‹ Traité des fièvres palustres, avec la description des microbes du paludismeChapitre 62 sur 103 · DYSENTERIE · texte numérisé non relu

DYSENTERIE

gros intestin qui font absolument défaut dans le paludisme ; la rate n'est pas augmentée de volume, on ne trouve d'éléments pigmentés ni dans la rate, ni dans les autres organes. Seuls les sujets qui ont été atteints successivement de fièvre palustre et de dysenterie présentent à la fols Tallération du sang propre au paludisme, et Tinilammation du gros intestin qui caractérise la dysenterie.

Bien que la dysenterie et le paludisme soient deux entités morbides absolument distinctes, dont Tétiologie, les symptômes, les lésions anatqmiques et le traitement sont tout à fait différents, il n'en est pas moins intéressant d'étudier l'influence que ces deux maladies peuvent exercer l'une sur l'autre.

Il est incontestable que chacune de ces maladies en affaiblissant l'organisme, constitue une cause prédisposante pour l'autre; les individus anémiés et atfait)lis par la fièvre intermittente prennent facilement la dysenterie, de même les convalescents de dysenterie sont très sujets au paludisme. Les deux maladies, loin de s'exclure, s'appellent, pour ainsi dire.

Lorsque le paludisme et la dysenterie coexistent chez un même individu, ces deux maladies réagissent Tune sur Fautre et s*aggravent réciproquement ; lorsqu'un convalescent de dysenterie a une atteinte de fièvre intermittente, on observe souvent que la dysenterie passe de nouveau à l'état aigu.

Pendant les paroxysmes fébriles, la dysenterie s'aggrave, les selles deviennent plus fréquentes, les coliques sont plus vives, la prostration augmente (observation XLVllI) ; quelquefois même sous l'influence de la dysenterie, les accès de fièvre prennent le caractère pernicieux.

Au mois de septembre 1878 je recevais dans mon service, à l'hôpital militaire de Bone, un détenu qui se disait atteint de

dyfw'Ql^hf iler^ù di\-tuH ,k-urs : le ffi*lad« ircuuit auul quelque accH é* t}^\Tf >siéri^uT¥: il èlail Ir^s afl^lblf, très uié* mj^. pa< 4t i<-\Te ia Vi-Ht. J insiiluai le Irailement d« It dj^$«iiirhi'|vaT its y'UTftiiii siliofimais le malade.qiii était très iBd.vi> el .^m hii^il fja$<v^î.ï« dn iropnidenees, continua ft s'âffiiWir: qLiinie îi'-Hrs ir«* l>BlT*e à ]'hO>f>ital, la (lèvre rept- MÎT. \f niâîa.-> e;jt Jeux »c\S# qjî ne > aiinonçalenl pas coiome de* iff J* jvTTiii-ieai el (jai farfal iniitrt immédialement par le suifsie àf q;;;utne i hiale d,"<<f : EMninoins la mori se produlsi! d*:^* le fJMisfisuf.i U tnévt deuii^me acct-s. L'autopsie rfTfia lf> tj*i''S* ciTïi".er:«i^'J«de la d\"*enterie et ccllcsdu fiali:i):r.nie *i^. I! Kt pfrt^ ê\;i)^al ij'Jf dans ce cas la pernii-:,-<ii^ de 1* É'\-re s'eT.p::^-,'.e ftar l'otat de prostration dans Iei5-f! la dyseiilerii^ avjii jotè le œaiiJe.

P»::5 en aalre cis. fbei na iE:'.:U;Te enir* h l'hApilal de CocsUEliï.e aa m,-:* d\vL'î'T¥ IST? [H>'jr dysenterie ziguC et alte'.ut dune rifh^v de tî-\r« inienciilenle au cours de II dysesilirie . j ai cSw^nê d-s a.vk!enL< cholf^rifonnes très p^ves: eilriTE'.lés (ri>;J-5, cï'-.iM-Tie* d'une sueur visqueuse, pouls Éhf.Tme. «lie* <îy>e:i!ïr;^.:es tr--* fréquentes, vomissements t}::ieax: li"S Ifjils è;a:enl tirvs. les yeux cxcavés, enf<^ncH dias les orbiïes, les livres c;^a>>^es. Ces accidents s"anieadi rt-al soas hs^'-iesi-e dj îul'ale A- quinine, mais II dys*-nlerie persista el ne i>^Ja qu'aux [•uvjtifs salins et au

PiL<:Mi«i rr ntvni rtn^inc. — Les d'ffrf^iilef théories qal t-al ûîè émises s:ir les re'j;::-Tis liu pi!j ii^me et de la fiHre lvi.!K<4ie r'uwa' •* rfiunîer dan* les (".^is riiîiosilinns «ai- TSntes:

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!• U exUt9 QQ véritable antagonisme entre le paludisme et la fièvre typhoïde ; les localités palustres se distinguent par la rareté de la flèvre typhoïde, et les paludiques Jouissent d'une véritable immunité pour la fièvre typhoïde ; c'est la théorie de Boudin.

P Entre le groupe des fièvres typhoïdes et celui des fièvres palustres, on doit admettre Texistenoe d'un groupe de fièvres hybrides en quelque sorte, dépendant k la fois du paludisme et de la flèvre typhoïde et pour lequel les auteurs anglais ont proposé la dénomination de tgpho-malarial fyoer, M. le professeur U Ck)lin (1) s*est fait en France le défenseur de cette théorie, d'après laquelle une flèvre née sous TinHuence du paludisme pourrait se t>*ansformer>par auto-infectionde l'organisme malade^ en fièvre typhoïde.

S* Le paludisme et la fièvre typhoïde sont des entités mor* bides parfoitement distinctes au point de vue de Tétiologie, de Tanatomie pathologique et du traitement qu'elles réclament et ne présentant que des ressemblances cliniques très superficielles ; il n'existe, du reste, aucun antagonisme entre ces deux maladies, qui régnent souvent dans les mômes loca* lités et qui ne confèrent aucune immunité Tune pour l'autre.

La théorie de l'antagonisme du paludisme et de la fièvre typhoïde (S) ne compte plus, je pense, aucun partisan ; les faits qui la condamnent sont si nombreux, d'une observation si

(i) L. Colin, Traité des fièvres intermillentes, p. 270-287. — Du môme, De la fihvre typhoïde palustre^ la Arch, gén, de méd.y mars et avril 1878. -* Du même, Traité des maladies épidémiqnes,\%19^ p. 806.

(2) Voyez à ce sujet : Boudin, Traité des fièvres intermittentes ^ Paris, il42. ^Ou même, Essai de géographie médicale, Paris, 1843. — C. Paul, De V antagonisme en pathologie et en thérapeutique. Thèse d*agrég. , Paris, 1866- — L. Laveran. Art. Antagonisme in Diclionn. Encyclop, des se, nkédioaleê.

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facile et si journalière, qu'il faudrait un degré d'obstination bien eiti'Rordinaii'i? pour admettre encore les lois formulées par Boudin, lois qui, du reste, ont rencontré de tout temps une vive opposition.

Di's 1840, mon pire constatait que la tièvre typhoïde se rencontrait en Al(;ét'te k côté des fièvres palustres : dans un releYÔ (les mabdies observées par lui k Alger, d'avril à octobre IftlO, il note quarante-huit cas de lif'vre typhoïde. « A mon arriïée en Algérie, écrit nioo père, j'étais tellement prévenu par certaines lecture.'^, que je ne croyais rencontrer qu'une seule affection à formes variées et que je ne songeaib qu'à employer UD seul médicanietit, le sulfate de quinine. J'eus lieu bientôt de raapercevoir de mon erreur en rencontrant la fièvre typhoïde identique à celle que j'avais vue à Paris. » (L. Laveran, Documents pour gercir à [histoire des maladies du nord de l'Afrique. Recueil ie mém. de méd. militaire, i" série, t. LU. p. 91.)

Tous les médecins militaires qui ont observé en Algérie, ont pu constater l'exacliLiide de l'observation faite par mon père, tons ont pu voir lu fièvre typhoïde sévir sur nos troupes de concert avec les lièvres palustres. La ilÈvre typhoïde est endémique dans les grands centres de population de l'Algérie comme duns ceu\ lin France, elle donne lieu fréquemment à des épidémies de garnisons en Algérie comme en France. Les symptômes, la marche, les lésions anatomiques de la fièvre typhoïde en Al)^éi'ie sont identiques aux symptdmes, à la marche et aux lésions anniomiqucs de la fièvre typhoïde qu'on observe à Paris par exemple; la fièvre typhoïde algérienne présente seulement prndanl la période des grandes chaleurs une (jravilé plus grande que la fièvre typhoïde des régions tempérées.

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Pendant les années 1880, 1881 et 1882, j'ai traité dans le service dont j^étais chargé à rhdpital militaire de Constantine deux cent quatre-vingt-treize cas de fièvre typhoïde, qui ont fourni trente décès, soit à peu près dix décès sur cent cas. C'est en 1881, pendant la guerre de Tunisie, que la lièvre typhoïde a régné avec le plus d'intensité (1).

Le tableau suivant donne la répartition des cas de fièvre typhoïde observés à Constantine dans mon service de 1880 à 188*2, par année et par mois ; en comparant ce tableau à celui qui a été fourni précédemment (voir page 234) et qui indique la fréquence des fièvres intermittentes et des continues palustres pendant la même période, on voit que c'est pendant les mois de juillet, août et septembre que les fièvres palustres, comme les fièvres typhoïdes, ont régné avec la plus grande intensité, mais que Tintluence saisonnière est moins constante sur la fièvre typhoïde que sur les fièvres palustres et principalement sur les continues palustres; ces dernières fièvres disparaissent complètement pendant plusieurs mois d'hiver, tandis que la lièvre typhoïde persiste et règne même quelquefois avec une certaine intensité pendant les mois les plus froids, alors qu'on n observe plus aucun cas de fièvre palustre de première invasion (janvier et février 1880, novembre 1882).

(1) Vuyez au sujet de la fièvre typhoïde en Algérie : Netter, Noie sur la /. iyph. en Algérie. Bec. mém, méd, milU, 1855. — Masse, même recueil^ 1866* — V. FrUoD, même recueil, 1867. — Ârnould et Kelscli, même re^ cueil, 1868. — E. AliXf Observations médicales en Algérie. Paris, 1869.

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COUPLICATIONS

piÈVBd npHoioE

CONÏTINTINE 18S0 — 1882

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