‹ Traité des fièvres palustresChapitre 38 sur 166 · RE SR AURA · texte numérisé non relu

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fibreux qui entourent en général plusieurs lobules hépatiques, Au milieu des faisceaux de tissu flbreux et des éléments embryonnaires on distingue des vaisseaux capillaires en grand nombre et des canalicules biliaires de nouvelle formation.

La limite entre la gangue fibreuse et le tissu hépatique est en général bien tranchée, cependant quelques lobules sont envahis par le tissu embryonnaire. Sur un assez grand nombre de points les cellules hépatiques sont en voiede dégénérescence graisseuse; dans certains lobules les cellules hépatiques sont fortement chargées de pigment biliaire, enfin à la périphérie des lobules il n’est pas rare de rencontrer des cellules hépatiques en voie de prolifération,

Rute, Goupes fuites après durcissement par le procédé ordinaire. Périsplénite très marquée; plaques fibreuses constituées par des faisceaux stratifiés à fibres parallèles; au milieu des faisceaux fibreux on observe des cellules plates.

Dans l'épaisseur du parenchyme splénique, tractus fibreux qui suivent le trajet des vaisseaux. Tous les vaisseaux de la rate sont dilatés, gorgés de sang. On trouve çà et là de petits foyers hémorrhagiques. Éléments pigmentés dans l’intérieur des vaisseaux ou le long des vaisseaux. Sur les préparations traitées au pinceau le réticulum ne paraît pas altéré. |

Reins. Goupes faites après durcissement. Pas d’altérations notables

FIÈVRE INTERMITTENTE, — PNEUMONIE CHRONIQUE AVEC DILATATION DES BRONGHES. — MORT. — AUTOPSIE

B..., âgé de vingt-cinq ans, soldat au 3° zouaves, en Algérie dépuis trois ans, a eu la fièvre intermittente à plusieurs reprises, notamment au mois de septembre 1878 ; la fièvre a cédé au sulfate de quinine. Dans les derniers jours du Mois d'octobre 1878, lémalade a ressenti un point de côté sous-mammaire à droite; dyspnée, toux fréquente avec expectoration abondante. A plusieurs reprises, il y à eu des hémoptysies abondantes, et des vomiques se reproduisant principalement le matin à la suite de quintes de toux.

Je vois pour la première fois le malade au mois de septembre1819 :

il est très faible, très anémié, très amaigri ; il se plaint de tousser

beaucoup. Toux quinteuse réveillée par les mouvements le malade, expectoration purulente, abondante, sans odeur f Crachats franchement purulents non aérés. Le malade remplit deux ou trois crachoirs chaque jour. Apyrexie le matin. Il ya quelquefois un mouvement fébrile le soir et des sueurs nocturnes. F4

En somme les symptômes généraux, l'habitus du malade, Ja toux, l’'expectoration semblent annoncer une tuberculose pulmonaire chronique à la période d’ulcération ; mais l'examen de la poitrine ne confirme pas cette hypothèse.

L'examen du côté gauche du thorax ne révèle rien d'anormal, le poumon gauche paraît fonctionner d'une façon très régulière, et à droite les lésions sont localisées à la base.

Matité déclive à la partie postérieure du côté droit remontant jusqu'à deux travers de doigt de l'épine de l'omoplate, la ligne supérieure de matité se prolonge latéralement en s’abaissant un peu. A la partie antérieure la matité déclive comme en arrière, | remonte jusqu'au mamelon, plus haut la sonorité est normale.

Les vibrations thoraciques sont conservées dans la zone de malité ; elles sont aussi fortes à droite qu’à gauche.

Le bruit respiratoire est normal dans toute l'étendue du côté gauche et au sommet droit. En appliquant l'oreille au niveau de la pointe de l’omoplate du côté droit, on perçoit un bruit de souffle très fort et de gros râles humides tout à fait comparables au gargouillement qui se produit dans des cavernes. Le souffle et les râles s'entendent dans presque toute l'étendue de la zone de matité ; mais c’est au niveau de la pointe de l’omoplate qu'ils ont leur maximum d'intensité. Bronchophonie très marquée à la base du côté droit, pas d'égophonie.

L'exploration des autres organes ne révèle rien d’anormai, Le foie ne dépasse pas le rebord des fausses côtes.

Les traitements mis en usage ne produisent aucune amélioration. | Adiverses reprises, je constate de petites hémoptysies,les crachats pu: rulents sontalors mélangés à des crachats aérés d’un rouge vif. Les

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signes locaux persistent sans modification bien sensible à la base du côté droit; dans les derniers temps, on constate en outre les signes d’une bronchite généralisée, râles sibilants et ronflants disséminés des deux côtés de la poitrine. Au mois de novembre, les quintes de toux sont si fréquentes et si fortes qu'elles déterminent des vomis-

sements et que l'alimentation devient impossible.

Mort dans le marasme le 26 novembre 1879.

Autopsie, faite le 27 novembre. Le cadavre est celui d'un homme profondément cachectique ; amaigrissement considérable, un peu d'ædème des membres inférieurs. ;

Thorax. Symphyse pleurale ancienne à droite. Adhérences tres solides, pas de traces d’épanchement pleurétique récent. Du côté gauche pas d’adhérences pleurales, la plèvre gauche renferme une petite quantité de sérosité citrine, 150 grammes environ.

Poumon droit. Les trois lobes adhèrent entre eux et ne forment plus qu'une seule masse. Dans toute sa moitié inférieure (lobe inférieur et moitié inférieure du lobe moyen) le poumon droit presente les altérations suivantes : le parenchyme pulmonaire est induré, résistant, d'une teinte grisâtre avec des marbrures noires. Lorsqu'on pratique des coupes, il semble qu’on incise un tissu fibreux. Sur les coupes on trouve de nombreux orifices de diamètre variable qui correspondent évidemment à des dilatations des bronches ; sur quelques points les dilatations bronchiques ont l'aspect de cavernes dans lesquelles on logerait facilement des noisettes ou des noix ; les parois sont lisses, recouvertes de pus. Ces cavités communiquent toujours largement avec les bronches.

Dans sa partie supérieure, le poumon droit ne présente que des altérations légères ; le parenchyme crépite sous le doigt, il n'y a pas trace de tubercules ; on sent bien au toucher des indurations, mais il est facile de s'assurer que ces indurations correspondent aux bronches, dont les parois semblent être notablement épaissies.

Poumon gauche, Le lobe inférieur est engoué, crépite mal ; le lobe supérieur est induré dans sa partie inférieure, et on retrouve là les lésions de la pneumonie chronique signalées à droite, mais moins avancées.

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Pas de traces de tubercules aux sommets.

Les ganglions bronchiques sont hypertrophies, mais non caséeux.

La muqueuse de la trachée et des grosses bronches est ardoisée, recouverte de pus.

Les deux feuillets du péricarde sont confondus en une seule

membrane fibreuse (symphyse complète). Le cœur est sain du De: À reste. ee L Abdomen. Le péritoine est sain ; pas de traces de granulations . tuberculeuses. 7 Intestins normaux. Pas de traces d’entérite tuberculeuse. p Le foie est volumineux, il pèse 2,200 grammes. Aspect du foie 4 gras. K La rate, notablement augmentée de volume, à une teinte ardoisée h très marquée ; sa consistance est augmentée, et sur les coupes elle à a l'aspect décrit sous le nom de rate sagou. : Reins. La capsule est un peu adhérente et la surface des reins 4 mise à nu est légèrement granuleuse. Consistance un peu augmentée. Chaque rein pèse 190 grammes. .

Le crâne n’a pas été ouvert. s

Examen histologique. Poumons. Lobe inférieur droit (coupes faites après durcissement par le procédé ordinaire). Des tractus fibreux très épais circonscrivent les lobules pulmonaires, ces tractus sont | ÿ constitués par des faisceaux de fibres très fines qui s’entrecroisent # dans tous les sens ; au milieu de ce tissu fibreux on distingue des vaisseaux sanguins en grand nombre, artérioles ou veinules, des noyaux et des cellules embryonnaires plus ou moins abondantes suivant qu’on examine tel ou tel point des préparations. +

Au centre des lobules on distingue également des faisceaux de tissu fibreux qui sont disposés autour des artérioles et des bronchioles. La bronchiole centrale est souvent dilatée, sa paroi est épaissie, infiltrée d'éléments embryonnaires. +

Les parois interalvéolaires fortement épaissies sont constituées par du tissu fibreux qui se rattache d’une part à l'anneau fibreux périlobulaire et d'autre part aux tractus fibreux péribronchiques. Les cavités alvéolaires qui n'ont pas disparu au milieu du tissu de nou-

velle formation se présentent sous l'aspect d’'orifices arrondis ou ovalaires dont les parois sont tapissées d’un épithélium cubique ou cylindrique en général très régulier; chaque cellule épithéliale présente un noyau allongé qui se colore en rose vif par le carmin ; dans l'intérieur des alvéoles ainsi transformés, on distingue d'’ordinaire des cellules granuleuses. Çà et là on rencontre encore quelques groupes d’alvéoles dont l'aspect diffère peu de l'aspect normal.

Quelques artérioles présentent les altérations caractéristiques de l'endartérite.

Au milieu du tissu conjonctif de nouvelle formation, on trouve de nombreuses cellules remplies de pigment.

Lobe supérieur droit. La plupart des lobules examinés présentent les altérations suivantes: la bronchiole centrale est dilatée, sa paroi est épaissie, infiltrée d'éléments embryonnaires, sa surface interne est inégale, mamelonnée, dépourvue d'épithélium. Autour de la bronchiole et de l’artériole centrales, il existe du tissu embryonnaire ou du tissu fibreux. Les cloisons interalvéolaires sont légèrement épaissies au voisinage de l'anneau fibreux central; les alvéoles renferment des cellules provenant de la prolifération de l’endothélium et quelquefois de petits bouchons fibrineux comme dans la pneumonie aiguë. Quand on s'éloigne des bronches enflam-

mées on retrouve le parenchyme pulmonaire avec ses caractères

normaux.

Lobe moyen droit. Il présente dans sa partie inférieure des altérations identiques à celles du lobe inférieur quoique à un degré un peu moins avancé.

Lobe supérieur gauche. Les altérations sont les mêmes que dans le lobe supérieur droit.

Rate, Dégénérescence amyloïde trèsavancéeoccupantlesartérioles etles corpuscules de Malpighi, c'est-à-dire les gaines de tissu lymphoïde situées autour des artérioles. Le squelette fibreux de la rate est très épaissi. Éléments pigmentés en grand nombre.

Reins. Dégénérescence amyloïde commençante. La plupart des glomérules présentent sur les coupes colorées à l'aide du violet de méthylaniline une, deux ou trois taches violettes, En dehors des

Le

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. glomérules, il n’y a pas trace de dégénérescence amyloïde. Quelques ; glomérules présentent une capsule épaissie.Saufcette légère altération |

le tissu conjonctif des reins est à l’état sain ainsi que l'épithélium à

des tubuli. 4

Foie. Dégénérescence graisseuse très prononcée surtout à la pé-

riphérie des lobules. Pas de traces de dégénérescence amyloïde. Il >

n'y à pas d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux. e

CACHEXIE PALUSTRE. — NÉPHRITE ET PNBUMONIE CHRONIQUES PÉRITONITE AIGUE ULTIMB. — MORT. — AUTOPSIE, , "-

L'observation de ce malade mort dans le service d’un de mes collègues n’a pas été recueillie. Il s'agit d'un tirailleur indigène qui avait été atteint à plusieurs reprises de fièvre intermittente et qui à son entrée à l'hôpital de Constantine présentait de l’'apasarque; les urines renfermaient de l’albumine en quantité assez considérable et le diagnostic de cacheæie palustre avec néphrite albumineuse fut porté. En même temps le malade toussait et l'examen dela poitrine révélait l'existence de râles bronchiques sibilants etronflants, Le 20 septembre des accidents de péritonite se déclarèrent sans cause connue, et ne tardèrent pas à entraîner la mort.

Aulopsie, faite le 25 RUES 1879 quelques heures après la mort. {

Abdomen. Le péritoine renferme du pus, la S RER recouverte çà et là par des exsudats jaunûtres. fx COTE

Les intestins ne sont pas malades, il n° y A pas race

à \ #° té |

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La rate volumineuse et fibreuse pèse 800 gT foie paraît normal. | n. per Reins. Les deux reins sont notablement augmentés de volume, La capsule se détache facilement, la surface est lisse, blanchâtre. Sur les coupes, la substance corticale est d'un blanc jaunâtre, épaissie ; les pyramides ont au contraire leur coloration et leur vor,

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lume normaux. Les reins ont en somme l'aspect des gros reins blancs.

Thorax. Plèvres saines. Poumons: il n’y a pas de tubercules notamment aux sommets. À la base du poumon droit le parenchyme pulmonaire est induré, rougeâtre, résistant et non friable comme dans l’hépatisation rouge, les bronches sont dilatées à ce niveau. A la base du poumon gauche on trouve aussi un noyau d’induration qui présente le même aspect qu'à droite,

Lc cœur ne présente aucune altération notable.

Examen histologique. Reins. Examen fait sur des coupesaprès durcissement par le procédé ordinaire. Les éléments constitutifs des lobules rénaux présentent dans les deux reins les altérations suivantes.

Dans les tubes contournés les cellules épithéliales sont volumineuses, remplies de granulations et de globules hyalins (dégénérescence muqueuse). Sur les préparations traitées par l’acide acétique les granulations fines disparaissent en partie, les globules hyalins deviennent au contraire plus apparents.

Les tubes droits de gros calibre présentent sur quelques points une altération analogue à celle des tubes contournés, c'est-à-dire que l’épithélium est tuméfié et que les cellules épithéliales ont subi la dégénérescence mucoïde. Les tubes droits de petit calibre montrent un épithélium sain, mais ils renferment souvent des cylindres hyalins qui se rencontrent aussi, mais plus rarement dans les tubes droits de gros calibre.

Le tissu conjonctif des reins, les vaisseaux sanguins et les glomérules de Malpighi sont à l’état sain.

Poumon (parties indurées, coupes faites après durcissement). Les préparations se présentent sous deux aspects différents suivant les points qu’on examine ; sur les unes c’est le tissu fibreux qui prédomine, sur les autres c’est le tissu embryonnaire. Ces deux aspects correspondent évidernment à deux phases de la pneumonie interstitielle.

a) Phase embryonnaire. Les éléments normaux du poumon sont dissociés par des cellules embryonnaires. Les alvéoles pulmonaires rétrécis et déformés renferment des cellules épithéliales libres, gra-

nuleuses, qui se colorent mal parle picrocarmin. Les petites bronches se reconnaissent à l'épithélium cylindrique qui les tapisse, elles ne sont pas notablement dilatées. Les vaisseaux sanguins sont très nombreux dans le tissu de nouvelle formation. | b) Phase fibreuse. Autour des lobules on distingue des tractus fibreux plus ou moins épais ; le tissu de nouvelle formation est conslitué par des faisceaux de fibres conjonctives très fines, qui | s'entrecroisent dans tous les sens ; au milieu des fibres on distingue ça et là des amas de cellules embryonnaires et de petits vaisseaux en grand nombre. Cet anneau fibreux périlobulaire se continue avec les cloisons interalvéolaires, qui sont fortement épaissies et qui ont . subi également la transformation fibreuse. Le tissu fibreux est également trés développé autour des bronchioles et des vaisseaux intralobulaires. Les alvéoles pulmonaires enclavés dans le tissu fibreux sont très rétrécis, ils se montrent sous l'aspect d'orifices arrondis ou ovalaires, tapissés en général par un épithélium régulier cubique ou cylindrique comme celui des bronches. Sur quelques points on peut suivre les transformations de l’endothélium normal des alvéoles pulmonaires en un épithélium cylindrique. Les noyaux se gonflent, les cellules deviennent plus apparentes qu'à l'état normal et se multiplient, les cellules anciennes se détachent, les cellules jeunes se serrent les unes contre les autres et forment un revêtement épithélial régulier d’abord cubique, puis cylindrique.

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