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CHAPITRE III LES MICROBES DU PALUDISME

MODE D'EXAMEN DU SANG. — DIFFÉRENTS ASPECTS SOUS LESQUELS SE PRÉSENTENT LES MICROBES DU PALUDISME. — CORPS KYSTIQUES N° 1, N° 2 ET N° 3. — FILAMENTS MOBILES. — (CAUSES QUI INFLUENT SUR LE NOMBRE ET SUR LA NATURE DES ÉLÉMENTS PARASITAIRES DANS LE SANG DES PALUDIQUES. — NATURE DES MICROBES DU PALUDISME.

L'anatomie pathologique démontre que la lésion constante et absolument caractéristique du paludisme consiste dans la présence d'éléments pigmentés dans le sang. L'étude des lésions cadavériques ne fournissant, sur la nature et le mode de forma. tion de ces éléments, que des renseignements peu satisfaisants, | il était indiqué de rechercher dans le sang frais recueilli sur. des malades atteints de fièvre palustre des données plus” exactes. ï

En suivant cette méthode, je ne tardai pas à reconnaître” qu'on trouvait dans le sang de certains malades atteints a fièvre intermittente, outre les leucocytes mélanifères déjà connus, des éléments sphériques, cylindriques ou en croissant, de forme très régulière, pigmentés, très distincts des leucocytes chargés de pigment. Je soupçonnais depuis quelque temps. la nature parasitaire de ces corps, lorsque le 6 novembre 1880, |

Ur

MODE D'EXAMEN 455 en examinant un des éléments sphériques, pigmentés, dans ‘une préparation de sang frais, je constatai avec joie qu'il existait à la périphérie de eet élément des filaments mobil: animée n'était pas contestable (observation XIII ment j'eus la conviction que j'avais trouvé le parasite du paludisme ; les faits en très grand nombre que j'ai observés depuis

lors ont pleinement confirmé cette première impression.

La technique qui permet d'observer les éléments parasitaires du sang chez les paludiques est très simple, il est cependant nécessaire d'entrer ici dans quelques détails, car la recherche des éléments parasitaires dans le sang n’est pas sans présenter quelques difficultés.

4e Choix du malade, — Les éléments parasitaires ne se trouvent pas à l'état permanent dans le sang des paludiques : 4 j'examinerai plus loin les influences qui agissent sur le nombre et la nature de ces éléments; pour l'instant il nous suffit de savoir que c’est au début des accès de fièvre ou dansles heures qui précèdent l'invasion des accès que les parasites se trouvent en plus grand nombre dans le sang et qu'ils sont par suite plus faciles à observer, On choisira autant que possible un malade qui a déjà eu plusieurs atteintes de fièvre palustre et qui est fo ement anémié; les parasites sont en général nombreux dans cas et d'autant plus faciles à trouver que le sang est plus uvre en hématies ; on choisira surtout un malade n'ayant pas “pris de sulfate de quinine depuis quelque temps.

2 Technique pour la préparation du sang. — Lorsqu'on

- veut procéder à l'examen du sang, on commence par préparer -deux lamelles couvre-objet et deux lamelles porte-objet bien planes ; il est bon de laver ces lamelles à l’eau d’abord puis à

l'alcool, bien que les microbes du paludisme soient trop caractéristiques pour qu’on ait à craindre de les confondre avec les | poussières, les spores ou les bactéries qui existent en suspension dans l'air et qui peuvent s'introduire directement dans les. préparations.

Une préparation suffit en général pour l'examen du sang, mais il est sage d’en faire deux, l'une des préparations pouvant être mauvaise et se prêter mal à la recherche des microbes à cause de son épaisseur ou pour tout autre motif.

Après avoir lavé à l'eau d’abord, puis à l'alcool un des doigts du malade dont on se propose d'examiner le sang, on comprime le doigt à sa base et on pique la pulpe à l’aide d'une épingle neuve ou d’une lancette bien propre, en ayant

Soin de choisir un endroit où l’épiderme n'est pas trop épais. La goutte de sang qu’on obtient ainsi doit être de moyen volume ; lorsque la peau est sèche, la goutte de sang prend une forme arrondie, perlée ; lorsqu'il fait très chaud et que la peau est couverte de sueur ou bien lorsqu'on procède à l’examen du sang chez un malade qui est à la période de sueurs d’un accès, la goutte de sang s'étale et se mélange à la sueur, ce qui est un inconvénient; il faut alors essuyer la peau avec soin et recueillir Le sang très rapidement.

On recueille la goutte de sang qui s’est formée à l'extrémité du doigt en approchant au contact une des lamelles porteobjet qui ont été préparées à cet effet; la lamelle ne doit pas toucher la peau; la gouttelette de sang adhère en partie à la lamelle de verre ; on la recouvre immédiatement avec une des Jamelles couvre-objet de la manière suivante : on dépose avec l'haleine une légère buée à la surface des lamelles couvreobjet et porte-objet, la lamelle couvre-objet est appliquée

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