VIII PRÉFACE
nous explique l'immunité des équipages naviguant sous les latitudes où, même en Fabsence de marais, Tatterrissement est le plus dangereux. Cette immunité par le séjour en mer, à distance sufiisante des côtes insalubres, n'est-elle pas la meilleure preuve que, dans ces pays non marécageux, c'est encore le sol qui est la cause de la fièvre, et non les conditions météorologiques qu'on a invoquées précisément à défaut de foyers palustres ?
Contre l'origine même de la malaria, qu'elle résulte ou non d'une influence maremmatique, l'homme devra recourir également à un moyen dont la nature est en rapport intime avec notre opinion sur l'intoxication tellurique; cette intoxication étant le résultat morbide de la puissance de rendement du sol quand cette puissance n'est pas convenablement dirigée, c'est à une végétation appropriée, à la culture par conséquent, qu'il faudra demander en dernière analyse l'assainissement des régions atteintes.
Depuis la conquête de l'Algérie, combien de nos confrères ont établi la fréquence des fièvres sous la simple influence des émanations du sol, surtout quand, inculte depuis longtemps et soustrait au contact de l'atmosphère, ce sol est mis subitement à nu, soit par le défrichement, soit par différents travaux d'art, terrassements, fortifications, constructions de canaux, de routes, de voies ferrées 1
Toutes ces opérations, aujourd'hui si communes, n'ontelles pas prouvé que, même dans les climats tempérés, les marais ne sont pas indispensables à la production de la ma-