‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 37 sur 103 · ESSAIS DE COSSEHYATIOS IK · texte numérisé non relu

ESSAIS DE COSSEHYATIOS IK

à l'aide de la paraffioe peut éire conservée pendant Ion;;' temps. La chaleur fixe tes hématies et les corps kystiques diitis leur forme en conservant les colorations normales; on pciii obtenir ainsi de bonnes préparations des corps kystiques n> f il n* 3. Ces corps £ont cependant un peu déformés et ils deviennent granuleux.

Le procédé suivant donne d'assez bons résultats pour ta coiisenation des corps kystiques n" I et n* 3. Une goutte de saiip est mélangée sur la lamelle porte-objet à une goutte d'une solution d'acide osmique à 1/300, on recouvre avec la lamelle couvre-objet puis on fait arriver lentement entre les lamelli^s de la glycérine mélangée à du picrocarminate d'ammoniaqur. Dans CCS préparations les corps n> 1 eln>3 sont assez facili;ment reconnaissablcs ; on constate d'ordinaire l'existence d'un double contour qui se voit diftictiement sur ces éléments /t l'état frais, la partie située en dedans du double conlour pren:l une teinte d'un rose p3Ie; mats le carmin ne révèle rexisteni'i> d'aucun noyau. Les lilaments mobiles ne deviennent pas app:irents dans ces préparations.

La purpurine ne m'a donné ici que de mauvais résultais : la matière colorante se précipite avec l'albumine du sang, qui e>i coagulée par l'alcool, et ce précipité gène beaucoup l'examen.

L'eau iodée ne colore pas les corps n° 1 et n*3, non plus qiitles filaments mobiles, de plus les particules d'iode en suspension peuvent être confondues avec les grains ^tigmenlés du sang.

L'éosine solubledans l'eau colore les corps n' letn" 2, moiii^ bien cependant que les hématies.

Le violet de mêtbyle employé selon les méthodes formulée:^ par Weigert et Malassez (Malassez, Coloration des bactéri<^

par le violet de méthyle. Progrès médical 1882, p. 583) ne m'a pas semblé pouvoir servir pour l'étude des parasites du paludisme comme pour celle des bactéries. Les corps n* I et n" 2 et les filaments mobiles colorés par le violet de mélhylc, se décolorent dans l'essence de girolle plus facilement même que les hématies. Dans le baume de Canada ces corps deviennent si transparents qu'on ne distingue plus que les grains de pigment.

J'ai employé sans beaucoup de succès pour l'étude des microbes du paludisme le procédé suivant, qui a été recommandé par M. Damaschino pour la recherche des filaires du sang (Soeiété médicale des hôpitaux, 38 juillet 1882). On laisse tomber une ou deux gouttes de sang dans un verre de montre renfermant de l'eau et du violet de méthyle ; il se forme an fond du verre, par le repos, un réticulum fîbrineui emprisonnant les globules blancs et les parasites, qu'il est dès lors Ëiclle de reconnaître à l'examen histologique. Les filaments mobiles sont beaucoup plus fins, beaucoup plus délicats que les filaires, et quand ils sont cachés dans le réticulum fibrlneux il est presque impossible de les découvrir.

M. A. Certes a préconisé le bleu de quinolèine pour la coloration des infusoires [Académie des sciences, 91 février 1881). Ce réactif a l'avantage de colorer les infusoires sans les tuer, il donnerait peut-être de bons résultats pour l'étude des para* sites du paludisme; Je regrette de n'avoir pas réussi à me procurer ce réactif lorsque j'étais en Algérie.

En résumé l'élude des filaments mobiles qui constituent les éléments parasitaires les plus intéressants du paludisme, ne peut être faite que dans le sang frais; quant aux corps kystiques, n* 1 et n* 2, le procédé de conservation le meilleur, celui du

moins qui m*a donné jusqu'ici les résultats les plus satisfaisants, est la dessiccation rapide du sang.

Conditions qui influent sur le nombre ou sur la nature des éléments parasitaires du sang des paluoiqubs ; ces éléments ife

SB RENCONTRENT JAMAIS EN DEHORS DU PALUDISME. — LeS éléments

parasitaires décrits ci-dessus existent dans le sang de tous les paludiques, mais leur présence n'est facile à constater dans le sang qu'au moment des paroxysmes fébriles et chez les malades qui n'ont pas été soumis à la médication quinique.

Au début de mes recherches il m'arrivait assez souvent d'enregistrer des résultats négatifs. C'est ainsi que dans mon premier travail publié en 1881 je notais que les éléments parasitaires avaient fait défaut dix-huit fois sur soixante. Depuis cette époque j'ai pu déterminer assez exactement les conditions dans lesquelles il faut se placer pour trouver les microbes du palu* disme ; j'ai acquis aussi une grande habitude de ces recherches ; il m'est arrivé plus d'une fois de découvrir des éléments para* sitaires en assez grand nombre dans des préparations où d'au«> très observateurs n'avaient rien trouvé d'anormal.

J'ai recueilli jusqu'ici les observations de quatre cent qtjiatrevingts malades atteints de paludisme, et j'ai constaté quatre cent trente-deux fois Texistence des éléments parasitaires dans le sang.

La plupart des observations négatives (quarante-huit sur quatre cent quatre-vingts] ont été recueillies audébutdemes re* cherches et se rapportent à des malades qui avaient été soumis à la médication quinique ou à des cachectiques palustres qui depuis longtemps n'avaient pas eu d'accès de fièvre ; or j'ai reconnu depuisque, dans ces conditions, les éléments para*

sitaires disparaissaient du sang, au moins du sang ((ni circule à la périptiérie du corps; ceux de ces éléments nui ne sont pas délruils se cantonnent dans quelques viscères, notamment dans la rate.

J'ai noté comme faits négatifs ceux dans les<iuel8 je n'ai constaté que la présence des leucocytes mélanifères; ces éléments sont cependant très caractéristiques, puisque le pigment dont ils sont chargés provient des corps kystiques n"Ietn"l Je puis avancer aujourd'hui qu'en se plaçant dans de bonnes conditions et avec un peu d'iiabîtude ou arrive presque toujours il constater l'existence de quelques-uns des éléments parasitaires décrits plus haut dans le sang des paludiques.

Faut-il s'ùtonner si l'examen est quelquefois négatif î L'analyse ne poile que sur une ou deux gouttes de sang, et il peut se faire que la rareté des éléments parasitaires dans le sang qui circule à la périphérie du corps soit telle qu'on ait beaucoup de peine ii trouver ces éléments au millen des hématies ou munie qu'on échoue complètement dans cette reclierclie. On ne réussit pas toujours h trouver des sarcoples cbex les malades atteints de gale, ni des écbinocoques dans un liquide qui cependant provient manifestement d'un kyste hydatique, et cependant il est bien plus facile d'examiner la peau ou un liquide pathologique et de rechercher des animalcules qui sont visibles à l'œil nu, que de découvrir les microbes du paludisme dans la masse du sang quand ces microbes sont peu nombreux.

L'anatomie pathologique démontre du reste que l'existence des éléments pigmentés, lesquels ne sont autres que les cadavres de nos parasites, est constante au moins dans les petits vaisseaux de la rate, alors même que le paludisme ne s'est tra-

duit que par des manifestations légÈres et que la mort est due à quelque complication étrangère.

Les éléments parasitaires que j'ai trouvés dans le sang des paludiqucs & Conslanline, ne sont pas spéciaux ïi Constantinc ni même à l'Algérie.

J'ai rencontré ces parasites dans le sang de malades qui avaient pris la fiL'vre sur les points les plus varias de l'Algérie et de la Tunisie ; ondes malades clie/. lesquels j'ai constaté lourexistencc avait contracté la fièvre à Koclieforl, un autre en Corse, un troisième dans la Loirc-lnl'éhcure, un quatrième dans le Cher. M. le D' Richard a retrouvé ^ Pliilippeville, dans le sang de très nombreux malades, les éléments parasitaires dont j'avais signaléreiistencechez les paludiquesdeConslantine.elila constaté comme moi que les parasites se montraient avec des caractères identiques cliez tous les malades atteints de paludisme, quelle que fût leur provenance ; il a retrouvé noiaromciit ces parasites dans le sang d'un matelot qui avait contracté la lièvre en Chine et qui avait été pris d'un accès le matin mémo de son entrée dans le port de Philippevilte [op. cit. Reoue Seientijlque, i883, p. 116).

En ISSâj'ai faità Rome.à l'hâpitalSan-Spirito, des recherches qui m'ont démontré de la façon la plus nette que les éléments parasitaires dont j'avais constaté l'existence dans le sang de:: fébricitants algériens se retrouvaient sous des formes identiques ^corps n' t, corps n* 3, filaments mobiles), dans le sang des fcbricilants de la campagne Romaine.

Il sera certainement intéressant de constater l'existence di? parasites du paludisme sur d'antres points du globe; mais dis aujourd'hui on peut admettre comme démontré que ces parasites existent partout où règne l'endémie palustre.

1!14 UICROBEB DU PALUDISME

Il était très impoilant de s'assurer si les ëléraenls parasitaires décrits au commencement de ceciiapitre ne screncontraîenlpas quelqueTois cliez dos individus atteints d'alTections étrangères ati paludisme. Mes observations ont porté surungrand nombre de malades atteints de lièvre typhoïde, d'embarras gastrique fébrile, de dysenterie aiguë avec ou sans fièvre, d'anémie simple, d'érysipèle, de pneumonie, etc. Je n'ai Jamais constaté le moindre élément pi;::menté, te moindre filament mobile chez les malades alteinis de ces affections, si bien que l'examen da sauf; est devenu pour moi le meilleur moyen de diagnostic des affections palustres.

M. le D' Richard pense comme moi que les éléments parasitaires décrits ci-dessus sont spéciaux au paludisme, dont ils constituent, dit-il, un indice certain, pathognomonfque ; jamais il ne les a rencontrés dans le sang de malades atteints d'affections étrangères au paludisme; chaque fois qu'il a trouvé un seul de ces éléments dans le sang d'un malade, il a affirmé l'existence du paludisme, et le diagnostic s'est toujours vérifié. (fîeoHe sdeniif.que, 1883, p. 117.)

Je reviendrai plus lard sur les applications très intéressantes de ce fait au diagnostic différentiel souvent si difficile des afl'ections palustres.

L'abondance et la nature des éléments parasitaires du sang varient avec les formes du paludisme et même avec les périodes des acci's fébriles. Il était important d'étudier ces variations, cl de lileher de trouver les lois qui les régissent.

Les corps kysliijues n- i et n" 2 et les filaments mobiles peuvent être associés, en proportions variables du reste, dans le sang d'un même malade, mais il est plus fréquent de ne rencontrer que des corps n*â munis ou non de filaments mobiles.

Le tableaa suivant montre que les corps kystiques n* 9 sont de beaucoup les éléments les plus communs, ceux qu'on rencontre avec le plus de constance dans le sang des paludiques. Les corps kystiques n* 3 présentent un bien moindre intérêt que les corps n? i et n« % dont ils ne sont que les formes cadavériques ; aussi peut-on les négliger dans cette analyse.

Sur quatre cent trente-deux cas dans lesquels Texistence des éléments parasitaires a été constatée» les corps kystiques n* 1 et n* 3 et les filaments mobiles se répartissent de la façon sut. vante :

Corps n* 1 (seuls) 43 fois.

Corps n* 2 (seuls) 266 —

Corps n* 1 et n' 2 31 —

Corps n* 2 et filaments mobiles 59 —

Corps n* 1 et n* 2 et filaments mobiles 33 —

Total... 432 fois.

En somme les corps n» 2 seuls ou associés aux autres élé ments ont été observés trois cent quatre-vingt-neuf fois sur quatre cent quatre-vingts, c'est-à-dire plus de quatre-vingts fois sur cent; les corps n« 1 seuls ou associés aux autres éléments n*ont été rencontrés que cent sept fois sur quatre cent quatre* vingts, c'est-à-dire vingt-deux fois sur cent II faut noter que les filaments mobiles n'ont jamais été observés sans être associés aux corps kystiques n* 2.

On ne rencontre le plus souvent dans le sang des malades atteints de fièvres palustres de première invasion (continues ou intermittentes) que des corps n^* 2, et quelquefois tous ces corps ont un très petit volume, ils sont du reste libres ou accolés à des hématies. (Observations XXXI, XXXII, XXXV, XXXVI, XLI, XLII.)

19S MICROBES DD PALVDISJIG

On pouvait se demander si dans les fièvres intermUlentes la nature des éléments parasitaires variait avec le type de la (lèvre. Les corps n* i s'observent plus souvent dans le sang des malades atteints de lièvre tierce et de caciiexie palustre que dans le sang des malades atteints de fièvre quotidienne ou continue: mais on ne peut pas formuler à ce sujet de règle absolue. J'ai rencontre quelquefois ces corps chez des sujets atteints de tièvre palustre de première invasion (observation XXlll). li n'est pas rare .'qu'un malade présente à sa première entrée à l'hùpilal des corps n* 2, et que lors d'une deuxième ou d'une troisième entrée, on rencontre des 00171$ n- 1 seuls ou mélangés aux corps n* 3.

Les corps n- 1 el n* 2 ne sont évidemment que deoi formes des mêmes éléments parasitaires; ils ne correspondent pas U telle ou telle manifestation clinique du paludisme, on prul dire seulement d'une façon générale, que les corps n* t se rencontrent plus souvent chez les individus qui ont des fièvres intermittentes de récidive, chez les cachectiques palustres, qnc chez ceux qui ont des lièvres palustres de premièi-e invasion.

Sur quatre cent quatre-vingts observations analysées au point de vue de l'existence des corps n* 1, ces corps ont été rencontrés cent sept fois dans les conditions suivantes :

PJâ«r« Inlennidoalo ia premlùre iiivaslon 10 fol*

Fièvre In Icnni lien la lia rctldivo. 50 —

Fièvra toailouo palailcB 0 —

AccÙB peruicieui 2 —

Cacheiie paluâlre K —

TolBl 10* fols.

on voit que dans la presque totalité des cas (quatre-vingtquinze fois sur cent sept), les corps n' 1 ont été observés sur

FRâOUENCE 197

des sujets aUeinIs de caoliexie palustre ou de fièvre intermiU

teille de récidive.

Le nombre el la nature des éléments parasitaires qui se rCD-

ronlrent dans le sang d'un môme malade, sont sujets à de grandes variations; it était très important d'étudier à ce point de vue l'influence des accès de lièvre, ce que j'ai fait en examinant le sang avant, pendant el après les paroxysmes fébriles. Les tnbleaux suivants résument le résultat de mes

reclierclies îi ce sujet,

1* Examen du sang fait quelques heure» avant un aeeéê

tltltS.HTa TROUVÉS DANS LE SA^0

Corps a' 1 (muU) 3 tait.

Corps n*2(wuli ou avacde» corpt n> 3) 18 —

Corpa n'I et n'2 6 —

Corps u- 1 et 11*2 el fiUmenti mobilM S —

Corps n* 2 el fllamenl* moLlIes 3i —

Corp» n' 3 0 —

R^iilikt Dégalif 0 —

Total 19 fois.

2* Examen du sang fait pendant les paroxijamet fébrile»

ËLfiMENTS TROUVÉS DANS LB SANd

Corpi n- 1 (seul»].,... , 18 foto,

Cotpi 0*2 [seuil ou iTee des eorp* n* 3} 168 —

CorpsQ' 1 el n* 2 lî —

Corps u> i at n*2elflluneiils moblla* 10 —

Corp* n* 2 at Blaroenti mobtlei S3 ■—

Corp» n- 3 11 —

Mtultat nigillf. Il —

Total 38G Tols^

198 MICROBES Dn PALDorSHB

3* Examen du tang fait après leê paroxytme» fébrile»

ÉLéHBNTS TROUVÉS DANS LE SAIIG

Cotpi n>1 (leuli) 22 Toit.

Corpi n* 2 («euls ou avec des corps n* 3} fiS —

Corp» n- 1 et n- ï 13 —

Corp* a- 1 elD* a it fHanuDt* mobllas. 2 —

Corps D>2 al filamtotB mabllet 17 —

Corp» 0-3 17 —

Rteulta', DosaUr 13 —

Tolal IMfoU.

On voit que l'existence des éléments parasitaires les plus caractéristiques : corps n' 1 et n* 3, filaments mobiles, a été notée :

1* Dans les examens faits un peu avant les paroxysmes fébriles : 79 fois sur 79.

2* Dans les examens faits pendant les paroxysmes fébriles : 96S fois sur 986.

3' Dans les examens faits apr&s les paroxysmes fébriles : ISi fois sur 164.

^D'où l'on peut conclure que c'est un peu avant le début des accès de fièvre et au début de ces accès que l'on trouve dans le sang des paludiques les éléments parasitaires en plus grand nombre et sous leurs formes les plus caractéristiques. (Observations XXI, XXII, XXV. XXVI.)

Cela ressort également des chiffres suivants :

Sur soixante-dix-neuf examens faits quelques heures avant un accès de fièvre, les filaments mobiles ont été trouvés quarar.te-denx fois, soit 53 fois surtOO.

Sur deux cent quatre-vingt-six examens faits pendant les pa-

FBÉOtlESCK Iflîl

roxysmes fébriles, les filaments mobiles ont 6té trauv6s soixante-trois fois, soit 23 fois sur 100.

Sur cent soixante-quatre examens faits dans les vingt-qnatrQ heures qui suivent un accès, les Blaments mobiles ont été trouvés dix-neuf fois, soit H,H sur 100,

Plusieurs des observations rapportées pins loin montrmt bien l'effet ordinaire des paroxysmes fébriles sur l'évolution lies parasites du sang. (Observations XX, XX Vil, XXVIll, XLIV.)

Dans l'observation XXVIII, par exemple, on voit que l'examen du sang fait le 24 juin 1883, au début d'un accès de fièvre, permet de constater l'existence de corps n' 3 et de ftlameiUâ mobiles; un nouvel examen fait à la lin de l'accès ne montre plus que des corps n* 1 et des leucocytes mélanifères. Ce fail est d'autant plus probant que le malade n'avait pas pris de sulfate de quinine et qu'on ne peut pas attribuer la disparition dps corps D* 3 et des filaments mobiles à l'influence de ce médicament.

L'observation XLIV est également intéressante à ce point di' vne : le 17 octobre, je constate l'existence de corps n* 3 et rl^ filaments mobiles, ce qui me permet de prédire une rechule 'li' fièvre à courte échéance. Le 18 octobre, en effet, le malade ,i un accès de fièvre. L'examen du sang fait pendant l'accèâ m vêle l'existence de corps n* 1 et de corps n* 3 en moins grni)(l nombre que la veille et je ne trouve plus aucun filament moliili.

Il résulte également des recherches faites par M. le D' Richard que c'est dans la période prodromique et au début des accis qne les microbes se trouvent en plus grand nombre dans l^sang. (Reoue scientifique, toc. cit., p. 117.)

Il n'est pas possible d'établir des règles précises parce qiu'. saivant toute apparence, il y a de ftrandes différences dans in

manière de réagir de chaque individu, dans sa sensibilité an microbe de ia fièvre.

Chez tel malade, l*accès éclate dès qu'il existe dans ie sang des corps n* â en petit nombre, et ces éléments disparaissent à la fin du paroxysme fébrile ; chez tel autre, au contraire, les éléments parasitaires se montrent pendant plusieurs jours dans le sang et sous leurs formes les plus actives (filaments mobiles), avant de donner lieu & des paroxysmes fébriles, et ils persistent après les paroxysmes, dans les intervalles d*apyrexie qui séparent les accès.

Dans Tobservation XXVI, par exemple, on voit que l'existence des corps n"* 2 et des filaments mobiles est notée le S6 octobre 1881 ; la rechute se produit le â novembre. Le 3 novembre au matin la fièvre est tombée; je constate de nouveau l'existence dans le sang de corps n« 2 et de filaments mobiles ; on peut prévoir un nouvel accès, qui se produit en effet le 3 novembre, à neuf heures du matin.

Observation XXVII. Le 13 novembre 1881, au matin, je constate, pendant Tapyrexie, l'existence dans le sang de corps n" 1 et n"* 2 et de filaments mobiles; à 3 heures du soir, le même jour, il se produit un accès de fièvre.

Observation XXiX. L'examen du sang fait le 4 juillet 1882, pendant Fapyrexie, révèle l'existence de corps n« 2 et de filaments mobiles : on peut prévoir une rechute ; cette rechute se produit en efi'et, mais seulement le 17 juillet.

La susceptibilité individuelle intervient évidemment ici comme un facteur important ; nous aurons Toccasion de revenir sur ce point (chapitre vin).

Dans les fièvres palustres compliquées d'accidents giares, dits pernicieux, l'examen du sang révèle en général l'existence

d'éléments pavasilaires en ^rand nombre, mais on ne peut pas dire que lel clcmenl se rencontre plus fréquemment dans le cas que tel autre.

Lorsqu'un paludique dont le sanjj renferme des éléntiuls parasilaires est soumis pendant quelques jours îi la médicuiLoii quinique et qu'on procî-de à de nouveaux examens du sang, ou constate d'ordinaire que les élémeuts parasilaires ont dispaiu plus ou moins complètement. Les corps n* 3 et les fllamcnti. mobiles sont ceux qui disparaissent le plus rapidement : los corps n* i, résistent davantage-, il m'est arrivé de trouver des corps n* 1 en très petit nombre, il est vrai, chez des malades qui prenaient du sulfate de quinine depuis une huitaine de jours. Les corps n° 3 et les leucocytes mélanitères persisti'ut plus loniïtemps que les autres éléments dans le sang dis malades soumis à la médication quinique; ce qui s'expli[|iii; facilement, puisqu'il s'agit de formes cadavériques, de débiis des éléments parasitaires qui ne s'éliminent du sang que peu à peu.

De même que pour trouver des sarcoptes, ii ne faut jios s'adresser à des galeux qui ont déjà subi une ou plusiiiir-i frictions.ainsi pour l'étudedesmicrobesdu paludisme, on doii clioisir des malades qui n'ont pas pris de sulfate de quiniiH', au moins depuis quelque temps. J'ai déjà eu l'occasion de fiiirc cette recommandation, mais il n'est pas inutile d'y revenir et d'y insister comme sur un fait dont on ne saurait exagérer l'iropinlance. Sans doute; on peulrencontrer encore quelques mîcroljos dans le sang d'un malade soumis k la mûdîcation quinique, de même qu'on arrive parfois i découviir des sarcoptes chez des malades qui ont déjà commencé le trailemeut de la gale, mais pna beaucoup de chances de ne rencontrer dons l'un et l'aulif

cas que des cadavres plus on moins déformés des parasites que l'on cherche.

L'action des sels de quinine sur les microbes du paludisme est évidente, je Tai constatée des centaines de fois, et les recherches de M. le D' Richard confirment absolument les miennes.

Le sulfate de quinine tue les microbes du paludisme, comme la pommade soufrée tue les sarcoptes.

Il ne faudrait pas croire cependant que les parasites du paludisme continuent à se développer indéfiniment chez les malades qui ne prennent pas de sulfate de quinine; la fièvre palustre peut guérir sans l'emploi de la quinine, et de fait lorsqu'on ne connaissait pas le quinquina, tous les malades atteints de paludisme n'étaient pas voués à une mort certaine. On trouve des corps n» 3 et des leucocytes mélanifêres chez des individus qui n'ont jamais pris de sulfate de quinine ; ce n'est donc pas seulement sous l'influence des sels de quinine que les parasites du paludisme meurent et se désorganisent.

L'état général des malades doit évidemment entrer en ligne de compte. Les éléments parasitaires abondent d'ordinaire dans le sang des paludiques qui sont profondément anémiés et afifaiblis; au contraire, ils tendent à disparaître sous l'influence d'un régime tonique et reconstituant, indépendamment de toute médication qui nique.

11 est à remarquer aussi qu'à la suite des paroxysmes fébriles le nombre des éléments parasitaires diminue notablement dans le sang, comme si les microbes étaient eux-mêmes les premières victimes des incendies qu'ils allument.

Naturb DBS MICROBES DU PALUDISME. — Il parait évident que

les différents éléments parasitaires qui se rencontrent dans le sang des paludiques : corps n« 1, corps n^ % libres ou accolés à des hématies, filaments mobiles libres ou adhérents aux corps n« 2, corps n^ 3, correspondent aux différentes phases de révolution d'un même parasite; j*ai déjà eu Toccasion de montrer que les corps n<> 3 ne sont autres que des formes cadavériques des corps n^ 4 et n» 2.

La forme primitive, embryonnaire, des parasites du paludisme paraît être représentée par les petits corps sphériques, transparents, que j'ai décrits sous le nom de corps n^ 2 de petit volume et qui sont représentés dans la figare 7 ( D, E). Ces petits corps sont libres ou adhérents aux hématies (G, H, I, K, figure 7) aux dépens desquelles ils se nourrissent évidemment, car les hématies qui les supportent pâlissent de plus en plus à mesure qu'ils s'accroissent et finissent par disparaître. Au début, ces éléments sont transparents, hyalins, non pigmentés et les hématies auxquelles ils s'accolent, présentent simplement de petites taches claires (G, fig. 7), bientdt il se forme un grain de pigment à l'intérieur, puis deux, trois et bientôt les grains pigmentés deviennent assez nombreux pour qu'il soit souvent difficile de les compter.

Les corps W" 2 me paraissent être de petits kystes ; ils possèdent une membrane d'enveloppe qui se révèle très nettement sur certaines préparations par un double contour et qui se colore par certains réactifs plus vivement que la partie centrale. Ces éléments n'ont pas de mouvements de translation qui leur soient propres, mais ils peuvent se déformer comme des amibes.

A l'intérieur des corps n<> 2, se trouvent les grains pigmentés, qui sont immobiles ou agités de mouvements très vifs, et c'est

iù aussi très probablement que se développent les filaments mobiles qui représentent Tétat adulte des microbes du palu-

disme ; les corps n"* 1 et n^ â représentant Tétat enkyslé.

Les corps n*» 1 ne sont vraisemblablement que des formes accessoires, accidentelles des corps n^ ^ ; on trouve d'ordinaire dans les préparations qui renferment des corps m 1, des corps ovalalres plus ou moins allongés qui paraissent être intermé* diaires^auK. corps n<» 1, et n» 2; lorsqu'on observe pendant quelque temps des corps n* 1, on constate en général qu*au bout d'un temps, variable du reste, ils se transforment en corps OMilaires, puis en corps sphériques identiques aux corps n^ S.

De quelle nalui*e sont les grains pigmentés qui existent dans les corps n« 1 et n<^ i, et qui, dans ces derniers éléments, sont souvent en mouvement?

Lorsqu'on a vu les grains pigmentés se mouvoir avec une très grande rapidité dans Tintérieur des corps kystiques n» 2, il est difficile de se défendre de ridée que ces particules sont animées d*un mouvement propre ; il ne s*agit pas simplement d'un mouvement brownien , le mouvement n*est pas constant» il s'arrête à certains moments, reprend et s'arrête de nouveau, la chaleur l'active et le froid semble y mettre obstacle. 11 est à noter que lorsque dans une préparation de sang on trouve des corps n"^ renfermant des grains pigmentés mobiles, on arrive presque toujours à y découvrir au bout de quelque temps des filaments mobiles.

En 187t), Lanzi émit l'opinion que les grains pigmentés du sang des paludiques étaient des cellules d'algues {Can9tatf9 Jahrb,, Bd II, 1876); mais cette opinion fut rapidement abandonnée par Lanzi lui-même.

Les analyses chimiques qui ont été faites pour découvrir la

Téritable nature du pigment palustre, notamment par PIôsz (Cansiaifa Jahrbuch, t87t, Bd I, p. 93), tendent à démontrer que ce pigment est constitué par de Thématine et qu'il dérive directement des corpuscules rouges du sang.

Il parait très vraisemblable, en effet, que les grains pigmentés ne sont que des produits de destruction des hématies, des résidus de leur digestion par les microbes du paludisme, si j'ose ainsi dire, résidus qui s'accumulent dans l'intérieur des corps kystiques. Lorsque les filaments mobiles se sont suffisamment développés, ils s'agitent dans l'intérieur de leurs kystes et ils communiquent des mouvements très vifs aux grains pigmentés renfermes comme eux dans les kystes. Les mouvements des grains pigmentés dans l'intérieur des corps n*^ 2 ne seraient donc que des mouvements communiqués^

Lorsque les filaments mobiles ont réussi à sortir de leurs kystes et qu'ils sont devenus libres, on constate toujours que les grains pigmentés restent immobiles dans les kystes flétris et quils tendent à s'agglomérer ; ces grains pigmentés qui se rencontrent à l'état libre dans le sang, et qui sont repris par les leucocytes, ne possèdent aucun mouvement propre.

Les filaments mobiles, qui représentent l'état adulte des microbes, ne renferment pas de pigment. Ces filaments sont si fins, si transparents qu'on s'explique très bien qu'ils ne soient pas visibles, quand ils sont pelotonnés dans l'intérieur des corps n<^ 2, et qu'on ne puisse apercevoir que les grains pigmentés, qu'ils mettent en mouvement.

Quelle place faut-il assigner aux microbes du paludisme dans la classification des parasites? Peut-on les faire rentrer dans la

classe des scliizophytes ; ou bien s'agit-il d'êtres d*un ordre plus élevé?

La plupart des auteurs s'accordent à reconnaître que les ferments animés schizophycètes ou schizophytes (de <rxîcttv, séparer, et v^xoc, algue) peuvent se classer en cinq groupes ou genres, qui comprennent chacun un certain nombre d'espèces.

1« Genre Coeeica (synonymie : coccos, monades, sphsrobactéries, bactéries sphériques, micrococcus). Petits corps globuleux visibles seulement à de forts grossissements; souvent groupés ou en chapelets, se multipliant par segmentation trans versale, immobiles»

Gohn divise les coccos en C. pigmeniaires, C. zymogënes et C. pathogènes (septicus, diphthericus).

â« Genre Bactérie. Bâtonnets cylindriques, rigides, plus ou moins nettement articulés, doués d'un mouvement vacillant, non ondulatoire, se reproduisant par segmentation transversale, ou à l'aide de spores ou corpuscules germes qui se développent dans l'intérieur des articles et qui deviennent libres à un moment donné.

3« Genre Baciéridie (Davaine), Bacilius (Cohn). Bâtonnets rigides, plus ou moins longs, articulés, immobiles à toutes les phases de leur existence, se reproduisant comme les bactéries, par segmentation transversale ou à l'aide de corpuscules germes. Type : bactéridie charbonneuse*

4« Genre Vibrio. Corps filiformes plus ou moins nettement articulés, susceptibles d'un mouvement ondulatoire, se reproduisant comme les bactéries.

ii^ Genre Spirillum. Filaments très fins, contournés en spirale et ne pouvant pas se redresser, doués d'un mouvement

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