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centre du tissu embryonnaire ou fibreux de nouvelle formalion d’alvéoles tapissés d'un épithélium cylindrique (Archives de physiologie, 1880, p. 143). Il est intéressant de rapprocher ces pneumonies expérimentales des pneumonies palustres, qui elles aussi sont provoquées par l'existence de corps étrangers dans l’intérieur des petits vaisseaux.
La tuberculose pulmonaire est assez rare en Algérie dans le paludisme chronique, il n’en est pas de même à Rome, où M. Marchiafava a eu souvent l'occasion de voir la tuberculose se développer chez des cachectiques palusires. (Marchiafava, Académie de médecine de Rome, 31 octobre 1879. — Marchiafava
et Ferraresi, Académie de médecine de Rome, 1881.)
Il n'existe en général dans le paludisme chronique aucune altération du eæur, du système nerveux, ni de l'appareil loco-
moleur.
RÉSUMÉ DES LÉSIONS ANATOMIQUES DU PALUDISME. — IMPORTANCE CAPITALE DES ÉLÉMENTS PIGMENTÉS. — HISTORIQUE DE LA MÉLANÉMIE.
Le paludisme aigu est très bien caractérisé au point de vue anatomique par l'existence d'éléments pigmentés dans le sang et principalement dans les petits vaisseaux de la rate et du foie.
Dans le paludisme chronique on observe souvent des lésions profondes de la rate, du foie, des reins, des poumons, mais l'altération la plus constante, le plus caractéristique est fournie encore ici par la présence d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux de la rate.
Lorsque des malades atteints de fièvre intermittente simple succombent à des complications, à des maladiesintercurrentes, on constate également chez eux, notamment dans la rate, l’exis-
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tence des éléments pigmentés qui sont le véritable cachet ana- tomique du paludisme. On trouvera plus loin (voyez : chapitre vi) les observations de deux malades qui, entrés à l'hôpital pour fièvre intermittente, ont succombé le premier à une pneumonie aiguë, le deuxième à une variole hémorrhagique ; dans . ces deux cas l’autopsie permit de constater que la rate renfer- . mait un grand nombre d'éléments pigmentés.
L'étude des lésions anatomiques du paludisme nous montre en somme que l’altération la plus caractéristique, la seule constante du paludisme, consiste dans la présence d'éléments pig- - mentés dans le sang et principalement dans le sang de la rate; les corps pigmentés qui existent dans le sang des paludiques ne se rencontrent dans aucune autre maladie. L'anatomie pa- thologique ne peut guère nous conduire au delà de ces conclusions, elle nous renseigne mal sur la nature de ces éléments pigmentés.
L'examen du sang recueilli aussitôt après la mort montre, il
est vrai, qu'à côté des leucocytes mélanifères il existe des corps hyalins pigmentés doués de formes très caractéristiques, mais l'étude du sang frais recueilli sur les malades atteints de
lièvre palustre permet seule de reconnaitre la véritable nature
de ces éléments.
Avant d'aborder cette étude, qui fera l'objet du chapitre sui-
vant, il me paraît nécessaire de consacrer quelques pages à l’histoire de la mélanémie qui, considérée jusqu'ici par la majorité des auteurs comme une lésion accessoire des fièvres palustres, mérite désormais de prendre la première place parmi les altérations anatomiques du paludisme.
Il est intéressant de voir, et c'est ce qui ressortira de cet historique, que la mélanémie a acquis de plus en plus d'impor-
tanceà mesure que l’anatomie pathologique des fièvres palustres faisait des progrès, et de constater combien les théories de la mélanémie proposées jusqu’à ce jour étaient peu satisfaisantes.
Les premiers observateurs, privés du secours du microscope, ne pouvaient que constater la teinte brunâtre que présentent souvent la rate, le foie et le cerveau chez les sujets morts de paludisme, et ils n’enregistraient cette altération que lorsqu'elle était très marquée, et qu’elle s'imposait, pour ainsi dire, à l’attenlion.
Lancisi note la coloration noirâtre du foie chez un individu mort de fièvre bilieuse palustre (De noxiis paludum effluviis. Mn Opera omnia, Genevæ, 1718). É
Stoll signale une pigmentation foncée du cerveau et du foie chez une femme morte à la suite d’une fièvre intermittente (Ratio medendi, t. 1, p. 106).
Bailly remarque que chez plusieurs individus morts de fièvre pernicieuse, le foie tout entier était noirâtre et que la couleur du cerveau était beaucoup plus foncée qu'à l'état normal (Traité anatomo-pathologique des fièvres intermittentes, Paris, 1895, p.181, etc.).
Monfalcon signale à plusieurs reprises la pigmentation exagérée du cerveau chez des malades morts de fièvre palustre (Histoire médicale des marais, p. 306-322).
Popken et Fricke mettent la pigmentation anormale de la rate, du foie et du cerveau au nombre des altérations les plus fréquentes qu’ils eurent l'occasion d'observer pendant l'épidémie de fièvres palustres qui régna en 1826, sur les côtes de la mer du Nord. (Cilés par Frerichs, Traité des maladies du foie, traduct, franç., Paris, 1866, p. 490.)
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Chisholm constate que dans les fièvres rémittentes des Indes Occidentales, le foie présente quelquefois une coloration qui rappelle celle du liège pourri.
Thussinck (épidémie de Groningue en 1826) note la couleur grise, ardoisée du foie ; de même Anderson, Prick, Drake (cités par Griesinger, Traité des maladies infectieuses, 2 édition, p. 96).
R. Bright a donné le dessin d'un cerveau dans lequel la substance grise des circonvolutions avait une couleur sombre semblable à celle du graphite (Reports of med. cases, ch. vi, pl. XVII-XIX).
Annesley, Stewardson signalent Ia coloration brunâtre que présentent souvent la rate et Le foie chez les individus morts de fièvre palustre.
La teinte particulière de la rate, du foie et de la substance grise des centres nerveux chez les sujets morts à la suite d’accidents pernicieux, ne pouvait pas échapper à un observateur aussi habile et aussi consciencieux que Maillot.
L'illustre auteur du Traité des fièvres intermittentes signale en effet à plusieurs reprises la teinte brunâtre de la rate, et il compare justement cette teinte à celle du chocolat à l’eau. Sur vingt-deux autopsies de fièvre pernicieuse, Maillot note huit fois la coloration foncée de la substance grise du cerveau ; dans cinq cas cette coloration était portée jusqu'à une teinte noirâtre. (Traité des fièvres intermitenttes, Paris, 1836, p. 283-9287.)
Maillot, privé du secours du microscope, ne pouvait pas se rendre compte des causes de cette pigmentation, qu’il a été conduit à considérer comme une conséquence de l’inflammation. (Op.cit.,p. 328.)
Haspel mentionne aussi la pigmentation anormale de la rate,
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du foie et de la substance grise du cerveau au nombre des altérations qu'il a rencontrées le plus souvent chez les sujets morts de fièvre palustre. (Haspel, Maladies de l'Algérie, j Paris, 1850; LL D. 335, t:ILp: 818:)
C'est très probablement à la mélanémie palustre que se rapportent les observations publiées par Tigri en 1857 dans la Gazette médicale de Toscane, sousle titre de Peau bronzée et rate | noire (analyse in Gazette hebdom., 1857, p. 386.)
Meckel le premier reconnut que la coloration brunâtre de certains viscères chez les sujets morts de fièvre palustre dépendait d’une accumulation de pigment dans le sang. (Zeitschr. J. Psychiatr. v. Damerow, 1847,et Deutsche Klinik, 1850.) Peu après Virchow constatait l'existence de nombreux élé-. ments pigwentés dans le sang et dans la rate d’un homme mort de fièvre intermittente. (Archio. f. Pathol. Anat. v. Damerow, 1848, Band II, Seite 594.)
Dans sa Pathologie cellulaire, Virchow rend compte en ces termes de ses recherches sur Ia mélanémie : « Je trouvai, ditil, des cellules à pigment dans le sang du cœur d'un malade sujet à la fièvre intermittente et dont la rate était depuis longtemps volumineuse. Meckel n'avait trouvé que des granules de pigment et de petits amas de granules. Les cellules que j’observais avaient une grande analogie avec les globules blancs du sang, elles étaient sphériques, allongées parfois, à noyaux; leur intérieur était sablé de granules noirâtres plus ou moins volumineux. Dans ce cas la rate était aussi noirâtre et volumineuse. » (Virchow, Pathologie cellulaire, traduction française de P. Picard, Paris, 1861, p. 184.) |
Heschl (Zeïtschr. d. Gessellschaft der Aerzte, Wien, 1850) el Planer (même recueil, 4854) ont publié un grand nombre de
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faits relatifs à la mélanémie palustre ; ils ont bien observé en particulier la mélanémie des centres nerveux, mais c'est sans contredit Frerichs qui a donné la meilleure description de cette altération du paludisme et qui le premier en a compris l'importance.
Frerichs décrit très bien les altérations produites par la mélanémie dans les différents organes : foie, rate, poumons, reins, cerveau. 1! signale dans le cerveau à côté des particules de pigment, « des concrétions incolores et hyalines qui obstruent cerlains vaisseaux capillaires et qui sont reconnaissables à leur puissance réfringente. » (Traité des maladies du fote, trad. française, p. 493.)
Frerichs a bien vu que le pigment est tantôt libre, tantôt renfermé dans des éléments, qui sont des leucocytes ou des corps
hyalins. Rarement, écrit-il, les granules de pigment sont isolés, « La plupart du temps plusieurs sont réunis en groupe au moyen d’une substance pâle, soluble dans l'acide acétique et dans les alcalis caustiques. Ces conglomérats présentent des formes très diverses, il en est de ronds, de longs ; d'autres ressemblent à des boudins ou sont irrégulièrement ramifiés. Il n'existe pas de limites membraneuses bien nettes, la substance unissante hyaline qui possède les propriétés de la fibrine, enveloppe ces conglomérats d'un liséré tantôt mince tantôt plus large, mais dont les contours restent indécis. » (Op. eit., p. 493- 494.)
Il paraît évident que Frerichs a vu les formes cadavériques des éléments parasitaires qui seront décrits dans le chapitre suivant sous les noms de corps kystiques n° 1 et n°2.
Frerichs a compris le rôle important que ces éléments pigmentés du sang devaient jouer dans la pathogénie de certains ac-
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