L. Colin. — Fièvres
PRONOSTIC ET MORTALITÉ
On pourrait, à la rigueur, contester môme ces faibles chiffres, et se demander si les affections, auxquelles ils s’appliquent, n’ont point perdu leur caractère de fièvre simple, du moment que la terminaison en a été mortelle.
Aussi, pour échapper à une critique de ce genre, et pour établir d’une manière plus complète et absolue le pronostic des affections qui sont l’objet de ce travail, vaut-il mieux les réunir en un seul groupe dont nous étudierons la mortalité générale.
Si, comme point de départ pour une étude de ce genre, nous réunissons sous le titre général de fiévreux les malades traités, durant une certaine période, dans nos hôpitaux militaires soit de Rome, soit d’Algérie, pour fièvre rémittente ou intermittente simple, pour fièvre pernicieuse, et pour cachexie, la statistique officielle nous mène aux résultats suivants :
L’armée d’occupation de Rome envoie aux hôpitaux :
en 180! — 3,128 fiévreux dont 30 décès, ou 1 sur 104 en 1805 — 2,189 — — 11 — — 4 — 199
Notre armée d’Algérie donne :
en 1805 — 15,249 fiévreux dont 132 décès ou 1 sur 115
en 1805 — 19,030 — — 1G6 — - 1 — 114
en 1 8GG — 1 G, 162 — — 99 — — 1 — 103
En totalisant ces chiffres, assez comparables en raison de
l’analogie des milieux d’observation, nous trouvons que, .durant ces cinq épidémies, notre armée a subi une morta-
par recliute ou récidive ; donc le chiffre réel des malades est réduit à 10,7S4. Mais encore la proportion de la mortalité ramenée à ce dernier chiffre n’arrive-t-elle qu’à 0,3 pour 100, soit 0,9 pour 300; elle est donc encore un peu inférieure au chiffre de C. Broussais.
Tout en établissant cette distinction, nous croyons cependant que la mortalité réelle par fièvres intermittentes doit être établie en comparant les décès au total des admissions, et sans exclusion des récidives, chaque entrée représentant en somme la maladie dont on recherche la gravité.