‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 12 sur 103 · PALUDISMK CHEZ LES ANIM\UX · texte numérisé non relu

PALUDISMK CHEZ LES ANIM\UX

calités que l'endémie palustre rend à peu près inhabitables à rhomme. Sans parler des espèces animales qui pullulent dans Pair, dans Teau et dans le sol des localités marécageuses, les animaux domestiques fournissent de nombreux exemples d'immunité pour les fièvres palustres. Les troupeaux paissent sans danger dans les plaines de la campagne Romaine, etTélevagedu cheval donne d'excellents produits au milieu des marais Pon- Itns. Dans les contrées marécageuses de la France, en Hollande, dans Ws polders de la Belgique, dans le delta du Rhin, les fif'vres intermittentes enzootiques n'existent pas. (Verheyen. En Algérie, les vétérinaires militaires n'ont jamais eu, je crois, l'occasion de signaler le paludisme chez les chevaux dans les localités où la plupart des cavaliers prenaient la fièvre.

L'élevage du porc, des lapins, de la volaille réussit très bien dans les endroits ou le paludisme règne avec le plus d'intensité.

Le chien se prête très bien à l'observation : il est le compagnon fidèle de l'homme, et ses maladies sont étudiées avec beaucoup de soin; or que voyons-nous? le chien de chasse qui fouille les marais les plus insalubres et qui s'abreuve aux mares les plus justement suspectes, brave impunément les fièvres dont son mattre est trop souvent victime.

Sans doute on a signalé des épizooties dans les pays palustres ; mais il ne suffit pas de constater que des animaux ont été malades ou sont morts dans des localités palustres, il faut démontrer que les accidents se sont produits sous l'influence du paludisme.

La plupart des vétérinaires admettent que la fièvre intermittente vraie, d'origine palustre, n'existe pas chez les animaux. (Verheyen, article' Fièvres intermittentes, in Dietionn, de médecine vétérinaire de Bouley et Raynal.)

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On a accusé les marais de produire 1r maladie cliarbonneu&e et quelques vélùrinaires ont voulu voir dans les afl'eclions charbonneuses des fièvres pernicieuses d'origine paluslre; Kaynali't Leblanc admellaicnt encore cette opinion comme trù-s vraisemblable quand ils ont écrit l'arlicle Charbon du Dictionnaire de médecine vétérinaire. L'éLiolottie du cliarbon est aujourd'hui trop bien connue pour qu'il soil nécessaire de discuter cette question, il est trop évident que le rôle des marais se réduit îi celui d'une cause adjuvante.

Dans rétioloîîie de la cJavclée le rille des marais paraît encore moins important, s'il est possible, ([ue dans celle du charbon.

l.n cachexie aqueuaeovt pourriture, ([\\\ fait souvent de grands ravages au milieu des troupeaux qui paissent dans les prairies basses et inondées, n'a rien \i voir avec la cachexie palustre. Ilesl démontre aujourd'hui que lacacbexie aqueuse est produite par la présence de dislomes ou douves du Eoie dans les voies biliaires. (I\aynal, article Cachexie aqueuse m Dieiionn. de médecine vétérinaire de Boulcy et Raynal.) Les rapports de la cachexie aqueuse avec les marais s'expliquent du reste facilement. « Certains Irémalodes, les dislomaires, se produisent par génération alternanle ; leurs embryons ciliés, microscopiques, pénfitrenlle corps de certains mollusques d'eau douce, de larves ou d'insectes aquatiques, et même de quelques mollusques terrestres des genres limax et hélix. L'embryon disparaît en donnant naissance à une (;énération de cercaires microscopiques qui nagent par myriades dans l'eau des élantjs, s'introduisent encore une fois dans des larves d'insectes aquatiques, ou dans des mollusques et même, d'apW-s de Siebold, dans certaines plantes des marais, où ils arrivent à l'état de distomes complets. On comprend dès lors la fréquence de ce parasite chez tous les

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animaux qui s'abreuvent à l'eau des mares et qui avaleul en même temps des cercaires libres ou enkystés dans de pelils insectes ou des djstomes, même à des périodes peu avancées dr leur développement. U'ordinaire on trouve de deux cents à cini| cents distomes dans le foie des nnîmaun atteints de pourrilure : on comprenddès lors la série desympldmes observés: langueur, P&leur et bouflissure des muqueuses, œdème général, amaigrissement, épanchements splanchniques, diarrbée séreuse, eic .., et la mort, qui survient dans plus de la moitié des cas- » (Vallin. article Marais, in Dietionn. enngelop. des Se. méd.)

La broncliite vermincuse règne assez fréquemment dans ds pacages marécageux; ici encore onconnatt la cause du mul, qui est l'accumulation dans les bronches du ttrongt/Uts Jllaria.

« Les animaux atteints expectorentun mucus chargé de filai ic^ ovovivipares; le parasite meurt et en se décomposant il laif^se s'écbapper de son ovaire un nombre eulraordinaire de jeums

maires presque microscopiques dont la vitalité est extrëne

Il est probable que les embryons rejetés avec le mucus par l<'~ animaux malades, sont repris sur l'herbe recouverte de ros^o <'ii dans l'eau des boissons par les moutons et les autres espi'irdomestiques qu'on mène paître dans les lieux humides; ils |ii' nètrent dans les voies respiratoires soit directement, soit ù i.i suite de migrations dont les parasites fournissent de nombiim exemples. C'est presque uniquement dans les marais que m

maladie vermineuse se développe, se propage et prend quelq

fois la marche d'une épizootie redoulable; l'affection ne m' transmet pas dans les étables; elle s'éteint proniptemenldansl' s pacages bien secs, sans doute parce que les jeunes filaires scdi'. truisent dans les corps desséchés de leurs mères ou h l'air lili*'

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quand elles nefrouvent pas l'humidité surflsante à l'entrelien de

leur vie, » (Vallin, loc.eit.)

Le loui'Disdcsmoiitons. qui est produit, comme on sait, par des cysticepques du cerveau, se dr^veloppe aussi de préféronce dans les pâturages marécageux; les chiens de berger conlractent le lénia cœnurus en roange<int !e cei-veau des moutons morts du tournis, et les œuTs du lénia expulsés par les cliiens sont avalés par les moulons avec l'herlie qu'ils souillent.

ApW's avoir éliminé toutes les épizooties dans l'étiologie desquelles les marais ne jouent qu'un râle très accessoire et dont les causes sont bien connues, il r^sle des faits en petit nombre dirOciles k classer, sans doute, mais dont la relalion avec le paludisme n'est nullement démontrée.

Tel est le fait suivant cilé par M. le D' Obédénare comme un exemple de paludisme che>'. les animaux : ■> Il est, dil-il, une alFeclion qui fait périr les bœufs (dans la région danubienne) el que l'on a prise quelquefois à tort pour le typhus contagieux. Nous voulon;: parler de l'iiématurie des bœuls, que nous considérons comme une manifestation de l'impaludlsme. L'alfeclion commence en mai, sévit surtout en juillet, aoi^l et septembre et cesse en octobre, comme l'intoxication paludéenne qui sévit sur l'bomme. La maladie s'observe dans les endroits marécageux, et elle frappe surtout les bœuls qu'on u fait venir de la région des collines. En I87i, cette épizootie a été aussi meurtrière que l'est habituellement la peste bovine. Les animaux qui ont des hématuries dépérissent el succombent. Les globules diminuent notablement dans le sang; les chairs sont llasques : le sang est noir et diftluent; les cadavres se décomposent promptement. D6s que l'on fait partir les troupeaux dans les régions saines, loin de la malaria, la maladie disparall. "

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