CORPS N
Les corps kystiques sphériques sonttantôtlibres dansle sérum, tantôt accolés à des hématies (4, I, K, L, fig. 7). Les corps de petit volume libres dans le sérum sont souventréunis par groupes de quatre, cinq, six ou davantage (Æ, fig. 7).
Les corps kystiques accolés à des hématies ont un volume variable : tantôt il s'agitde corps de très petit volume ne renfermant chacun qu’un, deux ou trois grains pigmentés et pouvant se trouver au nombre de deux, trois ou quatre sur une même hématie (4, I, K, fig. 7), tantôt ces corps plus volumineux ont presque un diamètre égal à celui de l'hématie (Z, fig. 7), qui pâlit de plus en plus et qui ne se trahit plus que par une zone d'un jaune très pâle autour de l'élément parasitaire.
[Il arrive un moment où l'hématie ne se distingue plus qu'à son contour; sa teinte particulière a disparu ; sa transparence est la même que celle de l'élément parasitaire qui lui est accolé. Ce dernier corps paraît alors entouré d’une zone transparente, qui lui est plus ou moins concentrique; bientôt l’hématie disparaît complètement, et à mesure que l'hématie s'efface le corps n° 2 augmente de volume.
On trouve souvent dans les préparations du sang des paludiques des hématies qui présentent de petites taches claires et qu'on pourrait désigner sous le nom d'hématies piquées(G, fig.7). Il est probable que ces taches claires sont produites par des corps sphériques à l’état naissant, pour ainsi dire, qui ne contiennent pas encore de pigment. MM. Marchiafava et Cell paraissent avoir observé cette phase du l'altération du sang des paludiques (Gazz. degli Ospitali, 1883, n° 66).
Certains corps n° 2 renfermant des grains de pigment ont exactement le diamètre des hématies; aussi devait-on se demander s'il s'agissait d'éléments parasitaires ayant une
existence indépendante ou bien d’hématies altérées par la présence des parasites qui auraient pénétré dans l'intérieur des
hématies comme les charançons pénètrent dans des grains de.
blé; cette hypothèse et cette comparaison ont été faites par M.le D" Richard (communication à l’Académie des sciences, 20 février 1882).
A côté des corps n° 2 qui ont à peu près le diamètre des … … hématies, il en existe d’autres qui n'ont que 1 à 2 millièmes
de millimètre de diamètre et qui par conséquent sont plus petits que les plus petits globules du sang; l'existence dans le sang de corps n° 2 de moyen et de petit volume, libres, indépendants
des hématies, montre bien que ces corps ont une existence
propre; de plus une hématie qui n’a pas d’enveloppe proprement dite et dont l’élasticité est si grande qu’elle cède à la moindre pression, n’est pas assimilable à un grain de blé.
M. le D' Richard à du reste abandonné de lui-même l'hypothèse qu'il avait émise. Dans sa dernière publication sur les microbes du paludisme il s'exprime ainsi: « Ces corps, ditil en parlant des corps kystiques n° 2, sont tantôt isolés, tantôt accolés par deux, par trois ou même par quatre. Mais bien plus
fréquerament, au lieu de nager en liberté dans le plasma, ils
sont accolés à des globules rouges, aux dépens desquels ils se nourrissent. Tantôt le globule ainsi parasité conserve sa forme discoïde, le plus souvent il se met en calotte, embrassant le microbe par sa concavité. On pourrait alors croire que ce dernier est renfermé dans le globule lui-même et j'ai pensé pendant longtemps qu'il en était ainsi; aujourd’hui je suis persuadé du contraire. » (Revue scientifique, 1883, p. 114.) Lorsqu'on examine des corps n° 2 de moyenne ou de grande dimension à une temoérature de 30 à 35° C., on constate sou-
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- s’agitent très vivement à l’intérieur; ces déformations, qui se 14 produisent avec une certaine lenteur, comme celles des amibes, Ne MS : sont faciles à constater quand on a soin de laisser le même élément dans le champ du microscope et de le dessiner toutes les Lx inq minutes par exemple (observation XVIT).
rds des corps n° 2. x à j
Lorsqu'on examine attentivement un corps n° 9, il arrive
parfois qu'on voit ce corps se segmenter en trois ou quatre élé-
ments semblables, mais de petit volume, ces éléments peuvent se confondre de nouveau en un seul, de sorte que le corps n° 2 reprend son aspect primilif.
Au bout d’un temps variable, les mouvements des grains pig-
mentés s'arrêtent, les corps n° 2 prennent alors leurs formes | * cadavériques, qui seront décrites plus loin (v. corps n° 3).
Les corps n° 2 ne possèdent pas de noyau visible à l’état frais, et alors même qu'on les colore par le carmin, on n'arrive | Qi: pas à décéler l'existence d'un noyau, ce qui ne permet pas de confondre ces corps avec des leucocytes mélanifères alors même qu'il s'agit d'éléments ayant à peu près le diamètre des leucocytes.
Filaments mobiles. — Lorsqu'on examine avec attention une préparation de sang renfermant des corps kystiques sphériques, il arrive souvent que sur les bords de quelques-uns de ces éléments on distingue des filaments mobiles qui s'agitent avec une grande vivacité et qui impriment aux hématies voisines des mouvements rapides et très variés. Ces filaments mobiles dont la nature animée n’est pas contestable, paraissent repré-
senter l’état adulte des microbes du paludisme; leur étude a donc une grande importance, ce sont malheureusement parmi
les divers éléments parasitaires qui existent dans le sang des
paludiques, ceux dont l'observation présente le plus de diffi-
cultés,.
Les filaments mobiles sont très longs pour des microbes ils ont en effet trois ou quatre fois le diamètre des hématies, soit de 21 à 28 millièmes de millimètre de long; mais leur ténuité et leur transparence sont telles qu’à l'état de repos on ne les aperçoit pas. C’est ainsi qu'au repos les cils vibratiles de certains infusôires ne sont pas apparents. On sait qu'une baguette
de verre plongée dans le baume de Canada devient invisible,
l'indice de réfraction du verre étant à peu près le même que
celui du baume, on comprend à plus forte raison que des filaments très fins et très transparents puissent être invisibles à l’état de repos dans le sérum du sang.
Les mouvements des filaments mobiles s'arrêtent souvent pendant quelque temps après qu’on a recueilli le sang sur une lame de verre, surtout si la température extérieure est peu élevée et si on ne fait pas usage de la platine chauffante. J'ai
remarqué plusieurs fois à Constantine que, pendant l'été,
lorsque la température extérieure était très élevée, on consta-.
tait les mouvements des filaments dès le début de l'examen du sang (voir notamment l'observation XXXVII), tandis que, en hiver, lorsque la température du laboratoire était assez basse, il fallait souvent attendre longtemps avant de voir les filaments mobiles. Notons enfin que les filaments mobiles correspondent à une certaine phase de l’évolution des parasites du paludisme et que par suite on ne doit pas s'attendre à les rencontrer à l’état permanent dans le sang des paludiques.
3 Pour ces différentes raisons, la recherche des filaments mobiles est assez difficile, et on comprend que ces microbes, malgré leur longueur et la vivacité de leurs mouvements, aient pu échapper pendant longtemps à l'attention des observateurs. … Tantôt les filaments mobiles sont libres au milieu des hématies, tantôt ils adhèrent par une de leurs extrémités aux corps kystiques sphériques ou corps n° 2. Les filaments libres se meuvent au milieu des hématies comme ferait une anguillule, et ilest assez difficile de les suivre dans leurs déplacements : les filaments qui adhèrent encore aux corps n° 2,sont plus faciles à étudier, parce qu'ils s'agitent sur place et qu'ils restent dans le champ du microscope.
Fic. 8. — À, corps n° 2 présentant quatre filaments mobiles. — B, corps
. n°2 présentant trois filaments mobiles, l’un des filaments présente un petit renflement vers sa partie moyenne b, les grains pigmentés sont mobiles.
. — C, corps n° 2 avec un seul filament mobile, — D, filament mobile libre, — (Gross., 1000 diamètres.)
J'ai dit déjà que la longueur des filaments mobiles était de 21 à 28 millièmes de millimètre, leur épaisseur peut être éva-
luée à un millième de millimètre au plus. Les filaments sont légèrement renflés à l’une de leurs extrémités, effilés à l’autre (D, fig. 8), lorsque les filaments sont adhérents aux corps n° 2, c’est l'extrémité libre qui est renflée; le renflement terminal est sphérique ou plutôt pyriforme; il est du reste difficile à observer à cause de la grande mobilité des éléments. IL arrive quelquefois que vers la partie moyenne des filaments mobiles on observe aussi de petits renflements olivaires (b, fig. 8), ces derniers renflements n’ont rien de régulier, et ils sont très rares. +
Il est possible qu'il existe un canal dans l’intérieur des filaments mobiles; il semble parfois qu’une particule provenant du corps n° 2 s’introduit dans l'intérieur d’un des filaments mobiles encore adhérents et glisse d’un bout à l’autre de ce filament en produisant un léger renflement qui se déplace; ce phénomène est très visible lorsque la particule introduite dans le filament renferme un grain de pigment.
On n’observe pas de filaments mobiles autour des corps n° 2 de petit volume, ni autour des corps en croissant ou corps n°1; les filaments mobiles se rencontrent exclusivement sur les bords des corps n°2 de moyen ou de gros volume.
Le nombre des filaments mobiles qui adhèrent à un même. corps n°2, est assez variable : quelquefois on n’en distingue qu’un ou deux, d’autres fois on constate l'existence de trois, quatre, cinq ou six de ces filaments, qui du reste sont difficiles à compter parce qu'ils ne se meuvent pas toujours en même temps el que ceux qui sont au repos ne sont pas visibles.
Tantôt les filamentssont disposés d’une façon assez symétrique (A, fig. 8), tantôt ils sont groupés d'un même côté (B, fig. 8), tantôt enfin ils s’enroulentautour des corps sphériques auxquels
ni