PRÉDISPOSITIONS INDIVIDUELLES
nombre, el pendant le quatrième qu'elles prennent leurs formes les plus graves. (Dutroulau, Traité des maladies des Européens
dans les pays chauds, 2° édit., Paris, 1868, p. 225.)
A la Guyane, où la différence entre les saisons est moins tranchée qu'au Sénégal, les fièvres se répartissent plus également entre les quatre trimestres; mais elles sont beaucoup moins
nombreuses et moins graves pendant les six mois frais que
pendant les six mois de chaleur accablante entremêlée d'orages qui terminent l’année. C’est le troisième trimestre qui est le plus chargé ; de même aux Antilles. (Dutroulau, op eit., p. 226.)
Le paludisme est surtout une maladie des campagnes, de même que la fièvre typhoïde estune maladie des villes; l'encombrement qui s'observe au centre des cités populeuses et qui favorise à un si haut degré le développement des maladies typhoïdes, paraît au contraire créer une sorte d'immunité pour les fièvres palustres.
Les professions les plus malsaines dans les pays où règne le paludisme sont celles qui mettent l’homme le plus directement et le plus souvent en rapport avec le sol. Les ouvriers qui sont employés à dessécher les marais, à curer des ports ou des fossés, les terrassiers, Les jardiniers, les agriculteurs, les indivi-
dus qui travaillent aux moissons fournissent au paludisme le
plus grand nombre de ses victimes.
Les soldats en campagne obligés de coucher en plein air, de remuer la terre, d'aller aux fourrages, réduits souvent à boire une eau de mauvaise qualité, soumis enfin à de grandes fatigues et à des privations qui les prédisposent à contracter toutes les maladies, se trouvent dans des conditions très défavorables pour lutter contre le paludisme. Aussi toutes les fois que des armées ont été obligées d'occuper pendant la saison
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12 ÉTIOLOGIE
des fièvres des localités insalubres, on a vu se développer des épidémies graves qui parfois ont pris les proportions de véritables désastres. (A. Laveran, Traité des maladies des armées, Paris, 1875, p. 150.) |
Pringle rapporte que, pendant la campagne de 1747, dans les Pays-Bas, les troupes anglaises qui occupaient Zuit-Beveland et l'île de Walcheren furent tellement incommodées parles fièvres, qu'à un certain moment quelques bataillons avaient au plus cent hommes en état de faire leur service, ce qui représentait seulement la septième partie d’un bataillon complet ; le Royal, à la fin de la campagne, n'avait que quatre hommes qui se fussent toujours bien portés. L'escadre qui était à l'ancre dans un canal entre Zuit-Beveland et l’île de Walcheren fut complètement préservée : preuve, dit Pringle, que l'air humide et putride des marais était dissipé ou du moins corrigé avant que d'arriver aux navires. (Pringle, Observations sur les maladies des armées, Londres, 1752. Traduction in Encyclopédie des sciences médicales, p. 33.)
Pendant la campagne suivante (1748), les fièvres furent encore plus nombreuses. Les bataillons qui, en 1747, avaient élé en Zélande, présentèrent les premiers des fièvres intermittentes irrégulières, qui étaient évidemment des rechutes et qui se terminaient souvent, dit Pringle, en hydropisies. Les Hollandais avaient inondé le pays pour se défendre; une fois les préliminaires de la paix signés, on fit rentrer une partie des eaux dans leur lit et les terrains incomplètement desséchés devinrent des foyers actifs de paludisme. À Bréda, la maladie prit de telles proportions que les Étals-Généraux donnèrent l’ordre de remettre linondation dans son premier état. Les quartiers les plus voisins des inondations eurent surtout à souffrir des fièvres
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