TRAMÉ
lui-même a senti quelle laissait beaueoup à désirer, et il vient de lui faire subir de grandes modifications : aujourd'hui , il regarde les fièvres intermittentes comme étant une intoxication du sang par les miasmes; et chaque accès , suivant lui , nous représente les quatre phases de l'intoxication, malaise signalant l'imminence morbide,, mise en contact du poison avec les principaux organes , réaction de l'économie contre cet agent, enfin efforts éliminateurs. Chaque accès, cependant, dit M. Proche , ne suppose pas une intoxication nouvelle , car on les voit se répéter, alors même que le malade aquittéle foyer d'infection ; mais il est probable que l'élimination du miasme n'est complète qu'après un certain nombre d'accès, proportionné peut-être au degré de saturation miasmatique des malades... Dans cette série d'incubations correspondant à une série d'efforts éliminateurs , qui se reproduisent nécessairement tant que l'agent morbide n'est pas complètement expulsé , gît peut-être le secret de l'intermittence. Toutefois, il continue à faire jouer le principal rôle de la reproduction périodique des accès à l'intermittence d'action des causes et à l'habitude.
Tout étranges que paraissent ces idées, elles sont cependant de nature à ne pas être rejetées sans examen , parce qu'on ne doit rien négliger de-ce qui peut conduire à faire connaître je mode d'action des miasmes marécageux sur l'économie de l'homme. Mais, dans" ces recherches, on ne doit jamais perdre de vue ce que M. Monfalcon dit à ce sujet : « Savoir qu'on ne sait rien, c'est beaucoup ; on est bien plus près de la vérité alors , que lorsqu'on prend pour elle des hypothèses erronées.»
DES FJÈVRES INTERMITTENTES. 275