SES
16 ÉTIOLOGIE | Angleterre, c'est à ce groupe qu'appartenaient les onze hommes qui prirent la fièvre. (William, Medical History of the eæpedition to the Niger, London, 1843; cité par Graves: Clinique médicale. Traduction de Jaccoud, 3< édition, t. I, p. 483.)
En 1845, la plupart des Européens qui étaient à bord du. steamer l'Éclair, en station sur les côtes d'Afrique, moururent de fièvre palustre, tandis que sur quarante Kroomen qui fai saient partie de l'équipage, aucun ne fut atteint; à l’arrivée en Angleterre cinq seulement de ces nègres eurent une fièvre légère. (Graves, loc. cit.)
Le major Forbes a signalé aussi l’immunité très grande des nègres pour le paludisme à Ceylan, c’est grâce aux travailleurs nègres que l’on put achever les routes qui traversent cette île. (Graves, loc. eil.)
Boudin a exagéré sans doute en admettant qu'il y avait un antagonisme de la race noire pour les fièvres palustres (1) ; des faits nombreux prouvent que la cachexie palustre n’est pas rare chez les nègres, notamment au Gabon, à Ceylan et aux Antilles ; la résistance très grande dont les nègres font preuve contre le paludisme n’en est pas moins bien établie, aussi les nègres sont-ils de très utiles auxiliaires dans les pays palustres.
Pendant la guerre du Mexique, les nègres venus du Soudan ont rendu de grands services dans les terres chaudes, grâce à l'immunité très remarquable qu'ils présentaient, non seulement pour les fièvres palustres, mais aussi pour la fièvre jaune.
(1) Voyez à ce sujet: Boudin, Acclimatement des races humaines sur divers points du globe. Rec. de mém. de méd. mit, 3e série; t, XI, XII et XV. — L. Laveran. Article Anlagonisme du Diction. encyclop. des se. médicales. — Dutroulau, Trailé des maladies des E uropéens dans les
pays chauds, 2° édition, Paris, 1868 p.147. — L, Colin, Traité des fièvres inlermillentes, p.519.
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na 5e SE PRÉDISPOSITIONS INDIVIDUELLES 17
R dé È Soudan, au Cordofan, au Sénégal, les fièvres palustres 5 n'épargnent pas complètement la population indigène, elles sont même assez communes pendant l'hivernage, mais en général elles ne présentent pas de gravité.
Les nègres vivent et prospèrent dans des pays, comme Mada- : gascar, où l'Européen ne peut pas s’acclimater. | Les Indiens, les créoles ne sont pas épargnés par le palu- = disme. La fièvre bilieuse hématurique, qui paraît être de nature palustre, a été appelée quelquefois, par les médecins des Antilles, fiéore jaune des acclimatés et des créoles. Pendant la guerre du Mexique on avait levé aux Antilles, pour les terres chaudes, une compagnie de volontairescréoles ; cette compagnie
se fondit rapidement sous l'influence des fièvres palustres.
Cent-quatorze créoles venant de la Martinique et de la Guade-
loupe arrivaient à la Vera-Cruz en octobre 1862; au mois de février suivant, la compagnie ne comptait plus que soixantesept hommes ; reportée à cent vingt-huit hommes au mois d'août 1863, elle était de nouveau réduite à quarante-septhommes en décembre, à trente-cinq en mars 1864, et à quatre en avril. (A. Corre, De l’Influence de la race dans les maladies infectieuses. Gaz. hebdom., 1869.)
Les chiffres suivants, fournis par Morehead, prouvent qu'à Bombay la fièvre palustre n’épargne pas les Indiens.
De 1848 à 1853 il y a eu à l'hôpital général européen de Bombay: six cent soixante-sept entrées pour fièvre intermittente et cent soixante-trois entrées pour fièvre rémittente. La mortalité a été de un sur cent malades admis pour fièvre intermittente,et de quinze sur cent malades admis pour fièvre rémittente.
Pendant la même période il v a eu à l'hôpital des natifs
LAVERAN, FIÈVRES PALUSTRES 9
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