‹ Traité des fièvres palustresChapitre 48 sur 166 · CORPS N · texte numérisé non relu

CORPS N

Corps kystiques n° 3.— Ces éléments sont constitués par de peliles masses de matière hyaline renfermant des grains pigmentés, donÿ la disposition est très variable. On peut distinguer plusieurs types : 1° la forme sphérique est assez régulière, les grains pigmentés sont massés sur un des points de la périphérie (A, fig. 10); 2° la forme est très irrégulière (B, C, fig. 10), les grains pigmentés sont disséminés sans ordre aucun; 3 le corps est

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F1G, 10, À, À, C, corps n° 3, — D, E, leucocytes mélanifères (gross, 1,000 diamètres environ.)

assez régulièrement sphérique, les grains pigmentés agglomérés au centre ne paraissent former qu une seule granulation pigmentaire de très gros volume ; 4° les Le pe pigmentés sont agglomérés au centre de l'élément comme dans le cas précédent, de plus on distingue autour de la mass nentaire cen-

à trale une espèce de segmentation assez “régulière des vue

voisines.

Les corps kystiques n°3 ont des inédit x peu près égales à celles des leucocytes, ils mesurenten effet de 8 à 10 millièmes de millimètre dediamètre ; mais ils se distinguent très nettement des leucocytes mélanifères (D, E, fig. 10) par leur réfringence, qui est plusgrande, et par l'absence de noyau, alors même qu'on

fait usage du carmin, qui met si bien en évidence les noyaux

des leucocytes.

Il est facile de s'assurer que ces éléments ne sont que les

formes cadavériques des corps kystiques nl etno 2.

LAVERAN, FIÈVRES PALUSTRES É. 2

Lorsqu'on laisse sur la platine du microscope des corps n° 1 ou n°9, et qu'on les examine au boutde vingt-quatre ou de quarante-huit heures, on constate presque toujours que les éléments se sont déformés etqu’ils ont pris l'aspect des corps kystiques n° 3: de même pour les corps n° 2 munis de filaments mobiles ;

Fig, 44. — Figure schématique deslinée à montrer les différents aspects sous lesquels se présentent les microbes du paludisme au milieu des hématies. — a, a’, corps n° 2 munis de filaments mobiles. — b, corps n° 2 immobile. — €, corps n° 2 d: pelit volume, libres. — d, d' d', corps n° 2

de petit volume accolés à des hématies. — e, filament mobile libre. — f, f° corps n° 1 ou en croissant. — g,un leucocyle mélanifère. — h, h', leucocyles normaux. — 4,4, ', hématlies normales (grosst. 500 diamètres

environ).

lorsque les filaments se sont détachés, le corps kystique se dé forme etles grains pigmentés devenus immobiles tendent à s'agglomérer ou se disposent d’une facon très irrégulitre, | Sur les cadavres des individus morts de fièvre palustre les

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LEUCOCYTES MÉLANIFÈRES 179

corps kystiques n° { et n° 2 prennent rapidement l'aspect des corps kystiques n° 3; c'est à cet état que les éléments parasitaires du paludisme se trouvent en grand nombre dans les petits vaisseaux des différents organes chez les sujets morts de fièvre pernicieuse, notamment dans la rate, dans le foie, dans le cerveau, ce sont ces éléments qui, en s'agglomérant, constituent les concrétions hyalines que Frerichs a très bien vues et décrites.

La figure 11 donne une bonne idée des différents aspects que présentent les éléments parasitaires au milieu des hématies ; il s’agit d'une figure schématique ou du moins d'une figure dont les éléments sont empruntés à différentes préparations; ül est rare de:trouver réunis dans un même champ du microscope tous les éléments qui sont figurés ici. Le grossissement est de 500 diamètres environ. On distingue des corps n° 9, munis de filaments mobiles (a, a'), un corps n° 2 de moyen volume à l'état de repos (b), des corps n° 2 de petit volume libres(c), ou accolés à des hématies (4, d', d''), un filament mobile libre (e), des corps n°1(7, f), un leucocyte mélanifère (g) et des leucocytes normaux (A, k'). Le graveur a donné un peu trop d’épaisseur aux filaments mobiles.

Leucocytes mélanifères, pigment libre. — A côté des éléments parasitaires proprement dits, on trouve presque toujours

dans le sang des malades atteints de fièvre palustre des grains

de pigment libres et des leucocytes renfermant des grains pigmentés en nombre variable. Les grains de pigment libres sont en général régulièrement arrondis, leur volume est variable ; les uns sont aussi petits que ceux qui se trouvent dans les corps n° À et 2, les autres beaucoup plus gros. Les grains de petit

volume s'agglomèrent probablemen pour former les grains

pigmentés de gros volume qui ont du reste une forme beaucoup moins régulière que les premiers. La coloration du pigment est noirâtre ou d’un rouge feu très sombre.

Lesleucocytes mélanifères se distinguent des corps kystiques n° 5, par l'existence d'un noyau qui se colore en rose vif par le carmin. Les grains pigmentés sont en nombre variable ; le plus souvent un même leucocyte ne renferme qu'un, deux ou trois grains de pigment (D, fig. 10); mais on peut trouver, principalement chez les individus atteints de fièvre pernicieuse, des leucocytes très riches en pigment (EÆ, fig. 10). C’est surtout dans la rate, sur les sujets morts de fièvre pernicieuse, que l'on rencontre des leucocytes mélanifères surchargés de pigment. La disposition des grains pigmentés dans les leucocytes est très irrégulière, toutefois le pigment est toujours situé en dehors du noyau.

Les corps kystiques n°1, n°2etn°3 peuvent s’accoler en entier à des leucocytes ; en général le pigment provenant des éléments pigmentés devient libre dans le sérum avant d’être repris par les leucocytes. |

On sait que lorsqu'on injecte dans le sang d'un animal une substance colorante insoluble dans le sérum et finement pulvérisée, les leucocytes s'emparent rapidement de cette poussière et se chargent de l’éliminer du sang(Ponfick, Virchoz's archiv., &. XLIIL —- Hoffmann et Langerhans, méme recueil, t. XLVIII). Les leucocytes remplissent évidemment le même emploi dans le sang des paludiques que dans le sang des animaux auxquels on à injecté du vermillon, ils s'emparent des corps étrangers, pigment ou vermillon, et se chargent de les porter hors des voies de la circulation.

On comprend facilement queles leucocytes mélanifères soient

OBJECTIONS ral

absolument caractéristiques du paludisme, puisque le pigment qu'ils portent provient des éléments parasitaires, et que par suite ils ne se rencontrent dans aucune autre affection, ce qui jusqu'à présent était resté inexplicable.

Je ne m'arrêterai pas longtemps à démontrer que les corps n° 1, n° 2 et n° 5, et les filaments mobiles existent bien réellement dans le sang des paludiques et qu’ils ne s’introduisent pas accidentellement dans les préparations. Dès le début de mes recherches j'ai prévu naturellement cette objection; je prenais les précautions les plus minutieuses pour éviter l’introduction de corps étrangers dans les préparations de sang; je lavais à l'eau, puis à l'alcool le doigt du malade etles lamelles de verre porte-objet et couvre-objet, enfin les préparations étaient bordées à la paraffine.

Je sais bien que malgré toutes ces précautions des particules en suspension dans l'air peuvent s'introduire dans les préparations, mais les éléments parasitaires décrits ci-dessus sont trop volumineux et trop bien caractérisés pour que le doute puisse subsister à cet égard.

Si l'air d'un laboratoire renfermait en suspension des éléments aussi bien caractérisés que les corps n° 1 et n° 2 et les fila-

ments mobiles, il serait impossible de ne pas s’en apercevoir:

ces corps s'introduiraient dans toutes les préparations € feraient le désespoir d'un histologiste; or les éléments parasitaires décrits ci-dessus n'ont jamais été rencontrés que dans le sang des paludiques ; toutes les fois que je les ai recherchés dans le sang d'individus sains ou atteints d'autres affections, le résultat a été négatif; nous verrons plus loin que le traitement par le sulfate de quinine fait disparaître assez rapidement du sang les éléments parasitaires, et que chez les

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