‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 45 sur 103 · FIÈVRES CONTINUES · texte numérisé non relu

FIÈVRES CONTINUES

sent en outre des douleurs lombaires comparables à celles qu'on observe an début de la variole. La peau sècbe et brûlante donne à la main la sensation désagréable qui a été désignée sous le nom de cbaleur mordicante ; le thermomètre atteint souvent ou même dépasse 40<^.

La langue est blanche, saburrale ou rouge et sèche à la pointe, une soif ardente tourmente sans cesse les malades, Tanorexie est complète. Il existe parfois de la diarrhée , plus souvent de la constipation, le ventre est souple. En déprimant la paroi abdominale au-dessous des fausses côtes du côté gauche on provoque souvent une douleur plus ou moins vive. Quelques malades accusent spontanément un point douloureux dans la région splénique; cette douleur, qui s*exagère dans les inspirations profondes et dans les secousses de la toux, pourrait faire croire à Texistence d'un point pleurétique. Il est rare que la palpation de la rate permette de constater T augmentation de volume de ce viscère, la percussion montre presque toujours que les dimensions de -la rate sont supérieures aux dimensions normales, mais dans de faibles proportions; nous avons vu que rhypersplénie était d'ordinaire peu marquée dans les fièvres palustres de première invasion : or la plupart des fièvres con^ tinues rentrent dans cette catégorie. Je n'ai jamais observé de taches rosées lenticulaires.

Les épistaxis sont fréquentes et ({uelquefois très abondantesi diffliciles à arrêter.

La fièvre persistant, l'état général s'aggrave de plus en plus ; les symptômes nerveux ont la plus grande analogie avec ceux de la fièvre typhoïde ; la céphalalgie est aussi intense au moins que dans cette dernière maladie ; elle s'accompagne souvent d'insomnie, de vertiges, de bourdonnements d'oreilles. Les

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malades sont prostrés, indifTcrcnls à ce qui les entoure, ou inquiets, anxieux, agités ; parfois même il existe un peu de délire pendant la nuit.

Chez quelques malades on trouve des signes de congestion pulmonaire ou de bronchite.

Dans d'autres cas il se produit des vomissements bilieux et au bout de vingt-quatre ou de quaranle-buit heures la peau et les sclérotiques prennent une teinte ictérique ou subictcri<|uc ; si bien que Ton a souvent décrit à côté de la continue palustre simple, une fièvre continue palustre bilieuse. Lorsque les symptômes bilieux n'ont pas une grande intensité, ils ne modifient pas suffisamment la marche de la maladie pour constituer une espèce distincte ; lorsqu'au contraire ces symptômes par leur intensité et leur persistance, prennent le caractère d'une complication, ils rentrent dans le cadre des accidents pernicieux qui peuvent compliquer la fièvre intermittente comme la fièvre continue palustre.

La durée de la fièvre continue palustre est très variable sut* vaut que la fièvre est abandonnée à elle-même ou traitée énergiquement par le sulfate de quinine. Abandonnée à elle-même, la fièvre peut s'aggraver jusqu'à entraîner la mort ; la défervescence se produit d'ordinaire du huitième au dixième jour; il arrive souvent que la fièvre continue fait place alors à une fièvre intermittente. Il est rare que la fièvre continue palustre se prolonge audelà de quatre à cinq jours après qu'on a institué le traitement par le sulfate de quinine, h condition, bien entendu que le sulfate de quinine soit prescrit à dose suffisante (i^,50 à 2 grammes par jour.)

On peut voir par les tracés Ihermomctriqucs ci -joints (fig. 18, 19, 20, 21, 22, 23) que la lièvre continue palustre doit

FIÈVRES CONTINUES j^^

être rangée parmi les fièvres alypiquesLa période d'ascension est difficile à observer, elle ne ligure sur aucun de nos

B pendan t

1 qualrlèniE; ', li',60pulsO>-,8a

Fm. 18. — Fièvre conllnua paluslre grav. avoc étal lyplioïde. Le Iracé eorameocB au cinqulèmo jour de la maladie. Sulfolede qui qusira jours à la dose de H'.eO par jour puis do O'',60. Guér

Fio. 19. — FlèwB continue palustre. Le tracé commcncB b 'our de la maladie. Trailem a ni par ia sulfate de quinine par jour. Guéri son.

Fin. îO. - Fièvre conlinuepalualre avec étal Ij-plioïde. Le tracé ci

ail deuiléme jour de la maladie. Ttailament pir le sulfate de quinine. I"'.60 par jour, puis 0" ,80. Guérlson.

tracés : la brusquerie avec laquelle les accidents se produisent ne laisse d'ailleurs aucun doute sur la rapidité de l'ascension thermique.

A la période d'état on observe presque loujours des oscillalions plus ou moins étendues; les tempéralures du soir sont en général plus élevées que celles du matin, comme dans h lit^vre typhoïde, raals les exceptions à cette rï'gle m'ont paru flre assez nombreuses, ce qui serait d'accord avec la tendance qu'ont les paroxysmes fébriles des fièvres intermiUenles à se produire le malin.

UVE»AS, nÈvats PALWraBs. ig

La défervescence est rapide, critique ; elle se fait en douze, vingt-qualre ou quaranle-huit heure»; la peau devient moite.

Fio. !1.

Fra. 21. — Fiéfre coQlii

Fiu. 22.

Fia. 23.

ic palustre avec élal typboîde. La Inréconmenra ■u sepllùmo Jour de l« maUdie. Le sulfaM de quiDiaa eal pretcrtl pcadftot dnut jour* à la dose de l>',60 puis i ceUo 0'',G0. Guériion .

Fis. 22. — Fièvre continue palustre. Lo tracé commaoco au tiiiûmo Joutde la maladie. Le auiralo de quinine est prescrit à la doM de 1<',60 puis do I gr. pendant quatre joutt. Guériiou (obaervatiaa XXXIll).

Pio, 23. — Fièvre ronllnue palustre. Lu tracé comoienea au douilèm^ Jour de la maladie. Sulfate da quinine prudant Irota jours à la doto de l",fiO par jonr.

la céphalalgie, le malaise se dissipent rapidement et ram^Real le sommeil ; il est rare d'observer des sueurs très abondantes.

La convalescence est rapide, les malades quoique anémiés et affaiblis demandent bientAt à manger et à se lever; mais si on n'insiste pas sur le traitement par le sulfate de quinine,on ne tarde pas à observer une recliute sous la forme d'accès intermittents.

Ce qui a été dit plus haut des altérations du sang dans les flùvres intermittentes s'applique trt-s bien aux lièvres continues

OBSERVATIONS î*43

palustres ; les mêmes éléments parasitaires se retrouvent dans le sang dans les deux cas; dans les fièvres continues comme dans les fièvres quotidiennes de première invasion ce sont les corps n'' 2 qui se rencontrent le plus souvent dans le sang et ici encore on ne trouve parfois que des corps n® â de très petit volume (obsei*vation XXXII).

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