TUBERCULOSE
deux mille cinq cent trente-six malades, sur lesquels il n'y avait que vingt-cinq tuberculeux, soitenviron un tuberculeux sur 401 malades. Pendant la même période il est mort dans mon service soixante-neuf malades, dont neuf par tuberculose, ce qui donne un décès par tuberculose sur 7.5 décès généraux, proportion notablement inférieure à celle qu'on observe dans notre armée résidant en France et dans les autres armées européennes, qui fournissent à peu près un décès par tuberculose
sur trois ou quatre décès généraux.
La tuberculose se rencontre donc en Algérie à côté du paludisme, mais elle y est moins commune qu’en France.
Celte rareté relative de la tuberculose, qui a servi de base à la doctrine de Boudin, est bien loin d'être constante dans les pays palustres.
Dans l'île de Walcheren, la tuberculose, d'après le docteur Yonge, compte pour un quart des décès. Lefèvre, à Rochefort, a trouvé que sur six cent quinze autopsies, la phthisie ou la tuberculose avaient élé constat“es cent trente-deux fois. (Journ. de Méd. de Bordeaux, 1845.)
Aux Indes, au Bengale la paithisie est fréquente et sa marche est très rapide. Dutroulau signale la fréquence et la gravité de la phthisie aux Antilles. A la Guyane, d'après Laure, il n’est pas de maladie plus fréquente que la ttes | (L. Laveran, art. Antagonisme, in Diction. Encyclop. des se. méd
La doctrine de l’antagonisme de la tuberculose et du paludisme est si peu exacte, que quelques observateurs ont attiré l'attention sur la fréquence de la tuberculose miliaire chez les cachectiques palustres et ont émis l'avis que le pigment intravasculaire pouvait jouer un rôle important dans la pathogénie de ces tuberculoses miliaires associées au paludisme
Dès .1873 M. Tommasi Crudeli publiait un cas de tuberculose miliaire aiguë chez un sujet atteint de mélanémie palustre, et il disait avoir constaté la présence d’embolies pigmentaires au centre de chaque granulation tuberculeuse. (Rivista di Bologna, 1873.) |
MM. Marchiafava et Ferraresi ont rencontré très fréquemment à Rome la tuberculose miliaire chez des paludiques; on trouve dans leur intéressant mémoire le sommaire de sept observations recueillies en un mois. (Observations anatomo-pa- -thologiques sur l'infection de malaria. Bulletin de l'Académie médicale de Rome, 1881.)
D’après ces auteurs, la fréquence de la tuberculose miliaire chez les paludiques s'explique : 4° par la profonde débilitation qui est la conséquence du paludisme ; 2 par l'irritation que le
pigmént produit dans les petits vaisseaux. Cette explication est très acceptable, il est en effet démontré qu’en injectant dans -Jes veines des particules irritantes, on produit de véritables .tuberculoses aiguës expérimentales.
Je n'ai rencontré que très rarement la tuberculose associée au paludisme mais cela n'infirme en rien les observations faites à Rome par MM. Marchiafava et Ferraresi dans un autre milieu. La cachexie palustre w’atteint jamais chez nos soldats” le même degré qüe chez les habitants de la campagne R6maine ; de plus je n'ai guère observé que des hommes adultes et bien constitués, beaucoup moins prédisposés par con- ‘séquent à la tuberculose que les enfants et les jeunes gens -des deux sexes qui ont fourni à M. Marchiafava la plupart des
faits sur lésquels il s'appuie pour soutenir que la tuberculose est une complication fréquente du paludisme.
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