MILIEUX PALUSTRES
ments et à la température ambiante, pourrait être fertile comme part des terres vierges ou incultes des climats chauds,
point cependant cette puissance de rendement par u 1e v station suffisante, il se produit à sa surface des émanations fébrifères. Ces effluves ne tiennent pas seulement aux gaz fournis par la putréfaction des matières organiques, car cetle putréfaction s'accomplissant ailleurs qu’à la surface ou dans les entrailles de la terre ne donnera pas la fièvre aussi facilement qu'on la prétendu; il faut que le sol intervienne et d’une manière aussi active peut-être que pour la végétation, ce qui m'a fait dire que la puissance fébrifère d'un sol était adéquate à
Sa puissance végétative et que le miasme palustre est engendré
par la puissance végétative du sol, quand cette puissance n'est pas mise en action par la culture. » (L. Colin, Traité des maladies épidémiques, Paris, 1879, p. 126,et Traité des fièvres intermittentes, Paris, 1870.)
ILest probable que les arbres et les plantes assainissent le sol en le drainant et en le desséchant bien plutôt qu'en mettant en œuvre sa puissance végétative.
Certains pays doués d'une végétation luxuriante, comme la Guyane et les vallées inférieures de l'Abyssiuie, sont des foyers palustres très dangereux.
L'influence que l'abandon de la culture des terres, le dépeuplement ou la dévastation d'un pays exercent sur lextension de l’endémie palustre s'explique facilement. Dans un pays riche et peuplé,comme l'était lacampagne Romaine au siècle d'Auguste,de nombreux travaux d'art sont exécutésetentretenus avec soin, on dessèche les marais, on endigue les fleuves, les égouts,
les aquedues se multiplient, les arbres et les plantes couvrent
Je sol et le drainent par leurs racines; vienne une invasion de
Le."
Pr
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barbares : les travaux d'art sont détruits, les aqueducs sont coupés,les canaux s’envasent, les marais s'étendent et se multiplient, les campagnes se dépeuplent, Ja culture du sol est abandonnée, les arbres sont détruits, et le paludisme trouve alors un milieu très favorable à son développement.
Même dans les contrées les plus désolèes par la malaria, les fièvres palustres ne règnent pas pendant toute l’année. MM. Mayer et L. Colin ont fait remarquer qu'à Rome les fièvres palustres de première invasion apparaissaient tous les ans presque à jour fixe, vers le 5 ou le6 juillet (L. Colin Traité des fièores intermittentes, p.158.) ; j'ai fait la même observation en Algérie ; à Constantine par exemple j'ai constaté pendant trois ans de suite que les premiers cas de fièvre palustre de première invasion se produisaient vers la fin du mois de juin, les derniers dans le cou- . rant du mois de novembre ; pendant les mois de décembre, janvier, février, mars, avril, mai, on n’observe que des fièvres intermittentes de récidive. Pendant les mois de juillet, août, septembre, octobre, les cas de fièvre palustre se multiplient avec une rapidité qui explique l'expression d’endémo-épidémie, qui a été employée par quelques auteurs. Ainsi, pendant l'hiver, le germe du paludisme sommeille comme les végétaux et les animaux inférieurs, il a comme eux sa période hibernale, et, comme eux, il se réveille au commencement de l'été avec une grande régularité.
Sur le littoral, à Bône, à Philippeville, la période fébrifère est plus étendue qu'à Constantine ; mais là aussi il y a pour l'agent du paludisme une morte saison.
Au Sénégal, on n'observe guère pendant les deux premiers trimestres de l’année que des fièvres de récidive; c'est pendant le troisième trimestre que les fièvres apparaissent en grand