‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 11 sur 103 · PALUDISME CONGÉNITAL · texte numérisé non relu

PALUDISME CONGÉNITAL

sent très probants. « piayfair rapporte l'observation d'une femme qui, pendant sa première grossesse, était atteinte tous les quinze jours d'accès répétés de fièvre intermittente; l'enfant, à la naissance, présentait une rate tellement hypertrophiée que son extrémité inférieure atteignait l'ombilic; Tenfant n'eut point de fièvre jusqu'à TAge de deux ans, mais il était p^le et maladif. Duchek a observé un cas tout à fait semblable ; l'enfant, mort peu de temps après la naissance, présentait une tumeur splënique pigmentée et du pigment dans le sang de la veine-porte. >» (Griesinger, Traité des maladies infectieuses, deuxième édition, 1877, p. 20.) Il serait très intéressant de répéter cette observation et de constater l'existence des éléments pigmentés caractéristiques du paludisme dans le sang des nouveau-nés et dans les viscères des mort-nés dont les mères sont paludiques ; dès aujourd'hui on peut admettre Texistence du paludisme congénital comme très probable.

M. le D' Leroux, dans Texcellenl mémoire qu'il a publié sur le paludisme congénital {Revue de médecine 1882, p. 661. — Voyez aussi Verneuil. Même recueil, 1882), émet l'opinion que l'existence du paludisme congénital paraît être en désaccord avec l'idée de la nature parasitaire de la maladie ; il est certain que s*il était démontré que le père peut transmettre le paludisme à son enfant, la théorie parasitaire du paludisme en serait fort ébranlée ; mais il n*existe aucun fait probant à Tappui de cette opinion. Dans tous les faits connus il s'agit de mères qui, atteintes de fièvre intermittente pendant leur grossesse, ont accouché d*enfanls qui présentaient les signes du paludisme; or on comprend très bien que des parasites qui ont un très petit volume et qui s*accolent intimement aux corpuscules rouges du sang, puissent passer de la more au fœtus. MM. I. Straus et Cham-

âO KTIOLOGIE

berland ont prouvé que les microbes du charbon symptomatique, du choléra des poules et de la septicémie expérimentale, pouvaient passer de la mère au fœtus (Société de biologie^ il novembre 1882} ; ils ont même constaté que la bactértdie charbonneuse n'était pas toujours arrêtée par le placenta {Société de biologie, i6 décembre i88â}, contrairement à ce que pensait Dayaine. La transmission du paludisme de la mère au fœtus se concilie donc très bien avec les faits qui démontrent que les accidents du paludisme sont produits par des para* sites du sang.

J. Franck et Boudin admettaient qu'une nourrice pouvait transmettre la fièvre intermittente à Tenfant qu'elle allaitait. (Boudin, Traité des fléorea intermittentes^ 1842, p. 193.) 11 n'existe dans la science aucun fait probant ù l'appui de cette opinion, qui toutefois mérite considération, du sang pouvant se mélanger au lait, et le sang renfermant, comme nous le verrons, les parasites du paludisme.

Le paludisme existe-t-il chez les animaux ? C'est une question très intéressante et très controversée ; dans ces dernières années, on a inoculé à différents animaux du sang pris chez les paludiques ou de l'eau provenant de marais fébrigènes, et plusieurs observateurs ont pensé qu'ils avaient réussi par ces procédés à produire le paludisme chez différentes espèces animales. Je discuterai plus loin les résultats de ces expériences; il importe de rechercher d*abord si le paludisme se développe dans les conditions ordinaires chez certaines espèces animales.

L'observation la plus superficielle montre d'abord que la plupart des animaux peuvent vivre et prospérer dans des lo-

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