‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 26 sur 103 · OBSERVATIONS OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS OBSERVATION I

ACCàS I>BRN1CIBUX COII&TBUX. — UORT. — AUTOPSIS.

M..., soldat au 3* bataillon d'Afrique, enlreàl'faâpitalmiULiirc de Biskra le 6 octobre 1878. Lo malade a eu plusieurs accê^i de fièvre bien caraclërisës avant son entrée à l'hôpital ; le 6 ociobr,-. accès très fort, prostration très marquée. Je prescris l gramme <iu sulldile de quinine, puis, le malade ayant vomi 1» solutiou de sulfate

de quinine, un quart de lavement avec 4 grammes de sulfate de quinine. Jusqu'au 10 octobre le malade prend 0 *', 80 de sulfate de quinine par Jour, la fièvre ne se reproduit pas. Le 14 octobre le malade sort sur sa demande.

Le 19 octobre M... rentre à l'hôpital: il se plaint de diarrhée. Le malade est amaigri, fortement anémié ; œdème des membres inférieurs, souffle anémique au cœur et dans les vaisseaux. Apyrexie.

Les jours suivants, la diarrhée persiste.

12 novembre. Un accès de fleure. Le malade prend 0<', 80 de suU fate de quinine.

13 novembre. A pyrexie le matin. A la contre-visite, Je trouve lé malade dans le coma. La température axillaire est de 39<>2, le pouls, assez fort, bat 112 fois à la minute.

J'interpelle en vain le malade, Je n'obtiens aucune réponse ; en piquant ou en pinçant fortement la peau des membres, on déter> mine quelques mouvements de retrait qui ne sont probablement que des mouvements réflexes.

A trois heures du soir. J'injecte dans le tissu cellulaire sous*

cutané l gramme de chlorhydrate de quinine.

A cinq heures trente du soir, le malade a repris connaissance ; 11 est très faible, très abattu.

14 novembre. A la visite du matin, le malade a toute sa connaissance ; apyrexie. Sulfate de quinine, 1 gramme.

A dix heures du matin, le malade accuse des frissonnements, et à trois heures Je le trouve comme la veille dans le coma. La température axillaire est seulement de 38*, 7; le pouls est variable ; respiration stertoreuse. Insensibilité complète.

J'injecte, comme la veille, 1 gramme de chlorhydrate de quinine; mais cette fois le coma ne se dissipe pas, le malade meurt le 15 novembre, à cinq heures du matin.

Autopsie faite le 19 novembre à 2 heures du soir. La peau aune pâleur cireuse-, œdème des membres inférieurs. Abdomen, Le péritoine renferme un litre environ de sérosité citrine ; il n*y a pas trace, du reste, de péritonite.

116 ANATOMIR l'ATIIOI.OGliirK

La ralH est Iras volumineuHe, elle pose iSO i^rammei;, su cunsistancBeBtdi[ninu6e ; teinte brun dire très marquée.

Le foie a son Tolume Donnai, il pri^seiHe une leiole brune ire» fODCée ; la vésicule biliaire renrenne de la bile d'un jauoe très pUe, eit petite quantlté-

I.elns : leur volume est normal ; la substance corticale est très pâle.

Intestins ; Le gros intestin présente des lésions attestant l'existence d'une dysenterie ao té rie ure, en voie de guérison; il existe, de distance en dislance, des rétrécissements produits par des brides Qbreuses cicatricielles; la muqueuse du gros intestin présente, en outre, dans toute son étendue, des taches noirâtres qui paraissent correspondre aux follicules isolés précédemment ulcérés. On trouve encore quelques petites ulcâralions en voie de réparation.

L'intestin grêle est parfaitement sain, 11 n'existe aucune altération des plaques de Peyer.

L'estomac ei=t petit, rétracta ; la muqueuse stomacale présente sur plusieurs points une hyperémie très marquée.

r/iarox. Sérosité citrine en petite quantité dans le péricarde, qui est sain d'ailleurs.

Le myocarde ne parait pas altéré, le cœur droit renferme quelques caillots mous ; les orifices du cœur sont à l'étal sain.

Quelques adhérences pleurales, qui se laissent facilement déchirer. Les poumons présentent, à un degré très marqué, les lésions de la ongeslion hyposlalique.

Crâne. Pas d'altérations des méninges. La substance grise des Circonvolutions cérébrales a une teinte d'un gris ardoisé beaucoup plus foncée qu'à l'état normal; cette teinte est uniforme, elle se rencontre aussi bien à la base du cerveau qu'à la convexité. La substance cérébrale a d'ailleurs sa consistance normale. Pas d'éponchement obondaot dans les veqtricules.

Le bulbe parait Être àl'état sain.

Les muacla (grands droits de l'abdomen, psoas, etc.) ont une couleur et une consistance normales.

Examen hillologigue. Rate. On distingue sur les coupes de la rate.

OBSEltVATIONS H7

préparées par la procédé ordinaire, un grand nombre d'éléments pigmenlés, qui siègent soit au niveau des orllices vasculaires, soit dans la pulpe spléolque ; Il est du reste assez difQcile, sur beaucoup de points, de dlstloguer les limites des vaisseaux sanguius et de la pulpo spléolque ; l'end olbélium vasculaire s'est détacbé elles éléments lymphoïdes paraissent avoir envahi la lumière des vaisseaux, tandis qu'au milieu même de la pulpe splénique on trouve deo globules rouges du sang. Les éiémtiUtB pigmentés ont respecté presque complètement le tissu lymphoîde qui entoure les artérloles de la rate ; il est Tacile de s'assurer, en reclierchant des coupes longitudinales des artèrioles, que ce tissu est disposé sous Torme de gainet sur toute la longueur des artèrioles. Les éléments pigmentés ont un volume assez variable, I)on nombre se lapprocbent des Iflucocjrtes par leurs dimensions, d'autres ont trois ou quatre fois au moins te volume des leucocytes. Les grains de pigment qu'ils renferment sont régulièrement arrondis, bien isolés les uns des autres, ou bien rapprochés et conrondus en une masse noirâtre.

Foie. Les capillaires sanguins un peu dilatés renferment, au milieu des éléments normaux du sang, un grand nombre de corps pigmentés analogues à ceux de la rate. En dehors des vaisseaux, on ne trouve aucun de ces corps pigmentés.

Les cellules hépatiques ne paraissent pas altérées, non plus que le tissu conjonctif.

Cerveau. Des morceaux des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes sont durcis dans une solution faible d'acide chromique, puis des coupes sont pratiquées, colorées au plcrocarmln et montées dans le baume de Canada. Les petits vaisseaux renferment des déments pigmentés en assez grand nombre; on ne distinguo sur les coupes montées dans le baume de Canada que les grains de pigment qui sont arrondis, de volume à peu près égal, disséminés sous forme d'un piqueté noir assez régulier ou plus rarement groupés et formant tas. Aucun grain de pigment ne se rencontre on dehors des vaisssaux.

Les autres éléments du cerveau ne présentent aucune altération notable.

Uy^eurde. Coupes faites après durcissement par le procédé ordi-

î ."TkA i»-

118 ANATOMIB PATHOLOGIQUE

naire. Les coupes sont colorées au picrocarmin et montées dans la glycérine. Les ûbres du cœur sont régulièrement striées. La seule altération consiste dans la présence d'éléments pigmentés dans les petits vaisseaux.

MuêcUt (grands droits de l'abdomen et psoas). Fibres dissociées à rétat frais ou après un séjour de quelques heures dans ralcool. Quelques fibres ont subi la dégénérescence granulo-vitreuse ; les fibres malades sont, du reste, en très petit nombre relativement aux fibres saines, présentant la striation régulière. Les petits vaisseaux qui se trouvent au milieu des ûbres dissociées, renferment des éléments pigmentés en grand nombre.

Page 1