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de Bochefontaine que les mouvements amiboïdes des leucocytes ne sont pas entravés par les sels de quinine. (Bochefontaine, loc. cit.)

Le traitement du paludisme est assez long et dispendieux, il importe donc de ne pas l’instituer, sauf dans les cas d'urgence, avant d’être fixé exactement sur le diagnostic. D'une façon générale, on peut dire que dans les pays palustres on donne beaucoup trop de sulfate de qui nine à des malades qui n’en ont nul besoin, et. qu'on n’en donne pas assez aux malades atteints de paludisme.

Le paludisme une fois reconnu, le médecin doit se demander sous quelle forme, à quelle dose et pendant combien de nie il prescrira le quinquina ou les sels de quinine.

Depuis la découverte de la quinine, la poudre de quinquina n’est plus guère employée dans le traitement des fièvres palustres, ou du moins on la réserve, ainsi que la teinture et l'extrait de quinquina, pour quelques cas spéciaux.

Torti administrait 8 grammes de poudre de quinquina en une seule dose après l'accès dans la fièvre intermittente simple.

La méthode de Sydenham était beaucoup meilleure ; Sydenham prescrivait 24 à 30 grammes de poudre de quinquina distribués de quatre en quatre heures par doses de 25,50 à partir de la fin de l'accès, et il avait soin de faire prendre un petit verre de vin après chaque dose.

Dans les fièvres simples, lorsque les malades avalent facilement la poudre de quinquina, cette méthode donne de bons résultats, on pourra même y recourir encore dans certains cas de fièvre intermittente rebelle.

Le grand inconvénient de la poudre de quinquina était qu'il

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ë - % “ SELS DE QUININE 197 fallait faire prendre une grande quantité de cette poudre pour agir efficacement dans les fièvres graves, et que l'absorption du

principe actif était lente et difficile ; 30 grammes de quin-

quina jaune, qui possède au plus haut degré les propriétés

fébrifuges, renferment 05,50 environ de sulfate de quinine: pour faire prendre deux grammes de sulfate de quinine, dose souvent nécessaire dans les accès graves, il faudrait done prescrire 120 grammes de poudre de quinquina. ; 23

Le sulfate de quinine est le plus employé des sels de quinine. Le chlorhydrate de quinine est beaucoup plus soluble que le sulfate et il contient à poidségal, plus de quinine; il y aurait donc avantage à l'employer, s’il ne coûtait pas plus cher que le sulfate. Le chlorhydrate et le sulfovinate de quinine facilement solubles dans l’eau, conviennent très bien pour les injections hypodermiques. Le bromhydrate de quinine a été également préconisé pour cet usage.

Le tannate de quinine est très peu soluble dans l’eau ; il a une action lente et incertaine, il faut trois heures au moins pour que la quinine apparaisse dans les urines, tandis qu'avec le sulfate de quinine elle s’y trouve au bout de trente minutes.

Outre la quinine, on a extrait encore du quinquina d’autres alcaloïdes : la cinchonine, la quinidine, la cinchonidine, la quinoidine (mélange de sulfate de cinchonine et de quinine avec matière colorante) ; les propriétés fébrifuges de ces alcaloïdes sont contestables, très inférieures en tout cas à celles de la quinine.

La solution de sulfate de quinine a d'ordinaire une action excitante très modérée sur la muqueuse de l'estomac, et elle est bien supportée ; il estexceptionnel de voir survenir une irrilation vive et des vomissements.

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Les malades qui ont pris du sulfate de quinine à forte dose (un à deux grammes en une fois), ont souvent des bourdonnements d'oreilles, une surdité passagère.

. Certaines personnes ont une sensibilité toute particulière au sulfate de quinine; c’est probablement ainsi qu’il faut expliquer les faits suivants cités par Trousseau et Pidoux: « Nous

avons vu à l'hôpital de Tours une jeune religieuse rester folle

pendant un jour pour avoir pris en une dose 1,25 de sulfate de quinine. | : « Un jour par notre conseil, un malade prit en une fois 3 gr. de sulfate de quinine pour se guérir d'un asthme qui revenait tous les jours à une heure fixe. Quatre heures après l’ingestion du médicament, il éprouva des bourdonnements d'oreilles, des étourdissements, des vertiges et d'horribles vomissements; nous le vimes sept heures après l'administration de la quinine, il était aveugle et sourd, délirait et ne pouvait marcher tant étaient grands les vertiges qu’il éprouvait; à chaque instant il vomissait; en un mot, il était sous l'influence d'une véritable intoxication. Ces accidents, auxquels d’ailieurs nous n’opposâmes aucune médication active, cédèrent spontanément dans le milieu de la nuit. » (Trousseau et Pidoux. Op. eit., p. 487.) Il est heureusementtrès rare de rencontrer des malades aussi impressionnables au sulfate de quinine. Je n'ai jamais observé pour ma part à la suite de l'administration du sulfate de quinine aux doses citées dans ces exemples: 15,95 à 3 grammes, que des bourdonnements d'oreilles et une surdité passagère. Quelques auteurs ont exagéré notablement les propriétés toxiques du sulfate de quinine; aucun médecin ayant exercé dans les pays palustres n’admettra je pense, que le sulfate de quinine, à la dose de 3ou 4 grammes, puisse déterminer la mort

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4 \ [4 , . , M d'un homme adulte {1). Ces doses ont été bien souvent dépassées fr

dans le traitement des accidents pernicieux et souvent avec succès. |

Maillot, dans un cas de fièvre pernicieuse, a administré 9 gr. de sulfate de quinine dans les vingt-quatre heures et a guéri son malade. Monneret a fait prendre jusqu'à 8 grammes de sulfate de quinine par jour dans desnévralgies rebelles (Éléments de pathol. médicale, Paris, 1859, t. IT, p. 104).

Giacomini à pris sans inconvénient pendant me jours, de3 à 4 grammes de sulfate de quinine panjour ; Favier à pris également jusqu’à 3 grammes par jour de sulfate de qui- | nine, dans le seul but d’expérimenter l’action de ce sel.

Giacomini donne l'observation d’un homme qui, par erreur, avala en une seule fois 12 grammes de sulfate de quinine : il y eut des phénomènes d’hyposthénisation du cœur et du système nerveux, mais ces symptômes furent combattus avec succès, à l'aide des excitants.

Guersent, a cité le fait d’une dameà laquelle son mari, médecin et monomaniaque, avait fait prendre en quelques jours 41 grammes de sulfate de quinine; cette dame perdit momentanément la vue, l’ouie et la parole; elle se refroidit comme un cadavre, mais tous ces accidents se dissipèrent rapidement,

Briquet, auquel j'emprunte la plupart des faits précédents, ajoute : « Il n'existe à ma connaissance de fait avéré d’intoxication suivie de mort que celui de ce médecin aliéné (dont il est Ca fait mention plus haut), qui, pour se guérir d'une petite fièvre, s'administra lui-même l'énorme dose de 220 grammes de sul-

{1)Bouchardat, Manuel de matière médicale, Paris, 1865, 4e édit., t. Il, p. 392.

fate de quinine en dix à douze jours et qui finit par succomber à la prostration dans laquelle il était tombé. » (Briquet, Traité thérapeutique du quinquina, p. 583 et suivantes.)

Il est très rare qu'il faille donner plus de 3 grammes de sulfate de quinine par jour, même dans le traitement des accidents pernicieux ; les exemples qui précèdent prouvent qu'on peut sans danger dépasser cette dose; néanmoins et sauf le cas d'urgence, on ne prescrira pas à un malade qui n’a jamais pris de sulfate de quinine de dose supérieure à À ou 2 grammes.

Ilimporte quelecliniciensoit prévenu que le sulfate de quinine peut provoquer des symptômes inquiétants, tels que délire, ivresse quinique, vomissements, hyposthénisation du système nerveux, afin qu'il ne confonde pas ces symptômes avec ceux de la fièvre, ce qui le conduirait à augmenter encore les doses de sulfate de quinine.

Chez les jeunes enfants la quinine est très active, on peut la. prescrire à l’intérieur à la dose de5 à 20 centigrammes. (Griesinger, op. cit., p. 114.)

Le sulfate de quinine introduit dans l’économie est éliminé en grande partie par les urines, il est facile d’y constater sa présence à l’aide de l’iodure ioduré de potassium qui, ens’unissant à la quinine, donne lieu à nn précipité jaune-marron (Bouchar-. dat) (1); on observe parfois un peu de cystite.

Quelques observateurs ont attribué, sans preuves suffisantes

(1} La formule du réactif de Bouchardat est la suivante : iode 15 grammes, iodure de potassium 4 grammes, eau 300 grammes.

Briquet a modifié ainsi qu’il suit cette formule : iode 2? grammes, iodure de potassium, 8 grammes, eau, 250 grammes.

Kerner a utilisé les propriétés fluorescentes des sels de quinine pour constater dans les urines la présence des plus minimes proportions deces sels,

(Dujardin Beaumetz loc. cit.)

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