CONSTANTINE
| 2 Total 1880 1881 1882 pour les trois années
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La coexistence de la fièvre typhoïde et du paludisme a été sigualée dans la plupart des contrées palustres. L'Italie se prête très bien à l'étude de cette question de géographie médicale, car certaines provinces sont désolées par la malaria, tandis que d’autres en sont à peu près indemnes: en consultant Ja statistique de l’armée italienne on trouve que la fièvre typhoïde règne partout et que les n'avincesles plus sujettes à la malaria ne sont
FIÈVRE TYPHOIDH 371
nullement dispensées de fournir leur tribut à la fièvre typhoïde.
(A. Laveran, Rapport sur l'état sanitaire dé l'armée italienne Arch. de méd milit., 1885, t. 1, p. 195.)
La fièvre typhoïde a eté observée dans les foyers les plus in-
tenses du pts à me aux Indes, à Java et à Su- Matra. à "4
Il faut reconnaître cétoridint que la doctrine de l’antagonisme
du paludisme et de la fièvre typhoïde peut citer quelques faits à
son avantage. Les conditions de milieu favorables au paludisme
diffèrent évidemment de celles qui favorisent le développement
de la fièvre typhoïde.
Le paludismerègne dans les endroits bas, humides, peu habi= tés, en dehors des grands centres de population :'il atteint de préférence les individus qui sont obligés de vivre en dehors des villes, ceux qui travaillent la terre et couchent en plein air: la fièvre typhoïde a au contraire son milieu de prédilection dans les grandes agglomérations urbaines, etl'encombrement est son facteur étiologique Le plus connu.
J'ai pu constater plusieurs fois cette espèce d'opposition entre les conditions qui favorisent l’éclosion des deux maladies, notamment à
Constantine pendantl’été de 1882 ; tous les malades
-alteints de paludisme avaient pris la fièvre au Bardo, sur les bords du Rummel, ou bien alors qu'ils étaient détachés aux
forêts où employés aux moissons ; au contraire la plupart des malades atteints de fièvre typhoïde provenaient du quartier de cavalerie situé sur une hauteur, à l'abri du paludisme, mais dans lequel l'insuffisance des locaux avait produit l'encombrement.
Il est bien rare qu'une théorie qui à eu un aussi gr
-tissement que celle de l’antagonisme des fièvres palustres et k . de la fièvre typhoïde etquia été défendue par ün homme de la va-
reten- #.
leur de Boudin ne repose sur aucune base ; presque toujours on trouve comme point de départ un fait réel qui a été mal interprété ou dont l'importance a élé exagérée jusqu'à l'erreur ; le faitréel qui a servi de fondement à la doctrine de l'antagonisme me paraît être l'espèce d'opposition quiexiste entre les milieux favorables au développement du paludisme et à celui de la fièvre typhoïde, opposition qui n’a du reste rien d'absolu et qui, en tout cas, ne dépend nullement d’un antagonisme de ces maladies l’une pour l’autre.
Le paludisme ne confère aucune immunité pour la fièvre typhoïde pas plus que la fièvre typhoïde pour le paladisme. Il m'est arrivé bien souvent de voir la fièvre typhoïde se dêévelopper chez des malades qui avaient eu une ou plusieurs atteintes de fièvre intermittente et même chez des cachectiques palustres. Voici l'indication sommaire de ces faits :
1° Belkassem ben Mohamed, soldat indigène au 8° tirailleurs, entre à l’hôpital militaire de Constantine le 1 octobre 1879 pour une fièvre intermitiente de récidive. Il prend quelques doses de sulfate de quinine et sort le 7 octobre. Le 17 octobre Belkassem rentre à l'hôpital; il est malade depuis quatre jourset je constate l'existence d’une fièvre typhoïde qui suit son cours régulier et qui se termine parla guérison. Le malade avait évidemment contracté la fièvre typhoïde à l'hôpital pendant le premier séjour qu'il y avait fait; il y avait à ce moment plusieurs typhoïdiques dans mes salles.
2° C..., soldat au 8° escadron du train, âgé de vingt-trois ans, entre à l'hôpital militaire de Constantine le 45 octobre 1879 pour tièvre intermittente quotidienne. La fièvre cède facilement au sulfate de quinine. Le 7 novembre une fièvre typhoïdese déclare. Fièvre typhoïde d'intensité moyenne, terminée par la guérison.
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