‹ Traité des fièvres palustresChapitre 25 sur 166 · SS · texte numérisé non relu

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Fig. 4, — Coupe histologique de la rate. Accès pernicieux. La partie centrale de la figure estoccupée par un corpuscule de Malpighi, b. — a, a’, artérioles centrales. — c, c', c’, zûne hypérémiée autour du corpuscule. — d, d', parenchyme splénique.— e, e' faisceaux de tissu conjonctif.— Les vaisseaux sont dilatés, remplis de sang et d'éléments pigmentés. (Grossissement : 150 diamètres.)

en forme de manchon sur une grande partie du trajet des artérioles.

En dehors des tractus fibreux et des corpuscules de Malpighi, on ne distingue en général sur les coupes de la rate que des éléments lymphoïdes mélangés en proportions variables à des hématies et à des éléments pigmentés. Il est souvent difficile de reconnaître les orifices des veinules des trabécules de tissu

adénoïde qui les séparent. Les éléments pigmentés se rencontrent aussi bien dans la pulpe splénique qu'à l’intérieur des vaisseaux, il est du reste impossible, sur ces coupes, d'apprécier exactement la forme et les dimensions de ces éléments.

e ic" Ÿ à Eu 5 LC À [44 Fi6. 2. —. Coupe histologique de la rate, Accès pernicieux. — a,uneartlériole

qui se divise en deux branches. — b, b', gaines de tissu lymphoïde accompagnant les artérioles et qui, sur des coupes transversales, donneraient lieu à l'aspect indiqué dans la figure 1. — €, €’, parenchyme splénique ; les vaisseaux dilatés renferment du sang et de nombreux éléments pigmentés. (Gross. : 450 diamètres.)

La capsule de la rate est normale ou légèrement épaissie.

Les éléments pigmentés font absolument défaut sur les coupes de la rate d'individus morts de fièvre typhoïde ou d’autres maladies infectieuses; on n'observe dans ces cas que les altérations produites par une très forte congestion.

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G, Fote.-- Le foie est en général un peu augmenté de volume et de poids, mais dans une proportion bien moindre que la rate.

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Sur huit observations dans lesquelles le poids du foie a été.

pris, je trouve comme poids moyen 2,110 grammes ; poids

maximum : 2,400 grammes; poids minimum : 1,880 grammes.

Ces chiffres sont lous supérieurs au poids normal du foie chez

l'adulte, quiest, d'après Sappey, de 1,500 à 1,800 grammes, mais on voit que les écarts ne sont pas ensomme bien considérables.

La forme du foie est conservée, sa surface est lisse; la consistance est généralement diminuée. La seule altération constante du foie consiste dans sa coloration anormale. Le pa-

renchyme hépatique a une teinte brunâtre très caractéristique

aussi bien dans les parties profondes qu’à la surface.

Sous l’influencedes altérations cadavériques le foie prend quelquefois, notamment dans les parties qui sont en rapport avec l'intestin, une coloration brunâtre analogüe à celle qu’on trouve sur les sujets morts d'accès pernicieux; mais alors cette teinte est limitée à certaines parties, et elle reste entout cas supertficielle: en incisant le foie,il estfacile de s'assurer que les parties

profondes ont conservé leur teinte normale.

La vésicule biliaire renferme souvent une bile épaisse très

foncée en couleur.

Le ineilleur procédé d'examen histologique du foie consiste à faire durcir par la méthode ordinaire des fragments de l'organe, des coupes minces sont ensuite pratiquées, colorées au picrocarmin et montées dans la glycérine. Sur ces coupes on constate en général que les cellules hépatiques sont à l'état sain: le tissu conjonctif du foie n'est pas davantage altéré, il faut noter cependant qu’on rencontre souvent au niveau des espaces triangulaires de petits amas d'éléments embryonnaires ou de

PALUDISME AIGU RE leucocytes extravasés. La congestion est pe en ou moins mar. quée; la seule altération constante co en la présence de

. nombreux éléments pigmentés dans le réseau sanguin (fig. 3).

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F1G. 3. — Coupe du foie. Accès pernicieux. — @, a', trabécules de substance hépatique. — b, b', capilleires sanguins renfermant des hématies et des éléments RENE — v, veine centrale du iobule. (Gross. : 170 dia-

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mètres.) :

*E ; Les capillaires sont souvent comme obstrués par des éléments | qui sont identiques à ceux décrits plus haut (Sang, Rate). 54 D. Reins. — Les reins ont généralement leur aspect normal ; ‘à A.

ils ne présentent pas la teinte brunâtre si caractéristique de la

rate et du foie et l'examen histologique est nécessaire pour y . constater la présence des corps pigmentés. Sur les coüpes faites après durcissement par le procédé ordinaire, il est facile de s'assurer que les petits vaisseaux renferment des éléments pigmentés identiques à ceux de la rate et du foie, mais en beau-

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coup moins grand nombre; c'est principalement au niveau des glomérules de Malpighi que se rencontrent les corps pigmentés (fig. 4). Ces éléments ont évidemment de la peine à franchir

Fic. 4. — Coupe du rein. Accès pernicieux. — à, a’, a', trois glomérules renfermant des éléments pigmentés. (Gross. : 170 diamètres.)

le réseau capillaire des glomérules, etles plusgros ysontarrètés comme dans un filtre. L’épithélium des tubuli et le tissu conjonctif sont en général à l’état sain.

Dans la fièvre bilieuse hématurique les reins présentent des altérations importantes, qui ont été très bien décrites par Pellarin ( Arch. de méd. navale, 1865) et par Barthélemy Benoît (même recueil, même année). Les reins sont augmentés de volume et de poids, on observe sous la capsule des ecchymoses plus oumoinslarges, il existe de nombreuses hémorrhagies interstitielles dans la substance corticale ; la substance tubuleuse est congestionnée. J'ai constaté ces altérations des reins chez un malade mort de fièvre palustre bilieuse avec anurie complète

| DR pendant les derniers jours de la maladie. Dans les deux reins la substance corticale était infiltrée de sang dans toute son étendue.

E. Tube digestif. — Le tube digestif ne présente en général aucune altération.

Bailly et Maillot signalent les altérations de l'estomac comme très fréquentes dans les fièvres pernicieuses. (Maillot, op. ect., p. 283.) Mais il est évident que ces auteurs n'ont pas pu échapper complètement au despotisme qu'exercait le génie de Broussais. Au moment où Maillot écrivait son livre sur les fie-

vres intermittentes, on avait une tendance si grande à voir par-

tout des gastrites, que les altérations cadavériques les plus con-

stantes, les plus banales de la muqueuse stomacale étaient rapportées à l’inflammation; c’est ainsi que le ramollissement de cette muqueuse, qui est la lésion le plus souvent signalée par Bailly et Maillot chez les sujets morts de paludisme, ne figure même plus aujourd’hui dans nos procès-verbaux d'autopsie. On sait que Broussais considérait les fièvres palustres comme des gastro-entérites périodiques, etil était naturel que des médecins imbus de la doctrine physiologique fussent amenés à décrire les moindres altérations de la muqueuse stomacale.

Le gros intestin et l'intestin grèle sont à l'état normal; on

n'observe aucune altération des plaques de Peyer, alors même

que la fièvre palustre a pris les apparences cliniques de la tièvre typhoïde. C’est seulement dans les cas où le paludisme se complique d’autres affections, telles que la dysenterie, qu'on rencontre des altérations du tube digestif, comme dans l’observation I, qui sera rapportée plus loin. Dans deux cas (observations LV et LVI) j'ai constaté les lésions de la fièvre typhoïde à côté de celles du paludisme; je reviendrai dans un autre cha-

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