I IG
Les régions qui jouissent de l’immunité la plus complète sont celles où la population offre le plus de densité.
Ces conclusions, qui sont le résumé de notre observation dans la Campagne romaine, ont d’autant plus d’importance que celte campagne a été fréquemment citée comme un centre de foyers marécageux, découverts ou souterrains; or, c’est en donnant gratuitement ce nom de foyers marécageux à une foule de localités, soit de la zone méditerranéenne, comme Rome, l’Algérie, l’Égypte, soit de la zone tropicale, comme les Indes, le Sénégal, la Guyane, qu’on maintient une distinction arbitraire, non-seulement au point de vue étiologique, mais au point de vue de leur nature, entre les fièvres des pays marécageux et celles des pays qui ne le sont pas. On arrivera forcément à reconnaître de plus en plus combien ont été exagérées les dimensions et les influences de ces foyers palustres, comparativement au nombre immense de fièvres intermittentes ; leur origine purement tellurique finira par être reconnue sur presque toute la surface du globe, comme en France déjà elle l’a été par des observateurs distingués, en particulier par MM. Bérenguier(l) et Duboué (2).
(1) Loc. cit.
(2) Duboué (de Pau), De l’Impaludisme. Paris, 18G7. D’après ses observations personnelles à Pau et aux environs de cette ville, l’auteur établit parfaitement que divers états morbides, réputés palustres, peuvent se montrer dans des pays vierges d’impaludisme (loc. cit., p. 58). Après avoir prouvé que la plaine du Pont-Long était plus dangereuse par son état inculte que par les quelques marécages qu’elle renferme, l’auteur arrive à des considérations générales du plus haut intérêt sur le rapport qui existe, dans les diffésents départements de la France, entre le nombre des fièvres qui s’y développent et la quantité de terres incultes qu’ils renferment (loc. cit., p. 79 et suiv.); il résulte par exemple de cette étude que le département des Basses- Pyrénées, qui n’est que le vingt-cinquième pour la superficie des marais, est le quatrième pour l’étendue des terres incultes; c’est donc à cette dernière influence qu’il faut attribuer, dans cette circonscription, la fiéquence des états morbides qualifiés de palustres.