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20 ÉTIOLOGIE berland ont prouvé que les microbes du charbon symptomatique, du choléra des poules et de la septicémie expérimentale, pouvaient passer de la mère au fœtus (Société de biologie, 11 novembre 18$2;; ils ont même constaté que la bactéridie charbonneuse n’était pas toujours arrêtée par le placenta (Société de biologie, 16 décembre 1882), contrairement à ce que pensait Davaine. La transmission du paludisme de la mère au fœtus se concilie donc très bien avec les faits qui démontrent que les accidents du paludisme sont produits par des parasites du sang.
J. Francket Boudin admettaient qu'une nourrice pouvait transmettre la fièvre intermittente à l'enfant qu'elle allaitait. (Boudin, Traité des fièvres intermittentes, 1842, p. 193.11 n'existe dans la science aucun fait probant à l'appui de cette “opinion, qui toutefois mérite considération, du sang pouvant se mélanger au lait, et le sang renfermant, comme nous le
verrons, les parasites du paludisme.
Le paludisme existe-t-il chez les animaux ? C'est une question très intéressante et très controversée ; dans ces dernières années, on à inoculé à différents animaux du sang pris chezles paludiques ou de l’eau provenant de marais fébrigènes, et plusieurs observateurs ont pensé qu’ils avaient réussi par ces procédés à produire le paludisme chez différentes espèces animales. Je discuterai plus loin les résultats de ces expériences : il importe de rechercher d'abord si le paludisme se développe dans les conditions ordinaires chez certaines espèces animales.
L'observation la plus superficielle montre d’abord que la plupart des animaux peuvent vivre et prospérer dans des lo-
calités que l'endémie palustre rend à peu près inhabitables à l'homme. Sans parler des espèces animales qui pullulent dans l'air, dans l’eau et dans le sol des localités marécageuses, les animaux domestiques fournissent de nombreux exemples d'immunité pour les fièvres palustres. Les troupeaux paissent sans danger dans les plaines de la campagne Romaine, et l'élevage du cheval donne d'excellents produits au milieu des marais Pontins. Dans les contrées marécageuses de la France, en Hollande, dans les polders dela Belgique, dansle delta du Rhin, les fièvres intermittentes enzootiques n'existent pas. (Verheyen. En Algérie, les vétérinaires militaires n’ont jamais eu, je crois, l'occasion de signaler le paludisme chez les chevaux dans les localités où la plupart des cavaliers prenaient la fièvre.
. L'élevage du porc, des lapins, de la volaille réussit très bien dans les endroits ou le paludisme règne avec le plus d'intensité,
Le chien se prête très bien à l'observation: ilestle compagnon fidèle de l'homme, et ses maladies sont étudiées avec beaucoup de soin; or que voyons-nous? le chien de chasse qui fouille les marais les plus insalubres et qui s'abreuve aux mares les plus justement suspectes, brave impunément les fièvres dont son maître est trop souvent victime.
. Sans doute on a signalé des épizooties dans les pays palustres ; mais il ne suffit pas de constater que des animaux ont été malades ou sont morts dans des localités palustres, il faut démontrer que les accidents se sont produits sous l'influence du paludisme. |
La plupart des vétérinaires admettent que la fièvre intermittente vraie, d'origine palustre, n'existe pas chez les animaux. (Verheyen, article Fièvres intermillentes, in Dictionn. de médecine vétérinaire defBouley et Raynal.)
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On a accusé les marais de produire la maladie charbonneuse et quelques vétérinaires ont voulu voir dans les affections charbonneuses des fièvres pernicieuses d’origine palustre; Raynalet Leblanc admettaient encore cette opinion comme très vraisemblable quandils ont écrit l’article Charbon du Dictionnaire de médecine vétérinaire. L'étiologie du charbon est aujourd'hui trop bien connue pour qu'il soit nécessaire de discuter cette question, il est trop évident que le rôle des marais se réduit à celui d'une cause adjuvante.
Dans l’étiologie de la clavelée le rôle des marais paraît encore moins important, s’il est possible, que dans celle du charbon.
La cachexie aqueuseou pourritlure,qui fait souvent de grands ravages au milieu des troupeaux qui paissent dans les prairies basses et inondées, n’a rien à voir avec la cachexie palustre. ILest démontré aujourd'hui que la cachexie aqueuse est produite par la présence de disiomes ou douves du foie dans les voies biliaires. (Raynal, article Cacheæie aqueuse in Dictionn. de médecine vétérinaire de Bouley et Raynal.) Les rapports de la cachexie aqueuse avec les marais s'expliquent du reste facilement. « Certains trématodes, les distomaires, se produisent par génération alternante ; leurs embryons ciliés, microscopiques, pénètrent le corps de certains mollusques d’eau douce, de larves ou d'insectes aquatiques, et même de quelques mollusques terresires des. genres limax et hélix. L'embryon disparaît en donnant naissance à une génération de cercaires microscopiques
qui nagent par myriades dans l’eau des étangs, s’introduisent encore une fois dans des larves d'insectes aquatiques, ou dans
des mollusques et même, d’après de Siebold, dans certaines plantes des marais, où ils arrivent à l’état de distomes complets. On comprend dès lors la fréquence de ce parasite chez tous les
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animaux qui s’abreuvent à l’eau des mares et qui avalent en même temps des cercaires libres ou enkystés dans de petits insectes ou des distomes, même à des périodes peu avancées de leur développement. D'ordinaire on trouve de deux cents à cinq cents distomes dans le foie des animaux atteints de pourriture : on comprend dès lors la série de symptômes observés : langueur, pâleur et bouffissure des muqueuses, œdème général, amaigrissement, épanchements splanchniques, diarrhée séreuse, etc. et la mort, qui survient dans plus de la moitié des cas. » (Vallin, article Marais, in Dictionn. eneyelop. des Se. méd.)
La bronchite vermineuse règne assez fréquemment dons les pacages marécageux; ici encore onconnaît la cause du mal, qui est l'accumulation dans les bronches du sfronguylus Jilaria.
« Les animaux atteints expectorent un mucus chargé de filaires ovovivipares; le parasite meurt et en se décomposant il laisse s'échapper de son ovaire un nombre extraordinaire de jeunes
filaires presque microscopiques dont la vitalité est extrême... Il est probable que les embryons rejetés avec le mucus par les.
animaux malades, sont repris sur l'herbe recouverte de rosée ou dans l’eau des boissons par les moutons et les autres espèces domestiques qu'on mène paitre dans les lieux humides ; ils pénètrent dans les voies respiratoires soit directement, soit à la suite de migrations dont les parasites fournissent de nombreux exemples. Cest presque uniquement dans les marais que ia maladie vermineuse se développe, se propage et prend quelquefois la marche d’une épizootie redoutable; l'affection ne se transmet pas dans les étables ; elle s'éteint promptement dansles pacages bien secs, sans doute parce que les jeunes filaires se dé. truisent dans les corps desséchés de leurs mères ou à l'air libre
Le
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quand elles neirouvent pas l'humidité suffisante à l’entretien de leur vie. » (Vallin, loc. ett.)
Le tournis des moutons, qui estproduit, comme on sait, par des cysticerques du cerveau, se développe aussi de préférence dans : les pâiurages marécageux; les chiens de berger contractent le ténia cœnurus en mangeant le cerveau des moutons morts du tournis, et les œufs du ténia expulsés par les chiens sont avalés par les moutons avec l'herbe qu'ils souillent.
Après avoir éliminé toutes les épizooties dans l'étiologie desquelles les marais ne jouent qu’un rôle très accessoire et dont les causes sont bien connues, il reste des faits en petit nombre difficiles à classer, sans doute, mais dontia relation avec le paludisme n'est nullement démontrée.
Tel est le fait suivant cité par M. le Dr Obédénare comme un exemple de paludisme chez les animaux: « Il est, dit-il, une affection qui fait périr les bœufs (dans la région danubienne) et que l’on à prise quelquefois à tort pour le typhus contagieux. Nous voulons parler de l'hématurie des bœufs, que nous considérons comme une manifestation de l’impaludisme. L’'affection commence en mai, sévit surtout en juillet, août et septembre et cesse en octobre, comme l’intoxication paludéenne qui sévit sur l’homme. La maladie s’observe dans les endroits marécageux, et elle frappe surtout les bœufs qu’on a fait venir de la région des collines. En 1874, cette épizootie a été aussi meurtrière que l’est habituellement la peste bovine. Les animaux qui ont des hématuries dépérissent et succombent. Les globules diminuent notablement dans le sang; les chairs sont tlasques; le sang est noir et diffluent; les cadavres se décomposent promptement. Dès que l'on fait partir les troupeaux dans les régions saines, loin de la malaria, la maladie disparaît. ».
(Article danubienne (région) ; in Diction. encyclop. des Se. méd., tre série, t. XXV, p. 594.)
Il n'y a pas, ce me semble, de motif suffisant pour voir dans cette hématurie des bœufs une forme du paludisme; il est bien probable qu'il s'agit d'une maladie parasitaire que les bœufs
contractent dans les marais, mais qui est produite par d’autres
parasites que ceux du paludisme.
Des bestiaux sont malades dans une localité marécageuse, on en conclut qu'il s'agit du paludisme, comme si le marais n'était pas un milieu très favorable à l’éclosion d’autres maladies et s’il ne produisait que le paludisme. On ne devra admettre l’existence du paludisme chez les animaux qu'après que le microscope aura démontré que les altérations du sang qui caractérisent le paludisme chez l’homme, peuvent se rencontrer chez les animaux. Lorsque j'étais en Algérie, j'ai demandé souvent à des vétérinaires de m'envoyer des fragments du foie et de la rate des animaux qu'ils soupconnaient d’être morts de paludisme ; j'ai fait l'examen histologique des pièces anatomiques, en petit nombre, qui m'ont été remises, etje n'ai iamais constaté dans les petits vaisseaux du foie ni de la rate les éléments pigmentés qui, comme nous le verrons plus loin sont si caractéristiques du paludisme,
Des faits qui précèdent on peut conclure que l'existence du paludisme chez les animaux est encore à démontrer; il est intéressant de constater en outre que si les animaux domestiques qui vivent dans les marais jouissent d'une véritable immunité pour les fièvres palustres, ils contractent souvent dans ce milieu des maladies parasitaires : charbon, cachexie aqueuse, bronchite vermineuse, tournis, et que la plupart de ces maladies épargnent l’homme comine le paludisme épargne les animaux,
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Ce fait que le paludisme est une maladie particulière à l’homme, s'accorde donc très bien avec l’idée; de parasitisme, chaque espèce animale ayant ses parasites qui souvent sont incapables de vivre sur d’autres espèces.
Le marais constitue un milieu essentiellement propre au développement et à la propagation des maladies parasitaires ; aux parasites déjà cités nous pouvons ajouter encore la filaire de Médine, l'hémopis sanguisuga, les /{igules, quise développent dans le péritoine de certains poissons, les tanches en particulier, et qui à certains moments déterminent une mortalité considérable chez ces poissons. Ces vers, qui sont privés d'organes sexuels pendant leur séjour dans le péritoine des tanches, n'ar-
rivent à l’état parfait que dans le tube digestif des canards,
après avoir été absorbés par ces volatiles en même temps que les poissons qui les renferment. (Duchamp, cité par Magnin. Thèse, Paris 1876, p. 47.)
On trouve souvent des filaires en grand nombre dans le sang des grenouilles; j'ai eu plusieurs fois l’occasion d'observer ce fait, alors que j'étudiais la circulation du sang dans la membrane interdigitale, dans le mésentère ou dans le poumon des grenouilles à l’aide de l’appareil d'Holmgren et que je cherchais à vérifier les faits annoncés par Cohnheim relativement à la diapédèse des globules blancs.
M. Mégnin a signalé récemment une épidémie qui régnait sur les gardons dans certaines pièces d’eau, épidémie produite par une algue microscopique qui se développe sous forme de moisissure d’un gris sale et d’une consistance gélatineuse sur la tête et surtout sur les yeux de ces poissons. La cornée devient opaque et les gardons aveugles ne pouvant plus pourvoir à leur subsistance meurent de faim. (Société de biologie,
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