OBSERVATION XXVIII
FliVRB INTBRMITTBNTB TIBRGB DB RBCIDIVB MICROBBS DU PALUDISMB
Larbi ben Hadj Abderrhaman, soldat indigène au 3* tirailleurs, entre à Thôpital militaire de Gonstantine le 23 juin 1882.
Larbi est âgé de vingt-sept ans environ, il est au service militaire depuis deux ans et neuf mois. Le malade dit avoir pris la fièvre pour la première fois au mois d'octobre 1881 à Négrine. La Qèvre a
cédé facilemôat au sulfate de quinine et n'a reparu que le 20 juin dernier. Fièvre tierce bien caractérisée, accès réguliers le 20 et le 22 vers sept heures du matin. Le malade n*a pas pris de sulfate de quinine avant d'entrer à Fhôpilal.
23 juin. Apyrexie matin et soir. Anémie, faiblesse générale, vertiges dans la station debout. Langue un peu blanche, pas de diarrhée ni de constipation î la matité splénique mesure 9 centimètres de haut sur 10 de large.
24 juin. Accès à huit heures trente, le thermomètre placé dans Paisselle marque 39*,5. Frisson. A quatre heures du soir, 37*,8.
Examen du sang fait le 24 juin à huit heures du matin (pendant la période de frisson) : corps n** 2 en assez grand nombre, libres ou accolés à des hématies, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles; corps n* 3.
Nouvel examen du sang fait à deux heures trente du soir, à la fin de l'accès : corps n* 3, leucocj^tes méianifères.
25 juin. Apyrexie matin et soir. Je ne prescris pas de sulfate de quinine depuis rentrée du malade à l'hôpital.
26 juin. Accès de fièvre, à six heures du matin; à sixheures trente, le thermomètre marque 40*,l.
Examen du sang fait le 26 juin, à sept heures trente du malin: corps n* 2 de moyen ou de petit volume en assez grand nombre, libres ou accolés à des hématies, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles ou munis de filaments mobiles, corps n* 3, leucocytes méianifères. (Sulfate de quinine 0,80, le 26 au soir.)
27 juin. Apyrexie. (Sulfate de quinine 0,80 matin et soir. Une portion. Vin de quinquina.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0,60 jusqu'au 2 juillet. Il n'y a pas de nouveaux accès. Les forces reviennent rapidement.
Sortant le 3 juillet 1882.
OBSSRVATIONS OBSERVATION XXIX
FrtVBB INTBRMITTBNTB QUOTIDIBNNB DB BÈGIDIVB
MICROBES DU PALUDISHB
Roi..., âgé de yingt-cinq ans, sergent au 3* tiraillears algériens, entre à Thôpital militaire de Constantine le 30 juin 1882. Roi... est en Algérie depuis le 13 avril 1878 *. il a pris la fièvre intermittente pour la preoUère fois au mois d'octobre 1881 à El-Oued, fièvre in* termittente quotidienne qui a cédé facilement au sulfate de quinine. Rechute de fièvre au mois d'avril 1882, àNégrine. Fièvre intermittente quotidienne, le malade est traité pendant dix-sept jours à l'ambulance.
Rechute le 23 juin sur la route de Khenchela à Batna, accès le 28 et le 24 ; le 25 il n*y a pas d'accès, mais du 26 au 30 juin la fièvre revient tous les matins, accès réguliers avec frisson initial ; sueurs abondantes à la fin des accès. Du 26 au 80 juin le malade a pris quatre doses de sul&te de quinine.
30 juin. Fièvre vive, 39%5, à huit heures du matin ; 39*,8, à une heure trente du soir. Céphalalgie très forte, malaise général. La matité splénique mesure 8 centimètres de haut sur H de large.
Examen du sang fait le 30 juin à deux heures trente du soir, c'està-dire pendant l'accès : corps n* 1 en grand nombre, il y en a presque toujours deux ou trois au moins dans le champ du microscope, on en compte quelquefois huit ou dix ; corps n* 2 en petit nombre, quelques-uns de ces corps renferment des grains pigmentés mobiles.
1" juillet 39*,7 le matin, 38', 7 le soir.
2 juillet. 39* le matin, 37* ,9 le soir. (Sulfate de quinine 0''|8 matin et soir.)
Examen du sang fait le 2 juillet à huit heures du matin : corps n* 1 en grand nombre, corps ovalaires intermédiaires aux corps n* 1 et n* 2, corps n* 2 beaucoup plus rares que les corps n* i ; quelques-uns de ces éléments renferment des grains pigmentés mobUes.
3 juillet. 36*,2 le matin. Le soir Tapyrexie persiste. (Une demi- portion. Sulfate de quinine 0«',80. Vin de quinquina.)
4 juillet. L*apyrexie persiste. Anémie profonde, faiblesse générale. Verliges, bourdonnements d'oreilles. Anorexie. Pas de diarrhée ni de constipation. (Une demi-portion. Sulfale de quinine 0-% 80. Via de quinquina. Café.)
Examen du sang fait le 4 juillet: corps n* 1 toujours en grand nombre, corps n* 2 immobiles ou munis de filaments mobiles et renfermant des grains pigmentés mobiles ; Qlaments mobiles iibtes.
5 el 6 juillet. L'apyrexie persiste. L'état général est satisfaisant. (Une portion. Vin de quinquina. Café.) Le sulfate de quinine est suspendu à partir du 5.
8 juillet. L^apyrexie persiste.
Examen du sang fait le 8, à deux heures trente du soir : corps n" 1 toujours nombreux, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles et munis de filaments mobiles, plus nombreux que le 4 juillet ; filaments mobiles libres.
Nouvel examen du sang fait le 11 juilli'.t au matin: corps nM toujours nombreux, corps n* 2 en assez grand nombre renfermant des grains pigmentés mobiles et munis de filaments mobiles, MM. de Courtois et Massoutié , médecins principaux , et M. Coustan, médecin-major, constatent la présence de ces éléments. L'apyrexie persiste jusqu^au 17 juillet, le malade ne prend que du vin de quinquina.
17 juillet. A sept heures du matin, le malade accuse de la céphalalgie, du malaisé général, la face est injectée, cependant le thermomètre ne marque que 37% 5. Accès dans la journée sans frisson initial ; à cinq heures du soir, 39% 9. Céphalalgie très forte, malais général.
juillet. La fièvre a persisté pendant toute la nuit ; à six heurese du matin 39* ; à quatre heures du soir 39% 2 ; à six heures du soir 38*, 2. Sulfate de quinine 0<% 80 le 18 au soir.)
19 juillet. 37*, 1 le malin. Le soir Tapyrexie persiste. (Une demiportion. Sulfate de quinine 0«% 80 matip. et soir. Vin de quinquina^
20 juillet. Apyrexie. L'appétit et les forces reviennent. (Une portion. Sidfate de quinine 0'% 80. Vin de quinquina. Café.)
21 et 23 juillet. L'apyrexie persiste. Les forces reviennent. I.e sulfate de quinine est continué âi la dose de 0*% 60 par jour.
Examen du sang lïiit le 32 juillet au matin : corps n* 1 en très petit nombre ; corps n* 2 rares et presque toujours immobiles ; je trouve cependant encore un corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles et muni de filaments mobiles.
Examen du sang fait le 23 juillet : corps n* 1 très rares ; je ne trouve plus de corps n* 2.
Le malade sort le 25 juillet avec un congé de convalescence de trois mois.
FIBVRB INTBUMITTBNTB TIBRCB DB BÈCIDIVB MICROBBS DU PALUDISME
Le..., âgé de vingt-quatre ans, sergent au 3* zouaves, entre à Thôpital militaire de Constantine le 9 décembre 1882. Le..., qui est engagé volontaire, est au service militaire et en Algérie depuis quarante-cinq mois.
Le... s'est bien porté jusqu'au mois d'août 1882, à cette époque il a été détaché à Ain el Bey, où il est resté une vingtaine de jours, et c'est là qu'il a pris la fièvre.
Le malade est rentré à Constantine le 15 septembre, depuis six jours il avait des accès de fièvre quotidiens.
Première entrée à l'hôpital de Constantine le 18 septembre ; le malade sort le 1*' octobre, et le 20 octobre il part pour Bône avec son balaiUon. Rechute de fièvre à Bône dans les premiers jours de novembre, accès légers qui n'empêchent pas le malade de continuer son service.
Le... est rentré à Constantine le 29 novembre, depuis ce moment accès de fièvre revenant tous les deux jours, accès réguliers avec frisson initial revenant le matin.
Le malade a pris trois doses de sulfate de quinine avant l'entrée à l'hôpital. Derniers accès le 6 et le 8 décembre.
9 décembre. Apyrexie. Anémie, teinte terreuse peu marquée. Faiblesse générale. Le malade accuse une douleur assez vive dans la région splénique. Cette douleur existe depuis sept ou huit jours ; la presûon est douloureuse au-dessous des fausses côtes à gauche.
La matiU spléniqae mesure 10 centimètres de haut sur 12 de large. Langue un peu blanche ; pas de diarrhée.
Examen du sang fait le 9 décembre à huit heures trente du matin: corps n* 2 libres ou accolés à des hématies, corps n* 2 de petit volume, corps n* 2 renfermant des grains pigmentés mobiles et munis de filaments mobiles ; je constate sur plusieurs de ces corps que les filaments finissent par se détacher des corps n* 2 et qjae les grains pigmentés deviennent alors immobiles. Je prescris le sulfate de quinine sans attendre Taccés, qui est imminent. (Sulfate de quinine 1 gramme.)
10 décembre. L'apyrexie persiste. (Sulfate de quinine 1 gramme.)
Les jours suivants l'apjrexie persiste, le sulfote de quinine est continué à la dose de 0, 60, jusqu*au 16. décembre.
Je rends encore quelques doses de sulfate de quinine du 2t au 25 décembre, pas de rechute de fièvre.
Le malade sort le 27 décembre 1882.
PIÈVBB INTBRkiITTBNTB QUOTIOIBNNB DB PRBMIBRB INVASION AGGBS SUBINTRANTS. MIGROBBS DU PALUDI6MB
Gaz..., âgé de vingt-trois ans, soldat au 3* zouaves, entre à Thôpita militaire de Constantine le 16 juillet 1882. Gaz... a vingt-deux mois de service, il est en Algérie depuis onze mois. Pas de maladie antérieure. Le malade est rentré à Constantine le 4 juillet courant après avoir passé quatre mois dans une localité insalubre. Le premier accès de fièvre s'est produit le 13 juillet. Du 13 au 16 juillet la fiène a persisté presque continuellement au dire du malade, il n*j a pas eu d'accès réguliers distincts les uns des autres. Céphalalgie très forte, faiblesse générale, le malade s'est trouvé mal dans la ooor de la caserne, et on a dû le reporter dans son lit. Soif vive, anorexie diarrhée légère, 4 à 5 selles dans les 24 heures. Point très doulou reux dans la région de la rate. Le malade dit ne pas avoir pris de sulfate de quinine.
Le 16 juillet au soir, fièvre vive, 39M5.
17 juiUet. 36*19 le matin. Anémie profonde, faiblesse générale, céphs-
lalgie, vertiges, ODorexie, soif vive ; diarrhée séreuse. Point splénique. La matité splénique mesure 10 centimètres de haut sur 12 de large.
A uneheure de l'après-midi on constate de nouveau uneflèvre vive, la température est remontée à 40* (sulfate de quinine 0,80 le 17 au soir. (Ventouses sèches sur Thypocondre gauche. Diète. Limonade.)
Examen du sang fait le 17 juillet, à deux heures du soir: corps n* 2 de très petit volume, ne renfermant souvent qu^un ou deux grains de pigment ; ces éléments, fort nombreux dans le sang, sont le plus souvent accolés à des hématies, mais ils se rencontrent aussi à rétat de liberté. Les hématies altérées par la présence de ces éléments sont si nombreuses qu'on en trouve parfois une dizaine dans le champ du microscope, une même hématie présente quelquefois à sa surface deux ou trois de ces petits éléments; la préparation renferme aussi quelques leucocytes mélanifères.
18 juillet. La fièvre persiste : 39* ,8 le matin et 41* le soir. Céphalalgie très forte, malaise général, soif vive. Le point splénique est moins douloureux. (Sulfate de quinine 0,80 matin et soir. Diète. Limonade.)
19 juillet. La fièvre tombe, 38*,7, à six heures du matin i 38*,1, à quatre heures du soir. L'état général est plus satisfaisant. (Potages. Sulfate de quinine 0,80 matin et soir.)
20 juillet. Apyrexie complète, 37* le matin, 37*5 le soir. (Potages. Sulfate de quinine 0,80.)
21 juillet. L*apyrexie persiste. Ajiémie profonde, amaigrissement, faiblesse générale ; le malade marche difflcilement, vertiges dans la station debout. La céphalalgie a disparu ainsi que le point splénique. Bourdonnements d^oreilles. Langue humide, un peu blanche, un peu d*appétit;les selles sont redevenues normales. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0,80. Vin de quinquina.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0,60 jusqu'au 26 juillet. La fièvre ne reparaît pas; les forces et Tappétit reviennent, le malade mange une portion à partir du 24 juillet.
Examen du sang fait le 23 juillet; je ne trouve plus d^élémenU parasitaires ni même de leucocytes mélanifères.
268 FORUES CLISIQDES
Du 2 au S août, Je rends encore par préuauiion quelques doses de sulfate de quinine.
Lo malade sort le 19 août avec un congé de convalescence dedeui mois.
PIBVRB PALU8THK nB PRBMIBItB WVASTOS. PIBTIIS COSTlNtB
Pler..., âgé de vingt-trois ans, soldat au 3' zouaves, entre àrbOpital miliiai-e de Constantine le SOjuillet iS&l. Pier... est au service militaire et en Algérie depuis onze mois. Pas de maladies antérieures graves, le malade dit avoir la lièvre pour k première fois ; depuis te {'■Juillet 11 a étédéiacbéà Ain-el-Bey, et il a été employé à la moisson.
Le 2S juillet, céphalalgie très forte, malaise général, soir ardente, chaleur très forte saus frisson initial ; au dire du malade 1 1 fièvre a persibté du 38 au 30 Juillet sans rémission not'ible. Le malade est rentré le SOJuillet t. Constantlae, et n'a pris jusqu'ici que cinq pilules de sulfate de quinine.
30 Juillet. Fièvre très vive : 40' ,2, à midi; 40-,3, à quatre heures du soir. Céphalalgie intense, malaise général, prostration, faiblesse. Langue blanche, sabnrrale, soifardectc. Diarrhéo légère. Pas de douleur dans la fosse ilidque droite. La malité spléni que mesure 9 centimètres de haut sur 12 de large. (Diète. Limonade- Sulfate de quinine 1 gramme le 30 au soir.)
Examen du sang fait le 30 Juillet, à deui heures trente du soir, corps n* 2 de petit volume en grand nombre; ces éléments, qui seul libres ou accolés à des hématie.^, ne renferment souvent qu'un ou deux grains de pigment, on trouve quelquefois deux, trois, ou mSme quatre de ces corps sur une même hématie.
31 juillet. La flévre persisie toujours très forte, W le matin, to-, i le soir. L'état général ne s'est pas modillè. (Diète. Limonade Sulûte de quinine 0,80 matin et soir.)
l'ivjill. La Oôvre est tombée, 3T,8 lematin. Le soir l'apyreiie
persiste. Etat général satisraisant, la céphalalgie a disparu. Anémie, faiblesse générale. ÂnoreiLie. (Potages. Sulfate de quinine 0,80.)
2 août. L*apyrexie persiste. Anémie très marquée. Vertiges dans la station debout, bourdonnements d'oreilles. Faiblesse générale rendant la marche difDcile, léger tremblement des extrémités supérieures. La langue est belle, cependant le malade a peu d'appétii. (Une demi-portion. Sulfate de quinine 0,60. Vin de quinquina.)
Le sulfate de quinine est continué à la dose de 0,60 jusqu'au 8 août. Les forces et Tappétit reviennent. A partir du 6 août le malade mange une portion.
Examen du sang fait le 8 août : je ne trouve plus aucun élément parasitaire.
Sortant le 16 août 1882.