument d'une haute valeur pour ou contre

diagnostic fièvre pernicieuse.

ST Conditions de temps, tellement nettes aussi. que, dans

R pays insalubres eux-mêmes, comme la Campagne ro-

^îne, comme certains postes de l'Algérie, comme la

I, une fièvre pernicieuse est une chose rare dans les

iremiers mois de Tannée ; tandis qu'au contraire toutes

^'iftèvres graves des six mois suivants seront, au moins

iir rîmmense majorité, d'origine tellurique. On comprend ï-^sous l'équateur la permanence des conditions d'infection irime ces périodes d'intervalle entre les saisons à fièvres, l'f^e dans ces climats toute maladie grave aura grande iilànce de relever du sol, car on connaît « l'extrême rareté de fvtaines fièvres continues, et de la plupart dés phlegmàsies-

Wles dans le règne pathologique des régions torrides (1). » ,J^D revanche, nous comprendrons avec quelle hésitation lus devrons admettre le diagnostic fièvre pernicieuse land il est appliqué, comme nous le voyons souvent à tis, à n'importe quelle époque de l'année. g* Conditions de fréquence relative aux autres manifestaos de la malaria ; nous avons dit que, dans la zone médi- ►Mtnéenne, il y avait en moyenne une fièvre pernicieuse ipjp vingt-cinq ou trente fièvres simples, que cette proporit ne devenait plus forte que dans les pays où les condi-

I) Duti-oulau, /oc. c<Y., p. ?35.

lions d'intoxicatioQ étaient plus énergiques ; pour croire à un accès pernicieux, il faut donc, d'une manière presque absolue, que cet accès coïncide avec un grand nombre d'accès bénins, condition encore trop fréquemment oubliée par ceux qui dans nos climats du Nord voient si facilement des fièvres pernicieuses (1).

La fréquence des fièvres simples constitue le fond d'une véritable constitution médicale, nécessaire au développement des fièvres pernicieuses, comme au choléra semMe indispensable une constitution bilieuse marquée par le nombre des afifections gastro-instestinales.

§ 3. — Valeur de la forme ellnt^me.

Il faut se rappeler aussi que les fièvres pernicieuses sont soumises à des formes cliniques parfaitement déterminées; le cadre de Torii lui a suffi, ainsi qu'à MM. Maillot, Haspel) Nepple, et à la plupart des observateurs qui ont pratiqué dans les régions oîi l'intoxication tellurique est incontestable; en général, la tendance à faire entrer dans le cadre des pernicieuses les phénomènes insolites les plus variés et les plus bizarres vient de ceux qui ont observé ailleurs, là oi n'existaient pas, et pour cause, les types établis par l'illustre clinicien de Modène (2). N'est-ce pas pour avoir tenu peu de

(1) Griesinger a dit avec raison : « Le diagnostic de la fièvre interniitteote perniciease repose essentiellement sur le fait d'une endémie ou d'cne épidé* mie coexistente. » (Loe. cit. y p. 68.)

(2) Tel^ par exemple, Alibert, dont les auteurs du Compendium ont pi dire, avec beaucoup de sévérité, il est vrai, mais non sans raison: « CcqM le livre d*Allbert renferme de bon est entièrement copié dans Torti ; ce y> est mauvais appartient à Taoteur. »

Ne voyons-nous pas actuellement Pioriy qui, n'ayant pas obsenré leifonMi les plus incontestables de la perniciosité, les algides, les soporeuses, en rér»* qne en doute l'existence, pour citer comme fièvres pernicieuses les attaqM épileptiformes d'un saturnin et plus loin un cas de tétanos, alors quecesdeu formes de convulsions sont si rares comme phénomènes pernicieux dans iei pays à fièvres. (Piorry, Médecine pratique^ t. VI, p. 66, 68, 84.)

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