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pitre sur cette question (v.chapitre vi, complications et maladies intercurrentes). Nous verrons que la coïncidence de la fièvre typhoïde et du paludisme chez un même individu, explique très bien la coexistence des lésions, qui du reste est exceptionnelle, puisque pendant un séjour de cinq années en Algérie je n’ai eu l’occasion de la noter que deux fois.
Le péritoine est généralement à l’état sain. M. le D' Obédénare à observé fréquemment à Bucharest, chez les malades atteints de fièvre continue palustre, une inflammation du péritoine au ni-
veau de larate, si bien qu'il a proposé de donner à cette affec- .
tion le nom de périsplénite (Gazette hebdom., 13 avril 1877). M. le D" Obédénare dit avoir rencontré ces lésions de la raie dans une soixantaine d’autopsies. « La capsule, dans ces cas, « est hyperémiée, épaissie, couverte de néo-membranes. ces
dernières s'étendent de la rate au colon et à l'estomac; plus souvent elles s'étendent de la face externe de la rate au diaphragme... Les néo-membranes sont assez molles au début; elles sont facilement déchirées avec le doigt, et ressemblentaux néo-membranes de la pleurésie...» (Obédénare, art. Danubienne (région) du Dietion. encyclop. des se. méd.)
En Algérie il est rare de rencontrer la périsplénite avec ce degré d'intensité dans le paludisme aigu, nous verrons plus loin que dans le paludisme chronique la périsplénite est à peu près constante.
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Les Vaisseaux sanguins du péritoine et des intestins renfer- .
ment des éléments pigmentés en plus ou moins grand nombre: dans un cas d'accès pernicieux j'ai trouvé le péritoine criblé de petites taches hémorrhagiques.
Les ganglions mésentériques ne sont pas hypertrophiés.
: Pa PALUDISME AIGU 77 F. Poumons. — Les plèvres sont saines d'ordinaire ainsi
que les poumons, qui ne présentent que les altérations de la congestion bypostatique. En général la partie antéro-supérieure des deux poumons est päle, très anémice, tandis que la partie postéro-inférieure est d'un rouge sombre et crépile mal ou ne " crépite pas sous la pression des doigts. Celte congestion hypo statique doit être considérée, dans la plupart des cas, comme une lésion en grande partie cadavérique.
ee L | Trois fois seulement sur douze autopsies de fièvre pernicieuse, ai trouvé dans les poumons des lésions inflammatoires plus moins étendues: pneumonie lobaire à la période d’hépatisa-
| e ou grise, pneumonie lobulaire.
des sn ou mons.
examen histologique des coupes du poumon pratiquées
“après durcissement par le procédé ordinaire révèle les lésions suivantes :
rs Sur les points atteints de congestion hypostatique simple, on
constate que les cloisons interalvéolaires sont épaissies par suite de la réplétion des capillaires sanguins ; on distingue au milieu des hématies contenues dans les petits vaisseaux des éléments pigmentés en plus ou moins grand nombre, ces éléments sont identiques à ceux décrits plus haut (Sang Rate}, On lrouve parfois dans les alvéoles un peu de sang plus ou moins altéré et des cellules épithéliales desquamées.
Dans les cas de congestion active, inflammatoire, on observe, outre les lésions précédentes, qu'un certain nombre d'alvéoles renferment des exsudats fibrineux et des cellules jeunes
en plus ou moins grand nombre mélangées souvent à des hématies.
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Da sa aucun cas, il n’y avait trace de tubercules aux sommets :
Lorsqu'il existe des noyaux de pneumonie lobulaire ou de la pneumonie lobaire, les alvéoles sont remplis, au niveau des parties hépatisées, par des cellules jeunes, des exsudats fibrineux, en général peu abondants, et des hématies.
M. Marchiafava a fait remarquer avec raison que dans la pheumonie aiguë des paludiques, l'exsudat fibrineux qui caractérise la pneumonie aiguë franche ou fibrineuse, faisait souvent défaut ; les alvéoles sont remplis surtout par un exsudat séreux et par des cellules épithéliales provenant de l'épithélium normal; il s’agit en un mot d’une pneumonie desquamative analogue à celle qu’on rencontre assez fréquemment dans la fièvre typhoïde. (Marchiafava, Contrib. à l'étude des lésions anatomiques de l'infection palusire, Rome, 1877.) Cette absence d’exsudat fibrineux explique l'aspect que présente souvent le poumon enflammé chez les paludiques; le parenchyme est plutôt splénisé qu'hépatisé, mais ces pneumonies se rencontrent plus souvent dans le paludisme chronique que dans le paludisme aigu ; nous y reviendrons plus loin.
Au milieu des hématies épanchées dans l’intérieur des alvéoles, on distingue parfois quelques éléments pigmentés, ce qui implique la possibilité de les retrouver dans l’expectoration lorsque celle-ci est teintée de sang.
Outre les éléments pigmentés renfermés dans l'intérieur des vaisseaux on trouve souvent dans le tissu conjonctif qui entoure les vaisseaux sanguins, du pigment en grande quantité; les éléments pigmentés extra-vasculaires sont identiques à ceux qu'on trouve à l’état normal dans les poumons et qui deviennent si abondants toutes les fois que le poumon est enflammé chroniquement; mais ici ces éléments prennent, en dehors de tout processus inflammatoire, une importance particulière, et
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il est permis de croire que le pigment intra-vasculaire est une des sources d'origine de ce pigment extra-vasculaire.
G. Muscles, Cœur. — Les muscles du tronc et des membres sont le plus souvent à l’élat sain. Lorsqu'on dissocie les fibres musculaires à l’état frais ou après un court séjour dans l’acool, ce qui facilite la dissociation, on constate presque toujours qu'elles sont régulièrement striées et que la seule anomalie consiste dans la présence d'éléments pigmentés en plus ou moins grand nombre dans les vaisseaux Capillaires. Une fois seulement (observation I), j'ai constaté que quelques fibres des muscles grands droits de l'abdomen et des psoas avaient subi une transformation granulo-vitreuse identique à celle qu'on observe si souvent dans les mêmes muscles sur les sujets morts de fièvre typhoïde.
Le myocarde a son aspect normal ou bien il est flasque, pâle et il présente à un degré plus ou moins marqué la teinte qui a êté désignée sous le nom de teinte feuille morte. Antonini et Mouard frères, Maillot, L. Laveran, Haspel, Dutroulau, L. Colin, Vallin ont insisté sur la décoloration et la flaccidité du cœur des sujets morts d'accès pernicieux.
M. Vallin a constaté dans plusieurs cas une altération histologique des fibres du cœur.
« Dans dix cas, écrit M. Vallin, nous avons fait un examen complet du cœur et des muscles volontaires : six fois la dégénérescence granulo-graisseuse du cœur était beaucoup trop marquée pour qu'il fût possible de la confondre avec les hauts degrés de l’état trouble considéré comme normal ; dans trois autres cas il pouvait y avoir doute, parce que la limite n'est pas bien tranchée entre les variétés de l’état réputé sain et l’alté-
ration pathologique ; enfin, une fois la putréfaction avait commencé, et l'examen histologique du cœur n’a pu être fait fructueusement à l’état frais. Quant aux muscles du squelette, dans trois cas il y avait une dégénérescence granulo-protéique simple, trois fois les fibres avaient l'apparence normale; dans deux autres cas, elles présentaient le premier degré de la transformation vitreuse.. Dans deux cas enfin, la transformation cireuse était complète et ne différait en rien de ce qu'on. rencontre au quinzième jour d'une variole ou d’une fièvre typhoïde. » (Vallin, Des altérations histologiques du cœur et des muscles volontaires dans les fièvres pernicieuses et rémittentes, Paris, 4874, p. 21.)
D'après mes propres observations, les altérations du cœur: seraient pour le moins très rares dans les fièvres palusties, et la décoloration dumyocarde s’expliquerait plutôt par l’anémie que par la dégénérescence des fibres musculaires. Toutes les fois que j'ai fait l'examen histologique du cœur chez des sujets morts | d'accidents pernicieux, et j'ai fait cet examen dans douze cas, j'ai constaté que les fibres musculaires étaient régulièrement striées ; le tissu conjonctif et les pelits vaisseaux étaient également à l’état sain. La seule anomalie consistait dans la présence d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux.
L'examen histologique du cœur doit être fait sur des coupes pratiquées après durcissement par le procédé ordinaire, colorées au picrocarmin et montées dans là glycérine. La dissociation des fibres du cœur à l’état frais ne donne que des préparations médiocres ou mauvaises, d’après lesquelles il est très difficile de juger de l'état des différents éléments consti= tutifs du myocarde. Comme les fibres du cœur se dissocient mal, on est toujours tenté de presser sur la lamelle couvre
objet afin de rendre la préparation plus mince, plus transparente, et les fibres musculaires écrasées perdent naturellement leur aspect normal. é :
H. Centres nerveux. — Les méninges cérébrales et spinales sont le plus souvent à l’état sain; cependant, sur les sujets morts de fièvre pernicieuse délirante ou comateuse, il n’est pas rare d'observer une injection vive des méninges à la convexité du cerveau; à la suite d’un accès comateux très prolongé, on peut même observer les lésions de la méningite aiguë.
Lorsqu'on a dépouillé le cerveau de ses méninges, on constate en général que la substance grise des circonvolutions a une teinte d'un gris beaucoup plus foncé qu'à l’état normal, ou bien encore une teinte violacée comparable à celle des fleurs de
certains horlensias de couleur sombre. Cette dernière coloration de la substance grise paraît être le résultat de la pigmentation du cerveau d'une part, et d'autre part, de l'hyperémie des circonvolutions cérébrales (observations IE, IF, IV). Deux fois seulement sur douze, j'ai noté que la teinte des circonvolutions cérébrales était normale; dans un de ces cas, il s'agissait d’une fièvre pernicieuse bilieuse (observation VI); dans le deuxième cas il existait une congestion très forte des deux poumons, qui
| vait certainement beaucoup contribué à amener la mort.
La substance grise des noyaux centraux du cerveau, du bulbe et de la moelle épinière présente, comme celle des circonvo-
Jutions cérébrales une teinte plus foncée qu'à l’état normal. On ne constate d'ordinaire dans les centres nerveux aucune è altération autre que la pigmentation anormale de la substance y. grise. |
f Pour faire l'examen histologique des centres nerveux, j'ai , j. LAVERAN, FIÈVRES PALUSTRES | 4 6
suivi le procédé classique, qui consiste à faire durcir des morceaux du cerveau, le bulbe entier et la moelle dans une solution d'acide chromique à 2 pour 1000. Lorsque le durcissement est suffisant, on pratique des coupes qui sont colorées par le carmin et montées dans le baume de Canada.
L'examen des coupes histologiques faites au niveau des cir-
convolutions cérébrales m'a toujours permis de constater que les capillaires renfermaient des éléments pigmentés en plus où moins grand nombre ; deux fois seulement ces éléments pigmentés sont notés comme rares (il s’agit des deux faits dans lésquels la coloration de la substance grise était normale). Dans tous les autres cas, les éléments pigmentés renfermés dans les capillaires du cerveau étaient très nombreux. C'est évidemment à la présence de ces éléments pigmentés dans les petits vaisseaux du cerveau qu'est due la teinte anormale de la substance grise ; les éléments pigmentés se rencontrent aussi dans les petits vaisseaux de la substance blanche, mais comme la substance blanche ne contient qu'un très petit nombre de vaisseaux, sa coloration est beaucoup moins modifiée par la présence des corps pigmentés que celle de la substance grise, qui renferme, comme on sait, un très grand nombre de capillaires.
Les éléments pigmentés sont souvent répartis assez inégale: | ment dans l’intérieur des capillaires cérébraux, quelques capil= laires n'en renferment que peu ou point, tandis que les capillaires voisins en sont véritablement obstruës. D’autres fois ces élémentssontrépartis d’une façon plusrégulière, etsur les coupes montées dans le baume de Canada on distingue dans toute la
“longueur des capillaires du cerveau un piqueté noir, souvent très régulier, formé de grains de pigment arrondis et de même
Le PALUDISME AIGU 83
grosseur (fig. 58). On dirait parfois, tant les corps pigmentés
sont nombreux, que les vaisseaux du cerveau ont été injectés
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avec une substance hyalit
noire pulvérulente. Les « ‘4
at en suspension une matière alins pigmentés se colorent
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Fig. 5. — Coupe de la substanca grise des circonvolutions motrices du c-rveau, Accès pernicieux comateux. — à, &',a",a", vaisseaux capillaires renfermant un grand nombre d' éléments pigmentés. — b,b', capillaires | coupés en travers ; on distingue au centre quelques grains pig- « mentés. — c, ©,’ c’, cellules cérébrales, les espaces péricellulaires sont à bien marqués, (Gross, : 300 diamètres.)
très peu par le carmin, et ils deviennent tout à fait transparents dans le baume de Canada, aussi on ne distingue en général sur ces coupes que les grains de pigment.
Les corps pigmentés siègent toujours à l’intérieur des vais-
sceaux, jamais en dehors.
Il n'existe aucune autre altération du cerveau, les éléments :
normaux et notamment les cellules cérébrales sont à l’état
Sain.
Dans le bulbe et dans la moelle épinière on constate les mêmes altérations que dans le cerveau; les petits vaisseaux renferment également des éléments pigmentés en plus ou moins grand nombre. Sur certaines coupes du bulbe, on constate que les capillaires qui desservent les noyaux de substance grise sont remplis d'éléments pigmentés. Les petits vaisseaux de la moelle épinière présentent les mêmes aspects que ceux du cerveau. Il n’existe du reste, en général, aucune altération des éléments propres du bulbe ni de Ia moelle épinière,
Maillot a noté souvent une injection vive de la moelle épinière et plusieurs fois un ramollissement rouge; on trouve dans son Traité des fièvres intermittentes l'observalion très curieuse d'un malade qui, à la suite d'un accès pernicieux comateux et alors que la fièvre avait cédé au sulfate de quinine, fut atteint de vastes eschares au sacrum et de contracture du bras droit ; l’autopsie montra que la substance blanche de Ia moelle n'était pas injectée, tandis que la substance grise l’était d’une facon bien évidente (op. eit., observation XIV). Il est bien probable qu'il existait dans ce cas une myélite centrale, qui explique très bien le décubitus acutus et la contracture du bras.
Poncet a noté dans certains cas de fièvre pernicieuse une teinte grisâtre de la papille du nerf optique visible à l’ophtalmoscope et due à la présence d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux du nerf optique. Cette altération doit ètre rapprochée de la pigmentation des centres nerveux; elle est d'autant plus intéressante qu’elle peut être constatée pendant
la vie. (Poncet, Rétino-choroïdite palustre. Société de biologie, 27 juillet 1878.)
[. Système osseux. — La moelle des os (vertèbres, côtes, sternum, ete.) présente une teinte brune très caractéristique. Des coupes histologiques faites sur des fragments d'os décalcifiés dans l'acide picrique, montrent que la moelle des os renfermeun grand nombre d'éléments pigmentés identiques à ceux que l'on trouve sur les coupes de la rate et du foie (observations V et VI),