PRINCIPAUX SIGNES
Supposons que nons somnaes dans un pays paluslre et i^ndant la période endémo-épjdémique : on apporte b l'hâpjial un malade qui délire ou qui est plongé dans le coma ; le médecin ■KDOre souyent les anlécédents morbides ainsi que les condilions dans lesquelles les accidents se sont produits, et il se demande avec inquiétude s'il s'agit d'un accès pernicieux, d'une insolation, d'une méningite, ou tout simplement d'un cas d'alcoolisme; dans le doute, il n'a d'auti-e ressource que de donner le sulfate de quinine à haute dose.
L'examen tiistologique du sang aurait pu tirer notre médecin d'embarras en quelques minutes, et s'il lui avait révélé l'existence des microbes du paludisme, il lui aurait inspirt' une confiance salutaire dans la médication quinique, que l'on manie bien plus hardiment et bien plus sfirement quand on c&i sur d'être dans la bonue voie.
L'examen du sang n'indique pas seulement le diagnoslic, il fournit, ien outre, des renseignements sur l'intensité de l'infection patudiqueet il permet quelquefois de prévoir des reclui les de fièvre.
Nous avons vu que lorsqu'on trouvait dans le sang d'un malade des corps n' 3, et surtout des filaments mobiles en assez. grand nombre, on pouvait annoncer presque à coup stlr l'imninence d'un accès.
Le diagnostic du paludisme, si délicat chez certains malades et pour certaines formes, est inscrit, on peu Ile dire, dans les préparations histologiques du sang ; encor«t faut-il savoir lire dans ces préparations. On ne saurait trop recommander aii\ médecins qui sont appelés à exercer en pays palustre <lc se familiariser avec l'étude du sang au microscope, étude facile du reste, et qui ne demande que de la patience ; c'est ainsi
qu'on arrivera à bien délimiter le paludisme, et à le traiter méthodiquement.
J'ai indiqué précédemment comment il fallait procéder à Texamen du sang (chapitre m, p. 154), je n'y reviendrai pas.
Si la recherche des éléments parasitaires dans le sang était toujours facile, si cet examen était à la portée de tous et si on pouvait le faire rapidement, il serait presque inutile d'indiquer d'autres signes du paludisme ; malheureusement il n'en est rien ; après avoir montré l'importance de l'examen du sang pour le diagnostic des fièvres palustres, il est juste que j'indique les difficultés et les lacunes de cette méthode d'investigation.
A côté des cas où les éléments parasitaires et les leucocytes mélanifères sont nombreux dans le sang et d'une observation facile, il en est d'autres, en assez grand nombre, où la recherclie de ces éléments est très laborieuse, il peut môme arriver que l'examen du sang soit négatif chez un paludique ; les microbes ont leur siège d'élection dans la rate et le foie et ils ne circulent pas toujours dans les vaisseaux périphériques auxquels on demande du sang pour l'examen. Il résulte de là, que si la présence des éléments parasitaires dans le sang d'un malade est patbognomonique, leur absence n'autorise pas à conclure d'une façon aussi absolue dans le sens opposé.
D'autre part, l'examen bistologique du sang n'est pas toujours possible, soit qu'on n'ait pas sous la main un microscope, soit que le temps fasse défaut ; un examen du sang demande au moins un quart d'heure, et pendant la période endémo-éptdémique, il arrive souvent qu'on reçoit en môme temps dans un service d'hôpital, quinze ou vingt malades atteints de fièvres palustres. Il est donc nécessaire d'indiquer des caractères du