‹ Traité des fièvres, ou, Irritations cérébrospinales intermittentes d'après des observations recueillies France, en corse et en AfriqueChapitre 30 sur 94 · OBSERVATION XXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXIII

Fièvre quotidienne avec pleurésie.

Veith , soldat , âgé de vingt-quatre ans , en Afrique depuis dix-huit mois , n'y ayant pas encore été malade, entra à l'hôpital de Bone, le 1 1 juillet i834-; le cinquième jour d'une fièvre quotidienne avec pleurite. Il accusait une vive douleur dans le côté gauche de la poitrine ; la respiration était saccadée, coupée, les mouvemens du thorax arrêtés dans leur développement-, le pouls petit, dur, accéléré • le bruit respiratoire net et s'entendant parfaitement dans toute l'élendue des poumons. Il raconta qu'il était malade depuis cinq jours-, que, pendant les trois premiers jours , il avait eu pes accès fort simples, sans douleur dans la poitrine , 1-ans envies de vomir- mais que depuis la veille (quatrième jour ), il était à peu près dans l'état où nous lé voyions, c'est-à-dire que la fièvre et le point de côté duraient depuis plus de trente heures. (Diète, eau gommée, potion gommée^ émulsion , saignée de douze onces ; quarante sangsues sur le point douloureux.)

1 1 matin , plus de fièvre , la douleur thoracique n'existe plus qu'à un faible degré ; la respiration s'exécute librement. {Diète, eau gommée, émulsion, quarante sangsues sur le point douloureux ; quarante grains de sulfate de quinine, à prendre en deux fois. ) Accès dans l'après-midi ; mais , cette fois , il est très simple -, la douleur pleurétique a presque entièrement disparu.

i3 matin , apyrexie complète , plus de soif, plus de douleur. (Eau gommée, potion , émulsion, vingt-quatre

DES FIEVRE INTERMITTENTES. I l'ù

orains de sulfate de quinine. ) Plus d'accès , convalescence rapide.

Les accidens pernicieux sont fournis ici par la plèvre. Mais ce n'est pas une pleurite intermittente , dans le sens qu'on a voulu attacher à ces expressions. C'est une fièvre intermittente qui, simple au début, s'accompagne plus tard d'une irritation viscérale secondaire; seulement, au lieu de siéger dans les voies digestives, comme dans les cas précédens , cette irritation s'implante dans la plèvre. Cette congestion s'est faite aussi brusquement et aussi violemment que possible, car la fièvre passe au type continu. Sans les commémoratifs , ce changement de type pouvait devenir une source d'erreur et une cause de mort : on aurait cru à une pleurite aiguë; et, se fiant à l'apyrexie du 12, à la disparition presque totale de la douleur, on aurait attrihué celte tranquillité aux déplétious sanguines seules , wSdis que , d'après les précédens, on devait l'expliquer autant, et plus peut-être , par le génie intermittent de la maladie. Les accidens étaient si graves à l'arrivée du malade, que, malgré le carme du lendemain, je donnai le sulfate de quinine à haute dose 5 je sentais le besoin de prévenir le retour d'an accès qui pouvait être mortel; d'un autre côté, bien que la douleur eût beaucoup diminué , je prescrivis une seconde application de sangsues sur ta plèvre malade., dans le but d'atténuer la nouvelle congestion que déterminerait cet accès, sije ne réussissais pas à le prévenir. La mort . en effet,

pouvait arriver par la douleur, comme clans les pleurésies, comme dans les péritonites suraiguës ; ou bien, si la congestion n'était pas assez violente pour tuer de cette manière , elle devait tendre à se fixer, à prolonger la réaction fébrile, à donner naissance à une fièvre pseudocontinue.

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