‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 14 sur 103 · INCUBATION · texte numérisé non relu

INCUBATION

séance du 3 novembre 1883.) Notons en passant que ces algues parasites des gardons ne s'observent pas sur les autres poissons : carpes, tanches, anguilles^ etc., vivant daçs le même milieu qu'eux; preuve nouvelle que chaque espèce animale a ses parasites, qui, en général, ne peuvent pas se développer sur les autres espèces même les plus voisines.

La durée de l'incubation du paludisme est très variable. J'ai observé plusieurs fois des faits analogues à celui-ci: un corps de troupes arrivant de France débarque à Bône pendant l'été et se rend par étapes de Bône à Constantine en traversant des localités insalubres; pendant la route on n'observe aucun cas de fièvre intermittente, c'est seulement plusieurs jours après l'arrivée à Constantine, où cependant ce corps de troupes est caserne dans de bonnes conditions, à l'abri du paludisme, que quelques hommes sont atteints de fièvre intermittente ou de continue palustre ; les cas se succèdent ensuite à inter\'alles irréguliers et certains malades ne présentent les symptômes du paludisme qu'un mois ou plus après l'arrivée.

Les fièvres palustres n'étant pas transmissibles, cette succession de cas ne peut pas s'expliquer par la contagion comme s'expliqueraient des cas successifs de variole, de rougeole ou d'oreillons ; tous les malades ont pris les germes de la fièvre en même temps, lors de leur passage dans les localités marécageuses. Il faut donc admettre que la période d'incubation du paludisme est très variable, ou plutôt qu'il peut y avoir une période assez longue de latence.

« J'ai vu, dit Maillot, un grand nombre de militaires ne tomber malades que dix ou douze jours après avoir quitté les postes voisins des marécages. » {Traité deaflèorea, p. 263.)

28 ÉTIOLOGIE

On peut admettre, je crois, que la durée de l'incubalioa est assez souvent d'un septénaire : il est bien difllcile de fiser la durée minima et la durée maxima.

Lind, Pringle el Neppic ont cité des faits qui tendraient k démontrer que l'invasion du palndisme peut être brusque. Ponr que ces faits fussent probants, il faudrait démontrer: l" que l'individu qui est tombé malade, en traversant un mai-ais, par exemple, n'ctiiit pas sous l'inlluence du paludisni(> depuis qu''!que temps : 2' que les accidents observés se sont produits sous l'influence du paludisme el non sous l'inlluence d'autres causes. Or ni Lind, ni Pringle, ni Nepple ne lournissent ces preuves, et il faut que la pénurie de fails démontrant la possibilité de l'invasion brusque du paludisme soit bien grande pour qu'on en soil réduit encore aujourd'hui à ciler les exemples pou précis rapportés par ces auteurs.

Je n'ai jamais observé pour ma part l'invasion brusque de la lièvre chez des personncsqni, jusque là indemnesdu paludisme, iRiversnieul pour la prfmiére fois des localités marécageuses. La période d'incubation ou de latence peut être de plusieurs mois; il n'csl pas très rare de rencontrer des personnes qui n'ont jamais eu In Hévre en Algérie et qui ipielquc temps après leur r'^ntrée en France, préseulenl des accès très bien caractérisés. (Maillot, np. cit., p. 263.)

" Quand on a habité certains climats de la lùne tropicnle on des localités 1res salubres se rencontrent à côté de loyers de fièvres très intenses; quand on a pu se transporter par la navigation d'une localité palustre dans une localité non palustre ou dans les régions pures de la pleine mer, on ne comprend pas, écrit Dutroulau {op. cit., p. 333), qu'un observateur aussi Judicieux que Nepple ait avancé que le miasme de la lièvre

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