OBJECTIONS
même pas à invoquer la possibilité d'une pareille confusion et ce curieux spectacle convertit les plus incrédules.
Même à l'état de repos les corps n« 2 sont faciles à distinguer des leucocytes ; leur diamètre est presque toujours inférieur à celui des leucocytes, on trouve souvent des corps n« 2 qui ont à peine un ou deux millièmes de millinaètre de diamètre, les grains pigmentés sont disposés d'une façon régulière en couronne ou agités de mouvements très vifs ; on ne constate pas l'existence de noyaux à Tintérieur, le carmin ne colore ces éléments que lentement et ne fait pas apparaître de noyaux comme dans les leucocytes.
Les hématies se présentent quelquefois dans les préparations histologiques sous un aspect qui rappelle la forme des corps u"* 1 , mais ce n'est là qu'une apparence grossière. Dès que les hématies se déplacent on constate qu'elles ont la forme discoïde caractéristique ; les corps n^ l au contraire, alors même qu'ils roulent sous les yeux de l'observateur, conservent l'aspect d'éléments cylindriques plus ou moins incurvés et effilés à leurs extrémités ; les corps n<> 1 sont d'une transparence hyaline, incolores, sauf vers la partie moyenne, où il existe toujours des granulations pigmentaires ; les hématies présentent au contraire une teinte jaunâtre et ne renferment jamais de pigment; traités par l'acide osmique et la glycérine picrocarminatée, les corps n"* 1 montrent un double contour indiquant une enveloppe qui fait défaut pour les hématies, et ils se colorent en rose tendre, tandis que dans les mêmes conditions les hématies ne se colorent pas du tout.
Les corps n« 3 eux-mêmes se distinguent des leucocytes mélanifèrcs par l'absence d'un noyau pouvant se colorer par le carmin.
i8i MICROBES DU PALUDISME
Les petits corpuscules décrits par Hayem sous le nom dliémalobiastes, qui, d'après cet observateur, serviraient à Tentreticn et à la rénovation du sang en se transformant en globules rouges, n*ont aucune analogie avec les corps pigmentés qui se Souvent dans le sang des paludiques ; je crois inutile d*indiquer ici tous les caractères qui séparent ces deux ordres d'éléments. (Hayem, Recherches sur révolution des hémaiieB dans le sang de Vhomme et des vertébrés. Archives de physiologie 1878, p. 692 et planches XXXIV et XXXV.)
Quant au troisième corpuscule du sang de Norris, son existence n*est rien moins que démontrée, il parait résulter des recherches de M*»* Hart que la formation de ce corpuscule n'est due qu'à certains artifices de préparation. (Lannois. Revue de médecine^ 1883, p. 584.)
En tout cas, si on peut discuter la possibilité d'une confusion de ces éléments (liématoblastes^ corpuscules de Norris) avec les corps n* % il est absolument inadmissible que pareille objection s'adresse aux filaments mobiles.
Comment se fait-il que les éléments parasitaires du sang des paludiques aient échappé si longtemps à Tattention des obsen'ateurs?Si je pose cette question, c'est que quelques confrères ont voulu rélever à la hauteur d'une objection. 11 me parait facile d'y répondre.
i^ Le nombre des histologistes qui ont fait avec soin l'examen du sang des paludiques est très peu considérable.
t"" Les éléments parasitaires du sang des paludiques ont été vus notamment par Frerichs, mais ils ont été observés dans de mauvaises conditions, et leur véritable nature a été méconnue.
ACTION DES BÉACTIFS 185
9* L'étude dc-s parasites du paludisme présente des difficultés incontestables : les parasites ne s'observent qu'à certains moments dans le sang qui circule à la périphérie du corps , ils disparaissent assez rapidement sous l'influence du sulTuii' de quinine, et le plus souvent les malades sont soumis pcnd:iiii plusieurs jours ù la médication quinique avant d'être envoyés fi riiùpilal; les filaments mobiles, qui sont les éléments les plus camcléristiques, sont si ténus et si transparents, qu'on ne ptui ki voir que quand ils s'agitent, et leurs mouvements s'arrêtent d'ordinaire sdus l'inlluence du refroidissement qui s'opère ;. la sortie du sang des vaisseaux; enitn les parasites du paludisme sont en général peu nombreux dans le sang quicircuhii la périphérie, si bien que ces microbes, quoique beaucoup plus caractéristiques et plus volumineux que les biictéridies du charbon par exemple, sont cependant beaucoini plus difficiles à voir que ces demiëi'es.
Action db quelouks réactifs. Essais de coloration et de conservation des éi.ËHE?iTS parasitaires. — Lorsqu'on dépose uiK' goutte d'eau distillée sur les bords d'une préparation de sau-^ renfermant des éléments parasitaires du paludisme, on consl^iLice qui suit : à mesure que l'eau pénétre dans les préparalLoiis, les hématies pillissent et disparaissent, tandis que les élcmeuis parasitaires conservent leur aspect caractéristique ; si quolques-nns de ces éléments étaient en mouvement (corps n'-J renfermant des grains pigmentés mobiles et munis de niuments mobiles), les mouvements persistent en général pendani quelque temps, à condition toutefois que l'eau introduiic dans la préparation ne sait pas trop froide, auquel cas elli' peut déterminer un arrêt au moins temporaire de ces raouvi-
ments. Après la destruction des hématies, les éléments pigmentés, les corps n<* i en particulier deviennent plus apparents que dans le sang pur ; en effet les grains de pigment ne se dissolvent pas dans Teau, et les éléments qui les renferment ne peuvent plus se dissimuler au milieu des hématies, mais rétude des filaments mobiles est encore plus difficile dans ces conditions que sur les préparations du sang frais ; j'ai déjà dit que les mouvements imprimés aux hématies par les filaments mobiles étaient utiles pour déceler la présence de ces derniers ; la vie des éléments parasitaires m'a paru du reste se prolonger beaucoup moins dans le sang m.élangé d'eau que dans le sang pur.
Vaeide acétique pur ou dilué fait disparaître les hématies en respectant les corps kystiques. On n'observe plus dans ces conditions les mouvements des filaments mobiles, ni ceux des grains pigmentés dans l'intérieur des corps n« 2. Les corps n"* 1 et n<^ 2 ne tardent pas à devenir granuleux et à se déformer.
L'acide acétique ne dissout pas les grains pigmentés.
Uaîcool tue rapidement les éléments parasitaires et les déforme, il ne dissout pas les grains pigmentés. L'alcool en déterminant la coagulation de l'albumine du sang rend du reste l'examen très difficile.
Solution de sulfate de soude, —- Les éléments parasitaires prennent assez rapidement leurs formes cadavériques au contact de cette solution. Le pigment persiste.
Sérum iodé, —Les éléments parasitaires prennent rapidement leurs formes cadavériques dans le sérum iodé. Ils ne se colorent, pas par l'iode.
Sels de quinine. — Il suffit de mélanger au sang qui ren-