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diagnostic d’un côté ou de l’autre : il est certain que, si on est en pays palustre, pendant la période endémo-épidémique, on aura des chances de tomher juste en diagnostiquant une fièvre palustre ; ce diagnostic sera au contraire très improbable si on observe dans une contrée où les fièvres sont rares, ou bien si, en pays palustre, on a affaire à un malade qui est atteint de fièvre pour la première fois en dehors de la période endémo-épidémique.
Si on n'a pas recours à l'examen du sang, qui, seul, peut permettre de distinguer immédiatement la fièvre éphémère de l'accès palustre, le meilleur moyen d'arriver à un diagnostic exact est d'attendre avant de prescrire le sulfate de quinine et d'observer la marche de la fièvre. S'il s'agit d'une éphémère, la fièvre Lombe et la défervescence se maintient, la guérison est rapide; l’apyrexie qui suit l'accès palustre n'est, au con: traire, que temporaire ; de nouveaux'accès ne tardent pas à se produire,
Le diagnostic différentiel de l'embarras gastrique fébrile et des fièvres continues palustres légères, présente aussi de grandes difficultés.
L'embarras gastrique prend souvent dans les pays chauds une gravité beaucoup plus grande que dans les pays froids ou tempérés ; il s'accompagne d’une fièvre qui persiste pendant plusieurs jours; d'autre part, dans la fièvre continue palusire, il y à toujours complication d'embarras gastrique, et on s'explique que dans certains cas de fièvre des pays chauds on ait de la peine à faire la part du climat et celle du paludisme.
C'est ainsi que quelques observateurs ont été conduits à décrire des jfiévres climatiques indépendantes du paludisme,
tandis que d’autres rapportaient au paludisme toutes les fiè-
vres des pays chauds.
Jacquot, qui a plaidé avec beaucoup de conviction et de talent la cause des fièvres climatiques, a proposé de diviser les fièvres des pays chauds en trois classes :
Fièvres palustres ;
Fièvres climatiques;
Fièvres mixtes, c’est-à-dire dans la pathogénie desquelles l'influence climatique et l’action du paludisme s'associent dans des proportions variables.
D'après Jacquot (1) les fièvres climatiques se distinguent des fièvres palustres :
1° Par leur époque de développement, l'apogée des climatiques correspondant au maximum des chaleurs et précédant celui des palustres ;
20 Par leurs symptômes, la fièvre climatique étant continue et ne présentant pas d’autres exacerbations que les recrudescences vespérales de la plupart des maladies aiguës;
3° Par les rechutes, propres à la fièvre intermittente, rares ou nulles dans l’autre;
4o Par la cachexie, qui se produit dans l'une et non dans l’autre ; |
(1) Voyez à ce sujet : F, Jacquot, Bulletin de l'Acad. de méd., 2 août 1833, et Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 1854-1855. — Raynald Martin, The influence of the tropical climates on Europeans constitulions, London, 1856. — Morehead, Clinical Researches on diseases in India, 1860. — Ridreau, De la chaleur atmosphérique, etc. Rec. mém. méd. milit., 1868. — Masse, Etude sur la fièvre rémititente du nord de l'Afrique. Même recueil, 1874. — Arnouid, Des Affections climatiques, etc. Arch. gén. de méd., 1874. — L. Colin, Traité des fièvres intermittentes, 1870, et Trailé des maladies épidémiques, 1879.— Armand, Traité de climatologie, 1873.
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. ÿ° Par la différence des lésions anatomiques, la tuméfaction de la rate ne se produisant que chez les paludiques ;
6° Par la différence des indications thérapeutiques.
Une fièvre d'été en pays palustre étant donnée, on doit, d'après M. le Dr Arnould, se poser les questions suivantes :
1° Est-ce une fièvre climatique pure ?
2° Est-ce une fièvre climatique associée à une miasmatique et, dans ce cas, quel est l'élément dominant ?
3° Est-ce une fièvre miasmatique pure dans laquelle la chaleur n'apporte pas de symptôme propre, mais accentue seulement la phénoménalité infectieuse ?
M. le D' Arnould ne se fait aucune illusion sur la difficulté de ces questions, peut-être même exagère-t-il un peu cette difficulté quand il ajoute : « Nous déclarons que prononcer avec certitude nous paraît impossible dans la plupart des cas ; affirmer quelque chose dès le début serait une imprudence ; tout au plus peut-on rétablir la distinction nosologique après coup. » (Des affect. climatiques, etc... Arch. gén. de médecine, 1874.)
Que sont donc ces maladies qui se réduisent à un mouvement fébrile plus ou moins intense et continu, accompagné des symptômes ordinaires de l'embarras gastrique, qui n'ont ni symptômes spéciaux, ni lésions anatomiques connues, qui, du reste, se terminent toujours favorablement et sans l’aide du sulfate de quinine ? Faut-il leur faire une place à part dans le cadre nosologique entre les fièvres palustres et l'embarras gastrique fébrile ?
Tous les auteurs qui ont cherché à établir l'existence des fièvres climatiques s'accordent à dire que, parmi les causes météorologiques, c'est la chaleur qui joue le principal rôle
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dans la pathogénie de ces fièvres. La question des fièvres climatiques peut donc se ramener à celle-ci : la chaleur extérieure est-elle capable de donner naissance à des fièvres? etil me semble qu'il est facile de répondre à la question posée en ces termes. ER
Il ne suffit pas de placer un homme dans une étuve chauffée à 40° ou 50° pour lui donner la fièvre. J'ai déjà eu l'occasion de faire remarquer que, dans les pays chauds, il n’y avait pas de rapport direct entre la fréquence des fièvres et l'élévation de la température. On trouve des localités extrômement chaudes dans lesquelles les fièvres sont cependant très rares; à Biskra, par des températures de 40° à 50° à l'ombre, je n'ai jamais vu les fièvres se multiplier dans des proportions anormales et je n'ai observé aucune fièvre qui méritât le nom de fièvre climatique : tous les fébricitants entrés à l'hôpital militaire de Biskra présentaient les symptômes de la fièvre palustre (intermittente ou continue), de la fièvre typhoïde, de la fièvre éphémère ou de l'embarras gastrique fébrile. A Constantine, je n'ai pas été plus heureux dans la recherche de la fièvre climatique ; jai recueilli les observations, ou au moins les tracés thermométriques de tous les malades entrés pour fièvre dans mon service pendant quatre ans, et je serais fort embarrassé de donner ici une seule observation de fièvre cli- matique.
La chaleur extérieure joue certainement un rôle important dans la pathogénie et la marche des fièvres des pays chauds,
mais je crois que ce rôle se réduit à celui de cause occa-
sionnelle, adjuvante ou aggravante.
Exemples :
Un individu,à la suite de fatigues ou d’excès, est sous le coup
F Lo!
FIÈVRES CLIMATIQUES . 128 EL d'un embarras gastrique, il reste exposé en plein soleil pendant à 4 les heures les plus chaudes de la journée; dans ces conditions, "3 fe il arrive souvent que l'embarras gastrique se complique d’une Fa fièvre plus où moins vive qui se dissipe du reste facilement Eee sous l'action d'un éméto-cathartique ou sous l'influence du .. repos et de la diète. NN 4 “ Un paludique qui n'a pas eu d'accès de fièvre depuis plu- * KM sieurs semaines Ou depuis plusieurs mois, fait une longue | ke course en plein soleil; le jour même ou le lendemain, il n'est R $ pas rare d'observer une rechute de fièvre intermittente. “ IL est certain aussi que la chaleur extérieure, lorsqu'elle est très forte, aggrave tous les états fébriles. J'ai déjà dit combien : en Algérie, les périodes pendant lesquelles le siroco souffle É. sont redoutables aux typhoïdiques. L'état de ces malades s'ag- (à grave rapidement ; tous les tracés thermométriques remontent Re et les décès se multiplient. | É Nous avons vu enfin que la chaleur extérieure exerçait une 2. action indéniable sur la gravité et sur le type des fièvres "4 palustres, qui tendent de plus en plus à la continuité à mesure qu'on descend des régions tempérées vers les zones inter- tropicales. | Le Faut-il s'étonner si la fièvre éphémère et la fièvre e gastrique, de F
ou embarras gastrique fébrile prennent, elles aussi, une intensité. plus grande dans les pays chauds que dans les pays er. #7 J'étais parti pour l'Algérie sans idée préconçue to8g)
l'existence ou la non-existence des fièvres climatiques, j 'av pr à même préparé, pour recevoir les observations relatives à. ces. HN | fièvres, un carton qui est resté vide. U, Ne Feu, C5 < Après cinq années de recherches infructueuses, je CroÏs pou à |
voir dire qu'il n'y a pas en Algérie d'entité morbide distincte .
des espèces nosologiques connues à laquelle on puisse appliquer le nom de fièvre climatique; et que si la chaleur atmosphérique modifie plus ou moins l'évolution des maladies fébriles, elle ne crée jamais des fièvres de toules pièces; en d’autres termes qu'il n’y a pas de fièvres climatiques proprement dites, mais seulement des fièvres modifiées par le climat. |
Les maladies décrites sous le nom de fièvres climatiques et de rémittentes climatiques, me paraissent devoir rentrer dans le cadre des fièvres gastriques ou embarras gastriques fébriles ; je reviens donc au diagnostic différentiel de ces dernières maladies avec les fièvres palustres.
En Algérie comme en France, c’est au printemps et au début de l’été qu'on observe le plus grand nombre d’embarras gastriques ; c’est aussi à ce moment que commence la période : endémo-épidémique des fièvres palustres ; beaucoup de malades atteints de paludisme pour la première fois, ont des fièvres continues légères présentant la plus grande analogie avec l'embarras gastrique fébrile, on comprend donc que la question du diagnostic différentiel de ces deux affections se pose très souvent. |
Dans les deux cas, les malades se plaignent de malaise général, de céphalalgie, d’anorexie; la langue est blanche, saburrale, la soif est très vive, il existe souvent des nausées; presque toujours il y à de la constipation. Dans les deux cas, le thermomètre indique des températures fébriles mais la température s'élève en général beaucoup moins dans la fièvre gastrique que dans la continue palustre ; l’hypersplénie, qui, à la vérité, n’est pas toujours très marquée dans le paludisme récent, fait toujours défaut dans la fièvre gastrique simple ;
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les Conditions dans lesquelles la maladie s'est développée, ses suites et la manière dont elle est influencée par les traitements mis en usage fournissent des indications précieuses.
L'embarras gastrique cède facilement à un éméto-cathartique , ê. A + dl et n'a pas de tendance à reparaitre, tandis que la fièvre conti-
nue palustre, abandonnée à elle-même ou traitée par les évacuants, se transforme en une fièvre intermittente, quand elle ne se complique pas d'accidents graves qui ne cèdent qu'au sulfate de quinine. | | è
L'examen du sang reste comme dernière ressource a lui seul il peut suffire pour trancher cette question délicate de diagnostic.
On demandera quelle est la fréquence de l'embarras gastrique fébrile dans les pays chauds et celle des fièvres continues palustres légères, qui peuvent être confondues avec lui. Si je m'en rapportais à ce que j'ai observé dans mon service d’hôpital, je n’hésiterais pas à dire qu'à Constantine au moins, les fièvres gastriques simples sont rares relativement aux fièvres palustres, mais il faut tenir compte de ce fait que les militaires atteints de fièvres légères sont soignés d'ordinaire dans les infirmeries des corps de troupe; c'est seulement lorsque la maladie ne cède pas aux évacuants que les malades sont envoyés à l'hôpital; il en résulte que la plupart des embarras gastriques ne figurent pas dans la statistique des hôpitaux militaires.
Le diagnostic différentiel desfièvres palustres compliquées d'ictère avec les fièvres dites bilieuses, soulève plusieurs questions intéressantes. L'ictère et les vomissements bilieux peuvent se produire dans le cours d’un grand nombre de fièvres : dans l'embarras gastrique fébrile, dans le typhus récurrent, dans la
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fièvre typhoïde, dans les fièvres palustres, sans compter la fièvre jaune et la typhoïde bilieuse, où l'ictère est de règle: l'ictère constitue en d'autres termes un symptôme commun à un grand nombre de fièvres différentes, et il serait aussi peu logique de confondre dans une même classe toutes les fièvres qui s’accompagnent de symptômes bilieux que de réunir toutes celles qui s'accompagnent d’épistaxis ou de diarrhée.
Le cadre des fièvres bilieuses doit être considéré comme un cadre d'attente, dans lequel on ne doit laisser que les fièvres qui ne Se rapportent à aucune des espèces nosologiques connues.
La connaissance exacte que nous avons aujourd'hui des altérations du sang chez les paludiques permettra de faire sortir de ce cadre toutes celles de ces fièvres qui relèvent du paludisme; mais ce travail demandera du temps, et il ne pourra être fait que par un médecin bien placé pour observer les fièvres bilieuses graves dont la nature est encore contestée. “J'ai donné plus haut les observations de deux fièvres palustres graves avec ictère et vomissements bilieux (observations XLI et XLII) terminées par guérison, et d’une fièvre bilieuse terminée par la mort (observation VI); dans ces trois cas l'existence des microbes du paludisme dans le sang ne laissait aucun doute sur la nature des accidents. De même chez un malade mort de fièvre bilieuse avec anurie, dont les reins présentaient à un haut degré les altérations qui ont élé signalées dans la fièvre bilieuse hématurique.
La plupart des auteurs s'accordent aujourd’hui à dire que la fièvre bilieuse hématurique reléve du paludisme (voyez p. 284),
mais on discute encore’ sur l’existence d'une fièvre mélanurique êt Sur la véritable nature de la fièvre bilieuse inflamma-
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