‹ Traité des fièvres intermittentesChapitre 40 sur 97 · L. Cous. — Fièvres · texte numérisé non relu

L. Cous. — Fièvres

SYMPTOMES

taines formes pernicieuses comme l’algide, on voie également le froid apparaître après le stade de chaleur, nous l’admettons parfaitement; mais nous révoquons complètement en doute l’existence de fièvres intermittentes simples où il y aurait interversion des stades, et dans lesquelles la chaleur ou la sueur précéderait le frisson (1).

c. Fièvres larvées.

A l’ordre des fièvres intermittentes simples, se rattache la manifestation périodique "de certains symptômes qu’on a groupés sous le titre de fièvres larvées. Le cadre de ces affections a été singulièrement agrandi par ceux qui, à l’exemple d’Alibert (2), et de Bonnet (3), ont rattaché au faisceau des affections palustres tout phénomène morbide offrant une certaine périodicité.

Il est évident que l’importance exagérée accordée au type a conduit ici encore à une confusion fâcheuse, et à l’assimilation forcée d’espèces morbides complètement distinctes (4).

Nous n’avons guère eu occasion de donner le titre de fièvres larvées qu’à deux manifestations complètement distinctes : d’une part l’urticaire, non pas quand cette éruption coïncide avec un paroxysme fébrile, ce qui est le cas le plus fréquent, mais lorsqu’elle apparaît isolément, sans être accompagnée d’autre symptôme subjectif que la sensation

(1) Il me parait, impossible d’admettre les fièvres à stades renversés. (Maillot, toc. cit., p. 40.)

(2) Alibert, Traité des fièvres intermittentes pernicieuses, p. 169.

(3) Bonnet, Traité des fièvres intermittentes (p. 1 25 ; section des fièvres intermittentes anomales).

(4) Nous sommes étonné de voir Griesinger admettre comme fièvres larvées les affections nerveuses les plus diverses : convulsions soit localisées, soit générales (choréiques ou épileptiformes), l’hystérie, l'amblyopie, les paralysies temporaires de quelques membres, et môme des symptômes d’un ordre tout différent, comme les œdèmes partiels ou généraux.

de brûlure superficielle ; d’autre part, les névralgies dont les plus fréquentes sont celles de la cinquième paire, et en particulier de la branche sus-orbitaire, et les névralgies intercostales qui nous ont semblé beaucoup plus communes qu’on ne l'admet généralement. Ces névralgies sont le plus souvent quotidiennes (I), et la congestion oculaire avec larmoiement décrite sous le nom d’ophthalmie intermittente n’est ordinairement qu’un symptôme surajouté à l’atteinte de la branche sus-orbitaire.

Chez un certain nombre de ces malades que nous avons signalés plus haut (2), et qui n’offrent plus que des accès incomplets caractérisés surtout par une céphalalgie périodique, nous avons constaté, par la recherche des points douloureux, l’existence de névralgies sous-occipitales.

Les nerfs de mouvement sont rarement affectés de symptômes périodiques qui puissent correspondre à ce qu’on entend par fièvre larvée; il est même digne de remarque que les cordons nerveux mixtes, comme ceux des membres, ne deviennent presque jamais, sous l’influence de l’intoxication palustre, le siège de ces douleurs périodiques dont ils sont pourtant si fréquemment atteints dans d’autres conditions.

Nous n’avons point rencontré de troubles delà sensibilité spéciale, soit delà vue, soit de l’ouïe, soit du goût (3), que nous puissions signaler comme représentant une forme de fièvre larvée.

Y a-t-il des fièvres larvées, dont les manifestations sem-

(1) Nopple décrit un cas remarquable de névralgie périodique à type quarto du nerf trijumeau ( toc . cil., p. 225).

(2) Page 191 et 193.

(3) M. Duboué aurait constaté cependant des troubles de ce genre (hallucinations, perversion du goût, de l’odorat). Duboué (de Pau), de /’ Impaludisme p. 182. Nous croyons que des faits semblables se rapprochent bien plus do certains symptômes de la fièvre pernicieuse délirante, que des phénomènes auxquels on restreint plus spécialement le nom de fièvre larvée.

SYMPTOMES

blent en rapport avec un trouble du système nerveux de la vie organique? Les vomissements périodiques ne sont pas rares à la suite de l’intoxication palustre; mais, d’autre part, ils sont tellement communs dans l’accès le plus régulier de fièvre intermittente, pendant le stade de froid, que nous les regardons bien plutôt comme une forme atténuée de la fièvre (1), que comme un appareil morbide méritant le nom de fièvre larvéfc.

En parlant des fièvres pernicieuses, nous allons revenir sur la valeur prodromique de ces différents symptômes.

Page 1