‹ Traité des fièvres palustresChapitre 97 sur 166 · COMPLICATIONS ET MALADIES INTERCURRENTES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS ET MALADIES INTERCURRENTES

RUPTURES DE LA RATE. — ABCÈS DE LA RATE ET DU FOIE. — CIRRHOSES DU FOIE. — NÉPHRITES. — PNEUMONIE. — COMPLICA- TIONS DU CÔTÉ DU SYSTÈME NERVEUX : NÉVRALGIES, PARALYSIES, ASPHYXIE LOCALE DES EXTRÉMITÉS. — GANGRÈNE PALUSTRE. — RÉ- TINO-CHOROÏDITE. -— RELATIONS DU PALUDISME AVEC LA DYSEN- TERIE, LA FIÈVRE TYPHOIÏDE, LA VARIOLE, LA TUBERCULOSE, LE DIABÈTE, LE SCORBUT.

Le paludisme est une des maladies les plus répandues à la surface du globe ; sans parler des populations qui habitent des contrées palustres, beaucoup de malades qui ont contracté la fièvre intermittente dans des localités où ils n’ont séjourné que peu de temps, restent sujets, pendant de longues années, aux accidents du paludisme.

Cette grande fréquence des accidents palustres a été encore exagérée: quelques observateurs en sont arrivés à attribuer au paludisme des complications sans nombre, et à ne plus voir, pour ainsi dire, dans les maladies des pays chauds que des

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COMPLICATIONS 343 JF formes variées de l’endémie palustre. On a été jusqu'à décrire | une Ophthalmie et une uréthrite palustres, un rhumatisme palustre, etc.

Toutes les maladies peuvent venir se greffer sur le paludisme, l’état d'anémie et la faiblesse qu'il détermine rapidement, créent même une véritable prédisposition pour certaines affections, comme la pneumonie et la dysenterie. Que dirait-on d'un médecin qui ferait rentrer dans l’histoire de la gale toutes les maladies qui peuvent survenir chez les galeux? La supposition paraît invraisemblable, parce que nous connais- 21e

sons bien la nature de la gale; mais avant la découverte des sarcoptes, on mettait sur le compte de cette maladie, consi- ‘4 à dérée comme une diathèse, bien des complications qui lui soht2 à absolument étrangères. L'erreur de ceux qui attribuent au pa- ‘ludisme toutes les maladies qui viennent le compliquer, ou même la plupart de celles qu'on observe en pays palustre, n’est certainement pas moindre.

Les doctrines médicales ont d'autant plus de chances de succès qu'elles sont plus simples et qu’elles conduisent à une médication plus systématique, et par là même d’une applica- PS tion plus facile.

Rasori avec les évacuants, Broussais avec la méthode anliphlogistique, Raspail avec le camphre me fourniraient des exemples à l'appui de cette proposition. Quoi de plus simple que la doctrine de l'irritation ? Un malade souffre de la tête : céphalite, du ventre: entérite ou gastrite ; le diagnostic est vite È fait, ou plutôt il n’y a plus de diagnostic à faire, etletraitement ê n'est pas plus difficile à formuler, il se réduit à fixer le nombre des saignées à faire, ou des sangsues à appliquer loco dotenti. Comment une doctrine qui simplifiait d'une manière

aussi remarquable la médecine n'aurait-elle pas séduit une grande partie du public médical?

La doctrine qui attribuait au paludisme la plupart des maladies observées en Algérie, et qui élevait le sulfate de quinine au rang de panacée universelle, a séduit aussi beaucoup d'’esprits par sa simplicité ; mais comme Ja doctrine de Broussais, elle n’a eu qu'un temps; tous les praticiens sérieux l'ont abandonnée aujourd'hui, et le but qu’ils poursuivent est, au contraire, de rechercher les limites du paludisme et d'établir rigoureusement la part qui lui revient dans la pathologie exotique.

Je m’occuperai d’abord dans ce chapitre, des complications qui relèvent plus ou moins directement du paludisme et qui ne rentrent pas dans le cadre des accès pernicieux; j'étudierai ensuite les rapports du paludisme avec quelques-unes des maladies qui peuvent venir le compliquer : dysenterie, fièvre typhoïde, etc.

Dans le chapitre n, j'ai déjà eu l'occasion de signaler quelques-unes des complications les plus fréquentes des fièvres et de la cachexie palustres, en décrivant les altérations que l’on rencontre le plus souvent chez les paludiques. Comme on pouvait s’y attendre, ces complications ont pour siège principal les viscères, qui, comme la rate et le foie, sont l'habitat de prédilection des microbes du paludisme.

L'hypersplénie mérite véritablement le nom de complication quand elle prend des proportions aussi colossales que dans l'observation L. La tumeur splénique par son volume et par son poids, par la compression ou par les tiraillements qu’elle exerce sur les viscères voisins, est une cause de gêne conti-

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