PRINCIPAUX SIGNES
uns de ces problèmes et de délimiter exactement quelquesunes des frontières du paludisme ; c'est ainsi que je me suis expliqué sur la dysenterie et la fièvre typboide palastreset aussi sur les rapports de la pneumonie, des névralgies, du diabète, etc., avec le paludisme.
Si, jusqu'à ce jour, les questions relatives au diagnostic de certaines formes du paludisme ont donné lieu à tantde controverses, si les meilleurs observateurs se sont partagés sur quelques points, c'est qu'on manquait d'un critérium certain pour juger de la nature des accidents qu'on observait. Nous possédons aujourd'hui ce critérium, ce signe patbognomonique du paludisme.
Il suffit en efi'et de constater dans le sang d'un malade l'existence de quelques-uns des éléments parasitaires décrits au chapitre m de cet ouvrage, voire même de quelques leucocytes mélanifères pour que le diagnostic de paludisme soit mis hors de doute.
J'ai examiné le sang d'un grand nombre de malades atteints d'affections étrangères au paludisme, et je n'ai jamais rencontré dans le sang provenant de ces malades ni les éléments parasitaires proprement dits, ni les leucocytes mélanifères; d'autre part, toutes les fois que j'ai rencontré dans le sang d'un malade quelques-uns de ces éléments, j'ai pu affirmer le paludisme, et mes prévisions n'ont jamais été démenties.
M. le D' Richard arrivait, de son côté, aux mômes conclusions que moi. « Uoscillaria (1) est, dit-il, absolument spéciale h l'intoxication palustre, dont elle constitue un indice certain, patbognomonique. Nous ne l'avons jamais rencontrée en
(1) C'est le nom que j^ayais d'abord proposé de donner aux microbes dn paludismo.
dehors de rimpaludisnie dans quelque maladie que ce fût; chaque fois que nous avons découvert une seule oscillaria sous une quelconque des formes qui ont été décrites, nous avons affirmé i'impaludisme et nous n'avons jamais été pris en défaut, et c'est pour la clinique un fait d'une très grande portée que vous devez tous comprendre, sachant par expérience combien est souvent difficile le diagnostic des fièvres dans les pays chauds. » (Conférence faite à Vhàpiial militaire de Philippeoille. Revue scientifique, iSS3, p. 117.)
Nous avons vu en faisant Thistoire de la mélanémie (chapitre H, Anatomie pathologique) qu*on avait trouvé dans le sang de quelques malades atteints de mélanose, des granulations noires libres ou incluses dans des leucocytes. Cesgranu> lations noires, me paraissent différer notablement des grains pigmentés qui existent dans le saug des paludiques; en admettant même que des leucocytes renfermant ces granulations noires puissent être confondus avec les leucocytes mélanifèros des paludiques, il n*y aurait pas là une cause d'erreur bien importante ; la mélanose est une affection très rare, et, en général, facile à reconnaître, enfin et surtout, on ne trouve pas dans le sang des malades atteints de mélanose les parasites qui, dans le sang des paludiques, se rencontrent d'ordinaire à côté des leucocytes mélanifëres.
La présence des échinocoques ou de leurs crochets dans un liquide, n'est pas plus pathoguomonique de l'existence de ces parasites que celle des microbes décrits plus haut ne l'est de l'existence du paludisme.
Ce signe est d'autant plus précieux qu'il dispense de tous les autres, el qu'il permet de faire le diagnosticdans les cas où tous les renseignements qui mettent d'ordinaire sur la voie, font défaut.