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le paludisme serait de dessécher le sol et d'empêcher la formation des marécages.
Faciliter l'écoulement des eaux pluviales, pratiquer des tranchées, drainer le sol, construire des digues qui empêchent les rivières de déborder, et l’eau de mer d’envahir les côtes dont le niveau est inférieur à celui de la mer, empêcher le mélange dans des marigots de l’eau douce et de l’eau salée, telles sont en effet les premières mesures à conseiller pour combattre l’'endémie palustre.
Le desséchement des marais a donné maintes fois d’excellents résultats ; il faut bien savoir toutefois que cette opération, si elle est malfaite ou faite incomplètement, peut aggraver l'endémie palustre, loin de la faire disparaître. Un étang ou un marais est beaucoup moins dangereux, quand il est couvert d’eau que lorsqu'on vient à le vider et que la vase qui en forme le fond reste exposée à l'air.
Ce serait, par exemple, rendre un très mauvais service à une localité palustre située. près d’un étang, que de faire écouler l'eau de cet étang surtout pendant l'été ; on s’efforcera au con: traire à l'aide de barrages de maintenir l’eau au même niveau. On sait que Lancisi arrêta une grave épidémie de fièvres palustres qui sévissait Sur la population de Rome, en faisant inonder les fossés du fort Saint-Ange : le même moyen a été employé plusieurs fois avec succès en Hollande.
Les marais salants qui, lorsqu'ils sont bien entretenus et couverts d’eau, n’engendrent jamais les fièvres palustres, deviennent au contraire une cause d’insalubrité notoire, lorsqu'ils sont abandonnés et qu'ils se dessèchent en partie. (Mêlier, Rapport sur lès marais salants. Bulletin de l’Acad. de méd., t. XIII,
p. 981. — L. Colin, Traité des fièvres intermittentes, p. 465.)
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Les travaux de desséchement des marais, de curage des étangs, des canaux ou des fossés devront être menés rapidement et ne seront jamais effectués pendant la période endémoépidémique des fièvres. Nous savons que les microbes du paludisme ont, comme la plupart des animaux inférieurs, une période d'hibernation, qui, en Algérie, va de décembre à juin; il faut savoir profiter de ce sommeil du paludisme pour le combattre sans danger. / s
Le drainage du sol donne d'excellents résultats : grâce à lui des contrées entières ravagées autrefois par le paludisme, jouissent aujourd'hui d’une salubrité très grande.
« Les fièvres d'accès, dit Graves (Clinique médicale, Traduct. de Jaccoud, 3° édition, t. I, p. 109), étaient anciennement très communes dans certains cantons marécageux voisins de Dublin : aussi à l'époque où je faisais mes études médicales, il y avait constamment dans les hôpitaux des cas plus ou moins nombreux de fièvre intermittente ; mais aujourd’hui les basfonds du sol ont été drainés, et les fièvres maremmatiques ont entièrement disparu. » Et un peu plus loin (p. 112) Graves ajoute : « De toutes les maladies que produisent les contrées marécageuses, la fièvre intermittente est la plus importante et son extinction est la plus saisissante, la plus éloquente de toutes les modifications causées par le drainage. »
Voici, d'après M. Barral, les principaux signes qui indiquent qu'une terre a besoin d'être drainée : la terre forte et grasse s'attache aux souliers, les pieds des hommes et des chevaux laissent des cavités dans lesquelles l’eau demeure comme dans de petites citernes, le soleil forme une croûte dure légèrement fendillée, un bâton enfoncé dans le sol à une profondeur de 40 à 50 centimètres forme un trou qui ressemble à une sorte de
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324 à PROPHYLAXIE | 4 puits au fond duquel on aperçoit de l'eau stagnante. (Barral, Drainage, irrigations, engrais, Paris, 1860, t. I, p. 109, cités par Duboué, Traité de l'impaludisme, Paris, 1867, p. 105.)
Le drainage n'a pas seulement pour avantage d'assainir le sol, il augmente beaucoup sa fertilité el sa valeur, et il doit être regardé comme une des plus importantes améliorations foncières que l’on puisse exécuter. (Barral.)
Les arbres etles plantes suffisent à drainer le sol quand il n’est pas. trop humide, aussi la culture du sol est elle regardée à juste titre comme un des meilleurs moyens d'assainir les localités palustres.
Les arbres et les plantes qui se développent le plus rapidement sont ceux qu'on devra préférer. L'eucalyptus globulus a été recommandé d’une manière toute spéciale dans ces dernieres années, et il est certain que les plantations d’eucalyptus ont donné d'excellents résultats notamment en Corse (Regulus Carlotti, Du mauvais air en Corse, Ajaccio, 1869) en Algérie,
| : aux environs de Bône et de Philippeville, et dans la campagne Romaine.
M. le sénateur Torelli, dans un rapport présenté au Sénat ilalien, sur l'amélioration des régions où règne la malaria (1), signale le fait suivant, qui montre bien l'heureuse influence exercée par les plantations d’eucalyptus :
Il existe, près de Rome, hors la porte d'Ostie, dans le lieu dit des Trois-Fontaines, un couvent qui, en 1868, était abandonné depuis longtemps à cause de son insalubrité, et qui portait le nom significatif de Tomba. En 1868, le pape Pie IX donna ce (4) Torelli, Rapport au Sénat sur l’amélioralion des régions où règne la malaria, 11 juin 1880. — Voir aussi à ce sujet: Ortal, De l'eucalyp-
tus globulus, Thèse, Paris, 1874, — Gimbert (de Cannes), Gazelle hebdomadaire, 1875, p. 340.
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couvent aux trappistes, qui en prirent possession, mais dans des conditions déplorables. Dans les premières années, ce séjour était si malsain, que les religieux ne pouvaient pas y coucher ; ils rentraient le soir à Rome et ne retournaient aux Trois-Fontaines qu'après le lever du soleil. Les premières plantations d'eucalyptus furent faites en 1869. En 1876, l'amélioration était déjà telle, que les trappistes pouvaient habiter le couvent pendant la nuit sans être atteints de fièvre. En 1877, quand la Commission du Sénat visita cet endroit, le nombre des eucalyptus dépassait 2,500. La Commission, frappée des résultats obtenus, proposa de céder aux trappistes un espace de 400 hectares, situé près de leur couvent, à charge d'y planter 100,000 eucalyptus en dix ans. En 1879, les plantations d’eucalyptus souffrirent beaucoup du froid, mais les années suivantes les trappistes plantèrent 25,000 eucalyptus par an ; à la fin de 1881, il y avait déjà 55,000 eucalyptus aux Trois-Fontaines, et les fièvres palustres devenaient de plus en plus rares. à AA 4
, 5? Lÿ L'eucalyptus globulus agit-il simplement comme les autres . arbres en drainant et en desséchant le sol? et s'il assainit le sol ES
plus rapidement que ne font les autres arbres, est-ce uniquement parce que sa croissance est plus rapide, ou bien faut-il admettre que l'eucalyptus a des vertus spéciales, et qu’il jouit de la propriété de détruire ou d'éloigner les microbes du paludisme? Cette dernière hypothèse n’a rien d’invraisemblable, mais ce n’est encore qu'une hypothèse. LS Nous avons vu que l'infection palustre se faisait souvent par * les eaux potables, et que, dans certaines localités, les fegues" palustres avaient disparu quand on avait pu fournir une eau à pure et de bonne qualité aux populations, qui faisaient usage d!
auparavant d'une eau croupissante.